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Bundesverwaltungsgericht 20.10.2011 D-5680/2011

20. Oktober 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·727 Wörter·~4 min·1

Zusammenfassung

Asile et renvoi (procédure à l'aéroport) | Asile et renvoi (procédure à l'aéroport); décision de l'ODM du 5 octobre 2011

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour IV D­5680/2011 Arrêt   d u   2 0   octobre   2011 Composition Gérard Scherrer, juge unique, avec l'approbation de Jean­Pierre Monnet, juge; William Waeber, greffier. Parties A._______, né le […], Nigéria, recourant, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi (procédure à l'aéroport); décision de l'ODM du  5 octobre 2011 / […].

D­5680/2011 Page 2 Vu la demande d'asile déposée par A._______, à  l'aéroport de Genève, en  date du 19 septembre 2011, la décision du même jour, par laquelle l'ODM lui a provisoirement refusé  l'entrée en Suisse et lui a assigné la zone de transit de l'aéroport comme  lieu de séjour pour une durée maximale de 60 jours, les  procès­verbaux  des  auditions  des  23  et  29  septembre  2011,  dont  il  ressort en substance que l'intéressé, originaire du sud du pays, se disant  homosexuel  et  converti  de  l'islam  au  christianisme,  aurait  été  arrêté  à  plusieurs  reprises  entre  2000  et  2005  en  raison  de  soupçons  relatifs  à  son  homosexualité,  aurait  toutefois  toujours  été  libéré  ensuite,  aurait  perdu son père en août 2006, aurait appris, en septembre 2007, que son  oncle souhaitait l'éliminer, afin notamment d'acquérir à sa place les biens  de  la  famille,  aurait  pour  ce motif  fui  à  Kaduna,  dans  le  quartier  ou  le  village (selon les versions) de Jahlingo, aurait vécu à cet endroit jusqu'au  23 août  2011,  aurait  appris  à  cette  date  que  son  oncle  était  venu  le  dénoncer  (en  tant  que  chrétien  et  homosexuel)  auprès  du  chef  de  son  quartier (ou de son village) et aurait pour ce motif fui son pays, la décision du 5 octobre 2011, notifiée le lendemain, par laquelle l'ODM a  rejeté  la  demande  d'asile  présentée  par  l'intéressé,  au  motif  que  les  allégations  de  celui­ci  ne  satisfaisaient  pas  aux  exigences  de  vraisemblance  de  l'art.  7  de  la  loi  du  26 juin 1998  sur  l'asile  (LAsi,  RS 142.31), le même prononcé, par lequel l'autorité inférieure a prononcé le renvoi de  Suisse  de  A._______  et  a  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure  au  Nigéria, le  recours  du 13 octobre 2011,  par  lequel  l'intéressé a  fait  valoir,  d'une  part,  qu'il  risquait  sa  vie  au  Nigéria,  l'homosexualité  pouvant  y  être  sanctionnée  de  la  peine  de  mort  et,  d'autre  part,  qu'étant  issu  d'une  famille très riche, son oncle était capable d'aller jusqu'à l'éliminer pour en  acquérir les biens à sa place, les pièces jointes à ce recours, à savoir un certificat de baptême, qui a eu  lieu le 15 février 1995, une photographie prise à l'occasion de celui­ci et 

D­5680/2011 Page 3 une  attestation  de  son  Eglise  ([…])  faisant  mention  de  sa  conversion  religieuse et d'ennuis rencontrés auprès de sa famille pour ce motif, et considérant que le Tribunal administratif  fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, qu’en  particulier,  les  décisions  rendues  par  l’ODM  concernant  l’asile  peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal,  lequel statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposé par  l’Etat dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi  du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]), exception non  réalisée en l'espèce, que le recourant a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), que le recours signé de sa main et adressé au Tribunal par ses soins est  déposé dans les formes légales (art. 52 PA), qu'il a été interjeté dans le délai prescrit par la loi (cf. art. 108 al. 2 LAsi), que, partant, il est recevable, que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi), que  quiconque  demande  l’asile  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable qu’il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), que ne sont pas vraisemblables notamment  les allégations qui,  sur des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 

