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Bundesverwaltungsgericht 08.12.2011 C-6043/2009

8. Dezember 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,713 Wörter·~19 min·1

Zusammenfassung

suite à la dissolution de la famille | refus d'approbation à la prolongation de l'autorisation de séjour et renvoi de Suisse

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­6043/2009 Arrêt   d u   8   d é c emb r e   2011 Composition Blaise Vuille (président du collège),  Marianne Teuscher, Andreas Trommer, juges, Alain Renz, greffier. Parties X._______, recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet refus d'approbation à la prolongation de l'autorisation de  séjour et renvoi de Suisse.

C­6043/2009 Page 2 Faits : A.  A.a Le 24  janvier 2000, X._______,  ressortissant kosovar né  le 16 avril  1979, est entré illégalement en Suisse pour y déposer le même jour une  demande d'asile. Par décision du 4 décembre 2001,  l'Office  fédéral des  réfugiés  (ODR;  actuellement  ODM)  a  rejeté  la  demande  d'asile  de  l'intéressé et prononcé  le  renvoi de Suisse de ce dernier;  toutefois,  ledit  office a considéré que  l'exécution du  renvoi n'était pas  raisonnablement  exigible  et  a  mis  X._______  au  bénéfice  d'une  admission  provisoire.  Cette décision, faute de recours, est entrée en force le 11 janvier 2002. A.b Le 3 octobre 2002,  le Tribunal  de police du district  de Neuchâtel  a  condamné X._______ pour infraction [conduite sans permis de conduire]  à la loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la circulation routière (LCR, RS  741.01) à dix jours d'arrêts fermes et à une amende de 250 francs. A.c  Le  19  décembre  2003,  l'intéressé  a  contracté  mariage  auprès  de  l'état civil du Locle avec une compatriote, Y._______, au bénéfice d'une  autorisation de séjour dans le canton de Neuchâtel. Le 26 mai 2004, les  autorités  neuchâteloises  compétentes  ont  mis  X._______  au  bénéfice  d'une autorisation de séjour, valable jusqu'au 19 décembre 2004, au titre  du regroupement familial. A.d  Le  19  janvier  2004,  l'intéressé  a  été  condamné  par  le  Service  régional  de  juges  d'instruction  I  du  Jura  bernois­Seeland  à  une  peine  privative  de  liberté  de  20  jours  d'emprisonnement  et  à  une  amende  de  400  francs  pour  conduite  d'un  véhicule  avec  un  permis  de  conduire  étranger non valable (falsifié) et pour faux dans les certificats. Le 1er mars 2004, X._______ a été condamné par le Ministère public du  Tessin à  la peine de 20  jours d'emprisonnement avec sursis durant une  année, peine complémentaire à celle prononcée le 19 janvier 2004, pour  conduite d'un véhicule sans permis de conduire. A.e Par avis du 29 octobre 2004 établi par  le Contrôle des habitants du  Locle, il a été constaté que l'intéressé vivait séparé de son épouse depuis  le 7 septembre 2004. X._______ a  été  entendu par  la  police  cantonale  le  10 décembre 2004  sur  sa  situation  matrimoniale.  Lors  de  son  audition,  il  a  notamment  indiqué  qu'il  s'était  séparé  de  son  épouse  depuis  trois  à  quatre mois  à 

C­6043/2009 Page 3 cause  de  la  maladie  de  cette  dernière  et  qu'il  pensait  toutefois  revivre  avec  elle  dès  qu'elle  aurait  recouvré  la  santé.  Il  a  encore  précisé  qu'il  n'avait  pas  envisagé  de  procédure  de  divorce.  Entendue  à  son  tour  le  même  jour, Y._______ a déclaré qu'elle  s'était  séparée de son mari  au  mois  de  septembre  2004  pour  des  raisons  de  santé,  car  elle  faisait  régulièrement des crises d'épilepsie et  subissait  une grossesse pénible.  Elle a encore indiqué qu'elle pensait reprendre la vie commune avec son  époux après la fin de sa grossesse. Par  courrier  du 20  janvier  2005,  le Service des étrangers du canton de  Neuchâtel  (ci­après  SE­NE)  a  informé  l'intéressé  qu'au  vu  de  sa  séparation  d'avec  son  épouse  et  de  sa  situation  financière  précaire,  il  envisageait de ne pas  renouveler  l'autorisation de séjour, mais qu'avant  de  rendre  une  décision,  il  lui  offrait  la  possibilité  de  faire  parvenir  ses  observations. Par lettre du 17 février 2005, X._______ a allégué que son  couple n'avait pas traversé une crise conjugale, qu'il avait convenu avec  son épouse de ne plus vivre momentanément sous  le même toit et qu'il  poursuivait  ses  démarches en  vue de  retrouver  rapidement  une activité  professionnelle. A.f  Le  24  janvier  2005,  Y._______  a  donné  naissance  à  son  enfant  prénommé Z._______. A.g  Par  lettre  du  14  février  2005  adressée  au  SE­NE,  Y._______  a  indiqué que son époux  l'avait délaissée bien avant  la naissance de  leur  enfant,  qu'il  ne  s'intéressait  plus  à  eux,  qu'il  n'avait  voulu  une  descendance que dans le but de pouvoir continuer à séjourner en Suisse,  de  sorte  qu'elle  envisageait  de  divorcer.  Invité  par  le  SE­NE  à  se  déterminer  notamment  sur  cette  lettre,  X._______,  par  courrier  du  17  mars  2005,  a  contesté  les  faits  énoncés  dans  la  lettre  précitée  et  a  précisé  que  son  épouse,  suivie  depuis  plusieurs  années  par  un  psychiatre  et  ayant  dû  arrêter  durant  la  grossesse  la  prise  de  médicaments  "modérateurs  de  l'humeur",  avait  recouvré  sa  sérénité  et  envisageait  la reprise de la vie commune. Le 29 avril 2005, les autorités  neuchâteloises  compétentes  ont  prolongé  l'autorisation  de  séjour  de  l'intéressé jusqu'au 19 décembre 2005. A.h Le 18 janvier 2006, le Service des migrations du canton de Neuchâtel  (ci­après le SM­NE) a informé X._______ qu'au vu de la séparation et de  l'absence de volonté de reprendre la vie commune, son mariage n'existait  plus  que  formellement,  de  sorte  qu'il  envisageait  de  ne  pas  renouveler  son  autorisation  de  séjour.  Dans  le  délai  imparti  pour  faire  valoir  ses 

