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Bundesverwaltungsgericht 16.11.2011 C-558/2011

16. November 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,956 Wörter·~10 min·1

Zusammenfassung

Visa Schengen | Refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­558/2011 Arrêt   d u   1 6   n o v emb r e   2011 Composition Jean­Daniel Dubey (président du collège),  Andreas Trommer, Elena Avenati­Carpani, juges, Aurélia Chaboudez, greffière. Parties A._______,    représentée par Caritas Genève ­ Service Juridique,  Rue de Carouge 53, case postale 75, 1211 Genève 4, recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen.

C­558/2011 Page 2 Faits : A.   A.a A._______, ressortissante égyptienne née le (…) 1949, est entrée en  Suisse  le  31  janvier  2009,  au  bénéfice  d'un  visa  d'une  durée  de  trois  mois.  A.b  Le  9  mars  2009,  elle  a  déposé  une  demande  de  regroupement  familial auprès de l'Office cantonal de la population du canton de Genève  (ci­après :  OCP)  afin  de  rester  auprès  de  sa  fille  B._______,  titulaire  d'une  autorisation  d'établissement  en  Suisse.  Par  courrier  du  30  mars  2009, elle a demandé si elle pouvait rester en Suisse durant la procédure.  Dans une lettre du 9 avril 2009, B._______ a expliqué que sa mère, qui  était veuve, était venue en Suisse pour l'aider à garder ses deux jumelles  de  neuf  ans  et  son  fils  de  cinq  ans  lors  de  l'accouchement  de  son  quatrième  enfant,  qui  a  eu  lieu  le  10  février  2009,  et  qu'étant  donné  qu'elle  travaillait  à  temps  partiel,  également  le  week­end  et  les  jours  fériés,  elle  avait  encore  besoin  d'elle  pour  garder  ses  enfants,  en  particulier  sa  dernière  fille,  C._______,  qui  était  atteinte  de  surdité  et  nécessitait davantage de soins et d'attention et qui n'avait aucune place  en crèche.  Il  ressort d'un courrier de B._______ du 8  juin 2009 que ses  deux frères et sa sœur sont domiciliés à Alexandrie, qu'une sœur de sa  mère réside en Suisse, que sa mère a toujours résidé à Alexandrie et que  si elle sollicitait une autorisation de séjour en faveur de celle­ci, c'était en  raison de  l'atteinte  à  la  santé  de  sa petite  fille  et  de  l'accompagnement  particulier qu'elle nécessitait,  ce qui avait  complètement bouleversé  leur  vie  familiale.  Elle  a  joint  à  son  envoi  des  documents  concernant  sa  situation  financière,  notamment  des  attestations  selon  lesquelles  la  famille était  assistée par  l'aide sociale,  et  en a  fait  parvenir  d'autres  les  29 juin et 6  juillet 2009. Par décision du 13 août 2009,  l'OCP a  rejeté  la  demande d'autorisation de séjour de  l'intéressée,  considérant qu'elle ne  se  trouvait  pas  dans  une  situation  de  détresse  personnelle  au  sens  de  l'art.  30  al.  1  let.  b  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre  2005  sur  les  étrangers (LEtr, RS 142.20) et a prononcé son renvoi de Suisse.  A.c  Le  8  septembre  2009,  B._______  a  rappelé  que  sa  mère  était  retraitée et a demandé à ce que sa demande d'autorisation de séjour soit  examinée au regard de l'art. 28 LEtr (autorisation de séjour pour rentiers).  Elle  a  par  ailleurs  fait  valoir  qu'elle  s'était  séparée  de  son mari  courant  2009, et que ce dernier était  retourné en Egypte avec son  fils. L'OCP a  rejeté  cette  demande  par  décision  du  5 octobre  2009,  ordonnant  à 

