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Bundesverwaltungsgericht 21.11.2011 D-3819/2010

21. November 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,281 Wörter·~11 min·2

Zusammenfassung

Asile et renvoi | Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 26 avril 2010

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour IV D­3819/2010 Arrêt   d u   2 1   n o v emb r e   2011 Composition Yanick Felley (président du collège),  François Badoud, Gérard Scherrer, juges, Gaëlle Geinoz, greffière. Parties A._______, née le (…), Nigéria,  (…),    recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,   autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi; décision de l'ODM du 26 avril 2010 /  N _______.

D­3819/2010 Page 2 Faits : A.  A._______ a déposé une demande d'asile en Suisse  le 19 octobre 2009,  auprès du Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de B._______. Entendue  les  27  octobre  (audition  sommaire),  12  novembre  2009  (audition  sur  les  motifs)  et  20  avril  2010  (audition  complémentaire),  l'intéressée a déclaré pour  l'essentiel  être née à C._______,  au Nigéria  dans  l'Etat  D._______,  sans  jamais  connaître  sa  mère,  décédée  lorsqu'elle  était  en  bas  âge,  et  avoir  vécu  dans  cette  localité  jusqu'à  la  mort de son père. Alors âgée de dix ans, elle aurait été recueillie par un  ami de celui­ci,  prénommé E._______,  et  son épouse. Elle  serait  partie  vivre dans  leur maison, à F._______, dans  l'Etat G._______. Le couple,  bienveillant à son égard, ne se serait pas entendu. Quelques années plus  tard, les disputes auraient empiré, au point que E._______ aurait chassé  sa  femme  de  la  maison,  la  menaçant  de  la  tuer  si  elle  revenait.  L'intéressée  aurait  tenté  de  partir  avec  elle, mais  E._______  l'en  aurait  empêché.  Elle  serait  ainsi  restée  vivre  seule  avec  lui,  ce  dernier  lui  interdisant  de  parler  aux  gens  du  village.  Après  quelque  temps,  E._______  aurait  forcé  l'intéressée  à  entretenir  des  relations  sexuelles  avec  lui  tous  les  soirs.  Elle  aurait  tenté  de  résister,  mais  en  vain,  E._______  la maltraitant  et  la  battant  violemment  si  elle  refusait  de  se  soumettre  à  ses  désirs.  Elle  serait  ainsi  tombée  malade,  perdant  quotidiennement  du  sang et  souffrant  d'importantes  douleurs  au  ventre.  Son état n'aurait toutefois jamais empêché E._______ de la forcer à avoir  des relations sexuelles avec lui, malgré ses plaintes et ses douleurs. Elle  ne se serait  toutefois  jamais plainte de ce qu'elle subissait à qui que ce  soit.  Une  nuit,  au  plus  mal,  mais  ne  supportant  plus  cette  vie,  elle  se  serait  enfuie  dans  la  brousse,  pour  échapper  à  cet  homme.  Arrivée  au  milieu  d'une  forêt,  elle  aurait,  le  lendemain,  rencontré  un  groupe  de  travailleurs parmi lesquels se trouvait un Blanc. Celui­ci, après qu'elle lui  aurait  raconté  son  histoire,  lui  aurait  dit  de  le  suivre.  Elle  serait  alors  partie  avec  lui  jusqu'à  un  village,  où  il  aurait  récupéré  un  petit  sac.  Ils  auraient  ensuite  pris  une  voiture  jusqu'à  la  côte,  puis  embarqué  sur  un  bateau  et  accosté  en  Europe,  dans  un  endroit  inconnu.  Toujours  accompagnée par  ce Blanc,  elle  aurait  poursuivi  son périple  en  camion  jusqu'en  Suisse,  dans  une  ville  inconnue.  Ce  Blanc  aurait  organisé  et  financé  l'entier de son périple, sans qu'elle ait à  fournir une quelconque  contrepartie.  L'intéressée a déclaré n'avoir jamais possédé de documents d'identité. 