C­6043/2009 Page 4 observations,  l'intéressé, par  lettre du 27  janvier 2006, a mentionné que  suite  à  la  naissance  de  l'enfant,  son  épouse  se  trouvait  dans  un  état  dépressif et qu'en raison de l'état de santé déficient de cette dernière, "la  vie en commun était médicalement fortement déconseillée", de sorte qu'il  avait été conseillé à son couple de se constituer des domiciles séparés  jusqu'à  ce  que  son  épouse  se  rétablisse.  X._______  a  encore  précisé  que son épouse,  dont  l'état  de  santé  s'était  amélioré,  était  suivie par  le  centre  psycho­social,  qu'une  reprise  de  la  vie  commune  pourrait  se  concrétiser  dans  les  meilleurs  délais  et  qu'il  continuait  d'entretenir  une  relation  de  couple  avec  sa  conjointe  et  une  relation  de  père  avec  son  enfant.  Par  décision  du  14  février  2006,  le  SM­NE  a  prolongé  l'autorisation de séjour de l'intéressé ­ "de manière conditionnelle, afin de  lui accorder le temps de stabiliser sa situation professionnelle, financière  et  matrimoniale"  ­  jusqu'au  19  décembre  2006,  date  à  laquelle  son  dossier serait réexaminé pour une éventuelle nouvelle prolongation. A.i  Par  décision  du  20  janvier  2006,  l'ODM  a  mis  fin  à  l'admission  provisoire accordée à l'intéressé, en application de l'art. 14 al. 2 de la loi  fédérale du 26 mars 1931 sur  le séjour et  l’établissement des étrangers  (LSEE, RS 1 113), compte tenu de l'octroi de l'autorisation de séjour par  les autorités cantonales neuchâteloises. A.j Suite à  la  réquisition du SM­NE,  la police cantonale neuchâteloise a  rédigé  le  2  mars  2007  un  rapport  concernant  la  situation  des  époux  X._______  et  Y._______,  duquel  il  ressort  en  substance  que  les  intéressés  n'ont  jamais  envisagé  le  divorce  et  qu'au  vu  de  leur  bonne  entente actuelle, la reprise d'une vie commune n'était pas exclue. Par  lettre  du  17  avril  2007,  le  SM­NE  a  informé  X._______  qu'après  examen  du  dossier,  il  ressortait  que  ce  dernier  n'avait  pas  trouvé  d'activité  rémunérée  lui  permettant  d'assurer  son  indépendance  financière  et  qu'il  n'avait  pas  repris  la  vie  commune  avec  son  épouse.  Dès  lors,  les  autorités  cantonales  compétentes,  envisageant  de  ne  pas  renouveler  l'autorisation de séjour de  l'intéressé,  lui  ont  imparti  un délai  pour déposer ses éventuelles observations. Par courrier du 30 mai 2007,  X._______  a  indiqué  que  les  difficultés  rencontrées  dans  son  couple  étaient essentiellement  liées aux problèmes de santé  importants de son  épouse, attestés par certificat médical, mais qu'il entretenait d'excellentes  relations avec sa conjointe, comme le confirmait le rapport de police du 2  mars 2007. Par ailleurs, il a déclaré qu'étant sans formation, il rencontrait  d'énormes  difficultés  pour  trouver  une  place  de  travail  et  qu'il  avait  pris  l'initiative  de  se  lancer  dans  une  activité  indépendante  (création  d'une 

C­6043/2009 Page 5 entreprise de nettoyage) pour subvenir à ses besoins, comme l'attestaient  deux contrats de travail signés avec des entreprises locales. Le  8  août  2007,  la  police  cantonale  neuchâteloise,  suite  à  une  intervention de leur service pour un différend entre les époux X._______  et Y._______survenu le 5 août 2007 au domicile de l'épouse, a établi un  rapport duquel  il  ressortait  que,  contrairement à ce qui avait été affirmé  par l'intéressé au mois de mars 2007, les relations de ce dernier avec son  épouse  étaient  mauvaises  et  que  les  disputes  au  domicile  de  l'épouse  étaient fréquentes, de sorte que cette dernière n'envisageait plus du tout  de  reprendre  la  vie  commune  avec  son  mari  et  qu'elle  ne  voulait  plus  avoir de contact avec celui­ci. Le  17  janvier  2008,  le  SM­NE  a  demandé  à  X._______  de  lui  fournir  diverses  informations  et  moyens  de  preuve  concernant  sa  situation  familiale  et  professionnelle.  Par  courrier  du  6  février  2008,  l'intéressé  a  indiqué qu'il  vivait  toujours séparé de son épouse, qu'aucune démarche  judiciaire en vue du divorce n'avait été entamée, qu'il voyait régulièrement  son enfant qui demeurait au domicile de son épouse, qu'il avait créé une  entreprise  dans  le  secteur  du  nettoyage  et  qu'il  était  sur  le  point  de  décrocher un contrat avec la poste suisse. Par décision du 11 février 2008, le SM­NE a informé l'intéressé qu'il était  disposé  "à  ne  pas  poursuivre  la  procédure  de  non  prolongation  [de  l'autorisation de séjour] à son encontre", compte tenu notamment du fait  qu'aucune  démarche  judiciaire  n'avait  été  entreprise  sur  le  plan  matrimonial,  qu'il  entretenait  une  relation  suivie  avec  son  enfant  et  qu'il  avait  développé  une  activité  indépendante  lui  permettant  de  ne  plus  dépendre de la collectivité publique, de sorte que l'autorisation de séjour  était  renouvelée  jusqu'au  19  décembre  2008.  Toutefois,  l'autorité  cantonale  précitée a  indiqué qu'à  l'échéance de  cette  dernière date,  un  examen complet de la situation serait effectué. A.k  Suite  à  la  demande  du  SM­NE  du  16  janvier  2009,  X._______  a  indiqué, par courrier du 30 janvier 2009, qu'il voyait régulièrement son fils,  avec  lequel  il  entretenait  d'excellentes  relations,  qu'il  contribuait  à  l'entretien  de  ce  dernier  dans  la  mesure  de  ses  moyens  et  que  son  revenu dépendait des mandats obtenus par son entreprise de nettoyage.  En réponse à une requête du SM­NE, Y._______ a affirmé, par lettre du  2 mars 2009, que son époux  rencontrait  régulièrement son  fils,  souvent  plusieurs  fois par semaine, et que  les visites se déroulaient au domicile 

C­6043/2009 Page 6 de  ce  dernier.  Elle  a  en  outre  indiqué  que,  le  3  février  2009,  une  contribution d'entretien avait été fixée par le Tribunal compétent, qui avait  aussi attribué la garde de l'enfant à la mère et fixé le droit de visite. Le 4 mars 2009, l'Office de l'aide sociale à Neuchâtel a communiqué au  SM­NE  le  montant  de  l'aide  sociale  accordée  à  l'intéressé  entre  le  1er  janvier  2005  et  le  30  juin  2008,  soit  81'649,60  francs,  ce  dernier  ne  recevant plus d'allocations depuis cette dernière date. A.l  Par  lettre  du  5  mars  2009,  le  SM­NE  a  informé  X._______  que  compte  tenu  du  fait  qu'il  entretenait  une  relation  étroite  avec  son  fils  et  était  indépendant  financièrement,  il  était  disposé  à  prolonger  son  autorisation  de  séjour,  sous  réserve  de  l'approbation  de  l'ODM.  Le  dossier de l'intéressé a été transmis en ce sens à l'Office fédéral précité. A.m Le  27  juillet  2009,  l'ODM  a  fait  savoir  à  X._______  qu'il  entendait  refuser son approbation au  renouvellement de ses conditions de séjour,  tout  en  lui  donnant  l'occasion  de  prendre  position  à  ce  sujet  avant  le  prononcé d'une décision. Par  courrier  du  17  août  2009,  l'intéressé  a  déclaré  que  tous  ses  liens  familiaux,  sociaux  et  professionnels  se  trouvaient  en  Suisse,  qu'il  entretenait des contacts étroits avec son fils et des relations cordiales et  régulières  avec  son  épouse,  que  même  s'il  avait  fait  l'objet  de  condamnations  et  de  rapports  de  police,  il  s'agissait  d'erreurs  de  jeunesse,  que  son  intégration  en  Suisse  était  bonne,  qu'il  comprenait,  parlait  et  lisait  le  français  sans  problème  et  qu'il  exerçait  une  activité  d'employé  de  maison  à  mi­temps  dans  une  brasserie,  en  sus  de  son  activité indépendante dans le domaine du nettoyage. B.   Le 20 août 2009, l'ODM a rendu à l'endroit de X._______ une décision de  refus d'approbation à la prolongation de son autorisation de séjour et de  renvoi  de  Suisse.  Dans  la  motivation  de  sa  décision,  l'office  fédéral  a  retenu que l'intéressé n'était pas en mesure de se prévaloir de l'art. 50 al.  1  let. a de  la  loi  fédérale du 16 décembre 2005 sur  les étrangers  (LEtr,  RS  142.20),  dès  lors  que  l'union  conjugale  qu'il  avait  formée  avec  son  épouse  avait  duré  moins  d'un  an.  De  plus,  l'ODM  a  considéré  que  l'intégration en Suisse de l'intéressé était  inexistante, dans la mesure où  sur  les  neuf  années  passées  en  Suisse,  ce  dernier  n'avait  quasiment  jamais  travaillé  et  avait  sporadiquement  occupé  de  petits  emplois,  son  activité  indépendante (entreprise de nettoyage) n'étant que très récente. 

