Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 08.09.2011 D-7998/2009

8. September 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,149 Wörter·~11 min·2

Zusammenfassung

Asile et renvoi | Asile

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour IV D­7998/2009 Arrêt   d u   8   sept emb r e   2011 Composition Gérald Bovier (président du collège),  François Badoud, Fulvio Haefeli, juges, Mathieu Ourny, greffier. Parties A._______, né le (…), B._______, née le (…), C._______, née le (…), D._______, né le (…),   Arménie, (…), recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,   autorité inférieure.  Objet Exécution du renvoi ; décision de l'ODM du 30 novembre  2009 / N (…).

D­7998/2009 Page 2 Faits : A.  En  date  du  (…),  les  intéressés  ont  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de E._______. B.  Entendu sommairement, le 2 juillet 2008, puis sur ses motifs d'asile, le 29  septembre 2008, A._______ a déclaré être de nationalité arménienne et  provenir de la ville de F._______, à proximité de la capitale Erevan. Suite  à  la  proclamation  des  résultats  de  l'élection  présidentielle  le  (…),  des  manifestations  d'opposants  auraient  éclaté  à  Erevan,  en  réponse  à  de  prétendues  manipulations  électorales.  Le  (…),  un  important  rassemblement  aurait  eu  lieu,  au  cours  duquel  des  affrontements  entre  manifestants  et  forces  de  l'ordre  auraient  créé  le  chaos  en  ville.  L'intéressé,  présent  sur  les  lieux,  aurait  filmé  de  nombreuses  scènes,  notamment  certaines  impliquant  des membres  des  forces  de  l'ordre  en  train de  frapper et d'arrêter des manifestants. Pour cette raison,  il aurait  été pris à partie par des policiers armés, qui l'auraient battu et lui auraient  soustrait  notamment  sa  caméra  et  ses  papiers.  Grâce  à  l'intervention  d'autres  manifestants,  il  aurait  néanmoins  réussi  à  échapper  à  ses  assaillants.  Par  la  suite,  un  ami,  un  certain  G._______,  serait  venu  le  chercher  et  l'aurait  emmené  chez  lui,  à  H._______,  où  il  serait  resté  jusqu'au  (…).  Ce  jour­là,  sa  femme  l'aurait  prévenu  par  téléphone  que  quatre  hommes  en  civil  s'étaient  présentés  le matin même  au  domicile  familial. Ces derniers auraient  fouillé  et  saccagé  la maison,  emporté de  l'argent, des passeports ainsi que des bijoux, et menacé son épouse de  la placer avec ses enfants en prison, si son mari ne se présentait pas de  plein gré dans un poste de police. Le lendemain, après avoir récupéré les  autres membres de la famille à leur domicile, G._______ aurait emmené  les  intéressés  à  I._______,  une  localité  proche  de  la  frontière  avec  la  Géorgie,  où  ces  derniers  auraient  logé  pendant  trois  mois  dans  une  datcha appartenant à un certain J._______. Après avoir appris que  leur  maison  à F._______  avait  été mise  sous  surveillance,  et  ne  supportant  plus de vivre cachés, les requérants auraient décidé de fuir leur pays. Le  (…), ils auraient été conduits par J._______ en voiture jusqu'à K._______  en  Géorgie.  De  là,  accompagnés  d'un  passeur  géorgien  et  munis  de  passeports  d'emprunt,  ils  auraient  gagné  L._______,  en  Ukraine,  par 