D­3819/2010 Page 3 B.  Par décision du 26 avril 2010, notifiée deux jours plus tard, l'ODM a rejeté  la  demande  d'asile  de  l'intéressée.  ll  a  estimé  que  ses  déclarations  ne  satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance énoncées à l'art. 7 de  la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), se dispensant dès lors  d'examiner la pertinence des faits au sens de l'art. 3 LAsi. Il a également  prononcé son  renvoi de Suisse et ordonné  l'exécution de cette mesure,  qu'il a considérée licite, possible et raisonnablement exigible.  C.  Par  recours du 27 mai  2010  (date du  sceau postal)  interjeté  auprès du  Tribunal  administratif  fédéral  (le  Tribunal),  l'intéressée  a  conclu  à  l'annulation de la décision entreprise. Elle a également demandé à rester  en Suisse pour se soigner et a requis la dispense des frais de procédure.  A  l'appui  de  ces  conclusions,  elle  a  rappelé  les  motifs  qui  l'avaient  poussée à fuir son pays. Elle a également  fait valoir, en substance, que  les invraisemblances relevées par l'ODM ne remettaient pas en cause la  crédibilité  de  son  récit  et  que,  étant  une  femme  seule,  sans  réseau  familial  ou  social,  qui  plus  est  malade  tant  physiquement  que  psychiquement, l'exécution de son renvoi apparaissait inexigible. D.  Sous pli daté du 8 juin 2010 (date du sceau postal), la recourante a fourni  un rapport médical établi,  le 3  juin 2010, par son gynécologue. A teneur  dudit  rapport,  la  recourante  avait  un  statut  gynécologique  "sp  [sans  problèmes] en dehors d'une candidose vulvovaginale banale" et était apte  à voyager. E.  Par décision incidente du 11 juin 2010, le juge instructeur alors en charge  du  dossier  a  notamment  requis  de  l'intéressée  qu'elle  précise  les  conclusions  de  son  recours,  à  savoir  si  elle  concluait  uniquement  à  l'inexigibilité de  l'exécution de son renvoi, ou si elle entendait également  conclure  à  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile.  Il  lui  a  également  été  demandé  de  fournir  le  certificat  médical  complet et détaillé sur son état de santé psychique, ainsi qu'un certificat  médical  complet et détaillé  relatif  à  ses affections gynécologiques,  celui  daté du 3  juin 2010 n'étant  pas  suffisant.  La  requérante a été  informée  que,  faute  de  produire  les  documents  susmentionnés  dans  un  délai  échéant  au  25  juin  2010,  il  serait  statué  en  l'état  sur  le  recours,  sous  réserve d'éventuels allégués tardifs qui seraient décisifs pour l'issue de la  cause.

D­3819/2010 Page 4 F.  Par courrier du 23  juin 2010,  l'intéressée a précisé qu'elle concluait à  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  en  se  fondant notamment sur les motifs de fuite spécifiques aux femmes selon  l'art. 3 al. 2 LAsi. Elle a réitéré ses allégations d'absence de réseau social  et familial à même de lui assurer protection dans son pays, où la violence  domestique  y  est  très  répandue  et  socialement  acceptée,  les  femmes  violées ne déposant que rarement plainte.  La recourante a également fait parvenir au Tribunal un certificat médical  daté du 22  juin 2010, émanant d'un spécialiste en médecine  interne du  [dénomination  du  service  hospitalier].  Il  ressort  de  ce  document  que  la  décision de  renvoi avait à nouveau plongé  l'intéressée dans "un état de  stress important", accompagné d'une "réapparition des symptômes d'état  dépressif  avec  idées  suicidaires  importantes,  associé  à  des  crises  d'angoisse",  et  que,  au  moment  de  la  rédaction  du  rapport,  son  état  psychique  "était  inquiétant  (péjoration  de  son  état  dépressif  avec  idées  suicidaires)",  nécessitant  un  suivi  rapproché  à  raison  d'une  fois  par  semaine avec soutien médicamenteux (Temesta 1 mg/jour). Le médecin  a conclu que, de son point de vue, le renvoi de la recourante était "tout à  fait précipité. Le tableau clinique ainsi que les difficultés encourues par la  patiente à se replonger dans son traumatisme ne permettaient pas d'être  objectif quant à l'évaluation de sa situation".  G.  Dans sa réponse du 30 juin 2011,  l'autorité  inférieure a fait valoir que le  recours du 27 mai 2010 ne contenait aucun argument ou nouveau moyen  de preuve susceptible de justifier une modification de son point de vue.  L'autorité inférieure a fait en outre état de contradictions dans le récit de  l'intéressée, celle­ci ayant fournis des documents d'identité à l'office d'état  civil  du  canton  H._______  à  l'occasion  de  son  mariage  avec  un  ressortissant  français,  alors  même  qu'elle  avait  préalablement  affirmé  l'absence de parenté dans son pays et  l'impossibilité de se procurer de  tels documents.  H.  Dans ses observations du 26 juillet 2011, la recourante a notamment fait  valoir  que  les  infrastructures  médicales  de  son  pays  d'origine  étaient  obsolètes et ne dispensaient pas des soins psychiatriques adéquats pour  les  troubles  dont  elle  souffrait.  Elle  a  également  contesté  avoir  nié  l'existence d'une famille élargie dans son pays.