C­6043/2009 Page 7 En outre, l'office fédéral a relevé qu'il ressortait des pièces du dossier que  les  connaissance  de  français  de  X._______  étaient  si  mauvaises  qu'il  devait recourir aux services de traduction de son épouse lors de diverses  tâches  administratives  ou  contacts  avec  l'administration,  et  qu'aucune  pièce  ne  démontrait  une  évolution  significative  sur  ce  plan  depuis  le  rapport d'enquête établi par la police cantonale au mois de janvier 2005.  L'ODM  a  encore mentionné  que  le  comportement  de  l'intéressé  n'avait  pas  été  exemplaire  au  vu  des  condamnations  (infractions  à  la  LCR)  et  rapports de police (voies de fait sur son épouse) dont  il avait  fait  l'objet.  Quant aux relations de X._______ avec son fils, l'office fédéral a noté que  celui­ci n'était au bénéfice que d'une autorisation de séjour, de sorte que  l'art. 8 de  la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits  de  l’homme  et  des  libertés  fondamentales  (CEDH,  RS  0.101)  ne  s'appliquait pas, que l'intéressé n'avait jamais vécu avec son enfant, qu'il  pouvait  entretenir  des  contacts  avec  son  fils  par  téléphone  ou  courrier,  que son épouse et son fils pouvaient aussi lui rendre visite au Kosovo, de  sorte que son  renvoi dans sa patrie ne  le privait  pas de  liens avec son  enfant. Par ailleurs, l'office fédéral a estimé que l'exécution du renvoi était  possible, licite et raisonnablement exigible au sens de l'art. 83 LEtr. C.  Agissant  par  l'entremise  de  son  avocat,  X._______  a  interjeté  recours  contre  la décision précitée par acte du 23 septembre 2009. A  l'appui de  son pourvoi,  il a fait valoir qu'il était arrivé en Suisse en 1995 à l'âge de  16 ans, qu'il n'avait pas contracté un mariage de complaisance, que son  union n'avait pas  résisté aux difficultés quotidiennes, qu'il avait construit  une relation étroite avec son fils, qu'il s'était toujours occupé de ce dernier  depuis sa naissance et que, même s'il s'était séparé de son épouse, leurs  domiciles  étaient  proches,  ce  qui  facilitait  les  contacts  et  visites  spontanées avec son fils. Le recourant a aussi souligné qu'en raison des  troubles psychiques dont souffrait son épouse, sa présence permettait la  prise en charge de son fils dans les moments difficiles et constituait aussi  un  repère  important pour son épouse, comme  l'attestaient  les certificats  médicaux  du  psychiatre  et  du  pédiatre  joints  au  recours.  En  outre,  l'intéressé  a  contesté  l'appréciation  faite  par  l'ODM  sur  l'application  de  l'art.  8  CEDH  et  allégué  que  son  renvoi  de  Suisse  constituerait  une  violation de cet article au vu de la relation et des contacts quotidiens qu'il  avait développés avec son  fils. Par ailleurs,  le  recourant a aussi affirmé  que son intégration était bonne, qu'il parlait et comprenait bien le français  au  point  de  ne  plus  avoir  recours  aux  services  de  traduction  de  sa  femme, que la position de l'autorité intimée à ce propos se basait sur des  pièces  qui  remontaient  à  de  plusieurs  années,  qu'il  avait  réussi  à 

C­6043/2009 Page 8 développer une activité  indépendante et à occuper à mi­temps un poste  dans  une  entreprise,  ce  qui  démontrait  sa  volonté  de  travailler  et  de  garantir son indépendance financière. Il a insisté aussi sur le fait que les  condamnations et  rapports dont  il  avait  fait  l'objet  se  rapportaient à des  délits  de peu de gravité  et  que  ses  relations avec  son épouse  s'étaient  depuis lors bien améliorées. Enfin, il a fait part de son appartenance à la  minorité ethnique ashkali et des problèmes qui en résulteraient en cas de  retour  dans  sa  patrie,  de  sorte  que  l'exécution  de  son  renvoi  ne  devait  pas être considérée comme raisonnablement exigible. D.  Appelé  à  se  prononcer  sur  le  recours,  l'ODM en  a  proposé  le  rejet,  en  date du 10 décembre 2009. Invité  à  se  déterminer  sur  préavis  précité,  le  recourant  n'a  fait  parvenir  aucune  observation  dans  le  délai  prolongé  à  cet  effet  par  le  Tribunal  administratif fédéral (ci­après le Tribunal). E.  Invité  par  ordonnance  du  5  juillet  2011  à  informer  le  Tribunal  de  l'évolution de sa situation professionnelle, familiale et financière, ainsi que  sur  l'exercice  du  droit  de  visite,  l'avocat  de  l'intéressé  a  répondu  en  résiliant son mandat et en sollicitant une prolongation de délai pour faire  parvenir  les  renseignements  et moyens  de  preuve  requis.  Le  recourant  n'a  toutefois  donné  aucune  suite  à  l'ordonnance  précitée  dans  le  délai  prolongé.  Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le TAF, en  vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens  de  l'art.  5  de  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à l'art.  33  LTAF.  En  particulier,  les  décisions  en  matière  de  refus  d'approbation  à  l'octroi  (respectivement  à  la  prolongation)  d'une  autorisation  de  séjour  et  de  renvoi  de  Suisse  prononcées  par  l'ODM  ­  lequel constitue une unité de  l'administration  fédérale  telle que définie à  l'art. 33 let. d LTAF ­ sont susceptibles de recours au TAF (cf. art. 1 al. 2  LTAF).

C­6043/2009 Page 9 1.2.  L'entrée  en  vigueur,  le  1er  janvier  2008,  de  la  LEtr  a  entraîné  l'abrogation de la LSEE, conformément à l'art. 125 LEtr, en relation avec  le  chiffre  I  de  son  annexe  2,  ainsi  que  celle  de  certaines  ordonnances  d'exécution  (cf.  art.  91  de  l'ordonnance  du  24  octobre  2007  relative  à  l’admission,  au  séjour et  à  l’exercice d’une activité  lucrative  [OASA, RS  142.201]),  telle  notamment  l'ordonnance  du  6  octobre  1986  limitant  le  nombre des étrangers (OLE, RO 1986 1791). Dès  lors que  la demande du recourant portant sur  le renouvellement de  ses  conditions  de  séjour  a  été  formée  après  l'entrée  en  vigueur,  le  1er  janvier  2008,  de  la  LEtr,  le  nouveau  droit  (matériel)  est  applicable  à  la  présente  cause  (cf.  art.  126  al.  1  LEtr  a  contrario  [voir  notamment  les  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2C_986/2010  du  18  mai  2011  consid.  1  et  2C_845/2010  du  21  mars  2011  consid.  1,  ainsi  que  l'ATAF  2008/1 consid. 2). 1.3. X._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la  forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 50 et  52 PA). 1.4. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  TAF est régie par la PA (art. 37 LTAF). 2.  Le recourant peut  invoquer devant  le TAF  la violation du droit  fédéral, y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (cf. art. 49 PA). L'autorité de recours n'est pas liée par  les  motifs  invoqués  par  les  parties  (cf.  art.  62  al. 4 PA),  ni  par  les  considérants de  la décision attaquée (cf. ANDRÉ MOSER, MICHEL BEUSCH  ET  LORENZ  KNEUBÜHLER,  Prozessieren  vor  dem  Bundesverwaltungs­ gericht, in Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X, Bâle 2008, p. 181,  ad ch. 3.197). Aussi peut­elle admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres  motifs  que  ceux  invoqués.  Dans  son  arrêt,  elle  prend  en  considération  l'état de  fait  régnant au moment où elle statue (cf. ATAF 2011/1 consid.  2). 3.  Selon l'art. 99 LEtr en relation avec l'art. 40 al. 1 LEtr,  le Conseil fédéral  détermine  les  cas  dans  lesquels  les  autorisations  de  courte  durée,  de  séjour  ou  d'établissement,  ainsi  que  les  décisions  préalables  des 

