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Bundesverwaltungsgericht 18.08.2011 E-2252/2009

18. August 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,212 Wörter·~11 min·3

Zusammenfassung

Asile et renvoi | Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 5 mars 2009

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­2252/2009 Arrêt   d u   1 8   a oû t   2011 Composition Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège), Hans Schürch, Maurice Brodard, juges, Sara Pelletier, greffière. Parties A._______, et son fils B._______, Géorgie, recourants, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 5 mars 2009 / N (…).

E­2252/2009 Page 2 Faits : A.  Le  22  décembre  2008  après  avoir  franchi  clandestinement  la  frontière,  A._______ a déposé, pour elle et son fils, une demande d'asile au Centre  d'enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe. B.  Entendue  le  31  décembre  2008,  le  7  janvier  2009  (relecture)  et  plus  particulièrement sur ses motifs d'asile le 19 février suivant, la requérante  a  déclaré  être  née  à  Moscou  (Russie)  (à son  arrivée  au  CEP,  elle  a  indiqué  sur  la  feuille  de  données  personnelles  être  née  à  C._______  [Géorgie]), avoir été adoptée par un couple géorgien à l'âge de trois ans,  être  ressortissante géorgienne,  parler  le géorgien  (langue de  l'audition),  un  peu  le  russe  et  quelques  mots  de  français,  être  de  confession  orthodoxe, avoir perdu son père adoptif en 1980 et avoir appris le métier  d'institutrice  d'école  primaire.  Le  père  de  son  enfant  les  aurait  abandonnés peu de  temps après  la naissance de B._______. Au  terme  de  sa  formation  d'institutrice  d'école  primaire,  en  (année),  elle  serait  retournée  dans  son  village  parce  qu'elle  ne  trouvait  pas  d'emploi  à  Tbilissi. Deux ans plus tard, elle serait retournée dans la capitale et aurait  fait  du  petit  commerce  (vente  de  vêtements).  En  2006,  elle  aurait  été  engagée  comme  institutrice  dans  une  école  publique  de  Tbilissi  dirigée  par une personne d'origine polonaise et russe. Elle aurait été contrainte à  la démission le (date) 2008. C.  C.a.  A  l'appui  de  sa  demande  d'asile,  la  requérante  a  fait  valoir  en  substance avoir été injuriée et menacée, depuis les années 1990, par des  Géorgiens  en  raison  de  son  origine  russe.  Elle  aurait  notamment  été  bousculée par une  inconnue dans un commerce et aurait  reçu d'elle un  coup de poing dans  le  ventre alors qu'elle était  enceinte. A un arrêt  de  bus, elle aurait également été poussée par un homme qui voulait passer  avant elle. En 1994, un cousin aurait participé au cambriolage du domicile  de  ses  parents  parce  qu'il  ne  souhaitait  pas  qu'elle  puisse  hériter  des  biens  familiaux.  Aux  obsèques  de  son  oncle,  elle  aurait  en  outre  été  interdite  de montrer  sa  compassion  parce  que  la  veuve  ne  comprenait  pas  pourquoi  elle  était  émue  et  triste.  Les  dernières  années  avant  son  départ du pays, des voisins l'auraient menacée de mort, auraient jeté des 

