Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 21.11.2011 E-3032/2008

21. November 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,258 Wörter·~11 min·1

Zusammenfassung

Exécution du renvoi | Exécution du renvoi; décision de l'ODM du 24 août 2008

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­3032/2008 Arrêt   d u   2 1   n o v emb r e   2011 Composition Maurice Brodard (président du collège), Martin Zoller, Jenny de Coulon Scuntaro, juges, Edouard Iselin, greffier. Parties A._______,  Sri Lanka, représenté par Me Emil Robert Meier, avocat,  recourant, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Renvoi et exécution du renvoi ;  décision de l'ODM du 24 avril 2008 / N (…).

E­3032/2008 Page 2 Faits : A.  L'intéressé a déposé une demande d'asile en Suisse le 1er février 2006. B.  B.a.  Entendu  sur  ses  motifs  d'asile  lors  d'auditions  qui  ont  eu  lieu  le  28 février  et  le  21 mars  2006,  l'intéressé  a  déclaré  être  célibataire,  de  langue maternelle et d'ethnie tamoules, et avoir vécu avec ses parents et  une de ses sœurs à B._______ (localité située dans le district de Jaffna).  Il a expliqué n'avoir pas eu d'activité politique (hormis comme observateur  électoral en [année]) et n'être pas sympathisant du LTTE, mais avoir dû  assister  aux  fêtes  organisées  par  ce  parti  et  participer  à  (…)  lorsque  celui­ci en faisait la demande. Vers fin décembre 2005, alors qu'il assistait  aux  obsèques  d'un  des  ses  amis,  tué  par  des  inconnus  (ou,  selon  une  autre  version,  par  l'armée),  des  militaires  seraient  arrivés.  Soupçonnés  par ceux­ci de collaboration avec le LTEE, le requérant et d'autres jeunes  auraient été sommés de s'agenouiller, ces soldats leur déclarant ensuite  qu'ils  allaient  les  exécuter.  Vu  l'intervention  de  la  population  et  la  présence de journalistes, ils les auraient finalement épargnés, tout en les  avertissant toutefois qu'ils viendraient plus tard chez eux pour les abattre.  Le  soir  même,  un  autre  de  ses  amis  aurait  été  assassiné.  L'intéressé  aurait aussitôt été emmené chez des amis pour se cacher. Egalement le  même soir, des militaires à sa recherche se seraient rendus au domicile  familial et auraient emmené et maltraité son père pour qu'il leur dise où il  se trouvait. Après avoir été  libéré, celui­ci aurait emmené le requérant à  Colombo et aurait organisé son départ clandestin du pays. Pendant son  séjour dans cette ville, qui aurait duré une semaine, il n'aurait pas habité  chez  sa  sœur,  qui  résidait  aussi  à  Colombo ­ vu  qu'il  était  recherché ­  mais  aurait  vécu  dans  une  pension  ("lodge").  Il  a  ajouté  que  la  police  s'était  effectivement  rendue  chez  sa  sœur  et  avait  également  perquisitionné dans l'établissement où il logeait. Délaissant cette pension,  l'intéressé se serait caché un  jour chez son passeur, avant de quitter  le  Sri  Lanka,  le  8 janvier  2006,  via  l'aéroport  de  Colombo,  en  utilisant  un  passeport  malaisien  falsifié.  Après  son  arrivée  en  Suisse,  le  13 janvier  2006,  il  aurait  tout  d'abord  vécu  quelque  temps  chez  sa  fiancée,  au  bénéfice d'une autorisation d'établissement en Suisse, avant de déposer  sa demande d'asile. B.b. Durant l'instruction de sa procédure d'asile, l'intéressé a notamment  produit  une  copie  de  sa  carte  d'identité,  un  extrait  du  registre  des 

