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Bundesverwaltungsgericht 15.02.2012 E-4373/2010

15. Februar 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,383 Wörter·~7 min·3

Zusammenfassung

Demande d'asile présentée à l'étranger et autorisation d'entrée | Demande d'asile déposée à l'étranger et autorisation d'entrée en Suisse ; décision de l'ODM du 14 mai 2010

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour V E­4373/2010 Arrêt   d u   1 5   février   2012 Composition Jenny de Coulon Scuntaro, juge unique, Avec l'approbation de Kurt Gysi, juge, Astrid Dapples, greffière. Parties A._______, Erythrée,   représentée par le Service d'Aide Juridique aux Exilé­e­s  (SAJE),  recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Demande d'asile déposée à l'étranger et autorisation  d'entrée en Suisse ;  décision de l'ODM du 14 mai 2010 / N (…).

E­4373/2010 Page 2 Faits : A.  Le (date), le père de l'intéressée, reconnu réfugié en Suisse par décision  du (date), a requis par l'intermédiaire de son mandataire l'asile pour celle­ ci, précisant qu'elle se trouvait actuellement au Soudan avec sa mère et  qu'elles vivaient toutes deux dans des conditions difficiles.  Par  courrier  du  23 mars  2009,  l'ODM a  écrit  au mandataire,  le  rendant  attentif  au  fait  que  son  mandant  n'étant  pas  détenteur  de  l'autorité  parentale sur l'enfant, pour laquelle il sollicitait un droit d'entrée en Suisse  et  l'octroi  de  l'asile,  il  ne  pouvait  pas  introduire  une  telle  procédure.  Seules  l'enfant,  respectivement  sa mère  étaient  susceptibles  d'engager  pareille  démarche.  Il  a  donc  invité  le  mandataire  à  produire  une  procuration, l'invitant à agir directement au nom de l'intéressée. Par  courrier  du  11  mai  2009,  le  mandataire  a  produit  la  procuration  requise. B.  Par  courrier  du  23  juin  2009,  l'ODM  s'est  adressé  au  mandataire  de  l'intéressée,  l'invitant  à  compléter  par  écrit  la  demande  introduite  le  2  février  2009,  une  convocation  de  l'intéressée  dans  les  locaux  de  l'Ambassade  de  Suisse  à  Khartoum  (ci­après  l'Ambassade)  en  vue  de  son audition n'étant actuellement pas envisageable. Par  courrier  du  17  juillet  2009,  le  mandataire  de  l'intéressée  s'est  formellement opposé à l'établissement des faits utiles à la cause par écrit  et a expressément requis la tenue d'une audition de l'intéressée dans les  locaux de l'Ambassade. Par courrier du 23  juillet 2009,  l'ODM a  invité  l'Ambassade à convoquer  l'intéressée et sa mère et à procéder à son audition. C.  Entendue  sur  ses  motifs  d'asile  le  (date)  dans  les  locaux  de  l'Ambassade,  l'intéressée a exposé être une  ressortissante érythréenne,  originaire de B._______, être née en (…) et séjourner au Soudan avec sa  mère depuis le (date) en qualité de réfugiées reconnues. Toutes deux ont  allégué  rencontrer  des  problèmes  d'ordre  économique,  le  père  de  l'intéressée  ayant  cessé  de  les  soutenir  financièrement  et  la  mère  de  l'intéressée  n'étant  pas  au  bénéfice  d'un  emploi  régulier.  Il  ressort  de  l'audition que la mère de l'intéressée n'était pas mariée au père de cette  dernière et qu'elle n'a  jamais vécu avec  lui. Celui­ci,  incorporé à  l'armée 