D­3819/2010 Page 5 Elle  a  par  ailleurs  versé  au  dossier  une  copie  de  son  acte  de mariage  contracté  le  (…)  2011  à  I._______  [ville  suisse]  avec  un  ressortissant  français domicilié en France, (…).  I.  Au vu du mariage contracté par l'intéressée, le Tribunal a requis de celle­ ci,  par ordonnance du 29  juillet  2011, qu'elle  l'informe de sa volonté de  maintenir ou de retirer son recours.  Par courrier du 9 août 2011, la recourante a déclaré vouloir maintenir son  recours.  J.  Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire,  dans les considérants en droit qui suivent. Droit : 1.   1.1.  Sous  réserve  des  exceptions  prévues  à  l'art.  32  de  la  loi  du              17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF, RS  173.32),  le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art.  31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées à l'art. 33 LTAF.  Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige.  1.2.  Il  statue  de  manière  définitive  sur  les  recours  formés  contre  les  décisions  rendues par  l'ODM en matière d'asile et de  renvoi de Suisse,  sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche  à se protéger (art. 105 LAsi, art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. d ch. 1 de la  loi du 17  juin 2005 sur  le Tribunal  fédéral  [LTF, RS 173.110]; Arrêts du  Tribunal administratif fédéral suisse [ATAF] 2007/7 consid. 1.1 p. 57).  1.3. L'intéressée a qualité pour  recourir  (art. 48 al. 1 PA, applicable par  renvoi  de  l'art.  37  LTAF)  et  son  recours,  interjeté  dans  la  forme             (art.  52  PA)  et  le  délai  (art.  108  al.  1  LAsi)  prescrits  par  la  loi,  est  recevable. 2.  Sont des réfugiés  les personnes qui, dans  leur Etat d'origine ou dans  le 

D­3819/2010 Page 6 pays de  leur dernière  résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). Même  si  les  allégations  des  viols  répétés  qu'aurait  fait  subir  à  la  recourante l'ami de son père apparaissaient vraisemblables – ce qui n'est  pas le cas ici (voir consid. 4.2.2 ci­dessous) – elles ne pourraient pas être  retenues comme constituant un motif de fuite spécifique aux femmes, au  sens de l'art. 3 al. 2 dernière phrase.  En  effet,  la  jurisprudence  a  reconnu  comme motif  pertinent  au  sens  de  cette  disposition,  une  persécution  uniquement  liée  au  sexe,  telle  la  situation  des  femmes  victimes  d'enlèvement  et  de  viol  à  des  fins  de  mariage  forcé,  lorsqu'elles  ne  peuvent  obtenir,  comme  le  pourraient  généralement  des  hommes  objets  de  violences  de  particuliers,  la  protection des autorités de leur Etat d'origine. Encore faut­il toutefois que  toutes  les  conditions  pour  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  soient  remplies,  notamment  que  la  personne  rende  vraisemblable  non  seulement le fait d'avoir été victime de préjudices, mais encore un défaut  de  protection  lié  à  sa  condition  féminine  ainsi  qu'à  l'absence  d'une  possibilité  de  refuge  interne,  à  l'intérieur  du  pays  (JICRA  2006  n°  32  p. 336ss).  En l'occurrence, la recourante allègue des violences sexuelles perpétrées  par un particulier. Elle précise que  les villageois  la savaient battue mais  n'osaient  intervenir  parce  qu'ils  avaient  peur  de  lui  (pv  aud.  du  12  novembre  2009,  p.  10,  ad Q94)  et  qu'elle  aurait  dû  se  rendre  dans  un  autre village pour "ramener  la police" (pv aud. du 12 novembre 2009, p.  10, ad Q97 et s.). Il s'ensuit que, d'après la recourante elle­même, le viol  n'était  pas une pratique admissible dans  le  tissu social où elle  vivait,  et  qu'elle aurait donc pu trouver la protection nécessaire dans son pays. C'est dire que les motifs allégués par la recourante ne permettent pas de  lui reconnaître la qualité de réfugié. Dès  lors,  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  la  non­reconnaissance  de  la  qualité de réfugié et le refus de l'asile, est rejeté.