D­7998/2009 Page 3 avion. Ils auraient finalement rejoint la Suisse par la route, avec l'aide de  deux autres passeurs. Entendue  séparément  aux  mêmes  dates,  B._______  a  présenté  en  substance les mêmes motifs d'asile que son mari. Les enfants C._______ et D._______ ont pour  leur part  été brièvement  auditionnés le 2 juillet 2008. A._______ a partiellement assisté à l'audition  de son fils D._______, alors âgé de 9 ans. C.  Par décision du 30 novembre 2009, l'ODM a rejeté les demandes d'asile  des intéressés, prononcé leur renvoi de Suisse et ordonné l'exécution de  cette mesure.  L'office  a  estimé  que  les  déclarations  des  requérants  ne  satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance énoncées par la loi. Il  a  également  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  vers  l'Arménie  était  licite, raisonnablement exigible et possible. D.  Le  22  décembre  2009,  les  intéressés  ont  recouru  contre  la  décision  susmentionnée en  tant qu'elle ordonnait  l'exécution du renvoi, concluant  au  prononcé  d'une  admission  provisoire.  Ils  ont  par  ailleurs  requis  l'assistance judiciaire partielle. A l'appui du recours, ils ont fait valoir que  l'enfant  D._______  souffrait  de  problèmes  de  santé  s'opposant  à  l'exécution du renvoi de l'ensemble de la famille. Au titre de moyens de preuve, ils ont produit un rapport médical établi le  17 décembre 2009 par les Dr M._______ et N._______, du O._______, à  P._______.  Le  rapport  conclut  à  l'existence  d'un  syndrome  post­ traumatique (PTSD) chez l'enfant D._______. Le document mentionne de  l'agitation,  de  l'anxiété,  du  retrait,  des  difficultés  de  séparation,  des  phobies  multiples,  de  la  reviviscence  de  traumatisme,  des  troubles  de  l'apprentissage  et  des  troubles  relationnels  avec  ses  pairs.  Selon  les  médecins,  l'origine  de  ces  troubles  psychiques  réside  dans  les  événements  traumatisants  vécus  en  Arménie,  ainsi  que  dans  les  "nombreux  interrogatoires"  qu'a  subis  l'enfant  en Suisse. Concernant  le  traitement, D._______ se rend à des consultations psychothérapeutiques  depuis  le  mois  de  juin  2009,  et  son  état  nécessite  le  poursuite  de  la  psychothérapie, à raison de deux séances par semaine, pour une durée  estimée à un an au minimum. L'évolution de l'enfant est par ailleurs jugée  bonne,  avec  une  amélioration  de  la  capacité  relationnelle  et  une 

D­7998/2009 Page 4 diminution  des  symptômes  de  stress  post­traumatique.  En  ce  qui  concerne  le  pronostic  futur,  une  aggravation  de  l'état  du  patient  est  redoutée en  l'absence de  traitement, avec risque de chronicisation sous  forme  de  trouble  de  la  personnalité  grave,  voire  de  psychose.  En  revanche, en cas de poursuite du traitement actuel, une diminution, voire  une  disparition  de  son  syndrome  est  envisagée.  Finalement,  les  médecins estiment qu'un  retour dans son pays serait  délétère pour  son  développement personnel. Un  document  émanant  de  la  Q._______  a  également  été  déposé  à  l'appui  du  recours.  Il  s'agit  une  invitation  pour  une  consultation  postopératoire (orthoptique) prévue le 23 mars 2010, faisant suite, selon  les  explications  des  recourants,  à  une  opération  subie  par  D._______  pour corriger un strabisme divergent intermittent décompensé. E.  Par décision  incidente du 14  janvier 2010,  le  juge  instructeur a  rejeté  la  demande  d'assistance  judiciaire  partielle,  au  vu  du  caractère  d'emblée  vouées à l'échec des conclusions des intéressés. Il leur a imparti un délai  au 29 janvier 2010 pour verser une avance de frais de Fr. 600.­.  F.  Le 28 janvier 2010, l'avance de frais requise a été versée. G.  Par  ordonnance  du  28  janvier  2011,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le  Tribunal) a requis des recourants le dépôt d'un nouveau rapport médical,  circonstancié et actualisé, concernant D._______. H.  En  date  du  14  février  2011,  les  intéressés  ont  fait  parvenir  au  Tribunal  deux rapports médicaux, à savoir : ­  un  rapport  pédopsychiatrique  du  10  février  2011  établi  par  les  Dr M._______ et N._______, relevant que les symptômes de stress post­ traumatique  sont  encore  présents  chez  l'enfant  D._______  (moments  d'angoisse,  reviviscence,  évitement,  dissociation),  mais  qu'il  entre  plus  facilement en relation, que l'émergence d'affects de la lignée dépressive,  dont il se défend par l'agi, a été constatée, qu'il suit en outre toujours une  psychothérapie  à  raison  de  deux  séances  par  semaine  et  que  des  consultations  thérapeutiques  familiales  ont  été  instaurées,  qu'aucun  traitement  médicamenteux  n'a  pour  l'heure  été  mis  en  place,  que 

