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Bundesverwaltungsgericht 01.09.2011 C-3066/2010

1. September 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,334 Wörter·~12 min·2

Zusammenfassung

Annulation de la naturalisation facilitée | Annulation de la naturalisation facilitée

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour III C­3066/2010 Arrêt   d u   1 e r   sept emb r e   2011 Composition Jean­Daniel Dubey (président du collège),  Marianne Teuscher, Bernard Vaudan, juges, Aurélia Chaboudez, greffière. Parties A._______,  (…),  recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,   autorité inférieure.  Objet Annulation de la naturalisation facilitée.

C­3066/2010 Page 2 Faits : A.  Ressortissant kosovar né le (…) 1977, A._______ est entré en Suisse le  12  octobre  1994  et  y  a  déposé  une  demande  d'asile,  qui  a  été  définitivement  écartée  le  1er  juillet  1995.  Annoncé  comme  disparu  le  21 avril  1998,  il  est  revenu  en  Suisse  le  18  mai  1998,  a  bénéficié  de  l'admission  provisoire  collective  du  7  juin  au  16  août  1999,  et  sa  disparition a de nouveau été constatée le 20 septembre 2000. B.    B.a  Le  5  avril  2002,  il  a  épousé  au  Kosovo  une  ressortissante  suisse,  B._______,  née  le  (…)  1978,  qu'il  a  ensuite  rejointe  en  Suisse.  Se  fondant sur cette union, il a rempli, le 28 septembre 2004, une demande  de  naturalisation  facilitée  au  sens  de  l'art.  27  de  la  loi  fédérale  du  29 septembre  1952  sur  l'acquisition  et  la  perte  de  la  nationalité  suisse  (LN, RS 141.0).   B.b Dans  le  cadre  de  l'instruction  de  cette  demande,  l'intéressé  et  son  épouse  ont  contresigné,  le  8  février  2006,  une  déclaration  écrite  aux  termes  de  laquelle  ils  confirmaient  vivre  en  communauté  conjugale  effective  et  stable,  résider  à  la  même  adresse  et  n'envisager  ni  séparation, ni divorce. L'attention de l'intéressé a en outre été attirée sur  le  fait  que  la  naturalisation  facilitée  ne  pouvait  être  octroyée  lorsque,  avant  ou  pendant  la  procédure  de  naturalisation,  l'un  des  conjoints  demandait  le divorce ou  la séparation ou que  la communauté conjugale  effective  n'existait  pas,  et  que  si  cet  état  de  fait  était  dissimulé,  la  naturalisation facilitée pouvait ultérieurement être annulée.   C.  Par décision du 31 mars 2006, l'ODM a accordé la naturalisation facilitée  à A._______, lui conférant par là­même les droits de cité de son épouse. D.  Le  13  mars  2008,  l'ODM  a  informé  l'intéressé  qu'il  se  voyait  contraint  d'examiner s'il y avait lieu d'annuler sa décision de naturalisation facilitée,  étant donné la séparation de celui­ci d'avec son épouse, le 31 décembre  2006, et leur divorce prononcé [recte : entré en force] le 11 octobre 2007.  Un  délai  de  trente  jours  a  été  fixé  à  l'intéressé  pour  faire  part  de  ses  observations et autoriser l'office précité à consulter le dossier de divorce  auprès de l'autorité judiciaire compétente.

C­3066/2010 Page 3 E.  Par courrier du 26 mars 2008, B._______ et A._______ ont indiqué qu'ils  s'étaient séparés en juin 2007 et non en décembre 2006, que l'intéressée  avait quitté son mari à cause de sa culture qu'elle avait eu de la peine à  supporter vers  janvier 2007, qu'ils étaient  restés amis et  tentaient de se  remettre ensemble, envisageant même de se remarier si tout se déroulait  bien.  Ils  ont  fait  valoir  la  bonne  intégration  de A._______ et  ont  produit  leur  jugement  de  divorce,  lequel  a  été  prononcé  le  30  août  2007  sur  requête commune, déposée le 13 juin 2007, avec accord complet sur les  effets accessoires. F.  Il  ressort  du  dossier  que  les  intéressés  étaient  tous  deux  domiciliés  à  Z._______ jusqu'au 31 décembre 2006, puis à Y._______ depuis janvier  2007, commune que B._______ a quitté le 31 août 2007. G.  Auditionnée  le  1er  juillet  2008,  B._______  a  déclaré,  pour  l'essentiel,  qu'elle avait fait la connaissance de son ex­époux en 2001, qu'ils avaient  commencé à se fréquenter en juillet 2001, que l'intéressé avait dû rentrer  au  Kosovo  fin  2001­début  2002  suite  au  rejet  de  sa  demande  d'asile,  qu'elle était allée  le retrouver en février 2002, qu'ils avaient alors décidé  ensemble  de  se  marier,  qu'ils  souhaitaient  avoir  des  enfants  mais  voulaient  d'abord  faire  des  économies,  que  leur  union  s'était  bien  déroulée  jusqu'au  début  de  l'année  2007,  lorsqu'ils  avaient  déménagé  dans un appartement de 4 pièces et demie dans lequel  les membres de  la  famille de  l'intéressé avaient commencé à s'inviter  régulièrement, que  ce dernier n'osait rien dire car, dans sa culture, cela ne se faisait pas de  dire non à sa famille, que  le manque d'intimité était devenu pesant pour  elle,  qu'elle  n'osait  rien dire  non plus pour  ne pas endosser  le mauvais  rôle, que leurs problèmes conjugaux avaient alors commencé, que face à  une situation qui ne s'améliorait pas, elle avait  finalement dit à son mari  que cela ne pouvait plus continuer et qu'elle voulait divorcer, ce que ce  dernier avait accepté « la mort dans l'âme ». Elle a exposé qu'ils avaient  des  loisirs  communs,  qu'ils  passaient  leurs  vacances  principalement  au  Kosovo, où elle avait  rencontré  la  famille de son ex­mari, qu'elle n'avait  pas  pu  l'accompagner  chaque  fois  là­bas  du  fait  qu'elle  n'avait  pas  les  vacances en même temps que  lui, qu'il avait été question de séparation  dès  le  début  du  printemps  2007,  qu'ils  avaient  continué  à  habiter  ensemble jusqu'au prononcé du divorce et qu'elle avait quitté le domicile  conjugal  fin  juin  2007,  que  leur  communauté  conjugale  était  stable  au  moment de la signature de la déclaration de vie commune, qu'ils avaient 