D­3819/2010 Page 7 3.  Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou refuse d'entrer en matière sur une  demande d'asile,  l'ODM prononce en principe  le  renvoi de Suisse et en  ordonne l'exécution (cf. art. 44 al. 1 LAsi).  Aux  termes  de  l'art.  32  de  l'ordonnance  1  du  11 août  1999  sur  l'asile  relative  à  la  procédure  (OA  1,  RS 142.311),  le  renvoi  ne  peut  être  prononcé lorsque le requérant d'asile dispose d'une autorisation de séjour  ou d'établissement valable, ou qu'il fait l'objet d'une décision d'extradition  ou  d'une  décision  de  renvoi  conformément  à  l'art.  121  al.  2  de  la  Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).  La  recourante  n'étant  pas  titulaire  d'une  autorisation  de  séjour  ou  d'établissement  et  aucune  des  autres  hypothèses  visées  par                l'art.  32  OA  1  n'étant  réalisée,  le  Tribunal  est  tenu,  de  par  la  loi,  de  confirmer  le  renvoi  (art. 44  al.  1  LAsi;  cf.  aussi  JICRA  2001  n°  21  p. 168ss).  4.  Selon  l'art.  44  al.  2  LAsi,  l’exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite, raisonnablement exigible et possible. Si ces conditions ne sont pas  réunies,  l'admission  provisoire  doit  être  prononcée.  Elle  est  réglée  par  l'art. 83 LEtr, entré en vigueur le 1er janvier 2008. 4.1. Aucune personne ne peut être  contrainte,  de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi,  ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays  (art. 5 al. 1 LAsi). L'exécution n'est également pas licite lorsque le renvoi  de  l'étranger dans son Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers  est  contraire  aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international (art. 83 al. 3 LEtr). Nul ne peut être soumis à la torture ni à  des  peines  ou  traitements  inhumains  ou  dégradants,  prohibés  par         l'art. 3 de  la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits  de  l’homme et des  libertés  fondamentales  [CEDH, RS 0.101] ou encore  par  l'art.  3  de  la  Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains  ou  dégradants           (Conv. torture, RS 0.105). Dans  le  cas  d'espèce,  l'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  à          l'art.  5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut,  la  recourante  n'a  en  effet  pas  démontré la pertinence de ses motifs d'asile (cf.  consid. 2 ci­dessus). Par 

D­3819/2010 Page 8 ailleurs, il n'apparaît pas non plus vraisemblable qu'en cas de retour dans  son pays d'origine, elle serait exposée à de sérieux préjudices au sens de  l'art. 3 LAsi. L'exécution du renvoi est partant licite. 4.2. D'après l'art. 83 al. 4 LEtr, l'exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de nécessité médicale.  Cette disposition s'applique en premier lieu aux "réfugiés de la violence",  soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de la qualité de  réfugié,  parce  qu'ils  ne  sont  pas  personnellement  persécutés, mais  qui  fuient  des  situations  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée. Elle vise aussi les personnes pour qui un retour impliquerait  une mise  en  danger  concrète,  notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre  durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées  à  la  famine, à une dégradation grave de leur état de santé, à l'invalidité, voire  à  la mort. En  revanche,  les difficultés socio­économiques qui sont  le  lot  habituel de  la population  locale, en particulier des pénuries de soins, de  logements, d'emplois et de moyens de formation, ne suffisent pas en soi  à  réaliser  une  telle mise  en  danger  (ATAF  2007/10  consid.  5.1  p.  111;  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215, JICRA 1998 n° 11 p. 69ss, JICRA  1996 n° 2 p. 12ss et JICRA 1994 n° 19 consid. 6b p. 148s.). L'autorité à  qui incombe la décision d'exécution du renvoi doit donc dans chaque cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait l'étranger concerné dans son pays après l'exécution du renvoi à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse        (JICRA  2005  n° 24  consid.  10.1  p.  215  précitée,  JICRA  2003  n°  24  consid. 5a p. 157s., JICRA 2002 n° 11 consid. 8a p. 99ss, JICRA 1999    n° 28 consid. 5b p. 170, JICRA 1998 n° 22 consid. 7a p. 191 et jurisp. cit.).  Il s'agit donc d'examiner, au regard des critères explicités ci­dessus, si la  recourante  peut  conclure  au  caractère  inexigible  de  l'exécution  de  son  renvoi, compte  tenu de  la situation prévalant dans son pays, d'une part,  et, d'autre part, de ses motifs personnels, soit en  l'espèce  les violences  sexuelles  et  les  problèmes de  santé  qu'elle  allègue  (JICRA 2005 n°  24  consid. 10. 1 p. 215 précitée).