D­7998/2009 Page 5 D._______  a  intégré  le  centre  R._______  de  S._______,  lieu  thérapeutique et de scolarisation, que l'évolution de son état de santé est  jugée  bonne,  qu'il  s'investit  dans  sa  psychothérapie  et  à  l'école,  où  les  angoisses sont moins présentes, que s'agissant de son avenir,  la  fin du  traitement  l'exposerait  à  des  risques  d'incapacité  à  réintégrer  une  scolarité ordinaire, d'aggravation du repli sur lui­même et d'évolution vers  un trouble grave de  la personnalité ou vers une psychose, qu'en cas de  poursuite du traitement,  les médecins prévoient une amélioration de ses  capacités  relationnelles  et  d'apprentissage,  et  que  son  état  de  santé  nécessite  un  cadre  de  vie  continu  et  rassurant,  ainsi  qu'une  prise  en  charge thérapeutique stable ; ­  un  rapport  médical  du  7  février  2011  établi  par  le  Dr T._______  du  U._______ expliquant que suite à  l'opération subie par D._______  le 17  septembre 2009,  un  strabisme  résiduel  persiste,  et  qu'en  conséquence,  une seconde intervention chirurgicale est envisagée afin de permettre un  bon alignement oculaire,  le succès de l'opération n'étant néanmoins pas  garanti. I.  Par détermination du 7 mars 2011, l'ODM a proposé le rejet du recours. J.  Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire,  dans les considérants en droit qui suivent. Droit : 1.  1.1. Le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  connaît des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent  être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche 

D­7998/2009 Page 6 à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Les  recourants ont qualité pour  recourir  (art. 48 al. 1 PA). Présenté  dans la forme (art. 52 PA) et dans les délais (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits  par la loi, le recours est recevable. 2.  Les  recourants  n'ont  pas  contesté  la  décision  de  l'ODM  en  tant  qu'elle  rejette leurs demandes d'asile et prononce leur renvoi de Suisse, de sorte  que, sur ces points, elle a acquis force de chose décidée. Le Tribunal doit  donc se contenter d'examiner si l'office a, à juste titre, ordonné l'exécution  du renvoi des recourants dans leur pays d'origine. 3.  3.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit  public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par  les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62  al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation  retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même  sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours  en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29  consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif  que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une  argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41  consid. 2 p. 529s.). 3.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment  de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  ou  de  motifs  d'empêchement  à  l'exécution  du  renvoi,  que  ceux­ci  soient  d'ordre  juridique  ou  pratique  (ATAF 2009/29  consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12  consid. 5.2 p. 154s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38s. ; arrêts du Tribunal  D­7561/2008 du 15 avril  2010 consid. 1.4 p. 8, D­7558/2008 du 15 avril  2010 consid. 1.4 p. 7, D­3753/2006 du 2 novembre 2009 consid. 1.5 p. 6,  D­7040/2006  du  28  juillet  2009  consid. 1.5  p. 8  et  D­6607/2006  du  27  avril  2009  consid. 1.5  p. 8  [et  réf. JICRA cit.]).  Il  prend  ainsi  en  considération  l'évolution de  la situation  intervenue depuis  le dépôt de  la  demande d'asile. 4.  L'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite,  raisonnablement 