C­3066/2010 Page 4 continué à avoir une vie de couple normale après la naturalisation de son  ex­époux et qu'aucun événement particulier n'était  intervenu  juste après  la  naturalisation.  Enfin,  elle  a mentionné  qu'ils  entretenaient  à  nouveau  une  relation  amoureuse  depuis  novembre  2007  et  qu'ils  allaient  se  remarier. H.  Invité  à  se  déterminer  sur  le  procès­verbal  de  l'audition  de  son  ex­ épouse,  A._______  a  déclaré,  par  courrier  du  15  juillet  2008,  qu'ils  allaient se remarier et souhaitaient fonder une famille et il s'est prévalu de  sa bonne intégration. I.  Le 12 mars 2009, C._______, une ressortissante kosovare, a engagé des  démarches  en  vue  de  se  marier  avec  A._______.  Il  ressort  des  déclarations que  le prénommé a alors  tenues à  l'état  civil  du canton de  Fribourg  que  la  tentative  de  reprise  de  la  vie  commune  avec  son  ex­ épouse n'avait pas abouti, qu'ils avaient  rompu  fin décembre 2008, qu'il  avait  fait  connaissance  de  sa  fiancée  en  août  2008  et  qu'ils  avaient  décidé de se marier en janvier 2009. J.  L'ODM  a  donné  la  possibilité  à  l'intéressé  de  se  déterminer  sur  ces  éléments,  ce  qu'il  a  fait,  par  l'intermédiaire  de  son  mandataire,  par  courriers des 6  juillet et 4 août 2009.  Il a allégué qu'il n'avait pris aucun  engagement  quant  à  un  futur  mariage  avec  C._______,  qu'il  l'avait  rencontrée par l'intermédiaire de sa sœur, qu'il souhaitait lui permettre de  venir  en  visite  en  Suisse,  que  c'était  son  ex­épouse  qui  avait  pris  l'initiative du divorce, que son union conjugale avec celle­ci était sincère,  que  leur  divorce  avait  été  prononcé  il  y  a  plus  de  deux  ans,  ce  qui  démontrait qu'il n'avait pas eu l'intention de refaire sa vie avec une autre  femme  une  fois  la  naturalisation  facilitée  acquise.  Il  a  produit  une  attestation  de  travail  et  la  lettre  qu'il  avait  envoyée  pour  confirmer  qu'il  acceptait le divorce. K.  Le  18  août  2009,  l'ODM  a  invité  l'intéressé  à  se  déterminer  quant  aux  faits que celui­ci avait introduit sa requête de naturalisation facilitée avant  les  trois ans de mariage requis par  l'art. 27 LN, qu'il était devenu  intime  avec son ex­épouse en  juillet 2001 alors que cette dernière était encore  mariée à son précédent mari, dont elle avait divorcé le 15 février 2002 et  que  selon  des  informations  transmises  par  l'Ambassade  de  Suisse  à 

