Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 30.01.2012 E-357/2009

30. Januar 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·919 Wörter·~5 min·1

Zusammenfassung

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 16 décembre 2008

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour V E­357/2009 Arrêt   d u   3 0   janvier   2012 Composition Jenny de Coulon Scuntaro, juge unique, avec l'approbation de Walter Lang, juge ; Astrid Dapples, greffière. Parties A._______, son épouse B._______, et leurs enfants C._______, D._______, et E._______, Afghanistan,  recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi;  décision de l'ODM du 16 décembre 2008 / N (…).

E­357/2009 Page 2 Faits : A.  Le  28  août  2007,  après  avoir  franchi  clandestinement  la  frontière,  les  intéressés ont déposé une demande d'asile au centre d'enregistrement et  de procédure (CEP) de (…). B.  Entendus  les  27  septembre  2007  et  30  mai  2008,  les  requérants  ont  déclarés  être  ressortissants  afghans  originaires  de  Kaboul,  d'ethnie  tadjike,  de  religion  chiite,  et  parler  dari.  Tous  deux  auraient  suivi  leurs  parents respectifs en Iran, où  ils auraient vécu comme réfugiés pendant  une dizaine d'années et travaillé tous deux comme tailleur. Les autorités  iraniennes  ayant  modifié  leur  politique  de  protection  à  l'égard  des  ressortissants afghans, ils auraient pris la décision de retourner dans leur  pays  d'origine  avec  leurs  enfants,  de  manière  volontaire.  Leur  retour  aurait été facilité par le fait que le père de l'intéressé – décédé en Iran –  lui  aurait  laissé  en  héritage  une  maison,  un  commerce  ainsi  que  des  terres, tous situés à Kaboul. De retour à Kaboul, en avril 2007, l'intéressé  aurait d'abord dû faire valoir ses droits sur ses biens, la maison ayant été  occupée en son absence par une tante maternelle et ses enfants. Deux  mois  après  leur  retour  et  un  mois  avant  leur  départ  pour  la  Suisse,  l'intéressé et son frère (qui fait  l'objet d'une procédure connexe) auraient  été arrêtés au motif  qu'un sac contenant de  la drogue aurait  été  trouvé  dans la cour intérieure de leur maison. Ils auraient été conduits au poste  de police, où ils auraient été placés dans une cellule, battus et interrogés  sur  la provenance du sac  trouvé à  leur domicile. Etant dans  l'incapacité  de répondre à cette question, ils auraient été conduits, après le deuxième  ou  le  troisième  jour  de  détention,  au  commandement  de  la  sécurité  de  Kaboul.  Ils y seraient restés entre douze et treize jours et auraient été à  nouveau  interrogés sur  le contenu du sac trouvé à  leur domicile. Durant  leur  détention,  ils  auraient  été  frappés  et  insultés.  L'oncle maternel  des  intéressés aurait été informé par les responsables du commandement de  l'arrestation de ses neveux. Fixé sur le montant de la caution nécessaire  à  la  libération  de  ces  derniers,  il  aurait  entrepris  les  démarches  adéquates pour  leur permettre de quitter  ces  lieux. Dans ce contexte,  il  aurait déposé les titres de propriété des biens des intéressés en échange  de leur remise en liberté. Toutefois, selon l'intéressé, cette mise en liberté  aurait  été  provisoire  (pour  une durée de  vingt  jours),  soit  le  temps  jugé 

E­357/2009 Page 3 nécessaire pour transmettre à la justice les noms de leurs complices. Au  vu des  conditions de détention  subies,  et  dans  l'incapacité  de  répondre  aux  attentes  de  la  justice,  ils  auraient  pris  la  décision  de  quitter  l'Afghanistan,  en  compagnie  de  la  femme  de  l'intéressé  et  de  leurs  enfants.  Selon  l'intéressé,  ses  cousins maternels  seraient  responsables  des  ennuis  rencontrés  depuis  son  retour  d'Iran,  dans  la  mesure  où  il  aurait fait valoir ses prétentions sur la maison paternelle et aurait eu gain  de  cause  et  que  ses  cousins  disposaient  de  liens  privilégiés  avec  les  instances gouvernementales. C.  L'intéressé  ayant  invoqué,  à  l'issue  de  son  audition  du  30  mai  2008,  souffrir de maux de dos suite aux conditions de détention, il a été invité à  produire un certificat médical.  Par  courrier  du  11  novembre  2008,  les  Hôpitaux  Universitaires  de  F._______,  Département  de  médecine  communautaire  et  de  premier  recours, ont fait parvenir à l'ODM un rapport médical, daté du 7 novembre  2008.  Il  ressort  de  ce  document  que  l'intéressé  présente  des  lombosciatalgies  gauches  L5­S1  non  déficitaires,  une  tendinite  du  fléchisseur du gros orteil droit ainsi qu'un probable trouble de l'adaptation  avec possible PTSD. D.  Par  décision  du 16  décembre  2008,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  des  intéressés,  prononcé  leur  renvoi  et  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure.  Dans  sa  décision,  l'ODM  considère  en  substance  que  les  déclarations des intéressés ne satisfont pas aux exigences de pertinence.  En outre, il considère que l'exécution du renvoi est licite, raisonnablement  exigible et possible. E.  Par courrier du 19 janvier 2009, les intéressés ont formé recours contre la  décision de l'ODM. Ils ont conclu à ce que leur soit reconnue la qualité de  réfugié ou, à défaut, que l'illicéité, l'inexigibilité et l'impossibilité du renvoi  soit constatée. Ils ont également sollicité la suspension de l'exécution de  leur renvoi et la dispense des frais de procédure ainsi que de l'avance sur  les frais de procédure présumés. En annexe à leur mémoire, les intéressés ont produit plusieurs certificats  médicaux  établis  par  F._______,  relatifs  aux  problèmes  de  santé  dont 