E­3032/2008 Page 3 naissances, diverses attestations scolaires et quatre documents attestant  qu'il  avait  œuvré  en  (année)  comme  observateur  électoral  pour  une  organisation non gouvernementale. C.  C.a. Par décision du 24 avril 2008, l’ODM, en se fondant sur l’art. 32 al. 2  let. a  de  la  loi  du  26 juin  1998  sur  l’asile  (LAsi,  RS  142.31),  n’est  pas  entré  en  matière  sur  la  demande  d’asile  de  l'intéressé,  motif  pris  qu’il  n'avait produit aucun document d’identité ou de voyage et qu’aucune des  exceptions  visées  par  l’art. 32  al. 3  LAsi  n’était  réalisée.  Cet  office  a  également  prononcé  son  renvoi  de  Suisse  et  a  ordonné  l’exécution  de  cette mesure, la jugeant licite, raisonnablement exigible et possible. C.b.  Dans  sa  décision,  l'ODM  a  notamment  relevé  diverses  invraisemblances  des  motifs  d'asile  allégués  par  l'intéressé.  En  ce  qui  concerne  le caractère raisonnablement exigible de  l'exécution du renvoi,  cet office a relevé, en substance, qu'au vu du conflit qui opposait le LTTE  et le gouvernement sri lankais dans le nord comme dans l'est du pays, il  ne saurait être exigé du requérant qu'il retourne dans sa région d'origine.  Toutefois,  il  lui  était  possible  de  s'installer  dans  une  autre  partie  du Sri  Lanka, par exemple dans l'agglomération de Colombo, où vivait sa sœur  ainsi que l'époux de celle­ci. D.  Par  acte  remis  à  la  poste  le  5 mai  2008  et  adressé  au  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après :  Tribunal),  l'intéressé  a  recouru  contre  la  décision précitée. Il y a conclu à l'annulation des points 2 à 4 du dispositif  de ce prononcé (renvoi et exécution de cette mesure) ainsi qu'à l'octroi de  l'admission provisoire. E.  Par  décision  incidente  du  20 mai  2008,  le  Tribunal  a  constaté  que  l'intéressé renonçait à recourir contre le prononcé du 24 avril 2008 en tant  qu'il portait sur la non­entrée en matière sur sa demande d'asile, de sorte  que sous cet angle, celui­ci était entré en force. Il lui a également imparti  un  délai  de  trois  jours  dès  la  notification  de  cet  écrit  pour  compléter  la  motivation  de  son  recours,  faute  de  quoi  il  serait  statué  en  l'état  du  dossier. Il l'a en outre invité à payer une avance sur les frais de procédure  de Fr. 600.­ d'ici au 30 mai 2008 ou, à défaut, de  fournir dans  le même  délai  les  justificatifs établissant qu'il n'était pas en mesure de s'acquitter  de cette somme.

E­3032/2008 Page 4 F.  F.a. Le  26 mai  2008,  l'intéressé  a  envoyé  par  télécopie  au  Tribunal  un  mémoire complémentaire par  lequel  il  régularisait son  recours ;  l'original  de cet écrit a été remis à la poste le jour suivant. F.b. Dans ce mémoire, l'intéressé a fait valoir, en substance, que c'était à  tort que l'ODM avait rendu une décision de non­entrée en matière et que  l'exécution de son renvoi était illicite et non raisonnablement exigible. Il a  notamment invoqué que l'ODM, qui avait attendu plus de deux ans avant  de  se  prononcer  sur  sa  demande  d'asile,  aurait  dû  statuer  au  fond  sur  celle­ci attendu qu'il existait en l'occurrence des indices de persécution. Il  a  également  donné  des  explications  concernant  les  éléments  d'invraisemblance  relevés  par  l'ODM  dans  sa  décision.  Alléguant  aussi  qu'il avait œuvré dans  (…) du LTTE,  il a affirmé qu'il ne pouvait  trouver  refuge dans une autre partie du Sri Lanka, en particulier à Colombo, pour  se  soustraire  à  d'éventuels  préjudices  pertinents  en matière  d'asile,  les  personnes d'origine  tamoule provenant du nord et de  l'est de cet Etat y  étant victimes de poursuites et de discriminations de la part des autorités,  qui  les  soupçonnaient  d'appartenir  à  ce  parti.  Dans  ce  contexte,  les  hommes jeunes provenant de la région de Jaffna ­ ce qui était son cas ­  étaient  considérés  avec  une  méfiance  particulière  par  les  forces  de  sécurité  et  couraient  un  sérieux  risque  d'être  arrêtés  et  victimes  de  traitement prohibés par  l'art. 3 de  la convention du 4 novembre 1950 de  sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH,  RS 0.101). A cela s'ajoutait qu'il avait toujours résidé dans le nord du Sri  Lanka et que le dialecte tamoul qu'il parlait rendait son origine aisément  reconnaissable.  En  outre,  il  n'avait  pas  de  formation  et  que  peu  d'expérience  professionnelle  et  ne  pourrait  pas  compter  sur  une  aide  adéquate de sa sœur et de son beau­frère en cas de retour à Colombo,  lesquels  ne  disposaient  ni  d'un  logement  adéquat  pour  l'accueillir  ni  de  ressources financières suffisantes. G.  En date du 30 mai 2008, l'intéressé a versé l'avance de frais requise. H.  Invité par le Tribunal à se prononcer sur le recours, l'ODM en a préconisé  le  rejet  dans  sa  réponse  du  17 juin  2008.  Une  copie  de  cet  écrit  a  été  transmise le 19 juin 2008 à l'intéressé, pour information.