C­3066/2010 Page 5 Pristina, C._______ essayait avec persistance de venir en Suisse depuis  2001. L.  L'intéressé  a  pris  position  le  14  septembre  2009,  alléguant  que  les  autorités chargées de sa requête de naturalisation  facilitée n'avaient  fait  aucun grief au sujet du dépôt prématuré de cette dernière, que le premier  époux de B._______ avait été obligé de quitter  la Suisse à  l'époque où  celle­ci  avait  commencé  sa  relation  avec  A._______,  que  celui­ci  avait  connaissance  d'une  demande  de  visa  faite  en  2004  en  faveur  de  C._______ par  la  tante de  celle­ci, mais  qui  n'avait  aucun  rapport  avec  lui,  versant  une  attestation  à  cet  égard  ainsi  que  des  photos  de  son  mariage avec B._______. M.  Le  5  mars  2010,  l'intéressé  s'est  prononcé  sur  la  note  établie  par  le  Service  de  l'état  civil  du  canton  de  Fribourg  au  sujet  des  projets  de  mariage entre  lui et C._______. Il a en particulier relevé qu'il n'avait pas  été  formellement auditionné dans cette affaire et a mentionné qu'il avait  eu peu de contact avec  la prénommée depuis qu'il  l'avait  rencontrée en  août 2008 et qu'il n'y avait pas de mariage prévu avec elle. N.  Suite  à  la  requête  de  l'ODM,  les  autorités  compétentes  du  canton  de  Fribourg ont donné, le 18 mars 2010, leur assentiment à l'annulation de la  naturalisation facilitée de l'intéressé. O.  Par décision du 29 mars 2009 [recte : 2010], notifiée le lendemain, l'ODM  a annulé la naturalisation facilitée accordée à A._______. Il a estimé que  le  mariage  de  l'intéressé  n'était  pas  constitutif  d'une  communauté  conjugale effective et stable, que ce soit à  l'époque de  la déclaration de  vie commune du 8  février 2006 ou du prononcé de naturalisation, étant  donné  l'enchaînement  rapide  et  logique  des  faits  entre  l'arrivée  de  l'intéressé  en Suisse  comme  requérant  d'asile,  le  rejet  définitif  de  cette  demande assorti d'un renvoi, la conclusion d'un mariage lui permettant de  régulariser  sa  situation,  le  dépôt  prématuré  d'une  demande  de  naturalisation  facilitée,  son  refus  de  prendre  en  compte  les  intérêts  de  son couple malgré  les demandes  légitimes de son épouse,  l'introduction  d'une requête commune de divorce un an à peine après l'obtention de la  nationalité  et  en  l'absence  de  tout  fait  extraordinaire  propre  à  expliquer  une  rapide  déliquescence  de  l'union  conjugale,  et  l'entreprise  de 

C­3066/2010 Page 6 démarches  formelles  afin  de  conclure mariage  avec  une  ressortissante  du Kosovo qui s'était  illustrée depuis 2001 par son obstination à vouloir  obtenir un visa pour la Suisse. L'office précité a par ailleurs considéré que  le rapprochement de l'intéressé avec son ex­épouse après leur divorce se  heurtait aux démarches effectuées pour faire venir en Suisse sa fiancée  kosovare et à la requête de cette dernière expressément motivée par son  prochain mariage et non par une visite à sa tante. P.  Agissant par son mandataire,  l'intéressé a  recouru contre cette décision  par  acte  du  29  avril  2010  (date  du  timbre  postal),  régularisé  le  7  mai  2010. Il a conclu à l'annulation de la décision attaquée et au maintien de  sa  naturalisation.  Il  a  invoqué,  en  substance,  qu'au  moment  de  la  signature de  la déclaration commune et de  la décision de naturalisation  facilitée,  il  formait  une  union  conjugale  effective  et  stable  avec  son  ex­ épouse,  que  le  divorce  avait  été  initié  par  celle­ci  et  qu'il  avait  été  contraint de  l'accepter, que malgré ce divorce,  ils entretenaient  toujours  de  très bonnes  relations et avaient essayé de  refaire ménage commun,  qu'ils n'avaient pas eu conscience de  la gravité des problèmes  liés à  la  présence  régulière  de  la  famille  de  l'intéressé  chez  eux,  que  son  droit  d'être  entendu  avait  été  violé  dans  la  mesure  où  il  n'avait  pas  été  auditionné dans  le cadre des démarches  initiées par C._______ en vue  d'un  mariage  et  qu'il  n'était  pas  concerné  par  le  fait  que  celle­ci  avait  toujours voulu venir en Suisse. Q.  L'ODM a  proposé  le  rejet  du  recours  dans  sa  détermination  du  5  juillet  2010, estimant qu'il ne contenait aucun élément de nature à remettre sa  décision en question. R.  Le  recourant  a  répliqué,  le  13  août  2010,  arguant  qu'il  avait  fait  connaissance de C._______ en août 2008 par l'intermédiaire de sa sœur,  qu'il n'avait plus de contacts avec elle, mais qu'il continuait à vivre sous le  même toit que son ex­épouse malgré le divorce. S.   Par écrit du 10 octobre 2010, le recourant a répété qu'il avait rencontré la  prénommée pour la première fois en août 2008 et qu'il n'avait pris aucun  engagement en vue d'un  futur mariage avec elle.  Il a, en outre, déclaré  que C._______ était venue illégalement en Suisse, où vit sa tante, et que  toutes deux essayaient par tous les moyens de le forcer à vivre avec elle, 