C­6043/2009 Page 10 autorités cantonales du marché du  travail sont soumises à  l'approbation  de l'ODM. Celui­ci peut refuser son approbation ou limiter la portée de la  décision cantonale. L'ODM  a  la  compétence  d'approuver  l'octroi  et  le  renouvellement  des  autorisations  de  séjour  et  de  courte  durée,  ainsi  que  l'octroi  de  l'établissement,  lorsqu'il  estime  qu'une  procédure  d'approbation  est  nécessaire  pour  certaines  catégories  de  personnes  afin  d'assurer  une  pratique  uniforme  de  la  loi  ou  lorsqu'une  procédure  d'approbation  se  révèle  indispensable  dans  un  cas  d'espèce.  Il  peut  refuser  son  approbation ou l'assortir de conditions (art. 85 al. 1 let. a et b et art. 86 al.  1 OASA). Au  plan  formel,  le  nouveau  droit  entré  en  vigueur  le  1er janvier  2008  prévoit,  à  l'art. 86  al. 2  let. a  et  c OASA,  que  l'ODM  refuse  d'approuver  l'octroi  de  l'autorisation  initiale  et  le  renouvellement  notamment  lorsque  les conditions d'admission ne sont plus remplies. En  l'occurrence,  la  compétence  décisionnelle  appartient  à  la  Confédération en vertu des règles de procédure précitées (cf. également  ch. 1.3.1.1 et 1.3.1.4. let. e des Directives et commentaires de l'ODM, en  ligne sur son site internet : www.bfm.admin.ch > Documentation > Bases  légales  >  Directives  et  commentaires  >  Domaine  des  étrangers  >  Procédure et compétences, version 30.09.2011, consulté le 14 novembre  2011).  Il s'ensuit que ni  le TAF, ni  l'ODM ne sont  liés par  la décision du  SM­NE  du  5  mars  2009  de  prolonger  l'autorisation  de  séjour  dont  l'intéressé bénéficiait antérieurement et peuvent parfaitement s'écarter de  l'appréciation faite par l'autorité cantonale précitée. 4.  4.1. En  vertu  de  l'art.  44  LEtr,  l'autorité  compétente  peut  octroyer  une  autorisation de séjour au conjoint étranger du  titulaire d'une autorisation  de séjour et à ses enfants célibataires étrangers de moins de 18 ans aux  conditions suivantes :  a. ils vivent en ménage commun avec lui; b. ils disposent d'un logement approprié; c. ils ne dépendent pas de l'aide sociale. http://www.bfm.admin.ch

C­6043/2009 Page 11 4.2.  Selon  l'art.  77  al.  1  OASA,  l'autorisation  de  séjour  octroyée  au  conjoint  et  aux  enfants  au  titre  du  regroupement  familial  selon l'art. 44 LEtr peut être prolongée après la dissolution du mariage ou de la  famille si : a.  la  communauté  conjugale  existe  depuis  au  moins  trois  ans  et  que  l'intégration est réussie, ou si b.  la  poursuite  du  séjour  en  Suisse  s'impose  pour  des  raisons  personnelles majeures.  5.  Dans  le  cas  d'espèce,  X._______  a  obtenu,  en  application  de  l'art.  38  OLE, une autorisation de séjour au titre du regroupement familial suite à  son mariage au mois de décembre 2003 avec une compatriote,  titulaire  d'une  autorisation  de  séjour  annuelle  dans  le  canton  de  Neuchâtel.  L'autorisation du recourant a été renouvelée sur la base de la disposition  légale  précitée,  qui  a  été  abrogée  le  1er  janvier  2008  (cf.  consid.  1.2  supra)  et  remplacée  par  l'art.  44  LEtr  (cf.  Message  du  Conseil  fédéral  concernant  la  loi  sur  les  étrangers  du  8  mars  2002,  in  FF  2002  3510, ch. 1.3.7.3, ad art. 43 du projet de loi). Suite à sa séparation d'avec son  épouse,  le  recourant  ne  peut  plus  se  prévaloir  de  l'art.  44  LEtr  pour  obtenir le renouvellement de son autorisation de séjour. Encore faut­il se  demander si le recourant peut invoquer le bénéfice de l'art. 77 al. 1 OASA  pour être autorisé à poursuivre son séjour en Suisse. A cet égard, il appert que l'ODM a fondé son appréciation du cas sur l'art.  50 al. 1 LEtr. Cette informalité ne saurait toutefois prêter à conséquence,  dans la mesure où la teneur de l'art. 77 al. 1 OASA est identique à celle  de  la  disposition  retenue  par  l'ODM,  sous  réserve  du  fait  que,  contrairement à  l'art. 77 al. 1 OASA, dont  l'application  relève de  la  libre  appréciation  de  l'autorité  ("Kann­Vorschrift"),  l'art.  50  LEtr  consacre  l'existence  d'un  droit  à  l'octroi  d'une  autorisation  de  séjour  (ou  à  la  prolongation de sa durée de validité) lorsque ses conditions d'application  sont remplies (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2C_711/2009 du 30 avril 2010  consid. 2.2). Compte  tenu  de  la  similitude  de  ces  dispositions,  le  Tribunal  peut  s'inspirer  in casu de la  jurisprudence applicable à l'art. 50 al. 1 et 2 LEtr  (cf. ch. 6.14.1 et 6.14.3 des Directives et commentaires précités de l'ODM  figurant sur le site internet : www.bfm.admin.ch > Documentation > Bases  légales  >  Directives  et  circulaires  >  Domaine  des  étrangers  >  http://www.bfm.admin.ch

C­6043/2009 Page 12 Regroupement  familial,  consulté  le  14  novembre  2011;  voir  également  l'arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­4176/2009  du  14  avril  2011  consid. 5.4). 6.   6.1.  Selon  la  jurisprudence  relative  au  cas  de  dissolution  de  l'union  conjugale, est seule décisive la durée de la vie commune en Suisse pour  déterminer si  l'union conjugale a duré au moins trois ans au moment de  sa dissolution  (cf. notamment arrêt du Tribunal  fédéral 2C_721/2011 du  21  septembre  2011  consid.  4.1).  La  période  des  trois  ans  prescrite  commence  à  courir  à  partir  du  début  de  la  cohabitation  des  époux  en  Suisse et se termine au moment où les époux cessent d'habiter ensemble  sous le même toit (cf. ATF 136 II 113 consid. 3.2 in fine et 3.3). La notion  d'union  conjugale  (ou  de  communauté  conjugale,  terme  mentionné  à l'art.  77  al.  1 OASA)  ne  se  confond  pas  avec  le mariage. Alors  que  ce  dernier  peut  être  purement  formel,  l'union  conjugale  («  eheliche  Gemeinschaft ») implique en principe la vie en commun des époux, sous  réserve des exceptions mentionnées à l'art. 49 LEtr (cf. ATF 136 précité, consid. 3.1 et 3.2; voir également l'arrêt du Tribunal fédéral 2C_195/2010  du 23 juin 2010 consid. 3). L'existence d'un mariage formel ne suffit donc  pas pour  le calcul des  trois ans  requis  (cf. notamment ATF 136 précité,  consid. 3.2 in fine; voir également l'arrêt du Tribunal fédéral 2C_207/2011  du 5 septembre 2011 consid. 5.2). 6.2. Il ressort de l'examen des pièces du dossier que le recourant et son  épouse  se  sont  mariés  le  19  décembre  2003  et  ont  vécu  ensemble  jusqu'au 7 septembre 2004, date de leur séparation effective (cf., sur ce  second  point,  l'avis  de  séparation  établi  le  29  octobre  2004  par  le  Contrôle  des  habitants  de  la  ville  du  Locle,  déclarations  concordantes  formulées  par  les  intéressés  lors  de  leurs  auditions  respectives  auxquelles  les  autorités  policières  locales  ont  procédé  le  10  décembre  2004 et mémoire  de  recours,  p.  2). Malgré  les  allégations  du  recourant  aux  autorités  cantonales  compétentes  quant  à  son  intention  de  revivre  auprès de son épouse,  lesdites autorités n'ont pu que constater qu'il n'y  avait plus eu de reprise effective de la vie commune après leur séparation  au  mois  de  septembre  2004.  Dans  ces  conditions,  il  s'impose  de  considérer  qu'au moment  de  leur  séparation,  les  époux  ne  traversaient 