E­3032/2008 Page 5 I.  Le 27 novembre 2008,  l'intéressé, dans  le cadre des préparatifs de son  départ, a rempli un formulaire remis par l'autorité cantonale compétente. Il  a  indiqué dans  la rubrique relative à  la date de son départ du Sri Lanka  que celui­ci avait eu lieu en "2005". J.  Le  26 janvier  2009,  le  recourant  a  envoyé  à  l'ODM  divers  moyens  de  preuve,  qui  ont  été  transmis  au  Tribunal  deux  jours  plus  tard.  Par  ordonnance  du  2 février  2009,  celui­ci  a  imparti  à  l'intéressé  un  délai  jusqu'au 4 mars 2009 pour produire des traductions de ces documents. K.  Par  courriers  des  3  et  5 mars  2009,  l'intéressé  a  fourni  les  traductions  requises. Il ressortait en particulier de certains de ces moyens de preuve  qui  n'étaient  pas  de  portée  générale  que  des  inconnus  armés  s'étaient  rendus  à  plusieurs  reprises  en  juin  2006  au  domicile  familial  pour  le  rechercher, qu'il se serait alors enfui et réfugié chez des parents, et que  ces  inconnus  auraient  notamment  menacé  et  frappé  son  père,  lequel,  après avoir déposé plainte, l'aurait aidé à quitter le pays. Il était en outre  mentionné dans un autre de ces documents qu'il avait quitté le Sri Lanka  le (date) 2005. L.  Invité par le Tribunal à se prononcer sur une seconde fois sur le recours,  l'ODM en a préconisé le rejet dans sa réponse du 2 avril 2009. M.  M.a. Par  ordonnance  du  6 avril  2009,  le  Tribunal  a  relevé  certains  faits  ressortant  des  nouveaux  moyens  de  preuve  produits  (cf. en  particulier  let. K  de  l'état  de  fait)  et  a  constaté  qu'ils  étaient  en  contradiction  avec  d'autres éléments ressortant du dossier. Il a dès lors imparti au recourant  un délai jusqu'au 27 avril 2009 pour s'exprimer sur ces incohérences. Il lui  a aussi transmis une copie de la réponse de l'ODM du 2 avril 2009, à titre  d'information.  M.b. Le 27 avril 2009, le recourant a invité le Tribunal à rendre son arrêt  sur la base des pièces du dossier. N.  N.a.  Le  1er février  2010,  l'autorité  cantonale  compétente  a  transmis  à  l'ODM des copies de divers documents que l'intéressé avait produits dans 