D­3819/2010 Page 9 A teneur des motifs qui suivent, l’exécution du renvoi doit être considérée  comme raisonnablement exigible. 4.2.1. Il est notoire que le Nigéria ne connaît pas une situation de guerre,  de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d’emblée – et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr.  L'exécution du renvoi n'implique donc pas une mise en danger concrète  de  la  recourante  en  relation  avec  la  situation  générale  régnant  actuellement dans son pays et sa région d'origine. 4.2.2. Avant  de  rendre  sa décision,  l’autorité  apprécie  tous  les allégués  importants qu’une partie a avancés en temps utile (art. 32 al. 1 PA) . En  l'espèce,  les  explications  de  la  recourante  concernant  l'impossibilité  de  s'identifier, ses conditions de vie au Nigéria ou encore  les circonstances  de  sa  fuite  n'apparaissent  pas  crédibles.  De  sorte  que  les  violences  sexuelles  répétées  qu'elle  dit  avoir  subies  ne  sont,  elles  non  plus,  pas  crédibles. 4.2.2.1 Tout d'abord,  la  recourante n'a, dans un premier  temps, déposé  aucun document d'identité  lui permettant de se  légitimer. Elle a en effet  déclaré  qu'elle  n'en  avait  jamais  possédé,  ni  n'avait  entrepris  de  démarches  pour  en  obtenir,  et  que,  n'ayant  plus  de  parenté  dans  son  pays d'origine, il lui était impossible de se procurer pareils documents, (cf.  pv aud. du 27 octobre 2009, p. 3; pv aud. du 12 novembre 2009, p. 2, ad  Q3 à Q7; pv aud. du 20 avril 2010, p. 2, ad Q2).  Ces  déclarations  ne  sont  pas  crédibles  dans  la  mesure  où,  le                  20 décembre 2010, elle a été à même de  fournir à  l'office d'état civil du  canton  H._______,  en  vue  de  son mariage,  quatre  documents  officiels  établis au Nigéria: un "certificat de célibat [Affidavit of Spinster­Hood]" du  (…) 2010, une "lettre d'identification [Letter of identification]" du (…) 2011,  un  "certificat de non­mariage  [Non­Certificate of mariage]" du  (…) 2010,  ainsi qu'un "acte de naissance [Certificate of Birth]" du (…) 2010.  4.2.2.2  Ensuite,  les  conditions  de  vie  de  la  recourante  avant  sa  fuite  apparaissent elles aussi invraisemblables. Il  n'est  en  effet  pas  vraisemblable  que  la  recourante  ne  puisse  donner  aucun détail précis sur  le village où elle aurait vécu jusqu'à l'âge de dix­

D­3819/2010 Page 10 huit  ans  (pv  aud.  du  12  novembre  2009,  p.  2,  ad Q10  à Q13),  sur  les  villages environnants  (pv aud. du 12 novembre 2009, p. 3, ad Q14), ou  encore  sur  l'aspect  des  plaques  des  voitures  de  la  région  (pv  aud.  du       12 novembre 2009, p. 3, ad Q22).  Pas plus qu'il n'est vraisemblable que l'intéressée n'ait  jamais su le nom  de  famille  de  l'ami  de  son  père,  alors même qu'elle  prétend  avoir  vécu  auprès de lui pendant environ huit ans (pv aud. du 27 octobre 2009, p. 4;  pv aud. du 12 novembre 2009, p. 7, ad Q71 et Q72).  Il  n'est  pas  crédible  non  plus  qu'elle  n'ait  pu  entretenir  aucun  contact  social et faire part de sa situation à des tiers, l'ami de son père le lui ayant  formellement  interdit, ce alors même qu'elle avait  la possibilité d'aller au  marché du village  (pv aud. du 12 novembre 2009, p. 4 et 5, ad Q31 et  Q42 et p. 11 ad Q104) ou au ruisseau pour chercher de l'eau (pv aud. du  20 avril 2010, p. 6, ad Q61). 4.2.2.3 Enfin, les circonstances du voyage de l'intéressée jusqu'en Suisse  ne  sont  pas  crédibles,  et  jettent  donc  définitivement  le  doute  sur  les  véritables raisons de son départ du Nigéria.  Ainsi,  il  n'est  pas  vraisemblable  que,  au  plus  mal  physiquement,  l'intéressée  se  soit  échappée  en  pleine  nuit  pour  partir  vers  l'inconnu,  dans la brousse, puis que, le lendemain, elle ait rencontré par hasard un  Blanc  dans  une  forêt,  lequel  aurait  spontanément,  sans  contrepartie  aucune,  abandonné  son  activité  pour  organiser  son  voyage  jusqu'en  Suisse, où il l'aurait accompagnée (cf. notamment pv aud. du 27 octobre  2009, p. 5; pv aud. du 12 novembre 2009, p. 5s., ad Q49, p. 11 à 13, ad  Q109  à Q129;  pv  aud.  du  20  avril  2010,  p.  7  à  9,  ad Q64  à Q98).  La  recourante est au surplus incapable de décrire la voiture qui l'a emmenée  jusqu'à  la côte et dans  laquelle elle dit avoir dormi  (pv aud. du   20 avril  2010,  p.  8,  ad  Q87  et  Q88).  Elle  affirme  être  montée  dans  un  bateau  "grand  comme  une  maison"  sans  pouvoir  préciser  s'il  y  avait  des  passagers ou des gens qui travaillaient (pv aud. du 20 avril 2010, p. 8, ad  Q89  et Q90).  Elle  ne  sait  pas  davantage  combien  de  jours  a  duré  son  périple  et  n'arrive  pas  non  plus  à  donner  la  moindre  indication  sur  les  pays  ou  les  lieux  traversés  pour  parvenir  jusqu'en  Suisse  (pv  aud.  du      27 octobre 2009, p. 5; pv aud. du 20 avril 2010, p. 8, ad Q85 et Q86).  4.2.2.4  Il  convient  pour  le  surplus  de  renvoyer  aux  considérants  de  la  décision attaquée dès lors que ceux­ci sont convaincants et suffisamment  explicites et motivés.