E­2252/2009 Page 3 cailloux sur ses fenêtres et lui auraient adressé des lettres anonymes. Le  fils  de  la  requérante  aurait  également  eu  des  problèmes  à  cause  de  l'origine russe de sa mère. C.b.  En  2004,  elle  aurait  dénoncé  à  la  police  les  agissements  de  ses  voisins et se serait plainte de leur attitude. A la suite de l'intervention de  policiers,  la  situation  serait  devenue  plus  stable.  Par  la  suite,  avec  la  recrudescence du conflit opposant la Géorgie à la Russie, ses problèmes  seraient réapparus. Elle aurait en outre perdu son travail à la fin du mois  de (mois) 2008 après que le directeur a été limogé. Le (date) 2008, en fin  d'après­midi, après le déclenchement du conflit armé entre la Géorgie et  la  Russie,  trois  inconnus  l'auraient  agressée  sexuellement  dans  son  appartement. Elle aurait  dénoncé ces  faits aux policiers de son quartier  deux  jours  après  l'agression.  Ils  lui  auraient  affirmé  qu'ils  allaient  examiner  sa  plainte  et  qu'ils  allaient  retrouver  ses  agresseurs  mais  n'auraient toutefois plus repris contact avec elle par la suite. De l'avis de  la recourante, les autorités porteraient un regard différent sur une fille qui  n'est pas accompagnée par un mari ou un frère en Géorgie. Elle affirme  également que les filles d'origine russe seraient traitées différemment des  filles d'origines géorgiennes, qu'elles seraient moins respectées. C.c. Fin (mois) 2008, après avoir séjourné quelque temps chez une amie  et chez sa mère, elle aurait vendu son appartement à Tbilissi et se serait  résolue  à  quitter  définitivement  la  Géorgie.  Des  connaissances  arméniennes de son amie lui auraient procuré un faux passeport et offert  le moyen de rejoindre la Suisse contre la somme de 10 000 euros. D.  A l'appui de ses dires, la requérante a déposé sa carte d'identité, l'acte de  naissance de son  fils et son diplôme de  fin d'études. Elle a allégué que  ces documents  lui  avaient été adressés par  sa mère dans  les  jours qui  ont suivi le dépôt de sa demande d'asile. E.  Par décision du 5 mars 2009, notifiée le 9 mars 2009, l'Office fédéral des  migrations (ODM) a rejeté la demande d'asile présentée en Suisse par la  requérante et  son  fils,  a prononcé  leur  renvoi  et  ordonné  l'exécution de  cette mesure. F.  Pour  l'essentiel,  l'ODM  a  observé  que  la  requérante  invoquait  des 

E­2252/2009 Page 4 agissements  qui  ne  pouvaient  être  imputés  à  l'Etat  géorgien  et  qu'elle  avait donc, à supposer que ceux­ci  fussent vraisemblables,  la possibilité  de  s'adresser  aux  autorités  de  son  pays  d'origine  afin  d'obtenir  une  protection efficace en Géorgie. Pour le surplus, l'ODM a considéré que la  requérante  disposait  d'une  formation  professionnelle  et  d'un  réseau  familial susceptible de l'aider à son retour en Géorgie. G.  Par acte du 7 avril 2009, la requérante demande au Tribunal administratif  fédéral (le Tribunal) d'annuler la décision précitée et de lui reconnaître la  qualité  de  réfugié  ou,  à  ce  défaut,  de  la  mettre  au  bénéfice  d'une  admission  provisoire  en  Suisse.  Une  demande  d'assistance  judiciaire  partielle et de dispense de l'avance sur les frais de procédure présumés  est jointe au recours. H.  Dans  son  recours,  la  requérante  ne  conteste  pas  que  les  agissements  dénoncés  sont  le  fait  de  tiers  mais  souligne  que  la  police  géorgienne  serait « totalement corrompue et viscéralement anti­russe ». Elle verse en  outre  une  attestation  de  son  médecin  traitant,  datée  du (…),  dont  il  ressort  qu'elle  est  suivie  pour  troubles  anxieux,  névrose  et  troubles  d'adaptation. Un traitement médical lui a été prescrit. I.  Par  décision  incidente  du  16 avril 2009,  le  Tribunal  a  considéré  que  le  recours  était  d'emblée  voué  à  l'échec.  Il  a  donc  rejeté  la  demande  d'assistance  judiciaire  partielle  et  fixé  un  délai  au  1er mai 2009  pour  le  paiement d'une avance sur les frais de procédure présumés. L'intéressée  s'est acquittée en temps voulu du montant demandé. J.  Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire,  dans les considérants en droit ci­dessous.

E­2252/2009 Page 5 Droit : 1.  1.1. Le Tribunal connaît, en vertu de l’art. 31 de la loi du 17 juin 2005 sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS 173.32),  des  recours  contre  les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale du 20 décembre 1968  sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités  mentionnées à l’art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent  être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  en  l'absence  d'une  demande  d’extradition  déposé  par  l’Etat  dont  le  requérant  cherche  à  se  protéger  (art. 83  let. d  ch. 1  de  la  loi  du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), condition non  réalisée en l'espèce. 1.2.  La  recourante  et  son  fils  ont  qualité  pour  recourir  (art. 48  PA).  Présenté  dans  la  forme  et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable (art. 52 PA et 108 al. 1 LAsi). 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  sont  contradictoires,  ne correspondent pas aux  faits ou  reposent de manière  déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 3. 