E­3032/2008 Page 6 le cadre de démarches en vue d'un mariage. Selon deux de ces pièces  (une  déclaration  officielle  ["affidavit"]  de  son  père  et  une  attestation  de  célibat) ­ toutes  deux  datées  du  (date) ­ le  recourant  avait  quitté  le  Sri  Lanka le (date) 2005. N.b. En date du 2 février 2010, l'autorité cantonale précitée a également  transmis à l'ODM la carte d'identité de l'intéressé. N.c. Le 27 mai 2010, l'affidavit, l'attestation de célibat et une copie de la  carte d'identité ont été envoyées à la représentation suisse à Colombo,  afin que celle­ci procède à leur contrôle. O.  Le  18 décembre  2010,  le  recourant  a  épousé  une  ressortissante  sri  lankaise  bénéficiant  d'une  autorisation  de  séjour  et  habitant  dans  le  canton de C._______. P.  Suite à une demande du 8 février 2011,  l'ODM a,  le 21 du même mois,  attribué l'intéressé au canton de C._______. Q.   Par acte du 30 mai 2011, l'autorité cantonale compétente n'est pas entrée  en  matière  sur  une  requête  du  recourant  du  19  du  même  mois,  par  laquelle celui­ci demandait à obtenir une autorisation de séjour. R.  Le  8 juin  2011,  une  ressortissante  allemande  a  adressé  un  courrier  à  l'ODM,  écrit  dont  il  ressortait  qu'elle  entendait  épouser  le  recourant  et  vivre  avec  lui  en Allemagne  dès  que  possible,  celui­ci  étant  le  père  de  son enfant, qui allait probablement naître à la fin de novembre 2011. S.  En date du 26 septembre 2011, l'office cantonal compétent a transmis au  Tribunal des copies d'un rapport de police et d'une attestation de divorce.  Il  en  ressortait  notamment  que  l'intéressé  avait  quitté  le  domicile  où  il  vivait avec son épouse au début de juin 2011 et que leur divorce avait été  prononcé le 24 août 2011. T.  T.a.  Par  ordonnance  du  27 septembre  2011,  le  Tribunal  a  imparti  au  recourant un délai jusqu'au 17 octobre 2011 pour fournir des informations 

E­3032/2008 Page 7 concernant  l'état  d'avancement  de  ces  plans  de  nouveau  mariage  (cf. let. R de  l'état de fait),  respectivement sur  l'obtention éventuelle d'un  titre de séjour en Allemagne ou, à défaut, sur les démarches entreprises  et/ou prévues pour obtenir un tel titre, faute de quoi il pourrait être statué  en  l'état  du  dossier.  Sous  la  menace  de  la  même  sanction,  il  l'a  également  invité  à  informer  le  Tribunal  de  manière  détaillée  et  exhaustive,  également  dans  le  délai  précité,  sur  tout  éventuel  autre  changement  récent  de  sa  situation  personnelle  qui  pourrait  avoir  une  incidence  sur  le  sort  de  son  recours,  en  ce  qui  concerne  le  caractère  illicite, inexigible ou impossible de l'exécution de son renvoi au Sri Lanka. T.b. L'intéressé ne s'est pas manifesté dans  le délai  imparti, ni du reste  par la suite. U.  Les autres faits et arguments de la cause seront, si nécessaire, évoqués  dans les considérants en droit. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées  à  l’art. 33  LTAF.  En  particulier,  les  décisions  rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent être contestées, par renvoi  de  l’art. 105  LAsi,  devant  le  Tribunal,  lequel  statue  alors  définitivement,  sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. L'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Interjeté dans la  forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi,  son recours est recevable. 2.  2.1. Saisi  d'un  recours contre une décision de  l'ODM en matière d'asile  et/ou de  renvoi,  le Tribunal  tient compte de  la situation et des éléments  tels  qu'ils  se  présentent  au moment  où  il  se  prononce  (cf. à  ce  propos 

E­3032/2008 Page 8 Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile  [JICRA]  2000  n° 2  p. 20 ;  JICRA  1997  n° 27  consid. 4f  p. 211 ;  JICRA  1995  n° 5  consid. 6a  p. 43 ;  JICRA  1994  n° 6  consid. 5  p. 52). Ce faisant,  il prend en considération  l'évolution  intervenue depuis  l'époque du dépôt de la demande d'asile. 2.2.  Le  Tribunal  applique  le  droit  d'office,  sans  être  lié  par  les  motifs  invoqués  dans  le  recours  (cf. art. 62 al. 4  PA)  ni  par  l'argumentation  juridique développée dans la décision entreprise. Il peut ainsi admettre un  recours pour  un autre motif  que  ceux  invoqués devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une  argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (cf. PIERRE  MOOR / ETIENNE  POLTIER,  Droit  administratif,  vol. II,  3e éd. Berne 2011, p. 820 s.). 3.  En premier lieu, le Tribunal rappelle que la décision de l'ODM du 24 avril  2008 est entrée en force en tant qu'elle porte sur la non­entrée en matière  sur  la  demande  d'asile  de  l'intéressé,  celui­ci  n'ayant  pas  contesté  ce  point du dispositif avant l'échéance du délai de recours (cf. let. D et E de  l'état  de  fait).  Partant  l'argumentation  relative  à  cette  question  (cf. en  particulier  let. F.b  de  l'état  de  fait)  ne  saurait  être  examinée  par  le  Tribunal, sauf en ce qui concerne une possible  incidence sur  l'exécution  du renvoi (cf. notamment le consid. 7.3.2 ci­après). 4.  4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière  à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art. 32  de  l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  requérant  d’asile  dispose d’une autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de  renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 4.2. Le Tribunal relève en particulier que l'intéressé se saurait se prévaloir  d'un  droit  de  séjour  ou  d'établissement  en Suisse  du  fait  de  liens  avec  une ressortissante allemande (cf. à ce sujet notamment let. R de l'état de  fait). Même  à  supposer  que  ses  plans  de mariage  soient  aussi  sérieux  que  celle­ci  le  prétend  et  que  le  recourant  soit  réellement  le  père  de  l'enfant,  éléments  qu'il  n'a  pas  personnellement  confirmés  (cf. let. T  de 

