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Bundesverwaltungsgericht 15.11.2011 D-3790/2008

15. November 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,157 Wörter·~11 min·2

Zusammenfassung

Levée de l'admission provisoire (asile) | Levée de l'admission provisoire; décision de l'ODM du 14 mai 2008

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour IV D­3790/2008 Arrêt   d u   1 5   n o v emb r e   2011 Composition Claudia Cotting­Schalch (présidente du collège),  François Badoud, Martin Zoller, juges, Chantal Jaquet Cinquegrana, greffière. Parties A._______, Serbie, B._______, Croatie, C._______, Croatie, D._______, Serbie, E._______, Serbie, représentés par Me Astyanax Peca, avocat à  1820 Montreux,  recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Levée de l'admission provisoire (asile) ; décision de l'ODM du 14 mai 2008 / (…).

D­3790/2008 Page 2 Faits : A.  Le  23  février  2000,  A._______,  son  épouse  B._______  et  leur  fils  C._______ ont déposé chacun une demande d'asile en Suisse. Il  ressort  des  documents  qu'ils  ont  produits,  ainsi  que  de  leurs  déclarations, que le couple A._______ s'est marié le (…) 1995 en Serbie,  pays d'origine de A._______ où celui­ci a toujours résidé. B._______ est,  quant  à  elle,  originaire  de  Croatie,  pays  où  elle  est  née  et  a  séjourné  jusqu'à  son  mariage.  L'enfant  C._______  y  est  né  en  1994  et  en  a  la  nationalité. Depuis mars 1995, la famille A._______ a vécu en Serbie, et  ce jusqu'à son départ, début avril 1999, pour le Monténégro.  B.  Le (…), B._______ a donné naissance à un enfant prénommé D._______  et, le (…) , à un autre prénommé E._______. Les époux A._______ ont divorcé, le (…) 2001, puis se sont remariés, le  (…)  2006.  Sans  jamais  avoir  informé  les  autorités  d'asile  de  leur  changement d'état civil en 2001, ils ont continué à faire ménage commun  durant tout leur séjour en Suisse. C.  Par décisions distinctes du 14  janvier 2003,  l'Office  fédéral des  réfugiés  (actuellement  l'Office  fédéral des migrations, ci­après ODM) a  rejeté  les  demandes d'asile des  intéressés et prononcé  leur  renvoi de Suisse.  Il a  toutefois  considéré  que  l'exécution  de  cette  mesure  n'était  pas  raisonnablement exigible, au vu des particularités du cas d'espèce, et a  en conséquence prononcé l'admission provisoire des intéressés. Par décision du 17 juillet 2006, l'ancienne Commission suisse de recours  en matière d'asile a rejeté le recours déposé, le 19 février 2003, contre la  décision de l'ODM en matière d'asile. D.  Par jugement du Juge d'instruction du (…) du 18 juillet 2006, A._______  a été condamné à une peine de 18 mois d'emprisonnement, assortie d'un  sursis de deux ans, pour escroquerie par métier.  Il  ressort du  jugement  que  l'intéressé  a,  de  janvier  1999  à  novembre  2005,  travaillé  sans  autorisation  dans  le  canton  F._______  et  reçu  durant  cette  période  un  salaire  de  Fr. 308'000.­  tout  en  percevant  indûment  des  prestations  d'assistance dans le canton G._______ pour la somme de Fr. 202'000.­.

D­3790/2008 Page 3 E.  Par  courrier  du  16  août  2007,  l'ODM  a  fait  savoir  aux  intéressés  qu'il  envisageait de lever leur admission provisoire, au motif que l'exécution de  leur renvoi était désormais exigible, dans la mesure où la situation tant en  Serbie  –  où  ils  possèdent  un  bien  immobilier  –  qu'en  Croatie  s'est  modifiée depuis le prononcé de leur admission provisoire. F.  Les recourants se sont déterminés, par lettre datée du 3 septembre 2007,  sur le courrier de l'ODM du 16 août précédent. Ils ont fait valoir qu'ils ne  pouvaient envisager un retour ni en Croatie, ni en Serbie. Ils ont évoqué  leur bonne intégration en Suisse, le fait qu'ils travaillaient durement pour  rembourser la dette qu'ils avaient contractée auprès du Service social, et  les  problèmes  insurmontables  que  rencontreraient  leurs  trois  enfants,  lesquels ne maîtrisent pas le serbo­croate. Par courrier daté du 4 septembre 2007, H._______, alors mandataire de  la  famille  A._______,  a  également  pris  position.  Préalablement,  il  a  précisé que le couple A._______ a divorcé, principalement en raison des  problèmes personnels rencontrés par  la recourante en Serbie, puis s'est  remarié à  I._______  le  (…) 2006. En outre,  il a souligné que depuis un  an, les intéressés remboursaient régulièrement leurs dettes en Suisse. Il  a  également  expliqué,  attestation  à  l'appui,  que  A._______  n'était  pas  propriétaire  d'une maison en Serbie,  dans  la mesure  où  il  n'avait  versé  que  la moitié  de  son  prix  au  promoteur,  lequel  ne  lui  avait  par  la  suite  remboursé  que  la moitié  de  cette  somme.  L'intéressé  avait  en  effet  été  dans l'incapacité de payer l'entier du prix de la maison et l'argent restitué  par le promoteur fut utilisé pour payer l'hospitalisation et les frais de santé  de son père malade. H._______ a également relevé que le motif qui avait  conduit  l'ODM  à  accorder  une  admission  provisoire  aux  intéressés,  à  savoir  la mixité de  leur  couple,  était  toujours d'actualité.  Il  a ajouté qu'il  n'était  pas  envisageable  que  l'intéressée  retourne  en  Serbie,  dans  la  mesure où elle y a subi des sévices sexuels, à savoir un viol, perpétrés  par  des militaires  serbes.  Enfin,  H._______  a  souligné  la  nécessité  de  prendre  en  compte  la  situation  des  trois  enfants  du  couple  A._______,  lesquels ont passé plus de sept ans en Suisse et y sont tous scolarisés. G.  Par décision du 14 mai 2008,  l'ODM a  levé  l'admission provisoire de  la  famille A._______.

