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Bundesverwaltungsgericht 14.09.2011 C-6765/2010

14. September 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,982 Wörter·~10 min·1

Zusammenfassung

Révision de la rente | assurance-invalidité, décision du 3 septembre 2010,

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­6765/2010 Arrêt   d u   1 4   sept emb r e   2011 Composition Francesco Parrino, juge unique,  Pascal Montavon, greffier. Parties A._______,  recourante,  contre Office de l'assurance­invalidité pour les assurés  résidant à l'étranger (OAIE),  avenue Edmond­Vaucher 18, case postale 3100,  1211 Genève 2,    autorité inférieure.  Objet assurance­invalidité (décision du 3 septembre 2010)

C­6765/2010 Page 2 Faits : A.  La ressortissante espagnole A._______, née en 1957, ancienne aide de  cuisine  d'une  clinique médicale  à  Lausanne,  a  été  mise  au  bénéfice  à  compter du 1er juillet 1997 d'une rente entière d'invalidité par décision du  26 août 1999 de l'Office de l'assurance­invalidité du canton de Vaud (pce  51). L'expertise médicale du Centre de médecine des assurances du 29  avril  1999  avait  posé  le  diagnostic  d'épisode  dépressif  sévère,  sans  symptôme  psychotique,  associé  à  une  anxiété  généralisée  et  à  un  syndrome  douloureux  somatoforme  persistant,  affections  limitant  complètement  sa  capacité  de  travail  avec  faible  pronostic  d'une  reprise  du travail, une amélioration de l'état dépressif grave n'étant toutefois pas  exclue.  Le  rapport  releva  par  ailleurs  que  sur  le  plan  somatique  l'intéressée  ne  présentait  pas  d'affection  limitant  sa  capacité  de  travail,  qu'en particulier ses  troubles statiques mineurs de  la  région rachidienne  n'étaient  pas  invalidants  sous  réserve  de  pouvoir  se  reposer  en  s'asseyant 5 minutes chaque heure (pce 47).  B.  Retournée  en  Espagne  fin  1999,  le  service  de  la  rente  fut  repris  par  l'Office de  l'assurance­invalidité pour  les personnes  résidant à  l'étranger  (OAIE). Suite à une première révision du droit à la rente, l'OAIE maintint  par communication du 25 octobre 2001 le droit de  l'assurée à une rente  entière (pce 75), bien qu'un rapport E 213 daté du 28 juin 2001 ait relevé,  après confirmation des diagnostics essentiels précédents, une incapacité  de  travail  de  80%  dans  la  dernière  activité  exercée  mais  la  possibilité  pour  l'assurée  d'exercer  un  travail  adapté  n'exigeant  pas  de  grandes  responsabilités avec un taux d'invalidité de 20% (pce 73). Par  communication  du  7  mars  2006  la  rente  de  l'intéressée  fut  une  nouvelle fois confirmée (pce 88). Dans le cadre de la révision effectuée le  Dr B._______ de l'OAIE retint dans son rapport du 21 ou 27 février 2006  le  diagnostic  de  syndrome  anxiodépressif  chronicisé  avec  personnalité  hystérique, de syndrome somatoforme douloureux avec  lomboscialtalgie  chronique,  de  diabète  sucré  et  d'obésité.  Il  releva  que  selon  le  rapport  psychiatrique  au  dossier  il  n'existait  pas  de  pathologie  psychiatrique  nette,  que  l'intéressée  était  traitée  par  son  médecin  de  famille  et  ne  prenait  pas  de  traitement  antidépresseur mais  qu'elle  présentait  [sur  la  base du dossier] de nombreuses plaintes ostéo­articulaires.  Il  nota que,  malgré  l'absence  de  pathologie  psychiatrique  démontrable,  il  n'existait  pas d'amélioration objective (pce 87). Au dossier avait été joint un rapport 