E­3032/2008 Page 9 l'état  de  fait),  il  ne  saurait  en  tirer  avantage. Outre  le  fait  qu'il  n'est  pas  marié  avec  cette  femme  à  l'heure  actuelle,  force  est  de  constater  que  celle­ci  réside  toujours  en  Allemagne  et  n'a  jamais  fait  part  d'un  quelconque  désir  de  s'installer  légalement  et  durablement  avec  son  enfant en Suisse. 4.3. Aucune exception à  la  règle générale du  renvoi  n’étant  réalisée,  le  Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette mesure. 5.  A  titre  introductif,  s'agissant  de  la  question  de  l'exécution  du  renvoi,  le  Tribunal  considère, au vu du dossier et  du comportement de  l'intéressé  (cf. let. T  de  l'état  de  fait),  qu'un  établissement  légal  de  l'intéressé  en  Allemagne ou  un  refoulement  vers  cet Etat  ne  sont  pas  envisageables.  Partant,  en  ce  qui  concerne  cette  question,  il  examinera  uniquement  si  les conditions légales prévues pour un retour de l'intéressé au Sri Lanka  sont  véritablement  réalisées.  Il  appartiendra  à  celui­ci,  s'il  devait  réellement obtenir avant son départ de Suisse une autorisation de résider  légalement  en  Allemagne,  d'en  informer,  si  nécessaire,  les  autorités  suisses chargées d'organiser l'exécution de son renvoi. A défaut, il pourra  s'adresser après son retour à la représentation d'Allemagne au Sri Lanka  pour débuter ou poursuivre d'éventuelles démarches afin d'obtenir un tel  statut légal, si tel devait alors être son vœu. 6.  6.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art. 44  al. 2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par  l’art. 84 de  la  loi  fédérale du 16 décembre 2005 sur  les étrangers  (LEtr,  RS 142.20). 6.2.  L’exécution  n’est  pas  licite  lorsque  le  renvoi  de  l’étranger  dans  son  Etat  d’origine  ou  de  provenance  ou  dans  un  Etat  tiers  est  contraire  aux  engagements de la Suisse relevant du droit international (art. 83 al. 3 LEtr). 6.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr).

E­3032/2008 Page 10 6.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 7.  7.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement  prohibé  par  l’art. 3  CEDH  ou  encore  par  l’art. 3  de  la  Convention  du  10 décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105). 7.2. L’exécution du renvoi du recourant ne contrevient pas au principe de  non­refoulement  de  l’art. 5  LAsi.  En  effet,  celui­ci,  qui  n'a  du  reste  pas  contesté en temps utile la décision du 24 avril 2008 en ce qui concerne la  question  de  la  non­entrée  sur  sa  demande  d'asile,  n'a  pas  rendu  vraisemblable  qu’en  cas  de  retour  dans  son  pays  d’origine,  il  serait  exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui  interdit  la  torture  et  les  peines  ou  les  traitements  inhumains  ou  dégradants, trouve application dans le présent cas d’espèce. 7.3.1. Si  l’interdiction de  la  torture,  des peines et  traitements  inhumains  (ou dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l’art. 3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en  cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier  la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art. 3  CEDH,  tant  que  la  personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait 