E­357/2009 Page 4 souffre  l'intéressé,  ainsi  qu'une  attestation  de  scolarité  au  nom  de  leur  enfant aîné. F.  Par décision incidente du 27 janvier 2009, le Tribunal administratif fédéral  (le Tribunal) a rejeté la demande d'assistance judiciaire partielle et invité  les intéressés à s'acquitter d'une avance de 400.­ francs. G.  Par  courrier  du  11  février  2009,  les  intéressés  ont  sollicité  la  reconsidération de la décision incidente du 27 janvier 2009, produisant en  annexe à leur requête un mandat de comparution aux noms de l'intéressé  et  de  son  frère  ainsi  qu'un  document  judiciaire  relatif  à  leur  remise  en  liberté conditionnelle. H.  Par décision  incidente du 3 mars 2009,  le Tribunal a  rejeté  la demande  de  reconsidération  des  intéressés,  leur  fixant  un  ultime  délai  afin  de  procéder  au  versement  de  l'avance  requise.  Les  intéressés  se  sont  acquittés de leur obligation en date du 9 mars 2009. I.  Par courriers des 24 mars et 15 avril 2009, les intéressés ont produit un  nouveau document judiciaire, d'abord en copie puis en original. J.  Invité  à  se  déterminer  sur  le  contenu  du  recours,  l'ODM  a  reconsidéré  partiellement  la  décision  du  16  décembre  2008  en  retenant  que  l'exécution du renvoi des  intéressés n'était pas raisonnablement exigible  et en les mettant au bénéfice d'une admission provisoire. Cette décision,  datée du 12 juillet 2011, a été communiquée aux intéressés. K.  Par courrier du 15 juillet 2011, les intéressés ont été invités à faire savoir  au Tribunal s'ils retiraient leur recours en tant qu'il portait sur la question  relative à  l'octroi de  l'asile et au prononcé du  renvoi. Par déclaration du  25 juillet 2011, les intéressés ont maintenu leur recours. L.  Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire,  dans la partie en droit ci­dessous. 

E­357/2009 Page 5 Droit : 1.  1.1. Le Tribunal connaît, en vertu de l'art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS 173.32),  des  recours  contre  les décisions au sens de  l'art. 5 de  la  loi  fédérale du 20 décembre 1968  sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités  mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent  être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi sur l'asile du 26 juin 1998  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  en  l'absence  d'une  demande  d'extradition  déposée  par  l'Etat  dont  le  requérant cherche à se protéger  (art. 83  let. d ch. 1 de  la  loi du 17 juin  2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), condition non réalisée en  l'espèce. 1.2.  Les  intéressés  ont  qualité  pour  recourir  (cf.  art. 48  PA).  Présenté  dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf.  art. 52 PA et 108 al. 1 LAsi). 2.   2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  sont 