C­6043/2009 Page 13 pas  une  crise  passagère  pouvant  éventuellement  justifier  la  prise  d'un  domicile séparé pendant une période provisoire en vertu de l'art. 49 LEtr  en  lien  avec  l'art.  76  OASA  (cf.  en  ce  sens  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_306/2011 du 20 juillet 2011, consid. 4.2). Ainsi, force est de constater  que  la communauté conjugale de X._______ a duré à peine plus de dix  mois,  de  sorte  que  la  première  condition  de  l'art.  77  al.  1  let.  a OASA  n'est pas  remplie,  ce qui dispense  le Tribunal d'examiner si  l'intégration  de  l'intéressé  est  réussie  (cf.,  sur  ce  dernier  point,  l'ATF  136  précité,  consid. 3.4). 7.   7.1. Comme pour  ce qui  est  de  l'art.  50 al.  2  LEtr,  l'art.  77 al.  2 OASA  précise  que  les  raisons  personnelles  majeures  visées  à  l'art.  77  al.  1 let. b OASA sont notamment données  lorsque  le conjoint est victime de  violence  conjugale  et  que  la  réintégration  dans  le  pays  de  provenance  semble fortement compromise. Ainsi que l'a exposé le Tribunal fédéral dans le cadre de sa jurisprudence,  c'est sur la base des circonstances de l'espèce que l'on détermine si l'on  est  en  présence  d'un  cas  de  rigueur,  soit  de  "raisons  personnelles  majeures"  qui  "imposent"  la  prolongation  du  séjour  en  Suisse  (cf.  ATF  137  II  1  consid.  4.1;  voir  également  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_721/2011  précité,  consid.  4.2).  Ces  dispositions  ont  pour  vocation  d'éviter  les  cas  de  rigueur  ou  d'extrême  gravité  qui  peuvent  être  provoqués notamment par la violence conjugale, le décès du conjoint ou  des difficultés  de  réintégration  dans  le  pays  d'origine.  L'énumération  de  ces  cas  n'est  pas  exhaustive  (cf.  le  terme  "notamment")  et  laisse  aux  autorités  une  certaine  liberté  d'appréciation  fondée  sur  des  motifs  humanitaires.  Selon  les  circonstances  et  au  regard  de  leur  gravité,  violence  conjugale  et  réintégration  fortement  compromise  peuvent  chacune  constituer  une  raison  personnelle  majeure  (ATF  137  précité,  ibidem, 136 précité, consid. 5.3; voir aussi  les arrêts du Tribunal  fédéral  2C_221/2011 du 30 juillet 2011 consid. 2 et 2C_982/2010 du 3 mai 2011  consid. 3.3). S'agissant de la violence conjugale, il faut toutefois qu'il soit  établi que l'on ne peut exiger plus longtemps de la personne admise dans  le  cadre  du  regroupement  familial  qu'elle  poursuive  l'union  conjugale,  parce  que  cette  situation  risque  de  la  perturber  gravement.  La  violence  conjugale  doit  par  conséquent  revêtir  une  certaine  intensité  (cf.  notamment  ATF  136  précité,  ibid.,  et  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_221/2011 précité, ibid.). Quant à la réintégration sociale dans le pays  d'origine,  il  ne  suffit  pas  que  cette  dernière  soit  difficile,  encore  faut­il 

C­6043/2009 Page 14 qu'elle  paraisse  fortement  compromise  ("stark  gefährdet"  selon  le  texte  allemand). La question n'est donc pas de savoir s'il est plus facile pour la  personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner si,  en cas de retour dans le pays d'origine, les conditions de sa réintégration  sociale,  au  regard  de  sa  situation  personnelle,  professionnelle  et  familiale,  seraient  gravement  compromises  (cf.  notamment  ATF  136  précité,  ibid; cf. aussi  les arrêts du Tribunal  fédéral 2C_505/2011 du 30  août  2011  consid.  2.4  et  2C_789/2010  du  31  janvier  2011  consid.  4.2,  ainsi que les réf. citées). Une  raison  personnelle  majeure  peut  également  résulter  d'autres  circonstances  (cf. notamment ATF 137 précité,  ibid., ainsi que  l'arrêt du  Tribunal  fédéral  2C_149/2011  du  26  septembre  2011  consid.  2.3).  Est  décisive  la  situation  personnelle  de  l'intéressé,  notamment  le  degré  d'intégration, le respect de l'ordre juridique suisse, la situation familiale, la  situation  financière,  la  durée  du  séjour  en  Suisse  et  l'état  de  santé  de  l'étranger, ainsi que des considérations liées à la piété (art. 31 al. 1 OASA  [cf.  ATF  137  précité,  ibid.;  cf.  également  les  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2C_721/2011 précité,  ibid., et 2C_72/2011 du 17  juin 2011 consid. 5.1).  Ainsi, même si le renvoi aux dispositions légales figurant à l'art. 31 OASA  ne mentionne ni l'art. 44 LEtr, ni l'art. 77 OASA, il s'impose de prendre en  considération  les  critères  énumérés,  sous  forme de  liste  exemplative,  à  l'art.  31  al.  1  OASA,  cette  manière  de  procéder  se  justifiant  pour  des  raisons de parallélisme avec l'application de l'art. 50 LEtr (étant toutefois  précisé que l'autorité dispose, dans le cadre de l'application de l'art. 77 al.  1 OASA, d'une totale liberté d'appréciation et que l'intéressé ne peut donc  pas  se  prévaloir,  dans  ce  dernier  cas,  d'un  droit  à  la  prolongation  de  l'autorisation  de  séjour)  et  correspondant  au  demeurant  à  la  pratique  développée sous l'ancien droit (cf., à ce sujet, ch. 654 des « Directives et  commentaires: Entrée, séjour et marché du travail » [Directives LSEE] de  l'ODM, figurant sur  le site  internet : www.bfm.admin.ch > Documentation  >  Bases  légales  >  Directives  et  circulaires  >  Archive  Directives  et  commentaires  (abrogé);  version  de  mai  2006).  Ces  critères  sont  de  nature à jouer un rôle important, même si, pris isolément, ils ne sauraient  fonder un cas individuel d'une extrême gravité (cf. ATF 137 précité, ibid.;  voir également  les arrêts du Tribunal  fédéral 2C_149/2011 précité,  ibid.,  2C_236/2011  du  2  septembre  2011  consid.  2.2  et  l'arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­4176/2009  précité,  consid.  5.4).  Il  convient  en  outre de  tenir  compte des circonstances qui ont conduit à  la dissolution  du  mariage  (cf.  notamment  ATF  136  précité,  consid.  5.1,  et  l'arrêt  du  Tribunal fédéral 2C_787/2010 du 16 juin 2011 consid. 3.2). http://www.bfm.admin.ch