D­3790/2008 Page 4 Tout  d'abord,  l'ODM  a  estimé  que  compte  tenu  de  la mixité  du  couple  A._______ et des sévices subis par  l'intéressée en Serbie,  il n'était pas  concevable d'exécuter le renvoi de la famille A._______ dans cet Etat. En  revanche,  il  a  considéré  qu'une  telle  mesure  était  envisageable  en Croatie, pays d'origine de B._______. H.  Les intéressés, par l'entremise de leur mandataire d'alors, J._______, ont  interjeté recours, par acte daté du 30 mai 2008 et posté le 6 juin 2008, en  concluant  à  l'annulation  de  la  décision  précitée  et  implicitement  au  maintien de leur admission provisoire, ainsi qu'à l'octroi d'une autorisation  de séjour. Ils  ont  estimé  qu'en  dépit  de  la  condamnation  de  A._______  pour  escroquerie,  ils étaient honnêtes et  responsables, dans  la mesure où  ils  remboursaient scrupuleusement  leurs dettes, et qu'ils étaient aptes à se  prendre  entièrement  en  charge,  grâce  à  leurs  salaires.  Ils  ont  en  outre  rappelé  qu'ils  formaient  un  couple  mixte  (croato­serbe  /  catholique­orthodoxe)  et  que  les  difficultés  qui  en  découlaient  étaient  toujours  actuelles,  tout  en  soulignant  les  relations  difficiles  entre  la  Croatie et la Serbie. Ils ont également fait valoir que leurs trois enfants ne  s'exprimaient  que  peu  en  serbo­croate  et  rencontreraient  d'énormes  difficultés s'ils devaient être scolarisés dans cette langue. Pour toutes ces  raisons, ils ont considéré que l'exécution de leur renvoi était inexigible. A  l'appui  de  leurs  dires,  ils  ont  produit  une  série  de  documents,  ayant  notamment  trait  aux  remboursements  de  leurs  dettes,  à  leurs  activités  professionnelles,  à  l'intégration  de  l'enfant  C._______  ainsi  qu'à  la  situation politique entre la Serbie et la Croatie. I.  Par décision incidente du 16 juin 2008, le juge instructeur alors en charge  du dossier a imparti aux recourants un délai au 30 juin 2008 pour verser  une avance sur les frais de procédure présumés. Le 24 juin 2008, la famille A._______ s'est acquittée de la somme due. J.  Invité  à  se  prononcer  sur  le  recours,  l'ODM  en  a  proposé  le  rejet,  par  détermination du 7 juillet 2008.

D­3790/2008 Page 5 K.  Par  courrier  du  15  juillet  2008,  Peca  Astyanax,  avocat,  a  informé  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le  Tribunal)  qu'il  représentait  la  famille  A._______, en lieu et place de J._______. L.  Par  courriel  du 4 octobre 2011,  J._______ a  informé  le Tribunal  qu'elle  avait agi à titre gracieux. M.  Les autres  faits déterminants de  la cause seront évoqués si nécessaire  dans les considérants en droit ci­après. Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi fédérale du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS 173.32),  le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées à l'art. 33 LTAF. 1.2.  Il  statue  de  manière  définitive  sur  les  recours  formés  contre  les  décisions rendues par l'ODM en matière de levée d'admission provisoire  (art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. c ch. 3 de la loi sur le Tribunal fédéral du  17 juin 2005 [LTF, RS 173.10]). 1.3. Les recourants ont qualité pour recourir  (art. 48 al. 1 PA). Présenté  dans la forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 50 al. 1 PA) prescrits par la  loi, le recours est recevable. 1.4.  Saisi  d'un  recours  contre  une  décision  de  levée  de  l'admission  provisoire,  le  Tribunal  doit  analyser  si  c'est  à  juste  titre  que  l'ODM  a  considéré  que  les  conditions  cumulatives  liées  à  l'exécution  du  renvoi  sont  remplies  et  qu'il  a  levé  l'admission  provisoire.  Par  conséquent,  la  conclusion du  recours  tendant à  l'octroi  d'une autorisation de séjour est  irrecevable.