D­3819/2010 Page 11 4.2.3. L'exécution  du  renvoi  des  personnes  traitées médicalement  en  Suisse ne devient inexigible que dans la mesure où elles pourraient ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des  conditions  minimales d'existence; par  soins essentiels,  il  faut entendre  les  soins  de  médecine  générale  et  d'urgence  absolument  nécessaires  à  la  garantie  de  la  dignité  humaine  (cf. ATAF  2009/2  consid.  9.3.2  p.  21;  JICRA 2003 n° 24 consid. 5b p. 157s.; GABRIELLE STEFFEN, Droit  aux  soins et  rationnement, Berne 2002, p. 81s. et 87). L'art. 83 al. 4 LEtr,  disposition exceptionnelle tenant en échec une décision d'exécution du  renvoi,  ne  saurait  en  revanche  être  interprété  comme  une  norme  qui  comprendrait  un  droit  de  séjour  lui­même  induit  par  un  droit  général  d'accès  en  Suisse  à  des  mesures  médicales  visant  à  recouvrer  la  santé ou à la maintenir, au simple motif que l'infrastructure hospitalière  et  le  savoir­faire médical  dans  le  pays  d'origine  ou  de  destination  de  l'intéressé  n'atteint  pas  le  standard  élevé  qu'on  trouve  en  Suisse  (cf. ATAF  2009/2  précité  ibidem;  JICRA  2003  n°  24  précitée  ibidem,  JICRA 1993 n° 38 p. 274s.). Ainsi,  il ne suffit pas en soi de constater,  pour  admettre  l'inexigibilité  de  l'exécution  du  renvoi,  qu'un  traitement  prescrit sur la base de normes suisses ne pourrait être poursuivi dans  le pays de  l'étranger. On peut citer  ici  les cas de  traitements visant à  atténuer  ou  guérir  des  troubles  psychiques  ou  physiques  qui  ne  peuvent être qualifiés de graves, soit des  traitements qui ne sont pas  indispensables  à  une  existence  quotidienne  en  accord  avec  les  standards de vie prévalant dans le pays ou la région de provenance de  l'intéressée. Si  les soins essentiels nécessaires peuvent être assurés  dans  le  pays  d'origine  ou  de  provenance  de  l'étranger  concerné,  cas  échéant  avec  d'autres  médications  que  celles  prescrites  en  Suisse,  l'exécution  du  renvoi  dans  l'un  ou  l'autre  de  ces  pays  sera  raisonnablement  exigible.  Elle  ne  le  sera  plus,  au  sens  de            l'art. 83  al. 4  LEtr  si,  en  raison  de  l'absence  de  possibilités  de  traitement adéquat,  l'état  de  santé de  l'intéressée se dégraderait  très  rapidement au point de conduire d'une manière certaine à  la mise en  danger  concrète  de  sa  vie  ou  à  une  atteinte  sérieuse,  durable,  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique  (cf. ATAF  2009/2  précité ibidem; JICRA 2003 n° 24 précitée ibidem).  Cela dit, il sied de préciser que si, dans un cas d'espèce, le grave état  de santé ne constitue pas en soi un motif d'inexigibilité sur la base des  critères qui précèdent, il peut demeurer un élément d'appréciation dont  il  convient  alors  de  tenir  compte  dans  le  cadre  de  la  pondération  de  l'ensemble  des  éléments  ayant  trait  à  l'examen  de  l'exécution  du  renvoi (cf. JICRA 2003 n° 24 précitée ibidem).