E­2252/2009 Page 6 3.1. En  l’occurrence,  l'ODM  a  observé  que,  à  supposer  vraisemblable,  l'ensemble des agissements allégués par la requérante devait être imputé  à  des  tiers,  à  savoir  des  citoyens  géorgiens.  La  recourante  n'en  disconvient pas (cf. mémoire de recours […]). Ainsi,  le Tribunal constate  qu'effectivement, la recourante n'a pas été victime de méfaits imputables  à  des  agents  de  l'Etat  géorgien  (cf.  décision  entreprise  […])  et  qu'eu  égard  au  principe  de  subsidiarité,  elle  devrait  trouver  protection  auprès  des autorités de son pays face à une persécution de tiers. Dans le cadre  de son recours, l'intéressée relève cependant qu'en Géorgie, il ne lui est  pas  possible  de  compter  sur  la  police,  celle­ci  étant  "totalement  corrompue et viscéralement anti­russe". 4.  4.1. Le Tribunal ne saurait toutefois être convaincu, dans le cas d'espèce,  par l'affirmation selon laquelle elle n'a aucune possibilité de requérir l'aide  des autorités. En effet, la recourante a précisé s'être adressée à la police  de  son  pays  d'origine  lors  d'une  précédente  plainte  pénale  déposée  contre des voisins  (cf. pièce  […]). Selon ses dires, suite aux démarches  des  autorités  géorgiennes,  les  actes  d'intimidations  dénoncés  auraient  cessé et elle aurait ainsi pu vivre plus ou moins tranquillement (cf. pièce  […]).  Il  est  donc  peu  vraisemblable  que  ces  mêmes  autorités  n'entreprennent rien dans le cadre d'une dénonciation pour viol (cf. pièce  […]). En effet, même si la recourante affirme que les forces de l'ordre ne  l'auraient  plus  contactée  après  qu'elle  a  saisi  les  autorités  de  son  pays  d'origine et déposé une plainte  (cf. pièce  […]), ce seul élément ne suffit  pas à conclure sans autre que la recourante ne peut obtenir justice dans  son  pays  d'origine.  Il  n'est  ainsi  pas  inhabituel  que  des  policiers  ne  reprennent pas contact  immédiatement avec une victime d'un viol ou ne  procèdent  pas,  dans  les  jours  qui  suivent  le  dépôt  d'une  plainte,  à  une  arrestation. En outre, au vu de sa  formation d'institutrice, de sa maîtrise  de la langue géorgienne et du soutien qu'elle aurait eu tant par des tiers  que  par  sa  famille  d'adoption  (cf. pièce  […]),  l'intéressée  disposait  également  des  connaissances  suffisantes  et  de  l'appui  nécessaire  pour  s'adresser  aux  autorités  supérieures,  voire  de  surveillance,  pour  faire  valoir  ses  droits.  La  recourante  a  aussi  la  faculté  de  demander  l'assistance d'un mandataire professionnel ou des membres du bureau du  défenseur public (cf. considérants in fine du chiffre 4.2). Compte tenu de  tous ces éléments,  rien ne permet de penser que  les services de police  n'enquêteraient  pas  efficacement  sur  les  actes  allégués  par  la  requérante,  ce  d'autant  moins  que  le  viol  est  une  infraction  pénale  passible d'une peine de détention ferme d'un maximum de quinze années 