D­3790/2008 Page 6 1.5.  L'entrée  en  vigueur,  le  1er  janvier  2008,  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre  2005  sur  les  étrangers  (LEtr,  RS  142.20),  a  entraîné  l'abrogation  (cf.  l'annexe à  l'art.  125 LEtr)  de  la  loi  fédérale  du 26 mars  1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE). L'art. 126a al. 4 LEtr prévoit que les personnes admises à titre provisoire  avant l'entrée en vigueur de la modification du 16 décembre 2005 de la loi  sur l'asile du 26 juin 1998 (LAsi, RS 142.31) et de la LEtr sont soumises  au nouveau droit. C'est donc le nouveau droit qui s'applique en l'espèce. 2.  2.1.  En  vertu  de  l'art.  84  al.  1  et  2  LEtr,  si  après  vérification,  l'ODM  constate  que  la  personne  concernée  (étranger  ou  requérant  d'asile  débouté)  ne  remplit  plus  les  conditions  de  l'admission  provisoire,  il  lui  appartient  de  lever  celle­ci  et  d'ordonner  l'exécution  du  renvoi  ou  de  l'expulsion. 2.2.  Selon  la  disposition  précitée,  une  admission  provisoire  peut  en  principe  être  levée,  si  l'exécution  du  renvoi  est  à  la  fois  licite,  raisonnablement exigible et possible (art. 83 al. 3, 4 et 2 LEtr a contrario)  ;  il  incombe  alors  à  l'autorité  appelée  à  statuer  de  vérifier  que  les  trois  conditions précitées  sont  cumulativement  remplies  (cf.  arrêt  du Tribunal  administratif fédéral D­2743/2008 du 5 septembre 2011 consid. 3.2 ; dans  le même sens Jurisprudence et informations de la Commission suisse de  recours en matière d'asile [JICRA] 2006 n° 23 consid. 6.3, consid. 7.3 et  consid. 7.7.3. i. f., JICRA 2005 n° 3 consid. 3.5, JICRA 2001 n° 17 consid.  4d). 2.3.  Aux  termes  de  l'art.  84  al.  3  LEtr,  l'ODM  peut  également  lever  l'admission  provisoire  accordée  en  vertu  de  l'art.  83  al.  2  et  4  LEtr,  lorsque les motifs visés à l'art. 83 al. 7 Letr sont réunis et qu'une autorité  cantonale, fedpol ou le SRC en fait la demande. 3.  3.1. Tout  d'abord,  le  Tribunal  constate  que  l'admission  provisoire  a  été  prononcée  en  2003  en  raison  de  la  situation  spécifique  de  la  famille  A._______, en particulier de  la mixité du couple, A._______ étant serbe  alors  que  B._______  est  croate.  Il  a  également  été  tenu  compte  des  graves sévices sexuels subis par celle­ci en Serbie, en mars 1999.