C­6765/2010 Page 3 médical CH/E 20 de  la Sécurité sociale espagnole du 9 novembre 2005  ayant retenu une incapacité de travail de 60% dans l'ancienne activité et  une incapacité de travail de 30% dans une activité adaptée (pce 85). C.  En date du 7 janvier 2010 l'OAIE initia une nouvelle révision du droit à la  rente et porta notamment au dossier les documents ci­après: – le questionnaire pour  la  révision de  la rente daté du 20  janvier 2010  n'indiquant pas de reprise de travail (pce 92), – un  rapport  psychiatrique  du  18 mars  2010  du Dr C._______  notant  une  personne  sans  suivi  médical,  relevant  un  status  dans  la  normalité, bien orienté, sans trouble de mémoire ni de concentration,  sans trouble de compréhension ou de perception, ni dans le suivi et le  contenu  de  la  pensée,  au  bon  contact  affectif,  sans  altération  significative de l'humeur ni labilité affective, ni idéations suicidaires, le  langage et la psychomotricité étant sans altération, soit un status sans  incapacité de travail d'origine psychiatrique (pce 94), – un rapport E 213 du 13 avril 2010 notant l'historique des atteintes à la  santé, relevant les plaintes de polyarthralgie généralisée, cervicalgies  de  répétition,  coxalgie  droite  à  la  marche  prolongée,  relevant  une  colonne  vertébrale  sans  contracture  ni  radiculopathie,  une  mobilité  conservée,  une  marche  normale,  posant  le  diagnostic  de  diabète  sucré de type I, hypertension artérielle, lombalgie chronique, arthrose  de  la  colonne  vertébrale,  indiquant  comme  limitation  une  surcharge  continue du rachis lombaire, la possibilité de travaux légers sans port  et  soulèvement  fréquent  d'objets,  l'impossibilité  d'exercer  son  ancienne  activité  plus  de  2  heures  par  jour  mais  la  possibilité  d'exercer une activité adaptée à temps complet (pce 95).  D.  Invité  à  se  déterminer  sur  le  dossier,  le  Dr  D._______  de  l'OAIE  retint  dans son  rapport médical du 18 mai 2010 une amélioration de  l'état de  santé de l'assurée et une incapacité dans les activités de substitution de  60% dès  le 13 avril 2010.  Il  releva un status psychiatrique normal et un  status  orthopédique  sans  grave  pathologie.  Il  indiqua  que  le  diabète  n'avait pas d'incidence additionnelle sur la capacité de travail du fait qu'il  n'y  avait  pas  de  lésion  organique.  Il  estima  une  capacité  de  travail  présumable de 40% dans des activités de substitution telles surveillant de 

C­6765/2010 Page 4 parking  /  musée,  vente  par  correspondance,  vendeur  de  billets,  standardiste / téléphoniste, saisie de données / scannage (pce 98). Sur cette base, l'OAIE effectua une évaluation de l'invalidité économique  de  l'assurée  en  date  du  23  juin  2010  qui  détermina  une  invalidité  de  66.25% (pce 99). E.  Par projet de décision du 25 juin 2010 l'OAIE informa l'assurée que sur la  base  de  la  documentation  médicale  nouvellement  produite  il  avait  été  constaté que l'exercice d'une activité lucrative plus légère, mieux adaptée  à l'état de santé [telles celles précédemment indiquées] serait exigible et  permettrait de réaliser plus de 30% du gain qui pourrait être obtenu sans  invalidité,  qu'en  l'occurrence  le  status  psychologique  était  normal  et  la  consultation orthopédique ne donnait pas de constat pathologique grave  de même que  le diabète n'induisait  pas de  restriction de  la  capacité de  travail de sorte que la rente versée jusqu'alors devrait être remplacée par  trois quarts de rente (pce 100). L'intéressée n'ayant pas réagi à ce projet,  l'OAIE rendit  la décision en question en date du 3 septembre 2010 avec  effet au 1er novembre 2010 (pce 103). F.  Contre cette décision, l'intéressée interjeta recours auprès du Tribunal de  céans en date du 16 septembre 2010. Elle se référa au contenu de deux  certificats joints des 21 et 23 juillet 2010 du Dr E._______, spécialiste en  traumatologie et orthopédie, dont une reprise d'un rapport de résonnance  magnétique  de  la  colonne  lombaire  établi  par  le  Dr  F._______  du  19  juillet 2010. Elle conclut implicitement à l'octroi d'une rente entière. Le Dr  E._______  fit état d'un status s'aggravant depuis 4­5 ans ne permettant  plus l'exercice en horaire normal de quelque activité requérant des efforts  continus ou modérés comme  le nettoyage,  le  repassage,  rester debout,  porter  de  petites  charges,  faire  les  lits,  etc.  Il  retint,  outre  un  syndrome  anxio­dépressif  chronique,  le  diagnostic  de  sévère  dégénéropathie  des  espaces discaux L3­S1, d'arthrose sévère et sténose du canal médulaire,  affections causant des douleurs  lombaires chroniques permanentes à  la  marche, à la station orthostatique et aux flexions (pce TAF 1). G.  Par décision incidente du 23 septembre 2010 le Tribunal de céans requit  de  l'intéressée  une  avance  sur  les  frais  de  procédure  de  Fr.  400.­,  montant dont elle s'acquitta dans  le délai  imparti par un virement de Fr.  530.­ (pces 2­4).