E­4373/2010 Page 3 ne venait voir que très rarement sa  fille. Celle­ci a déclaré avoir d'abord  vécu  chez  sa  grand­mère  maternelle  puis  chez  ses  grands­parents  paternels.  Un  jour  qu'elle  se  trouvait  chez  ces  derniers,  les  autorités  seraient  venues  pour  l'interroger  sur  le  lieu  de  séjour  de  son  père,  la  menaçant  de  l'arrêter  si  elle  ne  leur  donnait  pas  le  renseignement  demandé. Quant  à  la mère de  l'intéressée, elle a  indiqué que  la  vie en  Erythrée  est  difficile  sur  le  plan  économique  et  que,  se  trouvant  dans  l'incapacité de subvenir à leurs besoins, elles avaient dû quitter ce pays.  Elles  ont  également  expliqué  que  la  vie  dans  le  camp  de  C._______,  auquel  elles  avaient  été  assignées  au  Soudan,  était  difficile  et  que  l'intéressée  n'avait  plus  accès  ­  depuis  trois  ans  –  à  l'école,  de  sorte  qu'elles souhaitaient que celle­ci puisse rejoindre son père en Suisse, afin  d'y grandir dans des conditions de vie meilleures. Elles ont produit la copie de leur carte de réfugiée. D.  Par  courrier  du  23  avril  2010,  l'ODM  a  donné  au  mandataire  de  l'intéressée un droit  d'être entendu sur  les contradictions  relevées entre  les  déclarations  de  sa  mandante  et  celles,  faite  par  son  père,  lors  du  dépôt  de  sa  demande  d'asile,  respectivement  lors  de  la  demande  de  regroupement familial introduite pour le compte de l'intéressée, le 5 août  2008 et rejetée par décision de l'ODM du 26 août 2008. Le mandataire a donné suite par courrier du 10 mai 2010. E.  Par décision du 14 mai 2010, notifiée  le 18 mai suivant,  l'ODM a refusé  d'autoriser l'intéressée à entrer en Suisse et a rejeté sa demande d'asile,  considérant qu'elle ne remplissait aucune des conditions posées aux art.  3,  51 ou 52 de  la  loi  du 26  juin 1998 sur  l’asile  (LAsi, RS 142.31). Cet  office a ainsi retenu qu'elle n'avait pas rendu vraisemblable avoir subi ou  devoir craindre subir des persécutions en Erythrée en  relation avec son  père, qu'elle était une réfugiée  reconnue par  le HCR au Soudan où elle  séjournait  légalement,  et  qu'il  ne  ressortait  pas  de  ses  déclarations  qu'une  poursuite  de  son  séjour  dans  cet  Etat  ne  serait  pas  raisonnablement exigible ou impossible. Enfin, il a retenu que l'intéressée  n'avait  pas  pu  développer  des  liens  privilégiés  avec  son  père,  n'ayant  jamais vécu avec lui avant le départ de celui­ci pour la Suisse. F.  Dans le recours interjeté le 16 juin 2010, le mandataire de l'intéressée a 