D­3790/2008 Page 7 A  l'appui  de  la  décision  de  levée  de  l'admission  provisoire  fondée  exclusivement sur l'art. 84 al. 2 LEtr du 14 mai 2008, l'ODM a estimé que,  si  l'exécution  du  renvoi  de  la  famille  A._______  n'était  toujours  pas  envisageable en Serbie, elle l'était en revanche en Croatie. Dans  leur  recours,  les  intéressés  ont  contesté  cette  appréciation,  estimant en particulier  que  la problématique de  la mixité de  leur  couple  était toujours d'actualité, et qu'il n'avait pas suffisamment été tenu compte  de  la  situation  des  trois  enfants  C._______,  D._______  et  E._______,  lesquels auraient d'énormes difficultés à se réinsérer,  tant culturellement  que  linguistiquement,  dans  un  environnement  différent  de  celui  dans  lequel ils avaient grandi. 3.2.  Cela  étant,  il  convient  d'examiner  en  premier  lieu  si  l'autorité  inférieure  a,  au  regard  des  considérants  de  la  décision  attaquée,  pris  position  de  manière  suffisamment  explicite  sur  chacune  des  trois  conditions prévues par la loi pour fonder l'exécution du renvoi (art. 83 al.  2, 3 et 4 LEtr), de sorte à permettre aux  intéressés de  recourir en  toute  connaissance de cause contre celle­ci. 4.  4.1. La jurisprudence a notamment déduit du droit d'être entendu, garanti  à  l'art. 29 al. 2 de  la Constitution  fédérale de  la Confédération suisse du  18 avril 1999 (Cst., RS 101) et concrétisé par l'art. 35 PA, l'obligation pour  l'autorité  de  motiver  sa  décision,  afin  que  le  destinataire  puisse  la  comprendre,  l'attaquer utilement  s'il  y  a  lieu et  que  l'autorité  de  recours  puisse  exercer  son  contrôle  (ATAF  2010/3  consid.  5  et  jurisprudence  citée). Pour  répondre à ces exigences,  il  suffit  que  l'autorité mentionne,  au moins brièvement,  ses  réflexions sur  les éléments de  fait et de droit  essentiels, autrement dit  les motifs qui  l'ont guidée et sur  lesquels elle a  fondé sa décision, de manière que l'intéressé puisse se rendre compte de  la  portée  de  celle­ci  et  l'attaquer  en  connaissance  de  cause  (ATAF  2010/35 consid. 4.1.2, 2007/27 consid. 5.5.2; cf. également JICRA 2006  no 4 consid. 5 p. 44 ss, JICRA 1995 no 12 consid. 12c p. 114 ss). Le droit  d'obtenir  une  décision  motivée  est  de  nature  formelle :  sa  violation  entraîne  en  principe  l'annulation  de  la  décision  attaquée,  indépendamment  de  la  question  de  savoir  si  cette  violation  a  eu  une  influence sur l'issue de la cause (ATAF 2010/35 consid. 4.1.1). Lorsque le  vice  est  constitutif  d'une  grave  violation  de  procédure,  il  est  exclu  que  l'autorité de recours  le répare, motif pris du principe de  l'économie de  la  procédure (arrêt du Tribunal administratif  fédéral D­3875/2008 p. 8 s. [et 

D­3790/2008 Page 8 réf. cit.] du 27 juin 2008). Par exception, l'autorité de recours peut, même  en présence d'une violation grave de ce droit,  renoncer au  renvoi de  la  cause  à  l'administration  (et  admettre  la  « réparation »  du  vice),  dans  la  mesure où un tel renvoi représenterait une vaine formalité et conduirait à  des  retards  inutiles  qui  ne  seraient  pas  conciliables  avec  l'intérêt  (équivalant  à  celui  d'être entendu) de  la partie  concernée à un examen  diligent  de  son  cas  (ATF  136  V  117  consid.  4.2.2.2,  ATF  133  I  201  consid. 2.2, ATF 132 V 387 consid. 5.1 ; ATAF 2010/35 consid. 4.3.1). En  particulier,  une  telle  irrégularité  peut  être  considérée  comme  guérie  lorsque le vice n'est pas grave, que l'autorité inférieure a pris position sur  les  arguments  décisifs  dans  le  cadre  de  la  procédure  d'échange  d'écritures, que l'intéressé a pu se déterminer à ce sujet en connaissance  de cause, et  que  le Tribunal dispose concrètement,  sur  les questions à  résoudre,  de  la même cognition que  l'autorité  inférieure  (ATAF 2008/47  consid.  3.3.4,  ATAF  2007/30  consid.  8.2,  ATAF  2007/27  consid.  10.1 ;  BERNHARD WALDMANN/JÜRG BICKEL  nos  114  ss  ad  art.  29 PA  in:  VwVG,  Praxiskommentar  zum  Bundesgesetz  über  das  Verwaltungsverfahren,  BERNHARD WALDMANN/PHILIPPE WEISSENBERGER (éd.), Bâle/Genève 2009  ;  PATRICK  SUTTER,  nos  18 ss  ad  art.  29  PA  in  :  Kommentar  zum  Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren [VwVG], CHRISTOPH AUER,  MARKUS MÜLLER, BENJAMIN SCHINDLER [éd.], Zurich/St.Gall 2008). 4.2. A  l'instar des procédures portant sur  l'exécution du renvoi,  l'autorité  de  première  instance  doit,  dans  le  cadre  de  la  levée  de  l'admission  provisoire  fondées  sur  l'art.  84  al.  2  LEtr,  s'assurer  que  toutes  les  conditions prévues à  l'art. 83 al. 2, 3 et 4 LEtr sont  réunies. L'ODM doit  par  conséquent motiver  sa  décision  en  examinant  systématiquement  la  licéité,  l'exigibilité et  la possibilité de l'exécution du renvoi, pour chacune  des  personnes  concernées,  en  tenant  compte  de  l'état  de  faits  au  moment où il statue. 4.3. En l'espèce, au vu des considérants de la décision attaquée, rien ne  permet d'admettre que  l'ODM a tenu compte de chacune des conditions  mentionnées ci­dessus relatives à l'exécution du renvoi pour chacun des  membres  de  la  famille  A._______.  Pour  justifier  que  cette  dernière  ne  remplit  plus  les  conditions  de  l'admission  provisoire,  l'office  fédéral  a  certes  relevé,  de  manière  très  succincte  et  globale,  que  l'exécution  du  renvoi de la famille précitée était licite et possible. En revanche, il n'a pas  procédé  à  un  examen  individualisé  des  critères  précités  pour  chaque  membre  de  cette  famille.  S'ajoute  à  cela  qu'il  a  développé  son  argumentation, sans même spécifier sur quelle point portait son examen  et  en omettant même d'énoncer explicitement  celle  liée à  l'exigibilité de 