C­558/2011 Page 3 nouveau  à  A._______  de  quitter  la  Suisse,  ce  qu'elle  a  fait  le  1er novembre 2009.  B.  Le 11 août 2010, A._______ a déposé une demande de visa auprès de  l'Ambassade de Suisse au Caire, en vue de venir rendre visite à sa fille et  à  ses  petits­enfants  pendant  trois  mois.  Dans  une  lettre  d'invitation  du  19 juillet 2010, sa fille a exposé qu'elle vivait seule avec ses jumelles de  onze ans et sa fille de seize mois, que sa mère viendrait voir ses petits­ enfants  et  lui  apporter  du  soutien  car  elle  devrait  se  rendre  à  de  nombreuses  consultations  médicales.  Elle  a  indiqué  que  sa  mère  retournerait  ensuite  en  Egypte  rejoindre  ses  trois  autres  enfants  et  a  relevé que l'OCP avait mentionné dans sa décision du 13 août 2009 qu'il  examinerait  avec  bienveillance  une  demande  de  visa  en  faveur  de  l'intéressée. B._______ s'est engagée à prendre en charge  les  frais  liés  au séjour de sa mère, y compris d'éventuels frais médicaux.  C.   C.a  Suite  au  refus  de  l'ambassade  précitée  de  délivrer  le  visa  requis,  A._______  a  formé  opposition  le  20 septembre  2010  auprès  de  l'ODM,  par  l'intermédiaire  de  son  mandataire.  Elle  a  invoqué  qu'elle  était  déjà  venue  en  Suisse  et  était  repartie  dans  le  délai  qui  lui  avait  été  imparti  suite au rejet de sa demande d'autorisation de séjour. Elle a exposé que  sa petite­fille C._______ devait être hospitalisée  le 6 octobre 2010, que  sa fille aurait alors beaucoup de peine à assumer toutes ses obligations,  familiales et professionnelles, puisqu'elle  travaillait à mi­temps dans une  résidence  pour  personnes  âgées,  et  qu'elle  souhaitait  la  rejoindre  pour  l'aider  à  s'occuper  des  enfants  pendant  la  durée  de  la  prise  en  charge  hospitalière de C._______. Elle a fait valoir qu'elle avait démontré par son  attitude  qu'elle  était  respectueuse  des  décisions  des  autorités  et  s'est  engagée à retourner en Egypte à l'issue de son séjour. Elle a produit un  relevé  de  compte,  une  copie  d'une  police  d'assurance  voyage  et  des  attestations  médicales  concernant  l'opération  de  C._______,  qui  mentionnaient  que  B._______  aurait  besoin  d'une  aide  pour  la  surveillance postopératoire de l'enfant. C.b Le 5 novembre 2010, elle a fait savoir que la date de  l'opération de  C._______ avait été reportée au 29 novembre 2010.  D.  Par  décision  du  3  janvier  2011,  l'ODM  a  rejeté  l'opposition  du 