E­3032/2008 Page 11 visée  personnellement ­ et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard  malheureux ­ par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf. ATAF  E­6220/2006  du  27 octobre  2011,  consid. 10.4.1  et  JICRA 1996 n° 18 consid. 14b ee p. 186 s.). 7.3.2. En l’occurrence, l'intéressé n'a pas rendu crédible qu'il existe pour  lui  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être  victime d'actes  prohibés  par  l'art. 3  CEDH  en  cas  d'exécution  du  renvoi  (cf. aussi  pour  plus  de  détails  concernant  la  situation  au Sri  Lanka ATAF E­6220/2006 précité,  consid. 10.4.2),  au  vu  en  particulier  de  l'invraisemblance manifeste  des  préjudices qu'il dit avoir subis avant son départ de la part des autorités sri  lankaises. Le  recourant ­ qui  a  seulement œuvré de manière passagère  comme observateur électoral en (année) et a participé, sous la contrainte  et de manière ponctuelle, à des fêtes et à (…) lorsque le LTTE en faisait  la demande ­ n'a de ce fait pas eu d'activité qui aurait alors été de nature  à attirer spécialement l'attention des autorités. Partant, rien ne permet de  penser qu'il pourrait en aller autrement dans les circonstances présentes,  vu  le  contexte  d'apaisement  qui  prévaut  désormais  au  Sri  Lanka.  Du  reste,  l'ODM  a  relevé  à  bon  droit  dans  sa  décision  certaines  invraisemblances  relatives aux  recherches dont  il  aurait  fait  l'objet de  la  part de l'armée sri lankaise. A titre d'exemple, il est peu plausible que des  soldats,  qui  auraient  renoncé  à  exécuter  l'intéressé  et  d'autres  jeunes  hommes sous la pression publique, leur annoncent ensuite, en présence  de nombreux témoins et de représentants de la presse, qu'ils allaient se  rendre  plus  tard  à  leur  domicile  pour  les  exécuter,  ce  d'autant  moins  qu'un  tel  avertissement  les  aurait  certainement  conduits  à  prendre  immédiatement  la  fuite.  En  outre,  le  recourant  s'est  contredit  s'agissant  de  l'identité de ses deux amis qui auraient été  tués à cette époque.  Il a  tout  d'abord  déclaré  lors  de  la  première  audition  (cf. p. 4. s  du  procès­ verbal  [pv])  qu'un  certain  D._______  était  mort  en  premier  et  que  la  seconde victime s'appelait E._______, avant d'affirmer le contraire lors la  deuxième audition (cf. p. 6 s. du pv). A cela s'ajoute qu'il ressort de deux  documents officiels authentiques qu'il a quitté le Sri Lanka le (date) 2005  déjà (cf. let. N de l'état de fait ; cf. aussi à ce sujet  let. I de l'état de fait),  soit  bien  avant  les  prétendues  poursuites  dont  il  dit  avoir  été  victime.  Enfin, les autres pièces versées au dossier le 26 janvier 2009 (cf. let. J de  l'état  de  fait)  qui  ne  sont  pas  de  portée  générale  et  concernent  directement  l'intéressé  sont  dépourvues  de  toute  force  probante. A  titre  d'exemple,  le Tribunal relève qu'il  ressort notamment de ces moyens de  preuve que des  inconnus armés se seraient  rendus à plusieurs  reprises  en  juin  2006  au  domicile  familial  pour  rechercher  le  recourant,  qui  se 