D­5680/2011 Page 4 manière  déterminante  sur  des moyens  de  preuve  faux  ou  falsifiés  (art.  7 al. 3 LAsi), qu’en  l’espèce,  le  récit  rapporté  par  le  recourant  contient  d'importantes  contradictions, qu'à  titre  d'exemple,  l'intéressé  a  d'abord  clairement  affirmé,  dans  le  relevé de ses données personnelles, avoir été domicilié à Kaduna depuis  2006  (cf.  procès­verbal  de  l'audition  du  23 septembre 2011,  p.  1  et  2),  pour déclarer ensuite, dans les exposés relatifs à ses motifs d'asile, qu'il  s'était  rendu dans  cette  ville  en  septembre 2007 seulement  (cf.  procès­ verbal  de  l'audition  du  23 septembre 2011,  p.  7  et  procès­verbal  de  l'audition du 29 septembre 2011, p. 6 et 7), qu'il  a encore été divergent sur  la manière dont  il aurait appris que son  oncle  souhaitait  l'éliminer,  déclarant  dans  un  premier  temps  que  son  cousin l'en avait informé par téléphone (cf. procès­verbal de l'audition du  23 septembre 2011,  p.  7),  puis  exposant  que  ce  cousin  s'était  rendu  directement  auprès  de  lui  pour  l'avertir  du  danger  (cf.  procès­verbal  de  l'audition du 29 septembre 2011, p. 6), que  A._______  a  par  ailleurs  été  flou  et  inconsistant  dans  ses  déclarations, qu'il  a  en  particulier  été  approximatif  et  lacunaire  dans  ses  dires  concernant la région où il aurait trouvé refuge après avoir appris que son  oncle avait décidé de le tuer, qu'il n'a ainsi pu décrire ni Jahlingo ni Kaduna de manière un tant soit peu  concrète, alors qu'il y aurait résidé plus de trois ans, qu'il  a  laissé  entendre  tantôt  que  Jahlingo  était  un  village,  distinct  de  Kaduna,  dans  la  mesure  où  il  fallait  effectuer  une  à  deux  heures  de  voiture pour se rendre d'un endroit à l'autre (cf. procès­verbal de l'audition  du 23 septembre 2011, p. 1, 2, 6 et 7), tantôt qu'il s'agissait d'un quartier  de Kaduna (cf. procès­verbal de l'audition du 29 septembre 2011, p. 7, 8  et 15), qu'il a déclaré ignorer les noms – et parfois même l'existence ­ d'endroits,  d'entités  et  de  personnalités  qu'il  aurait  dû  connaître  dans  cette  ville  (rues, quartiers, hôtels, aéroport, cathédrale, club de football),

D­5680/2011 Page 5 qu'il n'a même pas pu donner le nom du chef de quartier (ou de village),  chez lequel son oncle se serait pourtant rendu pour le dénoncer, qu'il apparaît au surplus des plus douteux qu'il ait cherché à se réfugier à  Kaduna, ville située dans le nord du pays, que cette région est en effet hostile aux chrétiens, que  ses  autorités  appliquent  la  loi  islamique,  soit  la  plus  virulente  à  l'égard des homosexuels, que  les  motifs  d'asile  rapportés  par  A._______  se  révèlent  ainsi  manifestement invraisemblables,  qu'au vu de ses dires, sa conversion au christianisme ne l'a pas exposé à  des dangers particuliers, que  sa  famille  proche  ne  s'y  est  en  tous  les  cas  pas  farouchement  opposée, que ses parents se seraient même également convertis avant  leur mort  (cf. procès­verbal de l'audition du 29 septembre 2011, p. 14), que  A._______  aurait  en  revanche  été  arrêté  à  plusieurs  reprises  en  étant, selon ses dires, soupçonné d'être homosexuel, qu'à  admettre  ces  faits,  force  est  de  constater  qu'il  aurait  toujours  été  libéré ensuite, sans conséquences pour lui, que, quoi qu'il en soit,  il n'aurait pas  rencontré de difficultés  liées à son  orientation sexuelle durant les six années qui ont précédé son départ du  pays,  que le recours ne contient aucun élément susceptible de mettre en cause  ce qui précède, qu'en tant qu’il conteste le refus d’asile, il est ainsi rejeté, qu’aucune des conditions de l’art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999  sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n’étant réalisée, en  l'absence notamment d'un droit du recourant à une autorisation de séjour 