C­6043/2009 Page 15 7.2. In casu, le Tribunal ne décèle aucune raison personnelle majeure au  sens de l'art. 77 al. 1 let. b OASA. Comme  rappelé  ci­dessus,  l'art.  77  al.  1  let.  b  et  al.  2  OASA  a  pour  vocation d'éviter les cas de rigueur ou d'extrême gravité qui peuvent être  provoqués notamment par la violence conjugale, le décès du conjoint ou  des difficultés de réintégration dans le pays d'origine. 7.2.1.  Il  sied  de mentionner  d'abord  que  le  recourant  ne  se  trouve  pas  dans  une  situation  de  victime  de  violence  conjugale,  ni  de  décès  du  conjoint. 7.2.2. Par ailleurs, il ne résulte pas du dossier qu'une réintégration sociale  de X._______  au Kosovo  serait  fortement  compromise  ou  que  d'autres  motifs graves et exceptionnels (motifs de santé par exemple [cf. ATF 136  II 1 consid. 5.3; voir aussi les arrêts du Tribunal fédéral 2C_839/2010 du  25 février 2011 consid. 8 et 2C_635/2009 du 26 mars 2010 consid. 5.3])  commanderaient  la  poursuite  de  son  séjour  en  Suisse  au­delà  de  la  dissolution de son union conjugale. Le  recourant  a  en  effet  vécu  au  Kosovo  jusqu'à  l'âge  de  dix­neuf  ans,  avant de partir au Montenegro durant deux ans et de venir en Suisse au  mois  de  janvier  2000  (cf.  procès­verbaux  d'audition  du  centre  d'enregistrement de Genève du 28 janvier 2000 et de l'ODM du 14 février  2000), soit à l'âge de vingt­et­un an (et non pas en 1995 à l'âge de seize  ans  comme  allégué  dans  son  mémoire  de  recours,  p.  2).  Il  y  a  donc  passé son enfance, son adolescence et  les premières années de sa vie  d'adulte, années qui apparaissent comme essentielles pour  la  formation  de la personnalité et, partant, pour l'intégration sociale et culturelle (voir à  ce  sujet  l'ATAF 2007/45  consid.  7.6 et  la  jurisprudence citée).  Il  ressort  aussi des pièces du dossier cantonal que l'intéressé s'est rendu dans son  pays d'origine pour des séjours de plusieurs semaines en 2009 et 2010  (cf.  visas  de  retour  accordés  par  les  autorités  neuchâteloises  suite  aux  demandes  déposées  les  6  juillet  2009  et  3  février  2010).  Même  si  la  proche  parenté  de  X._______  séjourne  dans  le  canton  de  Neuchâtel  (parents, deux frères, une sœur), il est indéniable, au vu des voyages que  l'intéressé  a  accomplis  ces  dernières  années  dans  sa  patrie,  qu'il  y  dispose encore d'un  réseau social et d'attaches culturelles. Par ailleurs,  l'intéressé, qui est encore  jeune, n'a pas  invoqué de problème de santé  particulier et parle l'albanais et le serbo­croate. Il peut dès lors tout­à­fait  se réinsérer au Kosovo, où il a vécu la plus grande partie de sa vie et a  travaillé comme ouvrier­ajusteur. A supposer qu'il n'ait plus, comme  il  le 

C­6043/2009 Page 16 prétendait  (cf.  procès­verbal  de  l'audition  du  14  février  2000,  p.3),  d'attaches avec son pays d'origine,  il serait de toute manière en mesure  de se refaire une existence en toute indépendance (cf., en ce sens, l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_544/2009  du  25  mars  2010  consid.  4.2).  Il  est  certes  probable  que  l'intéressé  s'y  trouvera  dans  une  situation  économique  sensiblement moins  favorable  que  celle  qu'il  a  connue  sur  territoire  helvétique;  cet  élément  ne  suffit  toutefois  pas  à  admettre  l'existence  de  raisons  personnelles  majeures  (cf.  notamment  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2C_725/2011  du  20  septembre  2011  consid.  6.3  et  2C_544/2009  précité,  ibid.).  De  plus,  on  ne  voit  pas  que  le  retour  du  recourant  au  Kosovo  l'exposerait  à  des  dangers  plus  graves  que  ceux  auxquels sont exposés ses compatriotes qui sont restés au pays. En tout  état  de  cause,  l'intéressé  n'en  apporte  pas  la  preuve.  Par  ailleurs,  X._______  a  fait  valoir  dans  son  mémoire  de  recours  (cf.  p.  9ss)  son  appartenance  à  la minorité  ethnique  ashkali.  Comme  relevé  par  l'ODM  dans  son préavis du 10 décembre 2009,  le Kosovo a été déclaré  "safe  country",  soit  un  pays  exempt  de  persécutions,  le  6  mars  2009  par  le  Conseil  fédéral.  En  outre,  en  ce  qui  concerne  le  retour  des  Kosovars  émigrés,  qu'ils  soient  Roms  ou  qu'ils  appartiennent  à  d'autres  communautés,  les  conditions  d'accueil  dans  leur  pays  d'origine  sont  en  constante  amélioration  (cf.  à  ce  propos  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral D­7076/2010  du  29  août  2011,  consid.  8.4.2  et  sources  citées).  Au  demeurant,  la  situation  politique  prévalant  dans  l'Etat  d'origine  du  recourant  ne  justifie  du  reste  pas  l'octroi  d'une  autorisation  fondée  sur  l'art.  77  al.  1  let.  b  et  al.  2  OASA  (cf.,  en  ce  sens,  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral 2C_475/2010 du 29 octobre 2010 consid. 4.4). 7.2.3. Il y a encore lieu d'examiner si la poursuite du séjour en Suisse de  X._______ s'impose en regard des autres motifs mentionnés à l'art. 31 al.  1 OASA (cf. consid. 7.1 supra). Dans son mémoire de recours, le recourant se prévaut certes de la durée  de  son  séjour  en  Suisse,  des  liens  personnels  qu'il  y  a  tissés  et  de  la  présence  en  ce  pays  de  son  enfant  avec  lequel  il  s'est  efforcé  de  construire une  relation stable et étroite. Bien que  l'intéressé ait  vécu en  Suisse depuis près de onze ans, on ne saurait en déduire que ce dernier  se soit créé avec ce pays des attaches particulièrement intenses au point  de  le rendre étranger à sa patrie.  Il appert en effet au vu des pièces du  dossier  et  des  propos  tenus  par  le  recourant  que  celui­ci  est  arrivé  clandestinement en Suisse le 24 janvier 2000. Jusqu'à son mariage le 19  décembre  2003,  l'intéressé,  qui  avait  le  statut  de  requérant  d'asile  débouté, a séjourné en ce pays au bénéfice d'une admission provisoire 