E­2252/2009 Page 7 d'emprisonnement  en  Géorgie.  En  outre,  le  respect  par  les  autorités  géorgiennes  des  règles  impératives  du  droit  international  est  dans  une  large  mesure  présumé,  puisque  les  Etats  membres  du  Conseil  de  l'Europe ont admis  la Géorgie à  la  ratification des conventions conclues  sous  son  égide,  notamment  de  la  Convention  du 4 novembre 1950  de  sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH,  RS 0.101), entrée en vigueur pour ce pays le 20 mai 1999. On ne saurait  dès  lors  retenir,  en  l'absence  d'éléments  objectifs  contraires,  que  les  autorités  policières  géorgiennes  feraient  fi  de  la  situation  d'une  jeune  mère  prétendant  avoir  été  agressée  sexuellement,  au mépris  de  l'art. 1  CEDH  qui,  combiné  avec  l'art.  3,  commande  de  prendre  des  mesures  propres  à  empêcher  que  des  personnes  ne  soient  soumises  à  des  traitements  inhumains  ou  dégradants,  même  administrés  par  des  particuliers,  et  à  permettre  une  protection  efficace,  notamment  des  enfants et autres personnes vulnérables.  Il ne  fait au contraire guère de  doute  que,  dans  les  régions où  il  exerce  son autorité,  le  gouvernement  géorgien protège sa population, y compris celle appartenant à une ethnie  minoritaire (cf. p. ex. TC Team Consult, Public security in Georgia, Crime  victimisation,  Fear  of  Crime,  Fraud,  Corruption  &  Policing,  Based  on  a  nation­wide  survey,  with  a  focus  on  four  districts  of  the  Samegrelo  Region,  Tbilisi /  Genève,  mars  2006,  ch.  4  Citizens  and  the  police :  reporting, satisfaction and expectations). 4.2. Pour ce qui a trait à son appartenance à la minorité russe, il convient  de relever qu'en dehors des régions abkhazes et ossètes, la Géorgie est  un pays divers du point de vue ethnique, culturel, linguistique et religieux,  où les minorités ethniques constituent 16.7% de la population. Elles sont  réparties sur tout le territoire, mais il existe des régions où elles sont plus  particulièrement concentrées. C'est notamment  le cas des Russes dans  la  région  de  Tbilissi,  où  ils  forment  3%  de  la  population  (1.5%  sur  l'ensemble  de  la  Géorgie)  mais  48.1%  de  la  population  géorgienne  d'ethnie  russe  (cf. Conseil  de  l'Europe, Premier  rapport  étatique  soumis  par  la Géorgie  en  application  de  l'art. 25  par. 1  de  la Convention­cadre  européenne  pour  la  protection  des  minorités  nationales,  1er mars 2007,  doc. n° ACFC/SR(2007)001,  p. 9 s.  et  le  renvoi  à  l'annexe 1).  A la  connaissance du Tribunal,  la  situation des membres de  l'ethnie  russe à  Tbilissi est stable et dépend davantage de leur inclinaison politique ou de  leur connaissance de  la  langue géorgienne, maîtrisée par  la recourante,  que de  leur  appartenance ethnique. En outre,  depuis  le  déclenchement  du  conflit  de  l'été 2008,  le  bureau  du  défenseur  public  n'a  pas  eu  connaissance  d'agressions  ciblées  sur  la  minorité  russe  à  Tbilissi 