C­558/2011 Page 4 20 septembre  2010  et  confirmé  le  refus  d'autorisation  d'entrée  dans  l'Espace  Schengen  concernant  A._______,  au  motif  que  sa  sortie  de  Suisse  n'était  pas  suffisamment  assurée  au  vu  de  sa  situation  personnelle et de la situation socio­économique prévalant dans son pays.  Il  a  retenu  que  l'invitée,  en  étant  entrée  sous  le  couvert  d'une  visite  familiale temporaire puis en déposant, une fois en Suisse, une demande  d'autorisation de séjour, avait clairement démontré qu'elle avait la volonté  de s'installer à long terme en Suisse et qu'elle ne disposait pas d'attaches  particulièrement  étroites  en  Egypte  puisqu'elle  pouvait  s'absenter  longtemps de ce pays.  E.  L'intéressée  a  recouru  contre  cette  décision  auprès  du  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après :  le  Tribunal  ou  le  TAF)  par  acte  du  18 janvier 2011. Elle a invoqué qu'elle vivait de sa rente et de la retraite  de son mari décédé en 2003, que début 2009,  la vie familiale de sa fille  avait commencé à se détériorer et la naissance d'une enfant handicapée  n'avait pas amélioré  la situation, que sa  fille s'était alors  retrouvée avec  trois enfants à charge, un travail et un mari souvent absent et avait émis  le  souhait  que  l'intéressée  puisse  rester  auprès  d'elle  pour  la  seconder  dans  ses  tâches  quotidiennes.  Elle  a  fait  valoir  qu'elle  avait  eu  un  comportement exemplaire et respecté les règles relatives à la procédure  des demandes d'autorisation de séjour, qu'elle avait quitté la Suisse suite  au  rejet  de  sa  demande,  sans  faire  recours  contre  celle­ci,  ayant  été  rassurée  par  la  promesse  de  l'OCP  d'examiner  avec  bienveillance  une  demande de visa pour entrées multiples,  car  ce qu'elle  souhaitait  avant  tout  était  d'avoir  la  possibilité  de  venir  auprès  de  sa  fille  pour  l'aider  pendant certaines périodes. Concernant la situation socioéconomique de  l'Egypte,  elle  a  relevé  qu'il  s'agissait  de  la  troisième  puissance  économique d'Afrique, que c'était dans ce pays qu'elle avait toujours vécu  et  où  se  trouvait  la  quasi­totalité  de  sa  famille.  Elle  a  ajouté  qu'elle  ne  parlait pas français, que sa fille avait compris qu'elle n'avait pas droit à un  titre  de  séjour  en Suisse  et  respectait  cette  décision,  et  que  celle­ci  ne  pouvait  pas  se  rendre  en  Egypte  au  risque  d'y  rester  bloquée  du  fait  qu'elle était  séparée  judiciairement de son mari,  soit une séparation qui  n'était pas acceptée dans ce pays. La recourante a sollicité des mesures  provisionnelles urgentes  tendant à  lui  permettre de venir  rapidement en  Suisse  pour  que  l'opération  de  sa  petite­fille  puisse  avoir  lieu  avant  les  deux ans de l'enfant, tel qu'il était nécessaire pour des raisons médicales,  comme  le  confirmait  un  certificat  du  11  janvier  2011.  Elle  a  conclu  à  l'octroi d'un visa d'une durée de trois mois. 

C­558/2011 Page 5 F.  Le Tribunal  a  rejeté  la  requête de mesures provisionnelles par décision  incidente du 25 janvier 2011.  G.  L'ODM a estimé que  le  recours ne contenait aucun élément nouveau et  en  a  proposé  le  rejet  dans  sa  détermination  du  26  avril  2011,  envoyée  pour information à la recourante le 5 mai 2011.  H.  Par  courrier  du  14  novembre  2011,  la  recourante  a  fait  savoir  que  C._______ serait hospitalisée  le 9 décembre 2011 en vue d'être opérée  le 12 décembre 2011, conformément à l'attestation médicale produite, et  a demandé à pouvoir venir assister sa  fille à  l'occasion de  l'opération et  de la convalescence de sa petite­fille. Droit : 1.   1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure  administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à  l'art. 33 LTAF. En  particulier,  les  décisions  en  matière  de  refus  d'autorisation  d'entrée  prononcées  par  l'ODM  (cf.  art.  33  let. d  LTAF)  sont  susceptibles  de  recours  au  Tribunal,  qui  statue  définitivement  (cf.  art.  1  al.  2  LTAF  en  relation avec l'art. 83 let. c ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3. L'intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans  la  forme  et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable  (cf.  art. 50 et 52 PA).