C­6043/2009 Page 17 avant  d'obtenir  en  2004  une  autorisation  de  séjour  délivrée  par  les  autorités cantonales compétentes suite à son mariage. Depuis l'échéance  de l'autorisation de séjour (19 décembre 2008), le recourant ne demeure  sur territoire helvétique qu'au bénéfice d'une simple tolérance cantonale,  par définition provisoire et aléatoire. Or, selon la  jurisprudence,  le séjour  accompli dans ces conditions ne peut être pris en considération que de  manière  limitée  (cf. arrêt du Tribunal  fédéral 2C_647/2010 du 10  février  2011  consid.  3.7  et  ATF  130  II  281  consid.  3.3).  Si  elle  n'est  pas  négligeable,  la  durée  du  séjour  du  recourant  en  Suisse  doit  ainsi  être  relativisée au  regard des  réserves exposées ci­avant et n'apparaît donc  pas  suffisamment  longue  au  point  qu'elle  puisse  justifier  en  soi  la  prolongation  de  son  autorisation  de  séjour  (cf.,  en  ce  sens,  notamment  les arrêts du Tribunal fédéral 2C_896/2010 du 9 août 2011 consid. 3.2 et  2C_475/2010  précité,  ibid.).  De  même,  le  parcours  professionnel  de  l'intéressé en Suisse ne signifie pas encore qu'il ait établi avec ce pays  des liens si étroits qu'ils fassent obstacle à son retour dans sa patrie (cf.  arrêt du Tribunal fédéral 2C_663/2009 du 23 février 2010 consid. 4.3). Le  recourant n'a pas démontré non plus avoir acquis des connaissances et  des qualifications à ce point spécifiques qu'il  lui serait  impossible de  les  mettre  à  profit  ailleurs  qu'en  Suisse,  et  dans  son  pays  d'origine  en  particulier.  Certes,  l'intéressé,  après  avoir  occupé  des  emplois  temporaires, s'est engagé dans une activité indépendante (création d'une  entreprise de nettoyage) depuis 2007; toutefois, il a dû prendre un emploi  à mi­temps dès 2009 pour compléter ses revenus. Invité le 5 juillet 2011  par le Tribunal à mentionner ses moyens de subsistance actuels et l'état  de  ses  dettes,  le  recourant  n'a  cependant  pas  donné  suite  à  ces  réquisitions, de sorte qu'il n'est pas possible de déterminer si ce dernier  est  actuellement  financièrement  indépendant  et  ne  fait  plus  l'objet  de  poursuites.  Au  surplus,  il  ressort  des  pièces  du  dossier  cantonal  que  l'intéressé a émargé, du 1er janvier 2005 au 30 juin 2008, soit pendant la  durée de validité de son autorisation de séjour, à l'assistance sociale pour  un montant de 81'649,50  francs (cf.  réponse du 4 mars 2009 de  l'Office  de l'aide sociale du canton de Neuchâtel), somme dont l'intéressé n'a au  demeurant  pas  démontré  qu'elle  avait  été  remboursée  ni  qu'il  avait  l'intention de le faire. Il  ne  ressort  en  outre  pas  du  dossier  que  X._______  se  soit  particulièrement  intégré  au  tissu  social  helvétique,  notamment  par  son  adhésion à des sociétés locales et sa participation à leurs activités. Il sied  de préciser à cet égard qu'il est parfaitement normal qu'un ressortissant  étranger,  après  un  séjour  prolongé  sur  le  territoire  helvétique,  se  soit  adapté à son nouveau milieu de vie et y ait noué des liens, dans le cadre 

C­6043/2009 Page 18 de son travail ou de sa vie privée (tels des relations de travail, d'amitié et  de voisinage), ainsi que l'a relevé la jurisprudence en matière d'exception  aux mesures de limitation du nombre des étrangers (cf. notamment ATAF  2007/16 consid. 5.2, 2007/44 consid. 4.2, 2007/45 précité, consid. 4.2, et  jurisprudence  citée).  De  plus,  le  comportement  du  recourant  n'est  pas  totalement  irréprochable,  ce  que  ce  dernier  a  reconnu  (cf.  mémoire  de  recours,  p.  8).  Celui­ci  a  en  effet  été  condamné  à  trois  reprises  à  des  jours d'arrêt ferme et à des peines d'emprisonnement pour infraction à la  LCR (cf. consid. A.b et A.d). Il a également donné lieu le 15 juillet 2006 à  une  plainte  ­  retirée  certes  le  8  août  2006  ­  pour  voies  de  fait  dans  le  cadre de violences conjugales à l'encontre de son épouse. Par  ailleurs,  le  fait  que  le  recourant  soit  le  père  d'un  enfant  né  le  24  janvier  2005  de  sa  relation  avec  son  épouse  ne  saurait  modifier  cette  appréciation. D'une part, cet enfant ne dispose pas d'un droit de présence  assuré en Suisse susceptible de fonder éventuellement la protection de la  vie  familiale  consacrée par  l'art.  8 CEDH  (à savoir  la nationalité  suisse,  une  autorisation  d'établissement  en  Suisse  ou  un  droit  certain  à  une  autorisation  de  séjour  en Suisse  [cf.  notamment ATF 135  I  143  consid.  1.3.1  et  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_819/2010  du  12  novembre  2010  consid. 2.1; voir aussi l'ATAF 2007/45 précité, consid. 5.3, et réf. citées]).  D'autre part, s'il est certes admis que  les  relations entretenues avec  les  enfants  peuvent  constituer,  indépendamment  de  la  question  de  l'art.  8  CEDH, une raison personnelle majeure (cf. notamment arrêts du Tribunal  fédéral 2C_505/2011 du 30 août 2011 consid. 2.4 et 2C_830/2010 du 10  juin 2011 consid. 3.1.3), il apparaît, en l'espèce, que les liens affectifs et  économiques que  le  recourant a noué avec son enfant ne peuvent être  qualifiés  de  particulièrement  intenses  au  point  de  constituer  une  raison  personnelle  majeure  justifiant  la  poursuite  du  séjour  de  l'intéressé  en  Suisse. S'agissant en effet de l'intérêt privé à obtenir une autorisation de  séjour,  il  faut  constater  que  l'étranger  disposant  d'un  droit  de  visite  sur  son enfant habilité à résider en Suisse peut en principe exercer ce droit  même s'il vit à l'étranger, au besoin en aménageant ses modalités quant  à la fréquence et à la durée. Pour qu'un droit plus étendu soit reconnu, il  faut notamment être en présence de liens familiaux particulièrement forts  dans  les domaines affectif et économique  (cf. notamment ATF 120  Ib 1  consid. 3, 120 Ib 22 consid. 4a et arrêt du Tribunal fédéral 2C_363/2011  du 21 septembre 2011 consid. 4.1).  Il  faut considérer qu'il existe un  lien  affectif  particulièrement  fort  lorsque  le  droit  de  visite  est  organisé  de  manière large et qu'il est exercé de manière régulière, spontanée et sans  encombre  (cf.  notamment  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2C_718/2010  du  2  mars 2011consid. 3.2.1 et 2C_723/2010 du 14 février 2011 consid. 5.2). 