E­2252/2009 Page 8 (cf. Molly  Corso,  Georgia :  ethnic  russians  say,  « There's  no  place  like  home »,  30  avril  2009,  disponible  sous  « http://www.eurasianet.org »  [28.05.2009]).  Cette  ville  est  par  ailleurs  généralement  saluée  par  la  communauté  internationale  pour  sa  tolérance  à  l'égard  des  minorités  nationales  (cf. p.  ex. :  Country  of  return  Information  project,  Country  Sheet Georgia,  novembre  2008,  p. 105).  Au  surplus,  il  peut  être  relevé  que,  selon  certaines  études  portant  sur  les  minorités  ethniques  en  Géorgie,  la  Commission  européenne  contre  le  racisme  et  l'intolérance  (ECRI)  a  constaté  que  le  degré  de  tolérance  envers  les  personnes  d'origine russe, abkhaze et ossète et les autres minorités ethniques reste  élevé au sein de la population géorgienne, même depuis le conflit d'août  2008,  et  qu'elles  ne  sont  confrontées  à  aucune  forme  particulière  de  discrimination  ou  de  discours  de  haine  de  la  part  de  la  population  majoritaire  (cf ECRI, Rapport  de  l'ECRI  sur  la Géorgie  (quatrième  cycle  de monitoring), 15 juin 2010, doc. no CRI(2010)17, p. 23, § 53). 4.3.  En  définitive,  en  l'état  actuel  des  choses,  le  Tribunal  juge  que  la  recourante et son  fils ne peuvent  invoquer une situation de vulnérabilité  ou d'appréhension particulière qui pourraient les empêcher de requérir la  protection des autorités de  leur patrie.  Il s’ensuit que  le  recours, en  tant  qu’il conteste le refus de l’asile, doit être rejeté. 5.  5.1.  Lorsqu’il  rejette  une  demande  d’asile  ou  qu’il  refuse  d’entrer  en  matière  à  ce  sujet,  l’ODM  prononce,  en  règle  générale,  le  renvoi  de  Suisse et en ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de l’unité de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art. 32  de  l’ordonnance 1  du 11 août 1999  sur  l’asile  relative  à  la  procédure (OA 1, RS 142.311), lorsque le recourant d’asile dispose d’une  autorisation de séjour ou d’établissement valable, ou qu’il fait l’objet d’une  décision  d’extradition  ou  d’une  décision  de  renvoi  conformément  à  l’art. 121 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 6.  6.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par 

E­2252/2009 Page 9 l’art. 84  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du 16 décembre 2005  (LEtr,  RS 142.20),  entrée  en  vigueur  le  1er janvier 2008.  Cette  disposition  a  remplacé  l’art. 14a  de  l’ancienne  loi  fédérale  du 26 mars 1931  sur  le  séjour et l’établissement des étrangers (LSEE). 6.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son  Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83  al. 3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art. 3  al. 1  LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un  tel pays  (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des  peines ou traitements inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). 6.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 6.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 7.  7.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile  [APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 7.2.  L’exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement de  l’art.  5 LAsi. Comme exposé plus haut,  la  recourante et 

E­2252/2009 Page 10 son fils n'ont pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour en Géorgie, ils  seraient exposés à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui  interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d’espèce. 7.3.1. Si  l’interdiction de  la  torture,  des peines et  traitements  inhumains  (ou dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en  cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier  la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art.  3  CEDH,  tant  que  la  personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait  visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard  malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question (JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s). 7.3.2.  Certes,  le 15 octobre 2008,  à  la  suite  du  conflit  armé  du  mois  d'août 2008,  la  Cour  de  justice  internationale  (CIJ)  a  considéré  qu'il  existait,  s’agissant  des  populations  de  souches  géorgienne,  ossète  et  abkhaze  des  régions  d'Ossétie  du  Sud,  d'Abkhazie  et  géorgiennes  adjacentes,  un  risque  évident  que  les  droits  en  cause  au  titre  de  la  convention  internationale  sur  l'élimination  de  toutes  les  formes  de  discrimination  raciale  subissent  un  préjudice  irréparable. Elle  a  dès  lors  ordonné  des  mesures  conservatoires  tendant,  notamment,  à  ce  que  la  Géorgie  et  la  Russie  s'abstiennent  d’encourager,  de  défendre  ou  d’appuyer toute discrimination raciale pratiquée par une personne ou une  organisation  quelconque  et  fassent  tout  ce  qui  est  en  leur  pouvoir,  chaque  fois  que,  et  partout  où,  cela  est  possible,  afin  de garantir,  sans  distinction  d’origine  nationale  ou  ethnique,  la  sûreté  des  personnes  (cf. ordonnance  de  la  CIJ  du 15 octobre 2008,  doc. n° 2008/35).  De  même,  le  Commissaire  aux  droits  de  l'Homme  du  conseil  de  l'Europe, 