E­4373/2010 Page 4 conclu à l'annulation de la décision entreprise, à l'autorisation d'entrer sur  le territoire suisse et à l'octroi de l'asile. A l'appui de ses conclusions, il a  mis en avant les conditions de vie auxquelles l'intéressée et sa mère sont  exposées  au  Soudan,  où  la  mère  de  sa  mandante  n'a  pas  de  travail  régulier.  Sous  cet  angle,  il  expose  également  le  fait  que  le  père  de  l'intéressée  ne  peut  plus  les  soutenir,  étant  lui­même  confronté  à  des  problèmes financiers en Suisse. Le mandataire de l'intéressée – outre les  difficultés financières et la précarité de leur vie dans un camp – a encore  mis en avant le fait que sa mandante était actuellement privée d'accès à  l'éducation,  n'ayant  pas  eu  la  possibilité  d'être  intégrée  dans  le  cursus  scolaire  soudanais.  Enfin,  il  a  rappelé  les  liens  existants  entre  sa  mandante et son père, établi en Suisse.  Outre  ces  éléments,  le mandataire  de  l'intéressée  a  également  exposé  les risques auxquels elle serait exposée en cas de renvoi en Erythrée, en  raison  de  sa  fuite  de  ce  pays  d'une  part,  et  de  l'obligation  de  servir,  d'autre part. Il a par ailleurs estimé qu'en application de la Convention sur  les  droits  de  l'enfant  ainsi  que  de  l'intérêt  supérieur  de  l'enfant,  sa  mandante devait se voir autorisée à venir en Suisse, afin de poursuivre  sa  scolarité  et  de  rejoindre  son  père.  S'agissant  de  ce  dernier,  elle  a  précisé  qu'il  était  au  bénéfice  d'une  autorisation  d'établissement  et  qu'à  ce titre, il avait un droit à voir sa fille le rejoindre en Suisse. A titre préalable, le mandataire de l'intéressée a demandé la dispense du  paiement de l'avance de frais et requis l'assistance judiciaire partielle. G.  Par décision incidente du 29 juin 2010, le Tribunal a accusé réception du  recours et transmis ce dernier pour prise de position à l'ODM. Ce dernier  s'est  déterminé  par  lettre  du  5  juillet  2010,  laquelle  a  été  transmise  au  mandataire de l'intéressée par courrier du 8 juillet 2010. Le mandataire a  fait part de ses observations par courrier du 20 juillet 2010. H.  Par  courrier  du  12  novembre  2010,  le  mandataire  de  l'intéressée  a  rappelé au Tribunal les conditions dans lesquelles vivait sa mandante au  Soudan et requis une décision dans des délais brefs. I.  Par courrier du 7 décembre 2010, le mandataire a rappelé que le père de  l'intéressée était au bénéfice d'une autorisation d'établissement, de sorte 

E­4373/2010 Page 5 que  ce  seul  fait  devrait  suffire  à  celle­ci  pour  rejoindre  son  père  en  Suisse. J.  Par  courrier  des  14  février  2011  et  27  janvier  2012,  le  mandataire  de  l'intéressée s'est enquis de l'état de la procédure auprès du Tribunal. K.  Les  autres  faits  de  la  cause  seront  évoqués,  au  besoin,  dans  les  considérants qui suivent. Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après  :  le  Tribunal),  en  vertu  de  l'art.  31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l'art.  5  de  la  loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure administrative  (PA, RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées  à  l'art.  33  LTAF.  En  particulier,  les  décisions  rendues  par  l'ODM  concernant  l'asile  peuvent  être contestées devant le Tribunal conformément à l'art. 105 de la loi sur  l’asile  du  26  juin  1998  (LAsi,  RS  142.31),  lequel  statue  alors  définitivement,  en  l'absence  d'une  demande  d'extradition  déposée  par  l'Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi  du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), condition non  réalisée en l'espèce. 1.2. La recourante a qualité pour recourir dès lors qu'elle a pris part à la  procédure  devant  l'autorité  inférieure,  qu'elle  est  spécialement  atteinte  par la décision attaquée et qu'elle a un intérêt digne de protection à son  annulation ou à  sa modification  (art.  48 al.  1 PA).  Le  recours,  présenté  dans la forme (art. 52 PA) et dans le délai prescrit par la loi, est recevable  (art. 8 PA et 108 al. 1 LAsi). 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de 