C­6043/2009 Page 19 En premier  lieu,  il  est  à  noter  que  l'intéressé  n'a  jamais  vécu  avec  son  enfant,  ce  dernier  étant  né  au  mois  de  janvier  2005,  soit  après  sa  séparation d'avec son épouse intervenue au mois de septembre 2004. En  second  lieu, même  si  le  recourant  bénéficie  formellement  d'un  droit  de  visite  sur  son  enfant  (cf.  procès­verbal  d'audience du  3  février  2009 du  Tribunal civil du district de la Chaux­de­Fonds), on ne saurait considérer  comme établi qu'il continue de l'exercer, comme cela a été allégué dans  le mémoire  de  recours  de  recours,  de manière  régulière,  spontanée  et  sans  encombre,  dans  la  mesure  où,  invité  par  le  Tribunal  à  rendre  compte de la fréquence à laquelle ledit droit était exercé actuellement (cf.  consid. 5),  l'intéressé n'a  fait part d'aucune observation à ce propos. De  plus, force est de constater que le droit de visite établi par le tribunal civil  précité  demeure  usuel  (un  week­end  sur  deux,  moitié  des  vacances  scolaires), aucun moyen de preuve n'ayant été produit pour attester qu'il  est  actuellement  exercé  de  manière  plus  large  et  sans  encombre.  Par  ailleurs,  le  recourant  n'a  pas  démontré  avoir  procédé  au  versement  régulier de la contribution d'entretien fixée le 3 février 2009 par le Tribunal  civil du district de la Chaux­de­Fonds. La relation entre l'intéressé et son  enfant n'excède donc pas le cadre des liens existant en général entre un  père et  son enfant,  lorsqu'ils  ne  vivent  pas  sous  le même  toit. Dans ce  contexte,  il  y  a  également  lieu  de  relever  que  le  comportement  du  recourant  n'est  pas  totalement  irréprochable  et  a  donné  lieu  des  condamnations (cf. ci­dessus). Ces éléments ne sont certes à eux seuls  pas  déterminants,  mais  ils  doivent  être  pris  en  considération  dans  l'évaluation  de  l'ensemble  de  la  situation  du  recourant  (cf.,  en  ce  sens,  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_340/2008  du  28  juillet  2008  consid.  6.2).  Dans ces circonstances, les relations que le recourant entretient avec son  enfant confié à la garde de sa mère en Suisse ne sont pas si étroites que  l'on  puisse  y  voir  une  raison  personnelle  majeure  qui  impose  la  prolongation  de  son  séjour  en  ce  pays  au  sens  de  l'art.  77  al.  1  let.  b  OASA. Il devra dès lors se contenter d'exercer son droit de visite depuis  l'étranger,  les modalités  quant  à  la  fréquence et  à  la  durée devant  être  aménagées en fonction de cette situation. Compte tenu de la distance qui  sépare son pays d'origine de  la Suisse,  il est  indéniable que son départ  rendra l'exercice du droit de visite plus difficile, sans toutefois y apporter  d'obstacles  qui  le  rendraient  pratiquement  impossible  dans  le  cadre  de  séjours  à  but  touristique  (cf.  notamment  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2C_718/2010 du 2 mars 2011 consid. 3.2.4, 2C_325/2010 du 11 octobre  2010 consid. 5.2.2 et 2C_710/2009 du 7 mai 2010 consid. 3.2). Au vu de  ce  qui  précède,  la  décision  attaquée  ne  transgresse  pas  non  plus  la  Convention  du  20  novembre  1989  relative  aux  droits  de  l'enfant  (RS  0.107), qui ne saurait d'ailleurs fonder une prétention directe à l'obtention 

C­6043/2009 Page 20 d'une  autorisation  de  séjour  (ATF  136  I  285  consid.  5.2  et  la  jurisprudence citée). Enfin,  il  n'apparaît  pas  que  d'autres motifs  graves  et  exceptionnels  (cf.  ATF 136 II 113 consid. 5.3; voir également les arrêts du Tribunal fédéral  2C_546/2010  précité,  consid.  5.3,  et  2C_635/2009  du  26  mars  2010  consid.  5.3)  commanderaient  la  poursuite  du  séjour  de  l'intéressé  en  Suisse au­delà de la dissolution de son union conjugale. Aucun élément ne permet en définitive de retenir  l'existence d'un cas de  rigueur en application de l'art. 77 al. 1 let. b et al. 2 OASA. 8.   Le  recourant  n'obtenant  pas  d'autorisation  de  séjour  en  Suisse,  c'est  également à bon droit  que  l'autorité  inférieure a prononcé son  renvoi.  Il  est à relever que la décision de renvoi de Suisse a été prononcée sur la  base de l'ancien art. 66 al. 1 LEtr (RO 2007 5437; FF 2009 80) qui a été  remplacé par l'art. 64 al. 1 let. c LEtr (entré en vigueur le 1er janvier 2011, RO  2010  5925;  cf.  Message  sur  l’approbation  et  la mise  en œuvre  de  l’échange de notes entre  la Suisse et  la CE concernant  la  reprise de  la  directive  CE  sur  le  retour  [directive  2008/115/CE]  [développement  de  l’acquis  de Schengen]  et  sur  une modification  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  [contrôle  automatisé  aux  frontières,  conseillers  en matière  de  documents,  système  d’information  MIDES]  du  18  novembre  2009,  in FF 2009 8043). La nouvelle disposition de l'art. 64 al. 1 let. c LEtr reprend  toutefois les motifs de renvoi définis à l’ancien art. 66 al. 1 LEtr.  Certes, l'intéressé fait valoir que son appartenance à la minorité ethnique  ashkali  s'oppose  à  son  renvoi  au  Kosovo.  Comme  relevé  ci­avant  (cf.  consid.  7.2.2),  le  Kosovo  a  été  déclaré  "safe  country",  soit  un  pays  exempt  de  persécutions,  le  6  mars  2009  par  le  Conseil  fédéral  et  la  simple appartenance à la minorité précitée ne constitue pas d'emblée un  obstacle  à  l'exécution  du  renvoi  du  recourant  dans  sa  patrie.  Dans  sa  jurisprudence publiée dans ATAF 2007/10 (consid. 5.3, p. 111s.), qui est  toujours  d'actualité,  compte  tenu  du  climat  régnant  entre  les  différentes  communautés  ethniques  au  Kosovo,  le  Tribunal  a  eu  l'occasion  de  préciser  que  l'exécution  du  renvoi  des  Roms,  Ashkalis  et  Egyptiens  albanophones  au  Kosovo  est,  en  règle  générale,  raisonnablement  exigible pour autant que l'on procède à un examen individualisé, prenant  en  considération  un  certain  nombre  de  critères  (état  de  santé,  âge,  formation professionnelle, possibilité  concrète de  réinstallation dans des  conditions économiques décentes, réseau social et familial). Eu égard au 

C­6043/2009 Page 21 fait  que  le  recourant  est  en  bonne  santé,  jeune,  a  vécu  et  exercé  une  activité  lucrative  comme  ouvrier  ajusteur  dans  la  commune  de  Pejë  jusqu'en 1998 et possède encore de la parenté au Kosovo (une sœur), il  devrait pouvoir se réinsérer dans sa commune d'origine en bénéficiant au  besoin  de  l'aide  matérielle  de  sa  famille  résidant  en  Suisse.  Dans  ce  contexte,  il  sied encore de  relever que  les motifs  résultant de difficultés  consécutives  à  une  crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions  d'existence  précaires,  difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement,  revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la  désorganisation, à la destruction des infrastructures ou à des problèmes  analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté,  ne suffisent pas, en soi, à réaliser une mise en danger concrète (cf. à ce  propos  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­7076/2010  précité,  consid. 8.4.3  in  fine et sources citées). Enfin,  il  y a  lieu de signaler que  l'intéressé est retourné ces dernières années de son plein gré dans son  pays d'origine pour des séjours de plusieurs semaines sans qu'il n'ait été  fait état de problèmes quelconques (cf. visas de retour accordés par  les  autorités neuchâteloises suite aux demandes déposées les 6 juillet 2009  et 3 février 2010). Le dossier ne faisant pas non plus apparaître d'autres  éléments rendant l'exécution du renvoi inexigible, illicite ou impossible au  sens de l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr, c'est également à juste titre que l'ODM a  ordonné l'exécution de cette mesure. 9.  Il  s'ensuit  que  la  décision  querellée  de  l'ODM  du  14  mai  2009  est  conforme au droit. En conséquence, le recours est rejeté. Vu  l'issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de mettre  les  frais  de  procédure  à  la  charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). (dispositif page suivante)

C­6043/2009 Page 22 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté.  2.  Les frais de procédure, d'un montant de 700 francs, sont mis à la charge  du  recourant. Ce montant est compensé par  l'avance de  frais versée  le  19 octobre 2009. 3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant (Recommandé) – à l'autorité inférieure, avec dossier n° de réf. SYMIC en retour – en  copie  au  Service  des  migrations  (Office  du  séjour  et  de  l'établissement)  du  canton de Neuchâtel,  pour  information  (annexe  :  dossier cantonal). Le président du collège : Le greffier : Blaise Vuille Alain Renz Expédition :

C-6043/2009 — Bundesverwaltungsgericht 08.12.2011 C-6043/2009 — Swissrulings