C­6765/2010 Page 5 H.  Invité à se déterminer sur  le  recours,  l'OAIE sollicita  la prise de position  du Dr G._______. Dans son rapport du 20 janvier 2011 ce médecin nota  que  le  rapport  de  résonnance magnétique du 19  juillet  2010 ne  relevait  aucun signe de compression de  la structure neurologique, qu'il n'y avait  pas  de  pathologie  psychiatrique,  que  les  indications  du  Dr  E._______  étaient  exagérées  et  que  pour  le  reste  son  rapport  n'apportait  rien  de  nouveau. Il confirma une amélioration de l'état de santé de l'intéressée et  indiqua que ses atteintes à  la santé au rachis et sa fibromyalgie avaient  été largement prises en compte (pce 108). Par réponse au recours du 9  février  2011  l'OAIE  conclut  en  conséquence  à  son  rejet  et  à  la  confirmation de la décision attaquée (pce 8). Invitée à répliquer par ordonnance du 17 février 2011 notifiée le 21 février  suivant (pces TAF 9 s.), l'intéressée n'y donna pas suite. Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à  l'art. 32  de  la  loi  du  17 juin 2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32), entrée en vigueur  le 1er  janvier 2007,  le Tribunal de  céans, en vertu de  l'art. 31 LTAF en relation avec  l'art. 33  let. d LTAF et  l'art.  69  al. 1  let. b  de  la  loi  fédérale  du  19  juin  1959  sur  l'assurance­ invalidité  (LAI,  RS  831.20),  connaît  des  recours  interjetés  par  les  personnes résidant à l'étranger contre les décisions concernant l'octroi de  rente d'invalidité prises par l'OAIE. 1.2. Selon  l'art.  37  LTAF  la  procédure  devant  le  Tribunal  de  céans  est  régie  par  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, RS  172.021)  pour  autant  que  la  LTAF  n'en  dispose  pas  autrement.  En  vertu  de  l'art. 3  let. dbis  PA,  la  procédure  en matière  d'assurances sociales n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi  fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances  sociales  (LPGA,  RS  830.1)  est  applicable.  Selon  l'art. 2  LPGA,  les  dispositions de ladite loi sont applicables aux assurances sociales régies  par  la  législation  fédérale si et dans  la mesure où  les  lois spéciales sur  les assurances sociales  le prévoient. En application de  l'art. 1 al. 1 LAI,  les dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance­invalidité (art. 1a à  26bis et 28 à 70), à moins que la LAI ne déroge à la LPGA.

C­6765/2010 Page 6 1.3.  Selon  l'art. 59  LPGA,  quiconque  est  touché  par  la  décision  ou  la  décision  sur  opposition  et  a  un  intérêt  digne  d'être  protégé  à  ce  qu'elle  soit  annulée  ou  modifiée  a  qualité  pour  recourir.  Ces  conditions  sont  remplies en l'espèce. 1.4. Déposé en temps utile et dans les formes requises par la loi (art. 60  LPGA et 52 PA), le recours est recevable. 2.  2.1. L'accord entre la Suisse et la Communauté européenne et ses Etats  membres sur  la  libre  circulation des personnes du 21  juin 1999  (ALCP,  RS 0.142.112.681) est entré en vigueur le 1er juin 2002. A cette date sont  également entrés en vigueur son annexe II qui règle  la coordination des  systèmes de sécurité sociale,  le règlement (CEE) n° 1408/71 du Conseil  du 14 juin 1971 relatif à l'application des régimes de sécurité sociale aux  travailleurs salariés, aux travailleurs non salariés et aux membres de leur  famille  qui  se  déplacent  à  l'intérieur  de  la Communauté  (RS 0.831.109.  268.1), s'appliquant à  toutes  les rentes dont  le droit prend naissance au  1er  juin  2002  et  ultérieurement  et  se  substituant  à  toute  convention  de  sécurité  sociale  liant  deux  ou  plusieurs  Etats  (art. 6  du  règlement),  et  enfin le règlement (CEE) n° 574/72 du Conseil du 21 mars 1972 relatif à  l'application  du  règlement  (CEE)  n° 1408/71  (RS  0.831.109.268.11).  Selon l'art. 3 du règlement (CEE) n° 1408/71 les ressortissants des Etats  membres  de  la  Communauté  européenne  et  les  ressortissants  suisses  bénéficient  de  l'égalité  de  traitement.  Selon  l'art. 20  ALCP,  sauf  disposition  contraire  découlant  de  l'annexe  II,  les  accords  de  sécurité  sociale  bilatéraux  entre  la  Suisse  et  les  Etats  membres  de  la  Communauté  européenne  sont  suspendus  dès  l'entrée  en  vigueur  du  présent  accord,  dans  la  mesure  où  la  même  matière  est  régie  par  le  présent accord. Dans la mesure où l'accord, en particulier son annexe II  qui  régit  la  coordination  des  systèmes  d'assurances  sociales  (art. 8  ALCP)  ne  prévoit  pas  de  disposition  contraire,  l'organisation  de  la  procédure  de même  que  l'examen  des  conditions  à  l'octroi  d'une  rente  d'invalidité suisse ressortissent au droit interne suisse. 2.2.  L'art. 80a  LAI  rend  expressément  applicables  dans  la  présente  cause, s'agissant d'un ressortissant de l'Union européenne, l'ALCP et les  règlements (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 et (CEE) n° 574  /72 du Conseil du 21 mars 1972 relativement à l'application du règlement  (CEE) n° 1408/71.