D­7998/2009 Page 7 exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). En cas contraire,  l'ODM règle  les  conditions de résidence conformément aux dispositions de la loi fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20)  concernant  l'admission provisoire (art. 44 al. 2 LAsi). 5.  5.1. L'exécution du renvoi est  illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l'accueillir  ;  il  s'agit  d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d'exclusion  de  l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un  traitement prohibé par  l'art.  3 CEDH ou encore  l'art. 3 de  la Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil fédéral à l'appui d'un arrêté fédéral sur la procédure d'asile [APA],  du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 5.2. In casu, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non­ refoulement  de  l'art. 5  LAsi,  les  intéressés  n'ayant  pas  la  qualité  de  réfugié. 5.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui  interdit  la  torture,  les  peines  et  traitements  inhumains  ou  dégradants,  trouve  application  dans  le  cas  d'espèce.  Si  cette  disposition  s'applique  indépendamment de  la  reconnaissance de  la qualité de  réfugié, cela ne  signifie pas encore qu'un renvoi ou une extradition serait prohibée par le  seul  fait  que  dans  le  pays  concerné  des  violations  de  l'art.  3  CEDH  devraient  être  constatées  ;  une  simple  possibilité  de  subir  des mauvais  traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la personne qui invoque  cette disposition démontre à satisfaction qu'il existe pour elle un véritable  risque  concret  et  sérieux,  au­delà  de  tout  doute  raisonnable,  d'être  victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de  renvoi dans son pays. Il en ressort qu'une situation de guerre, de guerre  civile, de troubles intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de  violations des droits de l'homme ne suffit pas à justifier la mise en oeuvre  de la protection  issue de  l'art. 3 CEDH,  tant que  la personne concernée  ne peut rendre hautement probable qu'elle serait visée personnellement ­  et non pas simplement du fait d'un hasard malheureux ­ par des mesures 

D­7998/2009 Page 8 incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf.  JICRA  1996  n°  18  consid. 14b let. ee p. 186 s.). 5.4. En l'occurrence,  les recourants n'ont pas rendu hautement probable  qu'ils  seraient  personnellement  visés,  en  cas  de  retour  dans  leur  pays  d'origine, par des mesures  incompatibles avec  l'art. 3 CEDH ou d'autres  dispositions contraignantes de droit international. Ils  ont  d'ailleurs  renoncé  eux­mêmes  à  contester  le  refus  de  l'asile,  en  indiquant  "ne  pas  se  sentir  en mesure  de  convaincre  le  Tribunal"  de  la  réalité de leur récit (cf. mémoire de recours du 22 décembre 2009, p. 1). 5.5.  Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  des  intéressés  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit  international,  de  sorte  qu'elle  s'avère  licite  (art. 44  al. 2  LAsi  et  83  al. 3 LEtr). 6.  6.1. Selon l'art. 83 al. 4 LEtr,  l'exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de nécessité médicale. 6.2.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de  la  qualité de  réfugié parce qu'ils  ne sont pas personnellement persécutés,  mais qui  fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence  généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre  durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées à  la  famine, à une dégradation grave de  leur état de santé, à  l'invalidité, voire à la mort. En revanche, les difficultés socio­économiques  qui sont le lot habituel de la population locale, en particulier des pénuries  de soins, de logement, d'emplois, et de moyens de formation, ne suffisent  pas en soi à réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui incombe la  décision doit donc dans chaque cas confronter  les aspects humanitaires  liés à la situation dans laquelle se trouverait l'étranger concerné dans son  pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de son 