C­3066/2010 Page 7 affirmant  à  cet  égard  qu'il  n'en  avait  pas  l'intention,  de  sorte  qu'elles  tentaient  de  donner  une  mauvaise  image  de  lui  aux  autorités,  par  vengeance. Il a transmis une attestation de son ex­épouse du 4 octobre  2010, dans laquelle celle­ci disait qu'ils envisageaient de reprendre la vie  commune. T.  Selon un rapport pénal du 1er octobre 2010, C._______ a déposé plainte  pour menaces et voies de  fait contre A._______, avec qui elle dit s'être  mariée au Kosovo fin 2007 et qu'elle aurait rejoint en Suisse au printemps  2010.  Auditionné  par  la  gendarmerie  fribourgeoise  le  11  octobre  2010,  l'intéressé  a  déclaré  qu'il  n'était  pas  marié  avec  C._______,  que  s'ils  figuraient  en  habits  de  mariés  sur  des  photos  qu'elle  avait  montrées,  c'était  en  raison  d'une  tradition  au  Kosovo  qui  consistait  à  fêter  ainsi  l'amitié,  qu'il  entretenait  une  relation  amoureuse  avec  elle  depuis  2008,  qu'il ne lui avait  jamais demandé de venir en Suisse, mais que c'était sa  tante qui l'avait ramenée ici, et qu'il avait déjà fait  inscrire les initiales de  C._______ sur la sonnette en vue de leur mariage.  U.  Le  22 mars  2011,  agissant  par  un  nouveau mandataire,  le  recourant  a  versé en cause son certificat  d'incorporation dans  le  corps des sapeurs  pompiers du 2 mars 2011 et une attestation de travail du 23 février 2011  et s'est prévalu de sa bonne intégration. V.   V.a Par  ordonnance  du  17 mai  2011,  le  recourant  a  été  informé  de  la  prise  en  compte,  dans  la  présente  procédure,  des  procès­verbaux  des  auditions pénales des 1er et 10 octobre 2010 ainsi que des pièces figurant  dans le dossier cantonal de C._______, et a été invité à se déterminer à  cet égard.  V.b Dans un courrier du 27 mai 2011, A._______ a soutenu que ni le fait  qu'aucun  enfant  n'était  issu  de  son  mariage  avec  B._______,  ni  la  détérioration de l'union conjugale, ni l'introduction d'une procédure auprès  de  l'état  civil  en  mars  2009  ne  devaient  être  mis  à  sa  charge,  qu'un  remariage deux ans après un divorce était chose courante, qu'il ne s'était  cependant  pas  remarié  et  n'avait  pas  l'intention  d'épouser  C._______,  que  cette  dernière  avait  retiré  sa  plainte  et  qu'on  pouvait  douter  de  la 

C­3066/2010 Page 8 vérité  de  ses déclarations,  qu'il  avait  lui­même  remboursé aux autorités  cantonales  les  frais  de  retour  au  Kosovo  de  celle­ci,  produisant  des  documents qui l'attestaient, qu'hormis cette plainte, il avait toujours eu un  comportement irréprochable et qu'il était bien intégré. Il a versé en cause,  en  copie,  la  lettre  dans  laquelle  C._______  déclarait  retirer  sa  plainte,  ainsi que des procurations signées par cette dernière et  le  recourant en  faveur d'une personne de confiance en vue de relancer  la procédure de  mariage.  Droit : 1.   1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après  :  le  Tribunal),  en  vertu  de  l'art.  31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l'art.  5  de  la  loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  En particulier, les décisions de l'ODM (cf. art. 33 let. d LTAF) en matière  d'annulation de la naturalisation facilitée sont susceptibles de recours au  Tribunal,  qui  statue  comme  autorité  précédant  le  Tribunal  fédéral  (cf.  art. 1  al.  2 LTAF en  relation avec  l'art.  83  let.  b a  contrario de  la  loi  du  17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF et art. 51 al. 1 de la loi sur la  nationalité du 29 septembre 1952 [LN, RS 141.0]). 1.3. L'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Son recours,  présenté dans la forme et les délais prescrits par la loi, est recevable (cf.  art. 50 et 52 PA). 2.  Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (cf. art. 49 PA). 