D­3790/2008 Page 9 l'exécution du renvoi. Il n'a en outre pas cité la disposition légale topique  (art.  83  al.  2,  3  et  4  LEtr),  laquelle  renvoie  aux  notions  de  licéité,  d'exigibilité  et  de  possibilité  de  cette  mesure,  ni  même,  d'une  manière  générale, aux conditions  légales y relatives. De plus,  l'analyse effectuée  est  stéréotypée,  ignorant  les  nationalités  différentes  des  intéressés.  A  l'évidence, l'ODM ne pouvait procéder de la sorte, mais aurait dû motiver  sa  décision  de  manière  individualisée  en  prenant  en  considération  la  situation  particulière  de  chacun  des membres  de  la  famille  A._______.  Dans le cadre de cet examen, il devait en particulier tenir compte du fait  que  B._______  et  son  fils  aîné  C._______,  sont  croates,  alors  que  A._______  et  ses  deux  enfants  cadets  D._______  et  E._______,  sont  serbes.  Partant,  suivant  le  pays  vers  lequel  est  susceptible  d'intervenir  l'exécution du renvoi, il s'agit soit du pays d'origine ou d'un Etat tiers des  recourants. En agissant de la sorte, l'ODM a commis une violation grave  de l'obligation de motiver. Celle­ci n'a du reste nullement été réparée au  stade de l'échange d'écritures. En effet, dans sa détermination du 7 juillet  2008,  cet  office  a  simplement  déclaré  maintenir  intégralement  les  considérants de sa décision. 4.4.  Cela  étant,  l'examen  de  l'exécution  du  renvoi  auquel  a  procédé  l'autorité  inférieure  est  également  inexact  et  incomplet.  Au  regard  de  la  situation personnelle des recourants,  tel est particulièrement  le cas pour  ce  qui  a  trait  aux  obstacles  liés  à  la  possibilité  et  à  l'exigibilité  de  l'exécution du renvoi.  4.4.1  Tout  d'abord,  s'agissant  de  la  possibilité  de  l'exécution  de  cette  mesure,  l'ODM  aurait  dû  distinguer  clairement  suivant  qu'il  prononçait celle­ci  par  rapport  à  l'Etat  d'origine,  dans  la  mesure  où  la  recourante et le fils aîné C._______ sont de nationalité croate, ou encore  en  relation  à  un  Etat  tiers,  les  trois  autres  membres  de  la  famille  A._______  étant  de  nationalité  serbe.  Cette  différenciation  est  d'autant  plus importante compte tenu des conditions particulières qui doivent être  remplies  pour  fonder  l'exécution  du  renvoi  d'une  personne  vers  un Etat  tiers,  en  particulier  lorsqu'il  s'agit  d'un  couple  de  nationalité  mixte.  La  personne renvoyée dans un pays tiers doit en effet avoir la possibilité tant  matérielle  que  légale  de  s'y  rendre  et  doit  pouvoir  y  obtenir  le  droit  d'y  séjourner  de  manière  durable,  c'est­à­dire  au­delà  de  la  durée  ordinairement  fixée  aux  séjours  touristiques.  Il  incombe  en  outre  à  l'autorité  prononçant  l'exécution  du  renvoi  de  démontrer  que  les  conditions  liées  à  la  possibilité  de  l'exécution  de  cette  mesure  sont  réunies  (JICRA  2001  n°  4  consid.  5).  En  l'occurrence,  l'autorité  de  première  instance  se  devait  par  conséquent  de  procéder  à  un  examen 