C­6765/2010 Page 7 2.3. De jurisprudence constante  l'octroi d'une rente étrangère d'invalidité  ne  préjuge  pas  l'appréciation  de  l'invalidité  selon  la  loi  suisse  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  I 435/02 du 4  février 2003 consid. 2; Revue à  l'intention  des caisses de compensation  [RCC] 1989 p. 330). Même après  l'entrée  en  vigueur  de  l'ALCP,  le  degré  d'invalidité  d'un  assuré  qui  prétend  une  rente  de  l'assurance­invalidité  suisse  est  déterminé  exclusivement  d'après le droit suisse (ATF 130 V 253 consid. 2.4). 3.  3.1. L'invalidité au sens de la LPGA et de  la LAI est  l'incapacité de gain  totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée, qui  peut  résulter d'une  infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident  (art. 8 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l'art. 7 LPGA, est réputée incapacité de  gain  toute  diminution  de  l'ensemble  ou  d'une  partie  des  possibilités  de  gain  de  l'assuré  sur  un  marché  du  travail  équilibré  dans  son  domaine  d'activité  si  cette  diminution  résulte  d'une  atteinte  à  sa  santé  physique,  mentale  ou  psychique  et  qu'elle  persiste  après  les  traitements  et  les  mesures  de  réadaptation  exigibles.  En  cas  d'incapacité  de  travail  de  longue durée, l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une  autre profession ou d'un autre domaine d'activité (art. 6 LPGA). 3.2. Aux termes de l'art. 28 al. 2 LAI,  l'assuré a droit à un quart de rente  s'il est invalide à 40% au moins, à une demi­rente s'il est invalide à 50%  au moins, à trois quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins et à une  rente  entière  s'il  est  invalide  à  70%  au  moins.  Toutefois,  les  rentes  correspondant  à  un  degré  d'invalidité  inférieur  à  50%  ne  sont  versées  qu'aux  assurés  qui  ont  leur  domicile  et  leur  résidence  habituelle  en  Suisse  (art. 29 al. 4 LAI). Depuis  l’entrée en vigueur des Accords sur  la  libre  circulation  des  personnes,  les  ressortissants  suisses  et  de  l’Union  européenne  qui  présentent  un  degré  d'invalidité  de  40%  au moins,  ont  droit à un quart de rente en application de l’art. 28 al. 2 LAI à partir du 1er  juin 2002 s’ils ont  leur domicile et  leur résidence habituelle dans un Etat  membre de l’UE (ATF 130 V 253 consid. 2.3). 4.  4.1. Selon l'art. 17 LPGA si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente  subit  une  modification  notable,  la  rente  est,  d'office  ou  sur  demande,  révisée pour l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou  encore  supprimée.  Le  deuxième  alinéa  de  la  même  règle  prévoit  que  toute prestation durable accordée en vertu d'une décision entrée en force 