C­558/2011 Page 6 2.  La recourante peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité  de  recours  (cf.  art.  49  PA).  Dans  le  cadre  de  la  procédure  de  recours, le TAF applique d'office le droit fédéral. Conformément à l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par  les  motifs  invoqués  à  l'appui  du  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres  motifs  que  ceux  invoqués  (cf.  ATAF  2011/1 consid. 2 p. 4). 3.  La  politique  des  autorités  suisses  en matière  de  visa  joue  un  rôle  très  important dans la prévention de l'immigration clandestine (cf. à ce sujet le  Message  concernant  la  loi  sur  les  étrangers  du  8 mars  2002,  FF  2002  3493).  Aussi,  elles  ne  peuvent  accueillir  tous  les  étrangers  qui  désirent  venir dans ce pays, que ce soit pour des séjours de courte ou de longue  durée  et  peuvent  donc  légitimement  appliquer  une  politique  restrictive  d'admission (cf. ATF 135 I 143 consid. 2.2 p. 147; ALAIN WURZBURGER, La  jurisprudence  récente  du  Tribunal  fédéral  en  matière  de  police  des  étrangers, Revue de Droit administratif et de Droit  fiscal  [RDAF] 1997  I,  p. 287).  La  législation suisse sur  les étrangers ne garantit aucun droit ni quant à  l'entrée  en Suisse,  ni  quant  à  l'octroi  d'un  visa. Comme  tous  les  autres  Etats,  la  Suisse  n'est  en  principe  pas  tenue  d'autoriser  l'entrée  de  ressortissants  étrangers  sur  son  territoire. Sous  réserve  des  obligations  découlant  du  droit  international,  il  s'agit  d'une  décision  autonome  (cf.  Message précité, FF 2002 3531; voir également ATF 135 II 1 consid. 1.1  p. 4). 4.   4.1. Les  dispositions  sur  la  procédure  en matière  de  visa  ainsi  que  sur  l'entrée  en  Suisse  et  la  sortie  de  ce  pays  ne  s'appliquent  que  dans  la  mesure où les accords d'association à Schengen, qui sont mentionnés à  l'annexe  1,  ch.  1  de  la  LEtr  ne  contiennent  pas  de  dispositions  divergentes (cf. art. 2 al. 4 et 5 LEtr).

C­558/2011 Page 7 4.2.  S'agissant  des  conditions  d'entrée  en  Suisse  pour  un  séjour  n'excédant  pas  trois  mois,  l'art.  2  al.  1  de  l'ordonnance  du  22  octobre  2008  sur  l'entrée  et  l'octroi  de  visas  (OEV,  RS  142.204)  renvoie  au  Règlement  (CE)  no 562/2006  du  Parlement  européen  et  du Conseil  du  15 mars  2006  établissant  un  code  communautaire  relatif  au  franchissement  des  frontières  par  les  personnes  (code  frontières  Schengen [JO L 105 du 13 avril 2006 p. 1­32]), dont l'art. 5 a été modifié  par le Règlement (UE) no 265/2010 du Parlement européen et du Conseil  du  25  mars  2010  modifiant  la  convention  d'application  de  l'accord  de  Schengen  et  le  Règlement  (CE)  no  562/2006  en  ce  qui  concerne  la  circulation des personnes titulaires d'un visa de  long séjour (JO L 85 du  31  mars  2010).  L'art.  5  par.  1  du  code  frontières  Schengen  définit  les  conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers. Ceux­là doivent  être en possession d'un document ou de documents de voyage en cours  de  validité  permettant  le  franchissement  de  la  frontière  et  –  s'ils  sont  soumis à l'obligation du visa – être en possession d'un visa en cours de  validité  (let. a et b).  Ils doivent  justifier  l'objet et  les conditions du séjour  envisagé, et  disposer des moyens de subsistance suffisants  (let.  c). En  outre, ils ne doivent pas être signalés aux fins de non­admission dans le  Système d'information Schengen (SIS) et ne pas être considérés comme  constituant une menace pour l'ordre public, la sécurité intérieure, la santé  publique ou les relations internationales de l'un des Etats membres (let. d  et  e).  Les  conditions  d'entrée  ainsi  prévues  correspondent,  pour  l'essentiel, à celles posées à l'art. 5 LEtr. 4.3. Cela est d'ailleurs corroboré par le Règlement (CE) no 810/2009 du  Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code  communautaire  des  visas  (code  des  visas  [JO  L  243  du  15 septembre  2009]), aux termes duquel  il appartient au demandeur de visa de fournir  des  informations permettant d'apprécier sa volonté de quitter  le  territoire  des Etats membres avant l'expiration du visa demandé (cf. art. 14 par. 1  let.  d du code des visas) et  une attention particulière est accordée à  la  volonté du demandeur de visa de quitter  le territoire des Etats membres  avant la date d'expiration du visa demandé (cf. art. 21 par. 1 du code des  visas). 4.4. Si les conditions générales d'entrée précitées – à l'exception de celle  du  visa  –  ne  sont  pas  remplies,  un  "visa  uniforme",  valable  pour  l'ensemble de l'Espace Schengen (cf. art. 2 par. 3 du code des visas), ne  peut pas être délivré (art. 12 OEV, art. 32 du code des visas). Cependant,  lorsqu'un Etat membre  l'estime nécessaire pour des motifs humanitaires  ou  d'intérêt  national  ou  en  raison  d'obligations  internationales,  il  a  la 