E­2252/2009 Page 11 dans  ses  différents  rapports  des  8 septembre,  30 septembre,  17 novembre, 24 novembre, 16 décembre 2008 et 15 mai 2009, souligne  également que la sûreté des personnes dans toutes les zones touchées  par  le  conflit  doit  être  améliorée.  Les  observateurs  internationaux  continuent d'ailleurs de rapporter des tensions et des provocations le long  des frontières administratives et deux civils et douze policiers ont perdu la  vie  dans  ces  zones  depuis  le  mois  d'octobre  2008  (cf.  Assemblée  parlementaire du Conseil de l'Europe, Suites données par la Géorgie et la  Russie  à  la  Résolution  1647  [2009],  doc.  n° 11876,  28  avril  2009,  p. 4  par.  11 ;  Assemblée  parlementaire  du  Conseil  de  l'Europe,  Les  conséquences humanitaires de  la guerre entre  la Géorgie et  la Russie :  suites données à  la Résolution 1648 [2009], doc. n° 11859, 9 avril 2009,  p. 2  par. 7).  Ainsi, même  si  la  situation  dans  ces  régions  reste  hors  du  contrôle du gouvernement central, un cessez­le­feu est maintenu tant en  Abkhazie  qu'en  Ossétie  du  Sud,  malgré  certains  incidents  (cf. Country  Report  on  Human  Rights  Practices  2010,  2010  Human  Rights  Report :  Georgia,  US  Department  of  State,  8 avril 2011).  Cette  situation  est  toutefois  inopérante  pour  la  recourante  et  son  fils  qui  proviennent  de  Tbilissi et d'une région épargnée par le conflit. 7.4.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  des  recourants  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit  international,  de  sorte  qu’elle  s’avère  licite  (art. 44  al. 2  LAsi  et  83  al. 3 LEtr). 8.  8.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux  « réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas  personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle  se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du  renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse 

E­2252/2009 Page 12 (ATAF  2009/52  consid.  10.1,  ATAF  2008/34  consid.  11.2.2  et  ATAF  2007/10 consid. 5.1). 8.2. En  l'occurrence,  la Géorgie ne connaît pas une situation de guerre,  de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d’emblée – et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 8.3. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait  inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète de la recourante et de son fils. A cet égard,  l’autorité de céans  relève  que  l'intéressée  est  jeune,  au  bénéfice  d’une  formation  d'institutrice  et  d'une  certaine  expérience  professionnelle.  Elle  n'a  en  outre  pas  allégué  de  problème de  santé  particulier.  Ainsi, même  si  elle  redoute  des  difficultés  de  réinsertion  sociale,  elle  a  des  liens  prépondérants avec la Géorgie, où elle a vécu la plus grande partie de sa  vie  et  a  exercé  différentes  activités  lucratives.  De  plus,  elle  y  possède  encore  des  liens  étroits  avec  sa  mère,  sa  grand­mère  et  dispose  d'un  réseau  social  élargi  qui  l'a  déjà  soutenu  avant  sa  venue  en  Suisse.  Quand à  l'enfant,  il a est encore  très  jeune (onze ans) et a un âge où  il  peut encore s'adapter. 8.3.1.  Enfin,  s'agissant  plus  particulièrement  d'une  personne  en  traitement médical en Suisse,  l'exécution du renvoi ne devient  inexigible  au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr, que dans la mesure où elle ne pourrait plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des  conditions  minimales  d'existence. Par soins essentiels,  il  faut entendre  les soins de médecine  générale et d'urgence absolument nécessaires à la garantie de la dignité  humaine (cf. Gabrielle Steffen, Le droit aux soins : pourquoi un droit aux  soins ? Quel droit ? Quels soins ? Pour qui ?,  in : Droit aux soins, Berne  2007,  p. 41 ss,  spéc.  p. 51 s.).  Cette  disposition  – exceptionnelle –  ne  peut en revanche être interprétée comme une norme qui comprendrait un  droit de séjour  lui­même  induit par un droit général d'accès en Suisse à  des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou à la maintenir, au  simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire  médical  dans  le  pays  d'origine  ou  de  destination  de  l'intéressé  n'atteint  pas  le  standard élevé  suisse  (cf.  JICRA 1993 n° 38  consid.  6  p. 274 s.). Ainsi,  elle ne  fait  pas obligation à  la Suisse de pallier  les disparités entre son  système de soins et celui du pays d'origine du  requérant en  fournissant  des soins de santé gratuits et illimités à tous les étrangers dépourvus du 