C­6765/2010 Page 8 est, d'office ou sur demande, augmentée ou réduite en conséquence, ou  encore  supprimée  si  les  circonstances  dont  dépendait  son  octroi  changent notablement. 4.2.  La  révision  a  lieu  d'office  lorsqu'en  prévision  d'une  modification  importante  possible  du  taux  d'invalidité,  du  degré  d'impotence  ou  du  besoin de soins découlant de l'invalidité, un terme a été fixé au moment  de  l'octroi  de  la  rente  ou  de  l'allocation  pour  impotent,  ou  lorsque  des  organes  de  l'assurance  ont  connaissance  de  faits  ou  ordonnent  des  mesures  qui  peuvent  entraîner  une  modification  importante  du  taux  d'invalidité,  du  degré  d'impotence  ou  du  besoin  de  soins  découlant  de  l'invalidité (art. 87 al. 2 du règlement du 17 janvier 1961 sur  l’assurance­ invalidité [RAI, RS 831.201]). 4.3.  L'art. 88a  al. 1  RAI  prévoit  que,  si  la  capacité  de  gain  de  l'assuré  s'améliore ou que son impotence s'atténue,  il y a  lieu de considérer que  ce changement supprime, le cas échéant, tout ou partie de son droit aux  prestations dès que l'on peut s'attendre à ce que l'amélioration constatée  se  maintienne  durant  une  assez  longue  période.  Il  en  va  de  même  lorsqu'un  tel  changement  déterminant  a  duré  trois  mois  déjà,  sans  interruption notable et sans qu'une complication prochaine soit à craindre.  Quant  à  l'art. 88bis  al. 2  let. a  RAI,  il  dispose  que  la  diminution  ou  la  suppression de  la  rente ou de  l'allocation  pour  impotent  prend effet,  au  plus  tôt,  le  premier  jour  du  deuxième mois  qui  suit  la  notification  de  la  décision. 4.4. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la rente peut être révisée  non seulement en  cas de modification  sensible de  l'état  de  santé, mais  aussi lorsque celui­ci est resté le même, mais que ses conséquences sur  la  capacité  de gain  ont  subi  un  changement  important  (ATF 130 V 343  consid. 3.5). Une simple appréciation différente d'un état de fait qui, pour  l'essentiel,  est  demeuré  inchangé,  n'appelle  en  revanche  pas  à  une  révision au sens de  l'art. 17 LPGA (arrêt du Tribunal  fédéral  I 532/05 du  13 juillet 2006 consid. 3; I 561/05 du 31 mars 2006 consid. 3.3; ATF 112  V 371 consid. 2b). 4.5.  Le  Tribunal  fédéral  a  par  ailleurs  précisé  que  la  dernière  décision  entrée en force, examinant matériellement  le droit à  la rente,  fondée sur  une  instruction  des  faits,  une  appréciation  des  preuves  et  une  comparaison des revenus conforme au droit constitue  le point de départ  pour  examiner  si  le  degré  de  l'invalidité  s'est  modifié  de  manière  à 

C­6765/2010 Page 9 influencer le droit aux prestations (ATF 133 V 108 consid. 5.4; ATF 125 V  369 consid. 2 et ATF 112 V 372 consid. 2). 4.6. En l'espèce, l'octroi de la rente entière par décision du 26 août 1999  de  l'Office  AI  du  canton  de  Vaud  est  la  base  de  comparaison  avec  la  décision  de  réduction  à  trois  quarts  de  rente  du  3  septembre  2010  de  l'OAIE. En effet, lors des deux révisions d'offices de 2001 et 2006 l'OAIE  n'a  pas procédé à un examen matériel  complet  ni  clos  la  procédure de  révision par une décision formelle. 5.  5.1. La notion d'invalidité, dont  il est question à  l'art. 8 LPGA et à  l'art. 4  LAI  est  de  nature  économique/juridique,  établissant  une  incapacité  de  gain  permanente  ou  probablement  de  longue  durée,  et  non  médicale  (ATF 127 V 294 consid. 4b/bb). En d'autres termes, l'assurance­invalidité  suisse couvre seulement les pertes économiques liées à une atteinte à la  santé  physique  ou  psychique,  qui  peut  résulter  d'une  infirmité  congénitale,  d'une maladie  ou  d'un  accident,  et  non  la maladie  en  tant  que telle. Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu  obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir  en  exerçant  l'activité  qui  peut  raisonnablement  être  exigée  de  lui  après  les  traitements et  les mesures de  réadaptation sur un marché du  travail  équilibré (art. 16 LPGA). La notion du marché équilibré du travail est une  notion  théorique  et  abstraite,  qui  sert  de  critère  de  distinction  entre  les  cas  tombant  sous  le  coup de  l'assurance­chômage et  ceux qui  relèvent  de  l'assurance­invalidité.  Elle  implique,  d'une  part,  un  certain  équilibre  entre l'offre et la demande de main d'œuvre et, d'autre part, un marché du  travail structuré de telle sorte qu'il offre un éventail d'emplois diversifiés. 5.2.  Bien  que  l'invalidité  soit  une  notion  juridique  et  économique,  les  données  fournies  par  les  médecins  constituent  néanmoins  un  élément  utile  pour  apprécier  les  conséquences  de  l'atteinte  à  la  santé  et  pour  déterminer  quels  travaux  on  peut  encore  raisonnablement  exiger  de  l'assuré  (ATF  125  V  256  consid.  4;  115  V  133  consid.  2,  114  V  310  consid. 3c; arrêt du Tribunal fédéral I 599/2004 du 28 juillet 2005 consid.  1.2). 6.  6.1. L'art. 69 RAI  prescrit  que  l'office  de  l'assurance­invalidité  réunit  les  pièces  nécessaires,  en  particulier  sur  l'état  de  santé  du  requérant,  son 