C­3066/2010 Page 9 A teneur de  l'art. 62 al. 4 PA,  l'autorité de recours n'est pas  liée par  les  motifs  invoqués à  l'appui du recours. Aussi peut­elle admettre ou rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres motifs  que  ceux  invoqués. Dans  son arrêt,  elle  prend en considération l'état de fait régnant au moment où elle statue (cf.  ATAF 2011/1 consid. 2 et jurisprudence citée). 3.   En vertu de  l'art. 27 al. 1 LN, un étranger peut, ensuite de son mariage  avec  un  ressortissant  suisse,  former  une  demande  de  naturalisation  facilitée,  s'il  a  résidé  en  Suisse  pendant  cinq  ans  en  tout  (let.  a),  s'il  y  réside depuis une année (let. b) et s'il vit depuis trois ans en communauté  conjugale avec un ressortissant suisse (let. c). 3.1. La notion de communauté conjugale dont  il est question dans  la  loi  sur la nationalité, en particulier aux art. 27 al. 1 let. c et 28 al. 1 let. a LN,  présuppose non  seulement  l'existence  formelle  d'un mariage –  à  savoir  d'une union conjugale au sens de  l'art. 159 al. 1 du code civil suisse du  10  décembre  1907  (CC,  RS  210)  –  mais  implique,  de  surcroît,  une  communauté de fait entre les époux, respectivement une communauté de  vie  effective,  fondée  sur  la  volonté  réciproque  des  époux  de  maintenir  cette union (cf. ATF 135 II 161 consid. 2 p. 164s. et jurisprudence citée).  Une communauté conjugale au sens des dispositions précitées suppose  donc  l'existence,  au  moment  de  la  décision  de  naturalisation  facilitée,  d'une volonté matrimoniale intacte et orientée vers l'avenir, autrement dit  la ferme intention des époux de poursuivre la communauté conjugale au­ delà  de  la  décision  de  naturalisation  facilitée.  L'introduction  d'une  procédure  de  divorce  ou  la  séparation  des  époux  peu  après  la  naturalisation  facilitée  constitue  un  indice  permettant  de  présumer  l'absence d'une telle volonté lors de l'octroi de la citoyenneté helvétique.  La communauté conjugale telle que définie ci­dessus doit non seulement  exister au moment du dépôt de la demande, mais doit subsister pendant  toute  la  procédure  jusqu'au  prononcé  de  la  décision  sur  la  requête  de  naturalisation  facilitée  (cf. ATF  135  II  161  consid.  2  p.  164s.  et  jurisprudence citée). 3.2. Il sied de relever que le législateur fédéral, lorsqu'il a créé l'institution  de  la  naturalisation  facilitée  en  faveur  du  conjoint  étranger  d'un  ressortissant  suisse,  avait  en  vue  la  conception  du  mariage  telle  que  définie par les dispositions du code civil sur le droit du mariage, à savoir  une  union  contractée  par  amour  en  vue  de  la  constitution  d'une  communauté de vie étroite (de toit, de table et de lit) au sein de laquelle  les conjoints sont prêts à s'assurer mutuellement fidélité et assistance, et 

C­3066/2010 Page 10 qui est envisagée comme durable, à savoir comme une communauté de  destins (cf. art. 159 al. 2 et al. 3 CC ; ATF 124 III 52 consid. 2a/aa p. 54,  ATF  118  II  235  consid.  3b  p.  238),  voire  dans  la  perspective  de  la  création d'une famille (cf. art. 159 al. 2 CC in fine). Malgré  l'évolution  des mœurs  et  des mentalités,  seule  cette  conception  du mariage,  communément  admise  et  jugée  digne  de  protection  par  le  législateur  fédéral,  est  susceptible  de  justifier  –  aux  conditions  prévues  aux  art.  27  et  28  LN  –  l'octroi  de  la  naturalisation  facilitée  au  conjoint  étranger  d'un  ressortissant  helvétique  (cf.  ATAF  2010/16  consid.  4.4  p. 198s.). 4.  Avec  l'assentiment de  l'autorité du canton d'origine,  l'ODM peut, dans  le  délai prévu par la loi, annuler la naturalisation ou la réintégration obtenue  par  des  déclarations  mensongères  ou  par  la  dissimulation  de  faits  essentiels et qui n'aurait pas été accordée si ces faits avaient été connus  (art.  41 al.  1 LN; cf.  également Message du Conseil  fédéral  relatif  à un  projet de loi sur l'acquisition et la perte de la nationalité suisse du 9 août  1951, FF 1951 II 700/701, ad art. 39 du projet). 4.1. L'annulation de la naturalisation présuppose donc que celle­ci ait été  obtenue  frauduleusement,  c'est­à­dire  par  un  comportement  déloyal  et  trompeur. A cet égard, il n'est pas nécessaire qu'il y ait eu fraude au sens  du droit pénal. Il faut néanmoins que l'intéressé ait consciemment donné  de  fausses  indications  à  l'autorité,  respectivement  qu'il  ait  laissé  faussement croire à l'autorité qu'il se trouvait dans la situation prévue par  l'art.  27 al.  1  let.  c  LN,  violant  ainsi  le  devoir  d'information  auquel  il  est  appelé à se conformer en vertu de cette disposition  (cf. ATF 135  II 161  consid.  2  i.  f.  p.  165,  ATF  132  II  113  consid.  3.1  p.  114s.  et  les  arrêts  cités).  Tel  est  notamment  le  cas  si  le  requérant  déclare  vivre  en  communauté stable avec son conjoint, alors qu'il envisage de se séparer  une fois obtenue la naturalisation facilitée ; peu importe que son mariage  se  soit  ou  non  déroulé  jusqu'ici  de  manière  harmonieuse  (arrêt  du  Tribunal fédéral 1C_40/2011 du 28 mars 2011 consid. 3.1.1). 4.2.  La  nature  potestative  de  l'art.  41  al.  1  LN  confère  une  certaine  latitude à l'autorité. Dans l'exercice de cette liberté, celle­ci doit s'abstenir  de tout abus. Commet un abus de son pouvoir d'appréciation l'autorité qui  se  fonde  sur  des  critères  inappropriés,  ne  tient  pas  compte  de  circonstances pertinentes ou rend une décision arbitraire, contraire au but  de la loi ou au principe de la proportionnalité (cf. notamment ATF 129 III 