D­3819/2010 Page 12 4.2.3.1  Invitée  par  décision  incidente  du  Tribunal  du  11  juin  2010  à  fournir  un  certificat  médical  complet  et  détaillé  notamment  sur  les  affections gynécologiques dont elle aurait souffert,  la recourante n'y a  toutefois pas donné suite.  Dans  tous  les  cas,  ces  affections,  actuellement  résorbées  ou  en  voie  d'amélioration, ne sont pas à même de constituer un quelconque obstacle  à  l'exécution du  renvoi de  la  recourante au Nigéria, dès  lors qu'elles ne  présentent pas une gravité telle qu'elles seraient à même de mettre sa vie  ou son intégrité physique gravement en danger en cas de retour dans ce  pays.  4.2.3.2  L'intéressée  a  allégué  par  ailleurs  souffrir  de  graves  troubles  psychiatriques, lesquels l'auraient amenée à consulter un spécialiste dès  le mois de décembre 2009, reprochant en outre à l'ODM de ne pas avoir  tenu compte de cet aspect dans la décision contestée.  Tout d'abord, il convient de relever que la recourante n'a fait aucunement  mention  lors  de  sa  troisième  audition  en  date  du  20  avril  2010,  de  quelconques  troubles  psychiques  pour  lesquels  elle  aurait  été  suivie,  alors  même  que  le  certificat  médical  de  son  médecin  psychiatre  mentionne qu'elle  est  suivie  par  ses  soins depuis  le mois  de décembre  2009. Elle ne saurait dès lors faire reproche à l'ODM de ne pas avoir tenu  compte  d'un  élément  dont  il  n'avait  pas  connaissance  et  qu'elle  était  tenue de communiquer au vu de son obligation de collaborer au sens de  l'art. 8 LAsi.  Ensuite,  le  certificat  médical  établi  le  22  juin  2010  ne  pose  aucun  diagnostic précis, son auteur indiquant ne pas pouvoir être objectif quant  à  l'évaluation  de  la  situation  de  sa  patiente,  au  vu  du  tableau  clinique  ainsi que de ses difficultés à se replonger dans son traumatisme.  Force est  donc de  constater  que  les problèmes psychiatriques allégués  par  l'intéressée  ne  sont  pas  clairement  déterminés,  et  paraissent  principalement  trouver  l'origine de  leur péjoration, si ce n'est  leur origine  propre, dans le rejet de sa demande d'asile.  Enfin,  selon  la  pratique  du  Tribunal,  ni  une  tentative  de  suicide  ni  des  tendances suicidaires ("suicidalité") ne s'opposent en soi à l'exécution du  renvoi, y compris au niveau de son exigibilité, seule une mise en danger  présentant des formes concrètes devant être pris en considération; si les  tendances suicidaires s'accentuaient dans  le cadre de  l'exécution  forcée 

D­3819/2010 Page 13 de  la mesure,  les autorités devraient  y  remédier au moyen de mesures  adéquates,  de  façon  à  exclure  un  danger  concret  de  dommages  à  la  santé  (cf.  notamment arrêts du Tribunal D­2049/2008 du 31  juillet  2008  consid.  5.2.3, D­4455/2008  du  16  juin  2008  consid.  6.5.3, D­6840/2006  du 11 mai 2007 consid. 8.5; cf. aussi arrêt non publié du Tribunal fédéral  du  1er  avril  1996  dans  la  cause  T.2A.167/1996,  cité  par  THOMAS HUGI  YAR,  Zwangsmassnahmen  im  Ausländerrecht,  in  Ausländerrecht,  Handbücher  für  die  Anwaltspraxis,  tome  VIII,  Bâle,  Genève  et  Munich  2002, n. 7.119, p. 315, note 266). Si  le Tribunal n'entend pas sous­estimer  les appréhensions que pourrait  ressentir  la  recourante  à  l'idée  d'un  renvoi  dans  son  pays,  il  considère  toutefois  que  l'on  ne  saurait  d'une  manière  générale  prolonger  indéfiniment  le séjour d'une personne en Suisse au seul motif que cette  perspective  serait  éventuellement  susceptible  de  générer,  à  terme,  une  aggravation de son état  de  santé.  Il  appartiendra donc à  cet  égard aux  médecins  traitants en Suisse de  l'aider à surmonter ses craintes  liées à  son  retour au Nigéria. Par ailleurs,  la  conduite et  la mise en place d'un  traitement  psychiatrique  au  Nigéria  est  possible.  Il  y  a  dans  ce  pays  environ trente­cinq cliniques psychiatriques qui traitent la dépression, les  tendances  suicidaires,  les  états  de  stress  post­traumatique  (PTSD),  la  schizophrénie  et  les  psychoses.  Plusieurs  d'entre  elles  offrent  un  traitement  gratuit,  les  médicaments  devant  néanmoins  toujours  être  payés  par  le  patient  lui­même.  Pour  les  personnes  présentant  des  troubles psychiques,  il existe en outre dans plusieurs états du pays des  structures  d'encadrement  exploitées  avant  tout  par  des  organismes  religieux  et,  dans  une  moindre  mesure,  par  des  organisations  non­ gouvernementales  (ONG)  ou  des  médecins  privés.  Il  existe,  pour  des  groupes  spécifiques,  tels  les  réfugiés,  les  victimes  de  catastrophes,  les  personnes âgées ou les enfants, des programmes spéciaux. La majorité  des organisations de soins psychosociales se  trouvent dans  les centres  urbains, avant tout au sud du pays. Les médicaments psychotropes sont  disponibles au Nigéria, et dans la majorité des cas, à un coût abordable.  Des  médicaments  antidépresseurs  sont  au  surplus  disponibles  et  abordables  (cf.  notamment  Organisation  Suisse  d'Aide  aux  Réfugiés  [OSAR], ALEXANDRA GEISER,  "Nigeria:  Behandlung  von  PTSD,  Auskunft  der  SFH­Länderanalyse",  9 novembre  2006;  cf.  également  arrêt  du  Tribunal D­5258/2009 du 12 novembre 2009 consid. 6.3.3.4).  4.2.3.3 Le  Tribunal  relève  par  ailleurs  que  la  recourante  est  jeune  et  a  rapidement  fait  preuve  de  capacités  d'intégration  en  Suisse,  pays  totalement  étranger  à  sa  culture  d'origine.  Il  y  a  dès  lors  lieu  de 