C­6765/2010 Page 10 activité, sa capacité de  travail et son aptitude à être réadapté, ainsi que  sur  l'indication  de  mesures  déterminées  de  réadaptation;  à  cet  effet  peuvent  être  exigés  ou  effectués  des  rapports  ou  des  renseignements,  des  expertises  ou  des  enquêtes  sur  place,  il  peut  être  fait  appel  aux  spécialistes de l'aide publique ou privée aux invalides. 6.2. Le tribunal des assurances doit examiner de manière objective tous  les moyens de preuve,  quelle  que  soit  leur  provenance,  puis  décider  si  les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur  le  droit  litigieux.  Avant  de  conférer  pleine  valeur  probante  à  un  rapport  médical,  il  s'assurera  que  les  points  litigieux  ont  fait  l'objet  d'une  étude  circonstanciée, que  le rapport se  fonde sur des examens complets, qu'il  prend également en considération les plaintes exprimées par la personne  examinée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la  description du contexte médical et  l'appréciation de la situation médicale  sont claires et enfin que les conclusions de l'expert sont dûment motivées  (ATF 125 V 352 consid. 3a et réf. cit.). Il est à relever dans ce cadre, en  ce qui concerne la valeur probante des rapports établis par les médecins  traitants,  que  le  juge  peut  et  doit  tenir  compte  du  fait  que,  selon  l'expérience,  le médecin  traitant  est  enclin,  en  cas  de  doute,  à  prendre  parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce  dernier (ATF 125 V consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et  les références).  Cette  réserve  s'applique  également  aux  rapports  médicaux  que  l'intéressé  sollicite  de  médecins  non  traitants  spécialement  mandatés  pour  étayer  un  dossier  médical  (cf.  dans  ce  sens  relativement  aux  expertises de parties: arrêt du Tribunal fédéral 8C_558/2008 du 17 mars  2009  consid.  2.4.2).  Toutefois  le  simple  fait  qu'un  certificat médical  est  établi à  la demande d'une partie et est produit pendant  la procédure ne  justifie pas en soi des doutes quant à sa valeur probante (ATF 125 V 353  consid. 3b/dd et les références citées). 7.  7.1.  En  l'espèce,  l'intéressée  a  été  mise  au  bénéfice  d'une  rente  d'invalidité  entière  par  décision  de  l'OAI­VD  du  26  août  1999  essentiellement en raison d'un épisode dépressif sévère, sans symptôme  psychotique,  associé  à  une  anxiété  généralisée  et  à  un  syndrome  douloureux  somatoforme  persistant  ayant  limité  complètement  sa  capacité de  travail. A ce moment  il  fut  relevé que sur  le plan somatique  l'intéressée  ne  présentait  pas  d'atteinte  limitant  sa  capacité  de  travail,  qu'en  particulier  ses  troubles  statiques  de  la  région  rachidienne  étaient  mineurs et non invalidants. Ces diagnostics ont été reconduits en octobre 