C­558/2011 Page 8 possibilité de délivrer, à titre exceptionnel, au ressortissant d'un Etat tiers  qui  ne  remplit  pas  les  conditions  ordinaires  d'entrée,  un  "visa  à  validité  territoriale  limitée"  (sur cette notion, cf. art. 2 par. 4 du code des visas).  Ce  visa  n'est  en  principe  valable  que  pour  le  territoire  de  l'Etat  qui  l'a  délivré  (art. 12 al. 1 en  relation avec art. 2 al. 4 OEV, art. 32 par. 1 en  relation avec art. 25 par. 1 let. a ch. i et par. 2 du code des visas, et art. 5  par. 4 let. c du code frontières Schengen).   5.  Le Règlement (CE) no 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 (JO L 81 du  21  mars  2001,  p.  1­7)  différencie,  en  son  art.  1  par.  1  et  2,  les  ressortissants  des  Etats  tiers  selon  qu'ils  sont  soumis  ou  non  à  l'obligation  du  visa. En  tant  que  ressortissante  d'Egypte, A._______ est  soumise à l'obligation du visa. 6.   6.1. Dans  la  décision  querellée,  l'ODM  a  refusé  d'autoriser  l'entrée  en  Suisse de  la prénommée au motif  que son départ  à  l'échéance du visa  sollicité n'apparaissait pas suffisamment assuré. 6.2. Afin de déterminer si l'étranger présente les garanties nécessaires à  sa  sortie  de  Suisse,  l'autorité  se  base,  d'une  part,  sur  la  situation  politique,  sociale  et  économique  prévalant  dans  le  pays  de  provenance  de  l'intéressé  et,  d'autre  part,  sur  sa  situation  personnelle,  familiale  et  professionnelle  afin  d'évaluer  le  comportement  de  l'étranger  une  fois  arrivé en Suisse. 6.3. A  ce  sujet,  il  faut  prendre  en  considération  la  qualité  de  vie  et  les  conditions  économiques  particulières  que  connaît  l'ensemble  de  la  population  en  Egypte,  pays  où  le  taux  de  chômage  atteignait  presque  10%  en  2009  et  le  produit  intérieur  brut  (PIB)  par  habitant  ne  s'élevait  qu'à USD 5349 en 2010, soit un niveau environ dix  fois  inférieur à celui  de la Suisse. La révolution égyptienne, qui a conduit en février 2011 à la  démission  du  président  Moubarak,  en  poste  depuis  29  ans,  est  venue  entraver  la  sortie  de  la  crise  économique  mondiale  de  l'Egypte,  pour  laquelle l'année 2011 s'annonce difficile (cf. site internet du Ministère des  affaires  étrangères  et  européennes  de  la  République  française  www.diplomatie.gouv.fr  >  Pays­zones  géo  >  Egypte  >  Présentation,  consulté en octobre 2011). Ces conditions ne sont pas sans exercer une  pression  migratoire  importante,  cette  tendance  étant  encore  renforcée 