E­2252/2009 Page 13 droit  de  demeurer  sur  son  territoire.  En  revanche,  si,  en  raison  de  l'absence de possibilités de  traitement effectives dans  le pays d'origine,  l'état de santé de la personne concernée se dégradait très rapidement, au  point de conduire, d'une manière certaine, à la mise en danger concrète  de son intégrité physique ou psychique (cf. JICRA 2003 n° 24 consid. 5b  p. 157 s.), cette disposition peut trouver application. 8.3.2. En  l'occurrence,  la  recourante  est  en  traitement  depuis  le  (date)  pour  troubles  anxieux,  névrose  et  troubles  d'adaptation  auprès  d'un  médecin  généraliste.  Même  s'ils  n'ont  pas  été  discutés  plus  avant  en  première  instance,  malgré  la  tristesse  et  l'angoisse  déjà  présentes  lors  des  auditions,  ces  signes  ne  constituent  de  loin  pas  des  troubles  médicaux  suffisamment  graves,  de  nature  à  mettre  concrètement  en  danger la recourante dans son pays d'origine. Sans vouloir minimiser leur  importance,  ils  ne  sont  ainsi  pas  propres,  à  défaut  d'une  intensité  suffisante  (cf.  p.  ex. :  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  du  21  avril  2009, D­7683/2006,  consid. 3.4.2),  à  la mettre  concrètement  en  danger  en  cas  de  retour  en  Géorgie.  Le  suivi  thérapeutique  est  d'ailleurs  ambulatoire  et  réalisé  par  un médecin  généraliste.  La Géorgie  possède  en outre des médecins et des hôpitaux formés pour de tels troubles (cf. p.  ex. : arrêt du Tribunal administratif fédéral du 2 avril 2009, D­3366/2006,  consid. 6.7  et  les  références).  L'intéressée peut  en outre mettre  à profit  ses capacités  fonctionnelles qui  lui ont notamment permis de surpasser  les  difficultés  inhérentes  à  son  arrivée  clandestine  en  Suisse  et  pourra  recourir au soutien de ses proches restés en Géorgie. L'on ne peut dès  lors, en l'état du dossier, reprocher à l'ODM de ne pas avoir examiné plus  avant la situation médico­psychiatrique de la recourante, au regard de la  jurisprudence  stricte  rappelée  ci­dessus.  La  recourante  pourra  en  outre  s'informer auprès des autorités compétentes sur  la question de l'aide au  retour  et  de  l'éventuelle  prise en  charge par  les autorités  suisses d'une  partie de son suivi médical à son arrivée en Géorgie. 8.3.3.  En  définitive,  et  après  une  pesée  de  tous  les  éléments  du  cas  d'espèce,  l'exécution  du  renvoi  de  l'intéressée  et  de  son  enfant  s'avère  raisonnablement exigible. 9.  Enfin,  la  recourante  et  son  fils  sont  en  possession  de  documents  suffisants pour rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure  d’entreprendre toute démarche nécessaire auprès de la représentation de  leur  pays  d’origine  en  vue  de  l’obtention  de  documents  de  voyage  leur 

E­2252/2009 Page 14 permettant de quitter la Suisse (cf. art. 8 al. 4 LAsi). L’exécution du renvoi  ne se heurte donc pas à des obstacles insurmontables d’ordre technique  et  s’avère  possible  au  sens  de  l'art.  83  al.  2  LEtr  (cf.  ATAF 2008/34  consid. 12 p. 513­515). 10.  10.1. Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions légales. 10.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi  et son exécution, doit être également rejeté. 11.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à  la  charge  des  recourants,  conformément  aux  art. 63  al. 1  PA  et  2 et 3  let. b  du  règlement  du 21 février 2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2),  sous  déduction  de  l'avance  sur  les  frais  de  procédure  présumés versée le 29 avril 2009.

E­2252/2009 Page 15 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.—, sont mis à la charge  des  recourants.  Ce  montant  doit  être  entièrement  compensé  avec  l’avance de frais déjà versée. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Jenny de Coulon Scuntaro Sara Pelletier Expédition :

E-2252/2009 — Bundesverwaltungsgericht 18.08.2011 E-2252/2009 — Swissrulings