D­7998/2009 Page 9 éloignement  de  Suisse  (voir  notamment  à  ce  propos  ATAF  2007/10  consid. 5.1 p. 111;  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215 et  jurisp.  cit.,  JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.). Ceci étant,  il  convient, dans  le cadre de  l'analyse des cas d'espèce, de  faire appel à des critères aussi divers que les attaches avec la région de  réinstallation,  notamment  les  relations  familiales  et  sociales,  les  séjours  antérieurs,  respectivement  les  emplois  qu'on  y  a  exercés,  les  connaissances  linguistiques et professionnelles acquises,  le sexe,  l'âge,  l'état de santé, l'état civil, les charges de famille. L'autorité à qui incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf.  la  jurisprudence  rendue à propos de  l'ancien art.  14a al.  4 LSEE, qu'il  n'y a pas  lieu de  remettre en question  :  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1. p. 215 et  jurisp.  citée, JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 ss). 6.3. S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical  en Suisse,  l'exécution  du  renvoi  ne  devient  inexigible,  en  cas  de  retour  dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles  pourraient  ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des  conditions minimales  d'existence ;  par  soins  essentiels,  il  faut  entendre  les soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à  la  garantie  de  la  dignité  humaine  (cf. arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral D­6827/2010 du 2 mai 2011 consid. 8.3 et réf. cit.). L'art. 83 al. 4  LEtr, disposition exceptionnelle tenant en échec une décision d'exécution  du renvoi, ne saurait en revanche être  interprété comme une norme qui  comprendrait  un  droit  de  séjour  lui­même  induit  par  un  droit  général  d'accès en Suisse à des mesures médicales visant à recouvrer  la santé  ou  à  la  maintenir,  au  simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire médical dans le pays d'origine ou de destination de l'intéressé  n'atteint pas le standard élevé qu'on trouve en Suisse (cf. ibidem). Ainsi, il  ne  suffit  pas  en  soi  de  constater,  pour  admettre  l'inexigibilité  de  l'exécution  du  renvoi,  qu'un  traitement  prescrit  sur  la  base  de  normes  suisses ne pourrait être poursuivi dans le pays de l'étranger. On peut citer  ici  les  cas  de  traitements  visant  à  atténuer  ou  guérir  des  troubles  psychiques ou physiques qui ne peuvent être qualifiés de graves. Si  les  soins essentiels nécessaires peuvent être assurés dans le pays d'origine  ou  de  provenance  de  l'étranger  concerné,  cas  échéant  avec  d'autres  médications que  celles  prescrites  en Suisse,  l'exécution  du  renvoi  dans 

D­7998/2009 Page 10 l'un ou l'autre de ces pays sera raisonnablement exigible. Elle ne le sera  plus,  au  sens  de  l'art. 83  al. 4  LEtr  si,  en  raison  de  l'absence  de  possibilités  de  traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de  l'intéressé  se  dégraderait très rapidement au point de conduire d'une manière certaine  à  la  mise  en  danger  concrète  de  sa  vie  ou  à  une  atteinte  sérieuse,  durable,  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique  (cf. ATAF  2009/2  consid. 9.3.2  p. 21;  cf. également  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral D­6827/2010 précité). Cela dit, il sied de préciser que si, dans un cas d'espèce, le grave état de  santé  ne  constitue  pas  en  soi  un  motif  d'inexigibilité  sur  la  base  des  critères qui précèdent, il peut demeurer un élément d'appréciation dont il  convient  alors  de  tenir  compte  dans  le  cadre  de  la  pondération  de  l'ensemble des éléments ayant  trait à  l'examen de  l'exécution du  renvoi  (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral D­6827/2010 précité). 6.4. En l'espèce, s'agissant de la situation générale régnant actuellement  en Arménie, ce pays ne connaît pas une situation de guerre, de guerre  civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son territoire, laquelle  permettrait  d’emblée  ­  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence d’une mise en danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 6.5.  Il  sied  donc  d'examiner  si,  en  raison  d'éléments  liés  à  la  personne  des  recourants,  et  en  particulier  des  problèmes  de  santé  de  l'enfant  D._______,  l'exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète. 6.5.1.  Comme  l'a  déjà  relevé  le  Tribunal  (cf.  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­4527/2006  du  11  juin  2010  consid. 6.3.4  et  E­ 3854/2006  du  28 août 2009  consid.  6.2.1),  l'accès  aux  soins  laisse  à  désirer  en  Arménie.  Les  infrastructures  médicales  sont  fréquemment  obsolètes  et  sont  dépourvues  de  technologies modernes,  en  particulier  dans  les  régions  rurales.  En  outre,  le  personnel  médical,  mal  rétribué,  exige  souvent  le  paiement  des  consultations  ou  interventions,  afin  de  financer  ses  prestations,  le  matériel  et  les  médicaments  employés.  Il  existe  certes  un  programme  de  soutien  mis  en  place  par  l'État  (basic  benefits package [BBP]) prévoyant une série de traitements qui devraient  en principe être gratuits, ce qui n'est, toutefois, en réalité souvent pas le  cas. Par ailleurs,  la prise en charge gratuite des soins prévue par  la  loi,  notamment pour les enfants jusqu'à l'âge de 8 ans et pour les personnes 