E­4373/2010 Page 6 sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique insupportable (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 3.  3.1. Lors d'une procédure à  l'étranger,  la  représentation suisse procède  en général, en vertu de  l'art. 10 de  l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur  l’asile  relative  à  la  procédure  (OA  1,  RS  142.311),  à  l'audition  du  requérant d'asile, à moins que cela ne soit  impossible. Au sens de  l'art.  20  LAsi,  la  représentation  suisse  transmet  à  l’office  la  demande  d’asile  accompagnée d’un rapport  (art. 20 al. 1 LAsi). En outre, elle  transmet à  l’ODM  le  procès­verbal  de  l’audition  ou  la  demande  d’asile  écrite,  ainsi  que tous les autres documents utiles et un rapport complémentaire dans  lequel  elle  se  prononce  sur  la  requête  (art.  10  al.  3  OA  1  ;  cf.  ATAF  2007/30 p. 357 ss). 3.2.  En  l'espèce,  l'Ambassade  de  Suisse  à  Khartoum  a  procédé  à  l'audition de  l'intéressée sur ses motifs d'asile en date du  (…), de sorte  que  la procédure en  la matière a été respectée. Ce point n'est d'ailleurs  pas contesté. 4.   4.1. Selon  l'art.  20  al.  2  LAsi,  afin  d’établir  les  faits,  l’office  autorise  le  requérant  à  entrer  en  Suisse  si  celui­ci  ne  peut  raisonnablement  être  astreint  à  rester  dans  son Etat  de domicile ou de  séjour ni  à  se  rendre  dans un autre Etat. Si le requérant n'a pas rendu vraisemblable un risque  de persécution  (art. 3 et 7 LAsi) ou si  l'on peut attendre de sa part qu'il  s'efforce d'être admis dans un autre Etat (art. 52 al. 2 LAsi), l'autorité est  légitimée à  rendre une décision matérielle négative  rejetant  la demande  d'asile  (cf.  dans  ce  sens  JICRA  2004  n°  21  consid.  2a  p.  136,  JICRA  2004 n° 20 consid. 3a p. 130).

E­4373/2010 Page 7 4.2. Les conditions permettant  l'octroi d'une autorisation d'entrer doivent  être définies de manière restrictive, raison pour laquelle l'autorité dispose  d'une  marge  d'appréciation  étendue.  Outre  l'existence  d'une  mise  en  danger  au  sens  de  l'art.  3  LAsi,  l'autorité  prendra  en  considération  d'autres éléments, notamment  l'existence de  relations particulières avec  la  Suisse  ou  avec  un  autre  pays,  l'assurance  d'une  protection  dans  un  Etat  tiers,  la  possibilité  pratique et  l'exigibilité  objective  d'une  admission  dans  un  autre  pays,  en  d'autres  termes,  la  possibilité  et  l'exigibilité  de  rechercher une protection ailleurs qu'en Suisse, ainsi que les possibilités  futures d'intégration et d'assimilation (cf. JICRA 2004 n° 21 consid. 2b p.  137; JICRA 2004 n° 20 consid. 3b p. 130 s.). 4.3. En  l'occurrence,  le  Tribunal  estime,  à  l'instar  de  l'ODM,  qu'on  peut  attendre de  l'intéressée qu'elle poursuive son séjour au Soudan, du  fait,  d'une part, qu'elle n'y est pas exposée à un danger  imminent et, d'autre  part,  qu'elle  n'entretient  pas  une  relation  étroite  particulière  avec  la  Suisse. Force  est  de  constater,  en  effet,  que  l'intéressée  demeure  au  Soudan  depuis 2008 et qu'elle y a été reconnue comme réfugiée par le HCR. En  conséquence,  ses  craintes  d'être  incorporée  par  les  autorités  militaires  érythréennes ne sont que purement théoriques et sans fondement. Cela  étant,  il  est  vrai  que  la  situation  à  laquelle  sont  exposés  les  refugiés  érythréens  au  Soudan  n'est  pas  facile  et  ce,  d'autant  moins  que  les  autorités  soudanaises  n'ont  pas  mis  en  place  de  véritable  politique  migratoire, destinée à  faciliter  l'intégration des  réfugiés érythréens. Cela  observé, il n'en demeure pas moins que les réfugiés érythréens, à l'instar  des nombreux migrants qu'accueille le Soudan, ont accès au marché de  l'emploi,  leur  permettant  ainsi  d'assumer  leurs  besoins  courants.  Aussi,  c'est  à  raison  que  l'ODM  a  nié  l'existence  d'une  crainte  objectivement  fondée que  la  recourante  soit  exposée à des mauvais  traitements dans  son  pays  d'accueil,  le  fait  que  leur  domicile  étant  infesté  –  selon  leurs  déclarations – de serpents lors d'inondation, aussi désagréable qu'il soit,  ne pouvant être pris en compte dans ce contexte. 4.4. En outre, aucun autre élément ne peut s'opposer à  l'exigence de  la  poursuite  du  séjour  de  l'intéressée  au  Soudan,  celle­ci  n'ayant  aucune  relation particulière avec  la Suisse. En effet,  il  faut convenir avec  l'ODM  que  l'intéressée  n'a  jamais  vécu  avec  son  père,  ce  dernier  quittant  par  ailleurs  l'Erythrée  en  (année),  alors  que  l'intéressée  était  âgée  de  huit  ans.  S'il  apparaît  –  du  moins  uniquement  selon  les  déclarations  de  l'intéressée – qu'il  l'aurait soutenue financièrement  lors de son séjour au 