D­3790/2008 Page 10 individualisé  sous  l'angle  de  la  possibilité  de  l'exécution  du  renvoi,  en  démontrant notamment qu'une autorisation d'entrée, puis une autorisation  de séjour, seraient accordées à A._______ et à ses deux enfants cadets,  lesquels ont  la nationalité serbe à  l'instar de  leur père, en cas de renvoi  en  Croatie.  Or,  l'ODM  n'a  pas  examiné  cette  question,  pourtant  essentielle. 4.4.2 S'agissant de l'examen de l'exigibilité de l'exécution du renvoi de la  famille A._______, cet office s'est limité à développer son argumentation  par rapport à A._______.  Il a ainsi  relevé qu'au vu du comportement de  ce dernier et de sa condamnation pénale, celui­ci ne pouvait se prévaloir  d'une  bonne  intégration  en Suisse.  Il  a  également  retenu  qu'on  pouvait  attendre  de  l'intéressé  qu'il  fournisse  les  efforts  nécessaires  pour  s'intégrer en Croatie et y trouver un emploi afin de subvenir aux besoins  de  sa  famille,  même  si  son  origine  serbe  était  susceptible  de  lui  valoir  certaines  discriminations.  L'office  fédéral  a  encore  noté  que  A._______  était  jeune,  en  bonne  santé  et  au  bénéfice  de  diverses  expériences  professionnelles,  et  avait  la possibilité  de  solliciter  l'octroi  d'une aide au  retour. Dans le cadre de cet examen, il n'a toutefois fourni aucun élément  concret  permettant  d'admettre  que  le  recourant  sera  effectivement  en  mesure de subvenir aux besoin de sa famille une fois renvoyé en Croatie.  En  l'espèce,  cette  carence  est  d'autant  plus  grave,  étant  donné  l'incapacité évidente tant pour l'épouse du recourant que pour ses enfants  de  subvenir  eux­même  à  leurs  besoins  vitaux  (cf.  considérants  ci­ dessous). Quant  à  l'exigibilité  de  l'exécution  du  renvoi  concernant  B._______,  l'ODM  s'est  limité  à  mentionner  le  fait  qu'elle  n'avait  pas  fait  valoir  l'absence d'un réseau familial en Croatie, son pays d'origine. Pour ce qui  a trait aux enfants du couple A._______, cet office a estimé qu'ils étaient  encore  jeunes  et  ne  devraient  pas  rencontrer  de  difficultés  insurmontables pour s'intégrer en Croatie. Cet  examen  s'avère  cependant  superficiel  et  incomplet  tant  pour  B._______ que pour  ses  trois  enfants. En effet,  si,  dans  le  cadre de  la  procédure  de  levée  de  l'admission  provisoire,  l'autorité  doit  examiner  chacun  des  trois  empêchements  liés  à  l'exécution  du  renvoi,  il  est  également  tenu de  le faire pour chacune des personnes concernées, ce  qui n'a toutefois pas été le cas en l'espèce. Si l'ODM a certes fait allusion,  sous l'angle de l'exigibilité de l'exécution du renvoi, à la problématique de  la mixité du couple s'agissant de A._______, il ne s'est en revanche pas  prononcé en ce qui concerne B._______. En effet,  l'ODM s'est contenté 

D­3790/2008 Page 11 de relever qu'elle n'avait pas invoqué l'absence d'un réseau familial dans  son pays d'origine, alors que, dans le cadre de sa prise de position du 3  septembre 2007, elle avait au contraire clairement allégué n'y avoir plus  de contact,  tant avec des amis qu'avec sa parenté. L'intéressée étant  la  seule à avoir vécu durablement en Croatie – si l'on excepte le fait que son  fils aîné C._______ y est né et que la famille A._______ y a résidé durant  un court laps de temps en 1995 avant le mariage du couple en Serbie en  mars 1995 – et ayant quitté cet Etat en 1995 déjà, soit  il y a maintenant  seize ans, pour aller vivre en Serbie auprès de son mari, l'ODM se devait  d'examiner plus à fond la situation personnelle de B._______. Cet office  aurait  en  particulier  dû  vérifier  l'existence  d'un  réseau  tant  familial  que  social susceptible de la soutenir ainsi que sa famille en cas de retour en  Croatie. Un tel examen était d'autant plus essentiel que la recourante, qui  a subi un viol perpétré par des militaires serbes, en a gardé de sérieux  séquelles  et  a  dû  être  soignée  en  Suisse.  Dans  ces  conditions  et  eu  égard à la formation très limitée dont a pu bénéficier la recourante, il est  douteux  qu'elle  puisse  trouver  en  Croatie  un  emploi  lui  permettant  de  subvenir  à  ses  besoins  et  à  ceux  de  sa  famille.  De  plus,  la  nationalité  serbe de son mari est de nature à réduire substantiellement ses chances  de trouver rapidement un emploi, raison pour laquelle d'autres sources de  revenus seront forcément nécessaires à cette famille. Il s'agit  là d'autant  de  facteurs  susceptibles  de  rendre  la  réinstallation  de  la  famille  A._______  dans  ce  pays  encore  plus  difficile.  Dans  ces  conditions,  l'existence  d'un  réseau  familial  et  social  en  Croatie  est,  de  manière  évidente,  un  facteur  susceptible  d'être  déterminant  pour  l'issue  de  la  cause. 4.4.3 Par ailleurs, l'autorité de première instance se devait également de  prêter une attention  toute particulière à  la situation des enfants mineurs  de  la  famille  A._______.  En  effet,  si  l'intérêt  supérieur  de  l'enfant,  découlant de l'art. 3 al. 1 de la la Convention relative aux droits de l'enfant  du 20 novembre 1989  (CDE, RS 0.107), ne  fonde pas en soi un droit à  une autorisation de séjour déductible en justice, il représente néanmoins  un  des  éléments  à  prendre  en  compte  dans  la  pesée  des  intérêts  à  effectuer.  En  particulier,  les  difficultés  de  réintégration  dans  le  pays  d'origine  peuvent  constituer  un  facteur  parmi  d'autres  à  prendre  en  considération dans  le cadre de  la balance des  intérêts  lors de  l'examen  de l'exigibilité de l'exécution du renvoi. En l'espèce, l'autorité de première  instance s'est certes prononcée sur ce point, mais de manière erronée et  en se limitant à des affirmations. Elle se devait au contraire d'indiquer de  manière claire et précise les raisons qui lui permettaient concrètement de  considérer  que  l'intérêt  supérieur  des  trois  enfants  C._______, 