C­558/2011 Page 9 lorsque les personnes concernées peuvent s'appuyer à l'étranger sur un  réseau social (parents, amis) préexistant, ce qui est le cas en l'espèce 6.4. Ainsi, on ne saurait d'emblée écarter  les craintes émises par  l'ODM  que l'intéressée ne cherche à prolonger son séjour en Suisse au­delà de  la validité du visa sollicité. Cela étant, l'autorité ne saurait se fonder sur la  seule situation prévalant dans  le pays de provenance de  l'étranger pour  conclure à l'absence de garantie quant à sa sortie ponctuelle de Suisse,  mais  doit  également  prendre  en  considération  les  particularités  du  cas  d'espèce  (cf. ATAF  2009/27  consid. 7  et  8  p. 345).  Si  un  invité  assume  dans  son  pays  d'origine  d'importantes  responsabilités,  tant  au  plan  professionnel, social que familial, on pourra établir un pronostic favorable  quant  à  son  départ  de  Suisse  à  l'issue  de  la  validité  de  son  visa.  Au  contraire,  si  un  invité n'a pas d'obligations  significatives dans son pays,  on  considère  comme  élevé  le  risque  d'un  comportement  contraire  aux  prescriptions de police des étrangers. 6.5. En l'occurrence, trois des enfants de A._______ vivent en Egypte. Si  ces  attaches  familiales  peuvent,  dans  une  certaine  mesure,  inciter  l'intéressée  à  retourner  dans  sa  patrie  au  terme  du  séjour  envisagé  en  Suisse, elles ne sauraient  toutefois suffire, à elles seules, à garantir son  retour, au vu d'une part, du contexte socioéconomique et politique dans  lequel  se  trouve  l'Egypte,  et  surtout,  d'autre  part,  de  la  présence de  sa  fille et de ses petits­enfants en Suisse ainsi que de la volonté de s'établir  dans  ce  pays  pour  les  assister  qu'elle  a manifestée  par  le  biais  de  sa  demande d'autorisation de séjour en mars 2009. Dans la mesure où elle  est  retraitée,  elle  ne  possède  pas  non  plus  d'attaches  professionnelles  susceptibles  de  l'inciter  à  regagner  son pays d'origine  au  terme de  son  séjour.  Elle  serait  ainsi  parfaitement  à même  de  se  créer  une  nouvelle  existence  hors  de  sa  patrie,  sans  que  cela  n'entraîne  pour  elle  des  difficultés majeures sur le plan personnel ou familial, ce que confirme son  précédent séjour en Suisse qui a duré neuf mois au total.  6.6.  Les  craintes  évoquées  en  ce  qui  concerne  la  poursuite  par  A._______  de  son  séjour  sur  sol  helvétique  s'avèrent  d'autant  plus  fondées que dans sa lettre d'invitation du 19 juillet 2010, sa fille a exposé  qu'elle vivait seule avec ses jumelles de onze ans et sa fille de seize mois  et que sa mère viendrait voir ses petits­enfants et lui apporter du soutien  car elle devrait se rendre à de nombreuses consultations médicales. De  plus, la recourante a précisé, dans son opposition du 20 septembre 2010,  que sa fille souhaitait qu'elle vienne la rejoindre pour la soutenir et surtout  l'aider à s'occuper des enfants pendant la prise en charge médicale de la 