C­6765/2010 Page 11 2001. Par communication du 7 mars 2006 la rente entière de l'intéressée  fut à nouveau reconduite au motif selon le Dr B._______ de l'OAIE dans  son  rapport  de  février  2006  notamment  d'un  syndrome  anxiodépressif  chronicisé  avec  personnalité  hystérique,  d'un  syndrome  somatoforme  douloureux avec lomboscialtalgie chronique. Ce médecin releva toutefois  qu'il  n'existait  plus de pathologie psychiatrique nette et que  l'intéressée,  suivie  par  son médecin  traitant,  ne  prenait  pas  de médication  pour  des  troubles  psychiatriques.  Il  sied  de  relever  par  ailleurs  qu'un  rapport  médical CH/E 20 de  la Sécurité  sociale espagnole daté du 9 novembre  2005 avait indiqué une capacité de travail dans l'ancienne activité de 60%  et une incapacité de travail de 30% dans une activité adaptée. 7.2. Par  comparaison  de  ce  qui  précède,  force  est  de  constater  qu'en  mars  2010  le  rapport  psychiatrique  du  Dr  C._______  énonce  sans  aucune  réserve  un  status  psychologique  dans  la  normalité  et  que  l'épisode  dépressif  sévère  retenu  lors  de  l'octroi  de  la  rente  n'est  plus  présent. Ce status dans la normalité est de plus relaté dans le rapport E  213 du 13 avril  2010. Le  rapport médical du Dr E._______ du 21  juillet  2010, qui n'est pas psychiatre, ne saurait remettre en question le rapport  du Dr C._______. Sur le plan somatique le rapport E 213 fait certes état  des  plaintes  de  polyarthralgie  de  l'intéressée  et  pose  le  diagnostic  notamment de  lombalgie chronique et arthrose de  la colonne vertébrale  indiquant  comme  limitation  une  surcharge  continue  du  rachis  lombaire,  mais  le  rapport  énonce  la  possibilité  de  travaux  légers  sans  port  et  soulèvements fréquent d'objets, plus généralement la possibilité d'exercer  une activité adaptée à temps complet. Cette appréciation a été confirmée  par  le  Dr  D._______  de  l'OAIE  dans  son  rapport  du  18  mai  2010  précisant  que  les  autres  atteintes  à  la  santé,  notamment  le  diabète,  n'étaient pas invalidantes. Enfin, avec son recours,  l'intéressée a produit  un rapport de résonnance magnétique du Dr F._______ daté du 19 juillet  2010 qui n'a pas fait état de graves atteintes au rachis, de sorte que de  l'avis  du  20  janvier  2011  du  Dr  G._______  de  l'OAIE  l'appréciation  médicale du Dr E._______ ne saurait être retenue. Il  s'ensuit  de  ce  qui  précède  qu'il  peut  être  retenu  une  amélioration  de  santé  sensible  de  l'intéressée  au  sens  de  l'art.  17  LPGA  et  que  l'intéressée  peut  en  tout  cas  exercer  au  moins  à  40%  ­  si  non  sensiblement plus au vu des éléments du dossier ­ une activité  lucrative  légère sans port  et  soulèvement de charges ne mettant pas  le  rachis à  contribution. Or de telles activités sont nombreuses. 8. 