E­3032/2008 Page 12 serait  alors  enfui  et  réfugié  chez  des  parents,  et  que  ces  hommes  auraient menacé et frappé son père, lequel, après avoir déposé plainte à  deux  reprises,  l'aurait  aidé  à  quitter  le  pays.  Or,  outre  les  sérieuses  contradictions  existant  entre  cet  exposé  et  les  allégations  de  l'intéressé  lors de ses auditions  (p. ex. sur  l'identité des poursuivants,  la date et  la  nature  des  préjudices  exposés  et  le  nombre  de  visites  à  son  domicile ;  cf. let. B.a  de  l'état  de  fait),  force  est  de  constater  qu'en  juin  2006,  l'intéressé se trouvait déjà en Suisse. 7.4.  En  outre,  mutatis  mutandis  pour  les  mêmes  raisons  que  celles  énoncées plus haut (cf. consid. 7.3.2) le recourant n'a pas non plus rendu  vraisemblable  qu'il  existe  pour  lui  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de  traitements contraires à  l'art. 3 Conv. torture en cas de  retour au Sri Lanka. 7.5.  Partant,  l’exécution  du  renvoi  de  l'intéressé  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit  international,  de  sorte  qu’elle  s’avère  licite  (art. 44  al. 2  LAsi  et  art. 83 al. 3 LEtr). 8.  8.1.  Selon  l'art. 83  al. 4  LEtr,  l'exécution  du  renvoi  peut  ne  pas  être  raisonnablement  exigée  lorsque  le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger  dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent pas les conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont  pas personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre  durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées  à  la  famine,  à  une  dégradation  grave de leur état de santé, à l'invalidité, voire à la mort. En revanche, les  difficultés  socio­économiques  qui  sont  le  lot  habituel  de  la  population  locale, en particulier des pénuries de soins, de logement, d'emplois et de  moyens de formation, ne suffisent pas en soi à réaliser une telle mise en  danger. L'autorité à qui  incombe  la décision doit donc dans chaque cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se 

E­3032/2008 Page 13 trouverait l'étranger concerné dans son pays après l'exécution du renvoi à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf. en  particulier  ATAF  2009/52  consid. 10.1 ;  ATAF  2008/34  consid. 11.1  et  ATAF 2007/10 consid. 5, et réf. cit.). 8.2. Actuellement, le Sri Lanka ne connaît pas une situation de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée sur  l'ensemble de son  territoire  qui  permettrait  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  requérants  ressortissants  de  cet  Etat,  et  indépendamment  des  circonstances  de  chaque cas particulier, l'existence d'une mise en danger concrète au sens  de  la  disposition  légale  précitée.  La  situation  générale  s'est  nettement  améliorée  et  stabilisée ­ sur  le  plan  de  la  sécurité  et  dans  le  domaine  humanitaire notamment ­ depuis  la cessation des hostilités entre  l'armée  sri  lankaise  et  le  LTTE  en  mai  2009.  Le  Tribunal,  suite  à  cette  modification des circonstances, a procédé à un examen approfondi dans  un  récent  arrêt  (cf. ATAF  E­6220/2006  précité),  qui  traite  en  particulier  aussi  de  la  question  du  caractère  exigible  de  l'exécution  du  renvoi  (cf. consid. 12 et 13). Ce nouveau prononcé actualise la dernière analyse  de la situation datant de février 2008 (ATAF 2008/2) et  introduit dans ce  domaine  un  changement  de  pratique.  Il  en  ressort  que  l'exécution  du  renvoi dans toute  la province de  l'Est est désormais en principe exigible  (consid.  13.1)  et  qu'elle  l'est  également  en  règle  générale  dans  la  province  du  Nord ­ à  l'exception  de  la  région  du  Vanni ­ à  certaines  conditions  (consid. 13.2.1).  Pour  les  personnes  qui  ont  quitté  cette  dernière province avant la fin de la guerre civile en mai 2009, il convient  de  déterminer  avec  soin  la  situation  actuelle  en  ce  qui  concerne  les  critères  d'exigibilité  individuels,  l'exécution  du  renvoi  ne  pouvant  être  admise  qu'en  présence  de  facteurs  favorables  (en  particulier  existence  d'un  réseau de  relations stable et garantie effective du minimum vital et  de l'accès à un logement). A défaut, il convient d'examiner s'il existe une  possibilité  de  refuge  interne  dans  une  autre  région  du  Sri  Lanka,  en  particulier dans la région de Colombo (consid. 13.2.1.2). 8.3. En  l'occurrence,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  de  nature  personnelle dont on pourrait inférer que l’exécution du renvoi impliquerait  une  mise  en  danger  concrète  du  recourant.  Certes,  le  Tribunal  est  conscient  qu'un  retour  au  Sri  Lanka  après  plus  de  six  ans  d'absence  (cf. let. N de l'état de fait et consid. 7.3.2 ci­avant) ne sera pas exempt de  difficultés.  Toutefois, même  dans  cette  optique,  une  réinsertion  dans  la  région  de  Jaffna ­ qu'il  connaît  fort  bien  puisqu'il  y  a,  selon  ses  propres  dires,  toujours  vécu  jusqu'à  l'époque  de  son  départ ­ reste  admissible. 