E­4373/2010 Page 8 Soudan,  force  est  de  constater  cependant  que  ce  soutien  n'aurait  duré  que  quelques  mois,  faute  de  moyens.  En  outre,  l'intéressée  a  quitté  l'Erythrée en 2008, soit  (…) après  le départ de son père et  il ne  ressort  des déclarations ni de l'un ni de l'autre qu'ils auraient entretenu pendant  cette période des liens particuliers, notamment en ce sens que le père de  l'intéressée  aurait  participé  à  distance  à  son  éducation.  Certes,  il  faut  convenir que  le père de  l'intéressée a  introduit en  faveur de sa  fille une  demande  de  regroupement  familial,  en  date  du  (…), mais  force  est  de  constater  qu'il  séjournait  en  Suisse  depuis  (année)  déjà,  qu'il  avait  été  reconnu  réfugié  en  (année)  et  qu'il  a  attendu  près  de  (…)  ans  avant  d'introduire  cette  requête,  ce  qui  ne  parle  également  pas  en  faveur  de  l'existence de liens particulièrement étroits entre le père et sa fille. Quant  au fait que  le père de  l'intéressée est dans  l'intervalle au bénéfice d'une  autorisation d'établissement et peut faire bénéficier, à ce titre, ses enfants  mineurs de ce statut, force est de constater qu'il n'est pas pertinent en la  présente affaire, dès lors qu'il y a uniquement lieu d'examiner dans quelle  mesure une autorisation d'entrée en Suisse en application des conditions  définies à l'art. 20 LAsi peut être accordée à l'intéressée, respectivement  si  celle­ci  remplit  les  conditions d'application de  l'art.  3 ou,  à défaut,  de  l'art. 51 LAsi, et peut se voir accorder l'asile. Or, tel n'est pas le cas dans  la  présente  procédure.  Les  références  jurisprudentielles,  tirées  de  l'application  de  la  loi  sur  les  étrangers  (LEtr;  RS  142.20),  sont  donc  également sans pertinence dans la présente procédure. 4.5.  L'intéressée  a  encore  fait  valoir  son  droit  à  l'éducation.  Sous  cet  angle,  le Tribunal observe  toutefois que  l'intéressée avait déjà cessé de  fréquenter  l'école  quelques  années  avant  son  départ  pour  le  Soudan,  sans qu'une raison ne soit donnée pour expliquer ce renoncement. Aussi,  force est de constater que l'intéressée, déjà âgée de près de (…) alors de  l'introduction de sa requête, soit l'âge auquel en Suisse un enfant achève  sa  scolarité  obligatoire,  aurait  rencontré  en Suisse  également  quelques  difficultés à acquérir des savoirs utiles à son intégration sur le marché du  travail,  à  commencer  par  l'acquisition  de  la  langue,  puisqu'elle  ne  parle  que  le  tigrinya.  Il  est  par  ailleurs  permis  de  douter  que  son  père  et  sa  belle­mère  soient  en mesure de  l'aider  dans ses efforts  d'intégration en  Suisse, eux­mêmes étant encore entièrement assistés et ayant à charge  quatre autres enfants (…). 4.6. Le mandataire de l'intéressée met également en avant la Convention  relative aux droits de l'enfant du 2 novembre 1989 (CDE; RS 0.107). A ce  propos, il importe de rappeler que la CDE vise à garantir à l'enfant ­ c'est­ à­dire à tout être humain âgé de moins de dix­huit ans (art. 1 CDE) ­ une 