D­5680/2011 Page 6 ou  d'établissement,  le  Tribunal  est  tenu  de  confirmer  le  renvoi  (art. 44 al. 1 Asi), que  l'exécution  de  celui­ci  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement  de  l'art. 5  LAsi,  l'intéressé  n'ayant  pas  rendu  vraisemblable  qu'il  serait,  en  cas  de  retour  dans  son  pays,  exposé  à  de  sérieux  préjudices au sens de l'art. 3 LAsi, que le recourant n'a pas non plus rendu crédible qu'il existerait pour lui un  véritable  risque concret et  sérieux d'être  victime, en cas de  retour dans  son  pays  d'origine,  de  traitements  inhumains  ou  dégradants  (cf. art. 3 CEDH et art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la  torture et autres peines ou  traitements cruels,  inhumains ou dégradants  [Conv. torture, RS 0.105]), que  l'exécution  du  renvoi  s'avère  donc  licite  (cf. art. 83  al. 3  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  [LEtr,  RS  142.20]);  JICRA 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186 s. et jurisp. cit.), qu'elle est également raisonnablement exigible (art. 83 al. 4 LEtr; JICRA  2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s. et  jurisp. cit.), dans  la mesure où elle ne  fait  pas  apparaître,  en  l'espèce,  une  mise  en  danger  concrète  du  recourant, qu'en effet, le Nigéria ne se trouve pas sur l'ensemble de son territoire en  proie  à  une  guerre,  une  guerre  civile  ou  à  une  situation  de  violence  généralisée, qu’en outre,  le  recourant est  jeune et se  trouve, au vu du dossier, dans  une situation matérielle favorable dans son pays, qu'il  a  certes  mentionné,  dans  son  recours,  qu'il  avait  récemment  été  "testé positif au diabète"  ("recently  testet positive  to diabete") et conduit  dans un hôpital de Genève pour un contrôle, qu'il  a  toutefois  pu  regagner  la  zone  de  transit  ensuite,  sans  que  des  complications se fassent apparemment jour, que  rien  n'indique  en  l'état  que  son  état  de  santé  fait  obstacle  à  l'exécution du renvoi,

D­5680/2011 Page 7 que  le  diabète  est  en  effet  une  maladie  particulièrement  répandue  au  Nigéria, qu'elle  peut  y  être  soignée,  son  dépistage  précoce  chez  les  personnes  qui en sont atteintes étant une priorité pour permettre un bonne prise en  charge et maintenir une qualité de vie satisfaisante, qu'il  faut  toutefois que  les personnes affectées puissent avoir accès aux  traitements (établissement du diagnostic et médicaments), que le recourant, étant issu selon le contenu de son recours d'une famille  particulièrement  aisée  financièrement  ("from  a  very  wealthy  family"),  n'aura  aucune  difficulté  à  se  rendre  dans  un  centre  compétent  pour  le  traitement de sa maladie et à assurer son éventuel approvisionnement en  médicaments, que  l'exécution du  renvoi est enfin possible  (cf. art. 83 al. 2 LEtr;  JICRA  1997 n° 27 consid. 4a et b p. 207 s. et jurisp. cit.), le recourant étant tenu  de  collaborer  à  l'obtention  de  documents  de  voyage  lui  permettant  de  retourner dans son pays d'origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi), que le recours, en tant qu’il porte sur le renvoi et son exécution, doit ainsi  également être rejeté, que s'avérant manifestement  infondé,  il est rejeté dans une procédure à  juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il  est  dès  lors  renoncé  à  un  échange  d'écritures,  le  présent  arrêt  n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la  charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du  règlement du 21 février 2008 concernant  les  frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), (dispositif page suivante)

D­5680/2011 Page 8 le Tribunal administratif fédéral prononce: 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.­, sont mis à la charge du  recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les  30 jours dès l'expédition du présent arrêt. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : Gérard Scherrer William Waeber Expédition :

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