C­3066/2010 Page 11 400  consid.  3.1  p.  403  et  références  citées ;  voir  également  arrêt  du  Tribunal fédéral 1C_40/2011 précité ibid.). 4.2.1. La procédure administrative fédérale est régie par le principe de la  libre  appréciation  des  preuves  (art.  40  PCF,  applicable  par  renvoi  de  l'art. 19 PA). Par renvoi de l'art. 37 LTAF, ce principe prévaut également  devant le Tribunal. L'appréciation des preuves est libre en ce sens qu'elle  n'obéit  pas  à  des  règles  de  preuve  légales  prescrivant  à  quelles  conditions  l'autorité  devrait  admettre  que  la  preuve  a  abouti  et  quelle  valeur probante elle devrait reconnaître aux différents moyens de preuve  les uns par rapport aux autres. Lorsque la décision intervient – comme en  l'espèce  –  au  détriment  de  l'administré,  l'administration  supporte  le  fardeau de la preuve. Si elle envisage d'annuler la naturalisation facilitée,  elle  doit  rechercher  si  le  conjoint  naturalisé  a  menti  lorsqu'il  a  déclaré  former une union stable avec son époux suisse. Comme  il s'agit  là d'un  fait psychique en relation avec des faits relevant de la sphère intime, qui  sont souvent inconnus de l'administration et difficiles à prouver, il apparaît  légitime  que  l'autorité  s'appuie  sur  une  présomption.  Partant,  si  l'enchaînement rapide des événements fonde la présomption de fait que  la  naturalisation  a  été  obtenue  frauduleusement,  il  incombe  alors  à  l'administré,  en  raison,  non  seulement  de  son  devoir  de  collaborer  à  l'établissement des faits (art. 13 al. 1 let. a PA ; cf. à ce sujet ATF 132 II  113 consid. 3.2 p. 115s.), mais encore de son propre intérêt, de renverser  cette  présomption  (cf.  ATF  135  II  161  consid.  3  p.  165s.  et  références  citées; arrêt du Tribunal fédéral 1C_40/2011 précité consid. 3.1.2). 4.2.2. S'agissant  d'une présomption de  fait,  qui  ressortit  à  l'appréciation  des  preuves  et  ne modifie  pas  le  fardeau  de  la  preuve,  l'administré  n'a  pas  besoin,  pour  la  renverser,  de  rapporter  la  preuve  contraire  du  fait  présumé, à savoir faire acquérir à l'autorité la certitude qu'il n'a pas menti.  Il  suffit  qu'il  parvienne  à  faire  admettre  l'existence  d'une  possibilité  raisonnable  qu'il  n'ait  pas  menti  en  déclarant  former  une  communauté  stable avec son conjoint. Il peut le faire en rendant vraisemblable, soit la  survenance  d'un  événement  extraordinaire,  susceptible  d'expliquer  une  détérioration  rapide du  lien conjugal, soit  l'absence de conscience de  la  gravité de ses problèmes de couple et, ainsi,  l'existence d'une véritable  volonté de maintenir une union stable avec son conjoint  lorsqu'il a signé  la déclaration (cf. ATF 135 II 161 consid. 3 p. 166; voir également  l'arrêt  du Tribunal fédéral 1C_40/2011 précité consid. 3.1.2). 5.  A  titre  préliminaire,  le Tribunal  constate que  les  conditions  formelles  de 

C­3066/2010 Page 12 l'annulation  de  la  naturalisation  facilitée  prévues  par  l'art.  41  LN  sont  réalisées  dans  le  cas  particulier.  En  effet,  la  naturalisation  facilitée  accordée à A._______ par décision du 31 mars 2006 a été annulée par  l'autorité intimée avec l'assentiment des autorités compétentes du canton  de  Fribourg,  par  décision  du  29  mars  2009  [recte :  2010],  soit  avant  l'échéance du délai péremptoire prévu par la disposition précitée. 6.  Il convient dès lors d'examiner si les circonstances de la présente cause  répondent  aux  conditions matérielles de  l'annulation de  la naturalisation  facilitée  résultant du  texte de  la  loi, de  la volonté du  législateur et de  la  jurisprudence développée en la matière.  7.   7.1.  Se  fondant  sur  son  mariage  avec  B._______,  le  5  avril  2002,  au  Kosovo, A._______ a introduit une procédure de naturalisation facilitée le  28  septembre  2004,  soit  avant  même  l'échéance  des  trois  ans  de  vie  commune prévue à  l'art.  27  LN.  Les  époux  ont  contresigné,  le  8 février  2006, une déclaration relative à la stabilité de leur mariage et le recourant  s'est vu octroyer la naturalisation facilitée le 31 mars 2006. Or, le 13 juin  2007 déjà, les époux ont déposé une requête commune de divorce avec  accord complet sur les effets accessoires du divorce, ils se sont séparés  à  la  fin du mois de  juin 2007 et  leur union conjugale a été dissoute par  jugement du 30 août 2007.  7.2. Ces éléments et  leur déroulement chronologique particulièrement  rapide  sont  de  nature  à  fonder  la  présomption  selon  laquelle,  au  moment de la signature de la déclaration commune et a fortiori lors de  la  décision  de  naturalisation,  les  époux  n'avaient  plus  la  volonté  de  maintenir une communauté conjugale stable au sens de l'art. 27 LN. 7.3. Pour  renverser  cette  présomption,  les  intéressés ont  tous deux  fait  valoir  que  leurs  problèmes  de  couple  n'avaient  commencé  qu'en  2007,  suite à  leur déménagement dans un appartement de 4 pièces et demie,  dans  lequel  les  membres  de  la  famille  de  l'intéressé  s'invitaient  régulièrement,  sans que ce dernier n'ose  réagir,  au motif  que  la  culture  kosovare ne permettait pas de dire non à sa famille. Ils ont expliqué que  cette  situation  et  le manque  d'intimité  qui  en  découlait  étaient  devenus  insupportables  à B._______  –  qui  ne  souhaitait  rien  dire  non  plus  à  sa  belle­famille pour ne pas endosser le mauvais rôle – au point qu'elle avait  demandé le divorce, ce que son mari avait accepté "la mort dans l'âme". 