D­7998/2009 Page 11 handicapées,  invalides,  à  l'assistance  sociale  ou  souffrant  de  certaines  maladies, n'est pas pleinement appliquée en pratique, peu de personnes  étant au courant de  leurs droits. Quant à  la possibilité de s'affilier à une  assurance­maladie privée, elle n'est guère utilisée, notamment parce que  beaucoup de personnes n'ont pas  les moyens de s'acquitter des primes  demandées.  Cela  étant,  même  si  les  infrastructures  hospitalières  et  le  savoir­faire médical dans ce pays ne sauraient de toute évidence pas être  comparés à ceux usuels en Suisse,  il convient de  relever que  le niveau  de  formation  des  praticiens  arméniens  est  relativement  élevé  en  comparaison avec les pays voisins. De même, si l'on n'y trouve que peu  de médicaments  accessibles  sans  autre  en Occident,  on  peut  toutefois  s'y  procurer  des  préparations  avec  des  composants  similaires,  étant  toutefois  précisé  que  l'approvisionnement  en  médicaments  de  base ­  lesquels  devraient,  pour  certains d'entre  eux,  en principe être  gratuits ­  est  loin  d'être  optimal.  Enfin,  selon  les  documents  à  disposition  du  Tribunal,  il  apparaît  que  l'Arménie  continue  à  recevoir  de  l'aide  de  diverses  organisations  non  gouvernementales  (ONG),  notamment  de  Médecins  sans  Frontières  (MSF),  qui  participent  activement  à  la  formation médicale des praticiens arméniens.  S'agissant  des  personnes  souffrant  de  problèmes  psychiques,  elles  ont  accès à une  infrastructure, certes primaire, mais néanmoins à même de  prendre en charge de tels troubles, y compris ceux d'une certaine gravité.  Au  premier  échelon  d'intervention,  on  trouve  essentiellement  des  médecins non spécialisés, ayant  reçu une  formation complémentaire en  psychologie. Un programme en ce sens a été mis en place depuis 1999,  ayant  permis  la  formation  d'environ  250  médecins  de  famille  (Mental  Health  Atlas  2005  ­  World  Health  Organization).  Si  cette  première  réponse  n'est  pas  adéquate,  le  patient  est  dirigé  vers  un  établissement  spécialisé dans la prise en charge de maladies mentales. Là également,  un soutien des ONG existe, tant sur le plan financier que sur le plan de la  formation  (cf. arrêts du Tribunal administratif  fédéral E­7712/2008 du 19  avril  2011  consid. 6.4.2,  D­4527/2006  du  11  juin  2010  consid. 6.3.4,  D­ 6328/2008 du 9 juin 2009 consid. 6.3, E­6616/2006 du 7 novembre 2008  consid. 8.5). A noter qu'en ville, plus particulièrement à Erevan, les soins  en matière de psychiatrie sont meilleurs que dans  les zones rurales. En  ce qui concerne les traitements médicamenteux, le Ministère de la Santé  a  adopté  une  liste  de  médicaments  dont  tous  les  patients  devraient  pouvoir bénéficier, parmi  lesquels notamment des antipsychotiques, des  anxiolytiques  et  des  antidépresseurs  (cf. World  Health  Organization,  AIMS Report on, Mental Health System in Armenia, p. 11). 