E­3032/2008 Page 14 L'intéressé est jeune et n'a pas allégué de problème de santé particulier.  En outre, il dispose d'un bon bagage intellectuel ­ vu qu'il a obtenu (…) ­  et  s'il  n'a  appris  aucun métier,  il  dispose  tout  de même  d'une  certaine  expérience professionnelle, dans le domaine de (…) notamment, attendu  qu'il a déjà  travaillé ­ de manière épisodique ­ au Sri Lanka et en Suisse  (cf. p. 2  pt. 8  du  pv  de  la  première  audition  et  p. 4 s. de  celui  de  la  seconde  audition ;  cf. également  les  données  figurant  dans  le  système  d’information  central  sur  la  migration  [SYMIC]).  Partant,  malgré  la  situation  difficile  dans  sa  région  d'origine,  il  devrait,  au moins  à moyen  terme, pouvoir trouver un emploi. A cela s'ajoute qu'il pourra compter sur  l'aide d'un réseau familial et social en cas de retour. Invité expressément  par le Tribunal à communiquer une éventuelle modification notable de la  situation de ses proches habitant au Sri Lanka,  faute de quoi  il  pourrait  être statué en l'état du dossier, l'intéressé ne s'est pas manifesté dans le  délai qui lui a été imparti à cet effet (cf. let. T de l'état de fait et p. 3 par. 1  in fine de l'ordonnance du 27 septembre 2011). Le Tribunal considère de  ce  fait  que  leur  situation,  telle  qu'elle  ressort  du  dossier,  ne  s'est  pas  fondamentalement  modifiée  depuis  lors.  Partant,  le  recourant  pourra  retourner habiter dans la maison familiale à B._______ et bénéficier d'une  aide  logistique  et  financière  suffisante  de  la  part  de  ses  proches,  qui  semblent être de condition aisée. En effet, son père est (…) et sa sœur  vivant chez lui a pu (…) ; quant à la seconde sœur de l'intéressé résidant  à Colombo, celle­ci vit aussi dans sa propre maison et son mari exerce le  métier de (…) (cf. p. 5 in fine du pv de la première audition et p. 3 de celui  de  la  deuxième  audition  ainsi  que  p. 4  pt. 3 c  par. 2  du  mémoire  complémentaire du 26 mai 2008). En outre,  le  recourant a  reconnu qu'il  avait de nombreux amis dans sa région d'origine (cf. p. 7 in medio du pv  de la deuxième audition). 8.4. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme  raisonnablement exigible. 9.  Enfin,  le  recourant  est  en  mesure  d’entreprendre  toute  démarche  nécessaire auprès de  la représentation de son pays d’origine en vue de  l’obtention de documents de voyage  lui  permettant de quitter  la Suisse.  L’exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des  obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également  possible  (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515).

E­3032/2008 Page 15 10.  Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions légales. 11.  Il ressort de ce qui précède que le recours doit être rejeté. 12.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à  la  charge  du  recourant  (art. 63  al. 1  PA).  Celui­ci  a  produit  durant  la  procédure  de  recours  plusieurs  moyens  de  preuve  dénués  de  toute  valeur probante (cf. consid. 7.2.3  in  fine ci­avant) afin d'induire en erreur  l'autorité,  ce qui  constitue un procédé  téméraire au sens de  l'art. 2 al. 2  du  règlement  du  21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2). Partant les frais ordinaires (Fr. 600.­) sont majorés et fixés à  Fr. 1200.­. (dispositif page suivante)  

E­3032/2008 Page 16 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 1200.­, sont mis à la charge  du recourant. Ce montant doit être partiellement compensé avec l’avance  de frais déjà versée de Fr. 600.­. Le solde (Fr. 600.­) doit être versé sur le  compte du Tribunal dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 3.  Le présent arrêt est adressé au mandataire du  recourant,  à  l’ODM et à  l’autorité cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : Maurice Brodard Edouard Iselin Expédition :

E-3032/2008 — Bundesverwaltungsgericht 21.11.2011 E-3032/2008 — Swissrulings