D­3819/2010 Page 14 considérer  qu'elle  saura  faire montre  de  dispositions  similaires  pour  se  réintégrer dans son pays d'origine. Au demeurant, ayant toujours vécu au  Nigéria  (pays  qu'elle  n'a  quitté  que  depuis  moins  de  deux  ans),  elle  y  dispose à tout le moins d'un réseau social sur lequel elle pourra compter  à son retour.  La  recourante  aura  également  la  possibilité  de  demander  une  aide  au  retour (art. 93 LAsi et 73ss de l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile  relativement au financement [OA 2, RS 142.312]), ainsi que de préparer,  avec  l'aide  de  ses médecins,  la  suite  des  éventuels  traitements  qui  lui  seraient encore nécessaires une fois rentrée dans son pays d'origine.  En  tout  état  de  cause,  si  elle  ne  désire  pas  retourner  au Nigéria, mais  entend  aller  plutôt  vivre  auprès  de  son  époux  en  France,  suite  à  son  mariage  le  (…)  2011,  il  lui  appartient  de  s'adresser  avec  diligence  aux  autorités  françaises  afin  de  se  faire  délivrer  les  autorisations  lui  permettant d'entrer et de séjourner régulièrement sur  leur territoire. Rien  ne s'oppose toutefois à ce que de telles démarches soient effectuées, le  cas échéant, depuis son pays d'origine. Cela  étant,  le  Tribunal  précise  que  si  la  recourante  a  entrepris  des  démarches en vue de rejoindre son époux en France, elle peut, preuve à  l'appui, s'adresser à  l'ODM pour  l'informer de  l'état de  la procédure, dite  autorité  pouvant  alors  fixer  un  délai  de  départ  compatible  avec  un  passage dans ce pays. 4.3.  L'exécution  du  renvoi  est  enfin  possible  (cf.  art.  44  al.  2  et                 83 al. 2 LEtr; ATAF 2008/34 consid. 12), dès lors qu'elle ne se heurte pas  à des obstacles insurmontables d'ordre technique ou pratique. Il incombe  à  l'intéressée  d'entreprendre  toutes  les  démarches  nécessaires  pour  obtenir les documents lui permettant de retourner dans son pays d'origine              (art. 8 al. 4 LAsi).  4.4.  Il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  la  décision de  renvoi  et  son  exécution,  doit  être  également  rejeté  et  le  dispositif  de  la  décision  entreprise confirmé sur ces points.  5.  Dans  la  mesure  où  les  conclusions  du  recours  ne  paraissaient  pas  d'emblée  vouées  à  l'échec,  la  demande  d’assistance  judiciaire  partielle 

D­3819/2010 Page 15 est admise (art. 65 al. 1 PA). Il n'est par conséquent pas perçu de frais de  procédure.  (dispositif page suivante)

D­3819/2010 Page 16 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté.  2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est admise.  3.  Il n'est pas perçu de frais de procédure.  4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  à  la  recourante,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. Le président du collège : La greffière : Yanick Felley Gaëlle Geinoz Expédition:

D-3819/2010 — Bundesverwaltungsgericht 21.11.2011 D-3819/2010 — Swissrulings