D­7998/2009 Page 12 6.5.2.  En  l'occurrence,  les  origines  des  troubles  psychiques  constatés  chez  D._______  ne  sont  pas  clairement  établies.  Ses  thérapeutes  les  imputent  d'une  part  à  la  visite  du  domicile  familial  par  des  personnes  inconnues en (…), et d'autre part aux "nombreux interrogatoires" qu'aurait  subis l'enfant en Suisse. Or l'ensemble du récit des recourants a été jugé  invraisemblable  par  l'ODM  dans  sa  décision  du  30  novembre  2009,  décision  qui  n'a  pas  été  contestée  sous  cet  angle.  Quant  aux  "interrogatoires" subis en Suisse, D._______ a été brièvement entendu à  une seule occasion, en partie en présence de son père, le 2 juillet 2008. Il  s'agissait  alors  uniquement  de  reprendre  les  données  personnelles  communiquées  par  ses  parents,  seules  deux  questions  lui  ayant  apparemment été posées directement, l'une sur ses motifs d'asile, l'autre  sur la classe qu'il fréquentait, auxquelles il a très sommairement répondu  (cf. procès­verbal de  l'audition du 2  juillet 2008, p. 4).  Il ne semble donc  pas crédible que ces deux questions aient pu engendrer un traumatisme  important  chez  l'enfant,  l'origine  profonde  de  ses maux  étant  a  priori  à  chercher ailleurs. D._______  souffre  essentiellement  de  problèmes  de  nature  psychique  (symptômes de stress post­traumatique), traités uniquement par un suivi  psychothérapeutique régulier. Selon les rapports produits, le traitement lui  permet  d'évoluer  positivement.  Il  est  notamment  capable  de  s'investir  à  l'école,  où  ses  angoisses  sont  moins  présentes.  En  l'état,  bien  que  D._______ doive être bien entouré et que son état soit sérieux, il n'appert  pas  que  ses  troubles  soient  d'une  intensité  telle  à  nécessiter  un  traitement  particulièrement  lourd  ou  pointu.  Comme  souligné  ci­dessus,  force est du reste de constater que des soins sont disponibles en matière  psychiatrique en Arménie. Cela est plus particulièrement le cas à Erevan,  où  l'offre est plus  fournie qu'à  la campagne. Selon  toute vraisemblance,  D._______ pourra être adressé sur place à un médecin bénéficiant d'une  formation en psychologie, afin de poursuivre sa psychothérapie dans sa  langue  maternelle.  Si  nécessaire,  un  traitement  médicamenteux  pourra  par ailleurs lui être administré. Quoi qu'il en soit, toute une série d'options  (cf.  consid. 6.5.1)  sont  disponibles,  pour  le  traitement  d'affections  psychiques  de  la  gravité  de  celles  présentées  par  D._______.  Concernant  le  financement  des  soins,  même  si  sa  réinsertion  professionnelle  ne  se  fera  pas  sans  difficultés,  on  peut  attendre  de  A._______  qu'il  contribue  au  financement  des  besoins  de  sa  famille,  celui­ci ayant par le passé exercé différentes activités professionnelles  dans  son pays. De plus,  et même  si  cet  élément  n'est  à  lui  seul  pas  décisif,  les recourants ont encore sur place de  la parenté, notamment 