E­4373/2010 Page 9 meilleure  protection  en  fait  et  en  droit.  Elle  exige  que  toute  demande  d'entrée ou de sortie du pays en vue de réunir  la famille soit considérée  par  les  Etats  parties  dans  un  esprit  positif,  avec  humanité  et  diligence  (art.  10  par.  1  CDE),  l'intérêt  supérieur  de  l'enfant  devant  être  une  considération  primordiale  (art.  3  par.  1 CDE). Elle  prévoit  que  les Etats  parties  s'engagent  à  respecter  le  droit  de  l'enfant  de  préserver  ses  relations familiales (art. 8 par. 1 CDE) ainsi qu'à veiller à ce que l'enfant  ne soit pas séparé de ses parents contre  leur gré (art. 9 par. 1 CDE) et  s'emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du principe selon  lequel les deux parents ont une responsabilité commune dans l'éducation  et  le  développement  de  l'enfant  (art.  18  par.  1  CDE).  Elle  n'accorde  toutefois ni à l'enfant ni à ses parents un droit à la réunion de la famille ou  une prétention directe à  l'obtention d'une autorisation de séjour  (cf. ATF  135  I  153  consid.  2.2.2  in  fine;  arrêt  2C_505/2009  du  29  mars  2010  consid.  5.2).  Or,  comme  déjà  relevé  ci­avant,  dans  le  présent  cas,  l'intéressée n'a jamais vécu avec son père avant  le départ de ce dernier  pour l'étranger et il ne ressort pas davantage des pièces au dossier qu'il  aurait – malgré cela – participé activement et dès la naissance de sa fille,  à son éducation. C'est donc à tort que, dans  le cas présent,  l'intéressée  sollicite le respect d'éventuels droits découlant de la CDE en relation avec  la demande d'autorisation d'entrée en Suisse. 5. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la non­reconnaissance  de la qualité de réfugié,  le refus de l'asile et de l'autorisation d'entrée en  Suisse, doit être rejeté. 6.  S'avérant  manifestement  infondé,  le  recours  est  rejeté  dans  une  procédure  à  juge  unique,  avec  l'approbation  d'un  second  juge  (art.  111  let. e LAsi).  Il est dès  lors  renoncé à un échange d'écritures,  le présent  arrêt n'étant motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 7.  Vu de l'issue de la cause, il y aurait lieu de mettre les frais de procédure à  la charge de la recourante (art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du règlement du  11 décembre 2006 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2).  Il  est  toutefois  renoncé  à  percevoir  des  frais  de  procédure  pour  des  raisons  administratives  et  économiques  (art.  63  al.  1  i.  f.  PA).  La  demande  d'assistance partielle est ainsi devenue sans objet. (dispositif page suivante)

E­4373/2010 Page 10 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Il est statué sans frais. 3.  La demande d'assistance judiciaire partielle est sans objet. 4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  à  la  recourante,  à  l'ODM  et  à  la  Représentation suisse à Khartoum. La juge unique : La greffière : Jenny de Coulon Scuntaro Astrid Dapples Expédition :

E-4373/2010 — Bundesverwaltungsgericht 15.02.2012 E-4373/2010 — Swissrulings