C­3066/2010 Page 13 S'il ressort effectivement du dossier que les intéressés ont déménagé fin  2006  à  Y._______,  il  faut  cependant  constater  qu'ils  habitaient  auparavant  à  Z._______,  soit  dans  la  même  région,  de  sorte  qu'il  est  difficilement concevable que les membres de la famille du recourant aient  commencé, à ce moment­là seulement, à débarquer en  tout  temps et à  toute heure, à venir manger chez eux et parfois à rester  toute  la soirée,  même  en  semaine.  Le  seul  fait  que  leur  nouvel  appartement  aurait  été  plus  grand  que  le  précédent  ne  permet  pas  d'expliquer  pourquoi  la  parenté et  les amis du recourant auraient soudain commencé à s'inviter  souvent chez eux. Par ailleurs, s'il est compréhensible, dans une certaine  mesure,  que  les  intéressés  ne  souhaitaient  pas  froisser  leurs  proches,  notamment  pour  des  raisons  de  culture  différente,  il  n'est  toutefois  pas  imaginable qu'un couple uni et stable préfère laisser une situation devenir  insupportable au point  de prendre  la décision de divorcer  plutôt  que de  faire part à son entourage de son besoin d'intimité. Le Tribunal est ainsi  d'avis que le déménagement des intéressés et les visites familiales qu'ils  ont  reçues  ne  sont  pas  des  éléments  permettant  d'expliquer  une  dégradation  aussi  rapide  de  leur  union  conjugale.  Cette  conclusion  est  confirmée  par  la  lettre  du  26  mars  2008,  dans  laquelle  B._______  a  indiqué  qu'elle  avait  quitté  son  mari  à  cause  de  la  culture  de  celui­ci,  qu'elle  avait  eu  de  la  peine  à  supporter  vers  janvier  2007.  En  effet,  le  déménagement,  qui  venait  à  peine  d'avoir  eu  lieu  à  ce  moment­là,  ne  permet  pas  d'expliquer  l'apparition  soudaine  des  problèmes  conjugaux  entre les intéressés, qui vivaient depuis plusieurs années ensemble avec  leurs différences culturelles.  Force est au contraire de conclure que les tensions entre le recourant et  son  ex­épouse  étaient  présentes  depuis  un  certain  temps  déjà  et  importantes au point de les conduire à parler de séparation au début du  printemps  2007  déjà  (cf.  procès­verbal  d'audition  de  B._______  du  1er juillet  2008  p.  3)  et  à  déposer  une  requête  commune  de  divorce  en  juin 2007. En effet, selon l'expérience générale, les éventuelles difficultés  qui peuvent surgir entre époux, après plusieurs années de vie commune,  dans  une  communauté  de  vie  effective,  intacte  et  stable  n'entraînent  la  désunion  qu'au  terme  d'un  processus  prolongé  de  dégradation  des  rapports conjugaux, en principe entrecoupé de tentatives de réconciliation  (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_493/2010 du 28 février 2011 consid. 6).  De même,  un ménage uni  depuis  plusieurs  années  ne  se  brise  pas  en  quelques semaines sans qu'un événement extraordinaire en soit la cause  et sans que les conjoints en aient eu le pressentiment, et cela même en  l'absence d'enfant,  de  fortune  ou de dépendance  financière  de  l'un  des 