D­7998/2009 Page 13 les parents de A._______, ainsi que la mère et la sœur de B._______,  susceptible de  les soutenir  financièrement, au moins  temporairement.  Les membres de la famille en question, ainsi bien sûr que ses propres  parents  et  sa  sœur,  constitueront  en  outre  sans  aucun  doute  un  soutien de poids à D._______, qui ne sera manifestement pas  livré à  lui­même.  A  cela  s'ajoute  que  les  intéressés  pourront,  en  cas  de  besoin,  présenter  à  l'ODM,  après  la  clôture  de  la  présente  procédure  d'asile,  une  demande  d'aide  au  retour  au  sens  de  l'art. 93 LAsi,  et  en  particulier  une  aide  individuelle  telle  que  prévue  à  l'al.  1  let. d  de  cette  disposition et aux art. 73ss de l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile  relative  au  financement  (OA 2,  RS  142.312)  (en  vue  d'obtenir,  pour  un  laps de  temps convenable, une prise en charge des soins médicaux de  D._______). En ce qui concerne  le problème de strabisme résiduel encore persistant  chez D._______, ce dernier a déjà subi une opération et  le trouble n'est  pas  d'une  gravité  propre  à  constituer  un  obstacle  à  l'exécution  du  renvoi, même si une nouvelle opération est envisagée. Au demeurant,  l'enfant pourra être traité dans son pays pour cette affection mineure. 6.5.3. Par ailleurs, il n'y a pas d'autres motifs personnels de nature à faire  échec  à  l'exécution  du  renvoi,  les  autres  recourants  étant  jeunes  et  en  bonne  santé.  Comme  déjà  mentionné,  ils  bénéficient  sur  place  d'un  réseau  familial  et  social  et  le  père  dispose  de  plusieurs  expériences  professionnelles,  soit  autant  de  facteurs qui  devraient  leur  permettre de  se réinstaller sans rencontrer d'excessives difficultés. 6.5.4.  Il convient enfin de prendre en considération  l'intérêt supérieur de  l’enfant, en conformité avec l’art. 3 al. 1 de la Convention du 20 novembre  1989 relative aux droits de l'enfant (Conv. droits enfants; RS 0.107), dans  le  cadre  de  l'examen  du  caractère  raisonnablement  exigible  de  l'exécution du renvoi (JICRA 2005 n° 6 p. 5ss). Cependant, le principe de  l'intérêt  supérieur  de  l'enfant  ne  fonde  pas  en  soi  un  droit  à  une  autorisation  de  séjour,  ou  à  une  admission  provisoire  déductible  en  justice. Il représente en revanche un des éléments à prendre en compte  dans  la  pesée  des  intérêts  à  effectuer  en  matière  d'exigibilité  de  l'exécution  du  renvoi  (cf. arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  E­ 1007/2009 du 3 mars 2011 consid. 6.6 et jurisprudence citée). In casu, la  situation  personnelle  de  D._______  ne  s'oppose  pas  à  l'exécution  du  renvoi, dans la mesure où,  lors de son retour, celui­ci sera accompagné  de sa famille et pourra bénéficier sur place de soins médicaux adéquats. 

D­7998/2009 Page 14 Par  ailleurs,  D._______  et  les  membres  de  sa  famille  séjournent  en  Suisse depuis  trois ans seulement, de sorte qu’un  renvoi ne constituera  pas  un  déracinement  justifiant  de  renoncer  à  l'exécution  du  renvoi.  En  outre,  D._______  est  encore  jeune  et  n'est  pas  encore  entré  dans  l'adolescence, phase de la formation de sa personnalité particulièrement  importante. 6.6.  Dans  ces  circonstances,  un  retour  en  Arménie  apparaît  raisonnablement  exigible,  moyennant  également  une  préparation  au  départ menée par les soins des thérapeutes en charge de D._______, le  délai  de  départ  pouvant  être  fixé  en  fonction  des  exigences  des  traitements en cours. 7.  7.1. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter  la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers,  ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 7.2.  En  l'occurrence,  les  intéressés  sont  tenus  d'entreprendre,  en  collaboration  avec  les  autorités  cantonales  d'exécution  du  renvoi,  toute  démarche nécessaire auprès de  la  représentation de son pays d'origine  en vue de l'obtention de documents de voyage leur permettant de quitter  la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi). 7.3.  Ainsi,  l'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles  insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible au sens  de l'art. 83 al. 2 LEtr. 8.  Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la décision sous l'angle de  l'exécution du renvoi, doit être rejeté. 9.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à  la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2).

D­7998/2009 Page 15 (dispositif page suivante)

D­7998/2009 Page 16 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les  frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge  des  recourants.  Ils  sont  compensés  avec  l'avance  de  frais  de  même  montant versée le 28 janvier 2010. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : Gérald Bovier Mathieu Ourny Expédition :   

D­7998/2009 Page 17 Destinataires :  recourants (par lettre recommandée)  ODM, Asile et retour, Procédure à la centrale et retour, avec le  dossier N (…) (par courrier interne ; en copie)  Police des étrangers du canton de Genève (en copie)

D-7998/2009 — Bundesverwaltungsgericht 08.09.2011 D-7998/2009 — Swissrulings