D­3790/2008 Page 12 D._______  et  E._______  était  respecté,  et  ne  pouvait  se  contenter  de  simples  suppositions  ("quant  aux  enfants  […]  ils  ne  devraient  pas  rencontrer de difficultés  insurmontables pour s'intégrer en Croatie") pour  admettre  que  ceux­ci  étaient  à  même  de  retourner  en  Croatie.  Une  analyse sommaire de cette question est certes admissible  lorsqu'il s'agit  de jeunes enfants ou d'adolescents qui n'ont vécu que très peu de temps  en  Suisse.  Il  en  va  autrement  lorsque  le  séjour  de  mineurs  a  duré  plusieurs années et qu'il s'agit d'adolescents qui, comme en l'occurrence,  sont imprégnés de la culture de leur pays d'accueil.  En l'espèce, il s'agit de trois enfants âgés respectivement de (…), (…) et  (…) ans, l'aîné, à savoir C._______, étant arrivé en Suisse à l'âge de (…9  ans et les cadets étant nés en Suisse. Ces derniers n'ont jamais vécu en  Croatie, alors que  l'aîné y est né mais  l'a quitté peu de  temps après sa  naissance.  De  plus,  celui­ci  a  passé  douze  ans  en  Suisse,  soit  la  plus  grande partie de son existence. Par ailleurs,  tous  trois y sont scolarisés  depuis  plusieurs  années  déjà. Dans  ce  contexte,  le  fait  qu'ils  soient  ou  non capables de s'exprimer en serbo­croate – langue maternelle de leurs  deux  parents  –  est,  en  plus  des  autres  critères  à  prendre  en  considération,  un  élément  important  qu'il  convient  de  clarifier  avant  de  pouvoir se prononcer sur  la question de l'intérêt supérieur de l'enfant au  sens  de  l'art.  3  al.  1  CDE  et  partant  sur  l'exigibilité  de  l'exécution  du  renvoi en ce qui les concerne. 4.5 Cela étant,  il apparaît clairement qu'outre une analyse plus poussée  des conditions posées par l'art. 83 al. 2, 3 et 4 LEtr et ce pour chacun des  membres  de  la  famille  A._______,  des  investigations  complémentaires  auraient  dû  être  entreprises  pour  que  les  faits  essentiels  puissent  être  établis  à  satisfaction  de  droit.  Il  y  a  dès  lors  lieu  d'admettre  que  le  prononcé  rendu par  l'ODM est  irrégulier au motif  tant d'une violation de  l'obligation de motiver, d'une constatation incomplète et inexacte des faits  pertinents  que  d'une  violation  du  droit  fédéral  (art.  106  al.  1  let.  a  et  b  LAsi). 4.6 Au vu de ce qui précède, une guérison des carences constatées ci­ dessus n'est pas envisageable au stade du recours, d'autant moins qu'il  n'appartient  pas  au  Tribunal  de  compléter  l'instruction  qu'il  revient  à  l'ODM  d'entreprendre.  S'ajoute  à  cela  qu'en  statuant  en  première  et  dernière  instance,  le  Tribunal  priverait  également  la  partie  de  la  double  instance.