C­558/2011 Page 10 petite C._______, qui devait subir une opération (au vu des circonstances  familiales  et  personnelles  du  cas  d'espèce,  cette  aide  familiale  ne  doit  toutefois  pas  être  considérée  comme  une  activité  lucrative  au  sens  de  l'art. 11 al. 2 LEtr, subordonnée à l'octroi d'une autorisation de séjour [cf.  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­2882/2010  du  20  juin  2011  consid.  4.2  et  références  citées]).  Il  faut  rappeler  à  cet  égard  que  A._______ a déposé une demande d'autorisation de  séjour  lors de  son  dernier séjour en Suisse en mars 2009 en vue de pouvoir assister sa fille,  de sorte qu'il ne peut être exclu qu'une fois en Suisse au bénéfice du visa  sollicité, des démarches en vue d'une prolongation de son séjour soient à  nouveau entreprises afin qu'elle puisse  rester auprès de sa  fille au­delà  de  la  durée  du  visa  requis. Par  ailleurs,  le  fait  que  lors  de  son premier  séjour,  elle  avait  expressément  demandé  si  elle  était  autorisée  à  séjourner  en Suisse durant  la  procédure,  de même que  le  fait  qu'elle  a  respecté  le délai de  renvoi suite au  rejet de sa demande ne permettent  pas  de  garantir  qu'elle  quittera  la  Suisse  dans  les  délais.  En  effet,  le  risque qu'elle prolonge une nouvelle  fois son séjour apparaît aujourd'hui  d'autant  plus  élevé  que  l'invitante,  tout  en  travaillant  à mi­temps,  élève  désormais seule ses trois enfants suite à sa séparation avec son mari et  le  retour  de  celui­ci  en  Egypte  en  2009.  Au  demeurant,  on  peut  se  demander si, au vu de sa situation professionnelle et familiale, l'invitante  dispose  des  moyens  financiers  nécessaires  pour  couvrir  les  frais  de  séjour de la recourante. 6.7.  Au  vu  de  ce  qui  précède,  c'est  à  juste  titre  que  l'ODM  a  refusé  d'octroyer un visa Schengen uniforme  (cf. art. 14 par. 1  let. d et art. 21  par.  1  du  code  des  visas,  de  même  qu'art.  5  al.  2  LEtr).  La  décision  attaquée doit dès lors être confirmée sur ce point et  le recours rejeté en  tant qu'il portait sur l'octroi d'un visa Schengen uniforme.  7.   Il reste cependant à examiner si les conditions d'octroi d'un visa à validité  territoriale limitée (VTL) sont remplies.  7.1. Comme  vu  ci­dessus,  un  visa  VTL  peut  être  délivré  lorsqu'un  Etat  membre  estime  nécessaire,  pour  des  raisons  humanitaires,  pour  des  motifs  d'intérêt  national  ou  pour  honorer  des  obligations  internationales  de  déroger  au  principe  du  respect  des  conditions  d'entrée  prévues  à  l'art. 5 par. 1 let. a, c, d et e du code frontières Schengen (art. 25 par. 1  let.  a  ch.  i  du  code  des  visas,  art.  5  par.  4  let.  c  du  code  frontières  Schengen,  art.  12  al.  1  en  relation  avec  art.  2  al.  4  OEV).  En  règle  générale,  l'Etat  membre  concerné  va  baser  sa  décision  sur  une  pesée 