E­357/2009 Page 6 contradictoires,  ne correspondent pas aux  faits ou  reposent de manière  déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 3.  3.1. En  l’occurrence,  dans  sa  décision  du  16 décembre 2008,  l'ODM  a  relevé que les motifs d'asile invoqués n'étaient pas pertinents au sens de  l'art.  3  LAsi.  Ainsi  que  cet  office  le  retenait  à  juste  titre,  l'enquête  dont  l'intéressé faisait  l'objet, suite à  la dénonciation de tiers pour possession  de  stupéfiants,  correspondait  à  la  prétention  légitime  de  l'Etat  de  poursuivre et de sanctionner des actes illicites, de même que d'assurer le  maintien de  l'ordre public. Par ailleurs, cet office constatait également à  raison qu'il pouvait être attendu de  l'intéressé qu'il cherche à établir son  innocence. Certes,  l'intéressé a allégué avoir été  injustement arrêté et a  produit au stade du recours des documents  judiciaires étayant de prime  abord  ses  déclarations.  Toutefois,  et  indépendamment  de  la  valeur  probante  des  documents  produits  par  l'intéressé,  il  faut  convenir  avec  l'autorité  de  première  instance  que  le  motif  allégué  par  l'intéressé  à  l'appui de sa demande d'asile n'entre pas dans le champ d'application de  l'art.  3  LAsi,  lequel  énumère  de  façon  exhaustive  les  raisons  pour  lesquelles  une  persécution  peut  et  doit  être  admise.  Or,  force  est  de  constater que  les documents produits par  l'intéressé ne démontrent pas  que les autorités appliqueraient le droit en vigueur dans l'arbitraire le plus  complet, sans donner à  l'intéressé  la possibilité d'apporter des éléments  de nature à  le disculper. Cette appréciation se voit  confirmée par  le  fait  que les autorités semblent ne pas avoir hésité à le libérer, après le dépôt  d'une caution, afin qu'il puisse préparer sa défense. Le Tribunal confirme  donc  l'analyse  effectuée  par  l'autorité  de  première  instance,  selon  laquelle  les problèmes allégués par  l'intéressé à  l'appui de sa demande  d'asile ne ressortent pas au domaine d'application de l'art. 3 LAsi. 3.2. Au vu de ces éléments, le recours, en tant qu'il conteste le refus de  l'asile, doit être rejeté. 4.  4.1.  Lorsqu’il  rejette  une  demande  d’asile  ou  qu’il  refuse  d’entrer  en  matière  à  ce  sujet,  l’ODM  prononce,  en  règle  générale,  le  renvoi  de  Suisse et en ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de l’unité de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art. 32  de  l’ordonnance 1  du 11 août 1999  sur  l’asile  relative  à  la 

E­357/2009 Page 7 procédure (OA 1, RS 142.311), lorsque le recourant d’asile dispose d’une  autorisation de séjour ou d’établissement valable, ou qu’il fait l’objet d’une  décision  d’extradition  ou  d’une  décision  de  renvoi  conformément  à  l’art. 121 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 4.3. Quant  à  la  question  de  l'exécution  du  renvoi,  elle  n'a  pas  à  être  tranchée.  L'ODM  a  en  effet  considéré  que  cette  mesure  n'était  actuellement  pas  raisonnablement  exigible  et  a  prononcé  l'admission  provisoire des intéressés en Suisse. 4.4.  En définitive,  le  recours  doit  être  rejeté,  dans  la mesure  où  il  n'est  pas  devenu sans objet. 5.  Le  recours  s’avérant  manifestement  infondé,  il  est  rejeté  dans  une  procédure  à  juge  unique,  avec  l’approbation  d’un  second  juge  (art.  111  let. e LAsi). 6.  6.1.  Au  vu  de  l’issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de  mettre  les  frais  de  procédure à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA  et  2  e  3  let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2).  6.2.  Les  intéressés  ayant  toutefois  obtenu  partiellement  gain  de  cause  avec  la  reconsidération  de  la  décision  intervenue  en  date  du  12  juillet  2011, il y a lieu de percevoir des frais réduits à hauteur de 400.­ francs. 6.3. Dans  la  mesure  où  une  partie  de  la  procédure  est  devenue  sans  objet,  il  convient  d'examiner  s'il  y  a  lieu  d'allouer  des  dépens  (art.  15  FITAF). Ils sont alors fixés au vu de l'état des faits avant la survenance du  motif de liquidation (art. 5 et 15 FITAF). 6.4.  En  l'occurrence,  il  n'est  pas  alloué  de  dépens,  dès  lors  que  les  intéressés  n'étaient  pas  représentés  par  un  mandataire  et  ne  peuvent 

E­357/2009 Page 8 être  considérés  comme ayant  eu  des  frais  particulièrement  élevés  pour  déposer leur recours.  

E­357/2009 Page 9 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté dans la mesure où il n'est pas devenu sans objet. 2.  Les  frais  de  procédure,  d’un  montant  de  400.­  francs,  sont  mis  à  la  charge  des  recourants.  Ce  montant  est  entièrement  compensé  avec  l’avance de frais déjà versée de 400.­ francs en date du 9 mars 2009. 3.  Il n'est pas alloué de dépens. 4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. La juge unique : La greffière : Jenny de Coulon Scuntaro Astrid Dapples Expédition :

E-357/2009 — Bundesverwaltungsgericht 30.01.2012 E-357/2009 — Swissrulings