C­6765/2010 Page 12 8.1. Selon l'art. 16 LPGA, pour évaluer le taux d'invalidité,  le revenu que  l'assuré aurait  pu obtenir  s'il  n'était  pas  invalide est  comparé avec celui  qu'il  pourrait  obtenir en exerçant  l'activité qui peut  raisonnablement être  exigée de  lui, après  les  traitements et  les mesures de  réadaptation,  sur  un marché du travail équilibré. 8.2. Le gain d'invalide est une donnée théorique, même s'il est évalué sur  la base de statistiques. Ces données servent à  fixer  le montant du gain  que  l'assuré  pourrait  obtenir,  sur  un  marché  équilibré  du  travail,  en  mettant  pleinement  à  profit  sa  capacité  résiduelle  de  travail  dans  un  emploi adapté à son handicap (arrêt du Tribunal fédéral I 85/05 du 5 juin  2005 consid. 6 et arrêt du Tribunal  fédéral  I 222/05 du 13 octobre 2005  consid.  6).  L'administration  doit  de  plus  tenir  compte  pour  le  salaire  d'invalide  de  référence  d'une  diminution  de  celui­ci,  cas  échéant,  pour  raison  d'âge,  de  limitations  dans  les  travaux  dits  légers  ou  de  circonstances  particulières.  La  jurisprudence  n'admet  à  ce  titre  pas  de  déduction globale supérieure à 25% (ATF 126 V 75 consid. 5). 8.3. Ce gain doit être comparé au moment déterminant avec celui que la  personne  valide  aurait  effectivement  pu  réaliser  au  degré  de  la  vrai­ semblance  prépondérante  si  elle  était  en  bonne  santé  (ATF  129 V  222  consid.  4.3.1).  Le  gain  de  personne  valide  doit  être  évalué  de manière  aussi concrète que possible si bien qu'il convient, en  règle générale, de  se  référer  au  dernier  salaire  que  l'assuré  a  obtenu  avant  l'atteinte  à  la  santé,  ou,  à  défaut  de  salaire  de  référence,  au  salaire  théorique  qu'il  aurait pu obtenir selon les salaires théoriques statistiques disponibles. 8.4.  En  l'espèce  l'OAIE  a  déterminé  sur  la  base  d'une  activité  de  substitution exercée à 40% un  taux d'invalidité de 66.25% par  rapport à  son  revenu  antérieur.  Une  copie  de  la  comparaison  des  revenus  a  été  transmise  à  la  recourante  avec  l'ordonnance  du  17  février  2011.  Les  bases de  calcul  n'ayant  pas été  contestées mais  seule  la  possibilité  de  l'exercice  d'une  activité  lucrative  légère  adaptée,  le  taux  retenu  de  66.25% ouvrant le droit à trois quarts de rente peut être confirmé. Il est du  reste manifeste qu'au vu du dossier  l'intéressée pourrait exercer au plus  tard depuis le rapport E 213 du 13 avril 2010 une activité légère adaptée  au taux de 40% au moins. 9.  Dans le cadre de cette révision de rente, il est utile de rappeler que, selon  un principe général valable en assurances sociales, l'assuré a l'obligation  de diminuer le dommage et doit entreprendre de son propre chef tout ce 

C­6765/2010 Page 13 qu'on  peut  raisonnablement  attendre  de  lui  afin  d'atténuer  autant  que  possible les conséquences de son invalidité (ATF 130 V 97 consid. 3.2 et  les  références  citées;  ATF  123 V  233  consid.  3c).  Dans  ce  contexte,  il  convient de souligner que ni l'âge, ni la situation familiale ou économique,  un arrêt prolongé de l'activité professionnelle ou même le refus d'exercer  une activité médicalement exigible ne constituent un critère relevant pour  l'octroi  d'une  rente  d'invalidité  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  I  175/04  du  28  janvier 2005 consid. 3). 10.  10.1.  Le  recours  étant  manifestement  infondé,  il  est  rejeté  dans  une  procédure  à  juge  unique  en  application  de  l'art.  85bis  al.  3  de  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1946  sur  l'assurance­vieillesse  et  survivants  (LAVS, RS 831.10) auquel renvoie l'art. 69 al. 2 LAI en relation avec l'art.  23 al. 2 LTAF. 10.2. Les frais de procédure, fixés à CHF 400.­, sont mis à la charge de  la  recourante  (art. 63  al. 1  PA,  applicable  par  le  truchement  de  l'art. 37 LTAF). Ils sont compensés par l'avance de frais de Fr. 530.­ dont  elle s'est acquittée au cours de l'instruction. Le solde de Fr. 130.­  lui est  remboursé. 10.3. Vu l'issue du litige, il n'est pas alloué d'indemnité de dépens (art. 7  al. 3  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [RS 173.320.2]).

C­6765/2010 Page 14 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté.  2.  Les frais de procédure d'un montant de Fr. 400.­ sont mis à la charge de  la  recourante.  Ils  sont  compensés  avec  l'avance  de  frais  fournie  de  Fr.  530.­. Le solde de Fr. 130.­ est remboursé à la recourante. 3.  Il n'est pas alloué de dépens.  4.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé avec avis de réception) – à l'autorité inférieure (n° de réf. _, Recommandé) – à l'Office fédéral des assurances sociales à Berne (Recommandé) Le juge unique : Le greffier : Francesco Parrino Pascal Montavon Indication des voies de droit : La  présente  décision  peut  être  attaquée  devant  le  Tribunal  fédéral,  Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière de  droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90  ss et 100 de  la  loi  fédérale du 17 juin 2005 sur  le Tribunal  fédéral  [LTF,  RS 173.110]). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les  moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de  preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains  du recourant (art. 42 LTF). Expédition :

C-6765/2010 — Bundesverwaltungsgericht 14.09.2011 C-6765/2010 — Swissrulings