C­558/2011 Page 11 des  intérêts,  mais  ne  devrait  admettre  une  dérogation  aux  conditions  générales d'entrée qu'avec une certaine retenue, comme cela ressort du  texte  de  la  loi.  Eu  égard  au  principe  de  coopération  loyale  qui  est  à  la  base  de  l'acquis  de  Schengen  (cf.  arrêt  de  la  Cour  de  justice  des  Communautés  européennes  [CJCE]  du  31  janvier  2006,  Commission  /  Espagne,  C­503/03,  par.  37  et  56),  l'Etat membre  doit  tenir  compte  de  manière  appropriée  du  fait  que  sa  décision  d'octroyer  un  visa  VTL  ne  touche  pas  seulement  ses  propres  intérêts, mais  peut  également  nuire  aux  intérêts  des  autres  Etats  Schengen  en  raison  de  l'absence  de  contrôle des personnes aux frontières intérieures de l'Espace Schengen.  L'Etat concerné est dès lors garant de ses propres intérêts comme ceux  des autres Etats Schengen  (cf. arrêt du Tribunal administratif  fédéral C­ 2882/2010 précité consid. 8.1). 7.2. En  l'occurrence,  il  faut  constater que  l'invitante  se  trouve dans une  situation difficile du fait qu'elle élève seule ses trois enfants, dont l'un a de  graves problèmes de santé, qu'elle travaille à temps partiel et qu'elle est  en partie soutenue par l'aide sociale, de sorte qu'elle n'a pas la possibilité  de se rendre en Egypte pour voir sa mère. Le Tribunal estime qu'au vu de  ces  circonstances  familiales  particulières,  l'intérêt  à  autoriser  la  recourante à venir auprès de sa fille et ses petits­enfants pour une durée  limitée  à  trois  mois  doit  l'emporter  sur  l'intérêt  public  au  respect  des  conditions  d'entrée,  et  qu'on  est  dès  lors  en  présence  de  raisons  humanitaires qui justifient l'octroi d'un visa VTL à la recourante.  8.  Compte  tenu  de  ce  qui  précède,  le  recours  est  partiellement  admis,  la  décision  du  3 janvier  2011  est  annulée  et  l'ODM  invité  à  octroyer  à  la  recourante,  pour  une  durée  de  trois  mois,  un  visa  à  validité  territoriale  limitée  basé  sur  l'art. 5  par.  4  let.  c  du  code  frontières  Schengen  en  relation avec  l'art. 2 al. 4 OEV et  l'art. 25 par. 1  let. a ch.  i du code des  visas.  Il  conviendra  toutefois  de  soumettre  l'octroi  du  visa  à  la  présentation d'un passeport valable, d'un billet d'avion aller et retour ainsi  que d'une assurance maladie et accidents conclue en faveur de  l'invitée  pour la durée de son séjour en Suisse. 9.  Obtenant  partiellement  gain  de  cause,  il  y  a  lieu  de  mettre  des  frais  réduits  à  la  charge  de  la  recourante,  à  hauteur  de  Fr. 350.­  (cf.  art.  63  al. 1 PA et art. 1ss du règlement du 21 février 2008 concernant les frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS 173.320.2]).  La  recourante a par ailleurs droit à des dépens partiels 

C­558/2011 Page 12 pour  les  frais nécessaires et  relativement élevés causés par  le  litige (cf.  art.  7  FITAF).  Au  vu  de  l'ensemble  des  circonstances  du  cas,  de  l'importance  de  l'affaire,  du  degré  de  difficulté  de  cette  dernière,  de  l'ampleur  du  travail  accompli  par  le  mandataire,  le  Tribunal  estime,  au  regard des art. 8ss FITAF, que le versement d'un montant de Fr. 500.­ à  titre de dépens (TVA comprise) apparaît comme équitable en la présente  cause (cf. art. 14 al. 2 FITAF).  (dispositif page suivante) 

C­558/2011 Page 13 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est partiellement admis, dans le sens des considérants. 2.  La décision attaquée est annulée et l'ODM est invité à délivrer un visa à  validité territoriale limitée à la recourante dans le sens des considérants.  3.  Des  frais  de  procédure  réduits,  d'un  montant  de  350.­,  sont  mis  à  la  charge de la recourante. Ce montant est compensé par l'avance de frais  de  Fr. 700.­  versée  le  31  janvier  2011.  Le  service  financier  du  Tribunal  restituera le solde de Fr. 350.­ à la recourante. 4.  L'autorité inférieure versera à la recourante un montant de Fr. 500.­ à titre  de dépens réduits. 5.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé ; annexe : formulaire "adresse de  paiement" à retourner au Tribunal, dûment rempli) – à l'autorité inférieure (avec dossier n° SYMIC 15592720) – à  l'Office cantonal de  la population, service étrangers et confédérés,  Genève (en copie, pour information ; avec dossier cantonal en retour) Le président du collège : La greffière : Jean­Daniel Dubey Aurélia Chaboudez Expédition :

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