C­3066/2010 Page 14 époux  par  rapport  à  l'autre  (cf.  arrêt  du Tribunal  fédéral  5A.11/2006  du  27 juin 2006 consid. 4).  7.4.  Les  intéressés  ont  fait  valoir  qu'ils  avaient  renoué  une  relation  sentimentale peu après leur divorce, à partir de novembre 2007, puis ont  annoncé,  en  été  2008,  qu'ils  envisageaient  de  se  remarier  (cf.  procès­ verbal d'audition de B._______ du 1er juillet 2008 p. 5 et prise de position  du recourant du 15 juillet 2008), mais que cette tentative de réconciliation  avait échoué fin 2008 (cf. les déclarations de A._______ à l'état civil, let. I  ci­dessus).  En  octobre  2010,  ils  ont  à  nouveau  indiqué  qu'ils  avaient  recommencé  leur  relation  amoureuse  et  songeaient  à  reprendre  la  vie  commune  (cf. attestation de B._______ du 4 octobre 2010). D'une part,  ces allégations ne permettent pas d'établir que la communauté conjugale  était  stable  au  moment  de  la  décision  de  naturalisation  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  5A.31/2004  du  6 décembre  2004  consid.  3.3).  D'autre  part,  elles  sont  fortement  sujettes  à  caution  car  elles  ne  sont  pas  conciliables  avec  les  déclarations  de  C._______,  qui  a  affirmé  s'être  mariée  coutumièrement  avec  le  recourant  fin  2007  (cf.  procès­verbal  d'audition  de  la  Gendarmerie  de  X._______  du  1er octobre  2010)  en  présentant  des  photos  sur  lesquelles  ils  apparaissaient  en  habits  de  mariés,  ni  avec  les  démarches  entreprises  par  A._______  pour  la  faire  venir  en  Suisse  (cf.  dossier  cantonal  de  C._______,  en  particulier  la  proposition  d'assurance­maladie  qu'il  a  demandée  en  faveur  de  celle­ci  en mai 2009 et l'attestation de prise en charge du 15 mai 2009), ni avec  les  allégations  du  recourant  selon  lesquelles  les  prénommés  étaient  ensemble  depuis  2008  environ  (cf.  procès­verbal  d'audition  de  la  Gendarmerie de X._______ du 11 octobre 2010 p. 2), ni avec le fait que  C._______  habitait  chez  A._______  en  octobre  2010  et  que  son  nom  figurait sur la sonnette (cf. ibidem), ni enfin avec les procurations signées  par  A._______  et  C._______  les  22 avril  et  2 mai  2011  en  vue  de  relancer les démarches tendant à leur mariage officiel.  7.5. Au vu de  ce qui  précède,  le Tribunal  est  amené à  conclure que  le  recourant n'a pas rendu vraisemblable que les problèmes conjugaux avec  B._______  ne  sont  survenus  qu'après  la  décision  de  naturalisation  facilitée, ni que ceux­ci ont été, en quelques mois seulement, propres à  influencer  leur  vie  de  couple  au  point  de  les  conduire  au  divorce,  sans  séparation  préalable  ni  mesures  protectrices  de  l'union  conjugale.  Dès  lors,  il  y  a  lieu  de  s'en  tenir  à  la  présomption  de  fait,  fondée  essentiellement  sur  l'enchaînement  rapide  des  événements,  selon  laquelle  l'union formée par  les  intéressés ne présentait plus  l'intensité et 

C­3066/2010 Page 15 la stabilité requises lors de la signature de la déclaration de vie commune  et, a fortiori, au moment de la décision de naturalisation facilitée. 8.  Partant,  l'ODM  était  fondé  à  considérer  que  la  naturalisation  facilitée  conférée le 31 mars 2006 à A._______ avait été obtenue sur la base de  déclarations mensongères,  voire  d'une  dissimulation  de  faits  essentiels,  et donc à prononcer, avec l'assentiment du canton d'origine,  l'annulation  de cette naturalisation en application de l'art. 41 LN. 9.  Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 29 mars 2009 [recte :  2010], l'ODM n'a pas violé le droit fédéral, ni constaté des faits pertinents  de manière  inexacte ou incomplète ; en outre,  la décision attaquée n'est  pas inopportune (cf. art. 49 PA).  En conséquence, le recours est rejeté. 10.  Vu  l'issue de  la cause,  il  y a  lieu de mettre  les  frais de procédure, d'un  montant de Fr. 1000.­, à  la charge du  recourant  (cf. art. 63 al. 1 PA en  relation avec les art. 1 à 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF, RS 173.320.2]). (dispositif page suivante)

C­3066/2010 Page 16 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 1000.­, sont mis à la charge  du  recourant. Ce montant est compensé par  l'avance de  frais versée  le  4 juin 2010.  3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant (Acte judiciaire) – à l'instance inférieure (avec dossiers n° de réf. K (…) et N (…)) – au Service de la population et des migrants du canton de Fribourg (en  copie, pour information) Le président du collège : La greffière : Jean­Daniel Dubey Aurélia Chaboudez Indication des voies de droit : Le  présent  arrêt  peut  être  attaqué  devant  le  Tribunal  fédéral,  1000  Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les  trente  jours  qui  suivent  la  notification  (art. 82  ss,  90  ss  et  100  de  la  loi  fédérale  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF, RS 173.110]).  Le  mémoire  doit  être  rédigé  dans  une  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé.  L'arrêt  attaqué  et  les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au mémoire,  pour  autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF).

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