D­3790/2008 Page 13 5.  Il  s'ensuit  que  le  recours  est  admis,  la  décision  querellée  devant  être  annulée,  la  cause  renvoyée  à  l'ODM  pour  complément  d'instruction  et  nouvelle décision dans le sens des considérants. Cet  office  devra  en  particulier  instruire  la  question  du  caractère  exécutable  du  renvoi  vers  un  pays  tiers,  à  savoir  la  Croatie,  en  ce  qui  concerne  A._______  et  ses  deux  enfants  cadets  (cf.  consid.  4.4  ci­ dessus). Il devra également vérifier si la famille A._______, en particulier  B._______, dispose effectivement dans ce pays d'un réseau familial et/ou  social sur lequel elle pourra compter pour l'accueillir avec son mari et ses  trois enfants et  lui assurer son soutien,  tant psychologique que matériel,  dont elle a  impérativement besoin après un si  long séjour passé  loin de  son pays d'origine. Une attention particulière devra également être portée  à  la  mixité  du  couple.  Par  ailleurs,  cet  office  devra  également  entreprendre des mesures d'instruction afin de vérifier les connaissances  du serbo­croate des  trois enfants C._______, D._______ et E._______.  En se basant sur  le  résultat de ces  investigations,  l'autorité de première  instance  pourra  alors  se  prononcer  de  manière  circonstanciée  sur  la  réalisation  des  conditions  de  l'art.  3  al.  1  CDE  pour  ce  qui  a  trait  à  l'exigibilité de  l'exécution du renvoi. Puis, si  l'ODM devait, à  la suite des  mesures d'instruction précitées, envisager de lever l'admission provisoire  en se fondant exclusivement sur l'art. 84 al. 2 LEtr,  la famille A._______  devra auparavant avoir  eu  la possibilité de s'exprimer  sur  les nouveaux  éléments  recueillis  lors  des  compléments  d'instruction.  A  l'occasion  de  cette  nouvelle  décision,  il  lui  appartiendra  d'examiner  avec  soin  les  conditions relatives à l'exécution du renvoi pour chacun des membres de  la  famille  A._______,  en  tendant  compte  tant  de  la  situation  générale  régnant dans le pays vers lequel l'exécution du renvoi est envisagée que  du principe de la proportionnalité.  Enfin, s'agissant de A._______,  l'ODM devra également examiner si  les  conditions d'application de l'art. 83 al. 7 let. a ou b LEtr sont réalisées en  l'espèce eu égard à la condamnation dont a fait l'objet le recourant le 18  juillet 2006. Un tel examen suppose toutefois la prise en compte d'autres  éléments  que  ceux  examinés  dans  la  décision  attaquée.  De  plus,  l'application  de  cette  disposition  à  la  situation  de  ce  dernier  n'aura  d'incidence que sous  l'angle de  l'exigibilité de  l'exécution du renvoi mais  non sur  l'examen des conditions  inhérentes à  la  licéité et à  la possibilité  de  l'exécution  de  cette mesure.  Sur  ces  deux  derniers  points,  l'analyse  devra être  celle exposée conformément aux considérants  ci­dessus. En  outre, si l'office fédéral devait lui opposer le motif de levée de l'admission 

D­3790/2008 Page 14 provisoire tiré de l'art. 84 al. 3 LEtr, dit motif n'aura pas non plus d'impact  sur la situation de son épouse et de leurs trois enfants, lesquels n'ont pas  été condamnés. Ainsi, la levée de l'admission provisoire de B._______ et  de ses enfants ne peut, le cas échéant, intervenir qu'en vertu de l'art. 84  al. 2 LEtr et aux conditions exposées dans les considérants ci­dessus.  6.  6.1. Vu  l'issue de  la cause,  il  n'est pas perçu de  frais  (art.  63 al. 1 et 2  PA).  L'avance  de  frais  versée  le  24  juin  2008  sera  restituée  aux  recourants par le Service financier du Tribunal. 6.2.  Conformément  à  l'art.  7  al.  1  et  2  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2),  les  recourants,  qui  ont  eu  gain de cause et étaient représentés, ont droit à des dépens pour les frais  nécessaires causés par le litige. Compte tenu de toutes les circonstances  du  cas  d'espèce,  et  en  particulier  du  fait  que  la  première  mandataire, J._______,  a  agi  à  titre  gracieux,  et  que  le  second  mandataire,  Astyanax  Peca,  n'est  intervenu  qu'à  une  reprise  en  fin  de  procédure (cf. let. K ci­dessus), il se justifie, ex aequo et bono, d'octroyer  aux recourants un montant de Fr. 300.­, à titre de dépens, somme dont le  Tribunal  estime  qu'elle  correspond  au  travail  effectif  et  utile  du  second  mandataire commis par eux (art. 10 al. 1 et 2 FITAF). (dispositif page suivante)

D­3790/2008 Page 15 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est admis. 2.  La  décision  querellée  est  annulée  et  la  cause  renvoyée  à  l'ODM  pour  nouvelle décision dans le sens des considérants. 3.  Il n'est pas perçu de frais de procédure. L'avance de frais de 600.­ versée  en  date  du  24  juin  2008  par  les  recourants  leur  sera  restituée  par  le  Service financier du Tribunal. 4.  L'ODM leur versera un montant de Fr. 300.­ à titre de dépens. 5.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Claudia Cotting­Schalch Chantal Jaquet Cinquegrana Expédition :

D-3790/2008 — Bundesverwaltungsgericht 15.11.2011 D-3790/2008 — Swissrulings