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Bundesverwaltungsgericht 25.01.2012 B-3648/2011

25. Januar 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·4,178 Wörter·~21 min·1

Zusammenfassung

Résultats d'examens | examen de deuxième année d'études pour médecins et médecins dentistes

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour II B­3648/2011 Arrêt   d u   2 5   janvier   2012 Composition Bernard Maitre (président du collège),  Jean­Luc Baechler, Maria Amgwerd, juges, Vanessa Thalmann, greffière. Parties X._______,  recourante,  contre Commission des professions médicales MEBEKO, Office fédéral de la santé publique,  Schwarzenburgstrasse 161, 3003 Berne, autorité inférieure,  Commission d'examens des examens fédéraux de  médecine de la Faculté de médecine de (…), par son président, le Dr (…), première instance.  Objet Examen de deuxième année d'études pour médecins et  médecins dentistes.

B­3648/2011 Page 2 Faits : A.  A.a  Par  décision  du  1er juillet  2010,  la  Commission  d'examens  des  examens  fédéraux de médecine de  la Faculté de médecine de  (…)  (ci­ après  :  la  première  instance)  a  informé  X._______  de  son  échec  à  l'examen  de  deuxième  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes, motif  pris  qu'elle  n'avait  pas  obtenu  les  points  de  crédits  aux  modules  2.1  et  2.3.  Dès  lors  qu'il  s'agissait  de  son  second  échec,  la  prénommée a  été  exclue  de  tout  autre  examen de  la même profession  médicale. A.b Le 30 juillet 2010, X._______ a recouru contre cette décision auprès  de  la  Commission  des  professions  médicales  MEBEKO,  section  «formation  universitaire»,  de  l'Office  fédéral  de  la  santé  publique  (ci­après :  la Commission MEBEKO ou l'autorité  inférieure) en concluant  à l'annulation des résultats négatifs obtenus aux modules 2.1 et 2.3 ou à  leur compensation en  l'autorisant à se présenter aux examens de fin du  deuxième  semestre.  Elle  a  en  outre  requis  la  consultation  de  ses  épreuves d'examen. A l'appui de son recours, elle a invoqué qu'elle présentait depuis près de  deux ans des problèmes de santé somatique et qu'elle se  trouvait dans  un état d'angoisse extrême. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas été capable  de détecter  cet état  de stress  intense, de sorte qu'elle  s'était  présentée  imprudemment  aux  examens  litigieux.  Elle  a  joint  à  son  recours  un  certificat médical daté du 15 mars 2010. La  prénommée  a  également  formulé  des  critiques  à  l'encontre  de  la  matière  d'examen,  dans  la  mesure  où  certaines  questions  d'examen  s'inspiraient  d'un  cours du Professeur Y._______ qui  avait  été annoncé  comme ne faisant pas partie de la matière d'examen. Elle a en outre fait  valoir que la formulation de certaines questions était ambiguë et sujette à  interprétation et que le barème d'examen avait été inopinément augmenté  d'une session à l'autre. Enfin, elle a relevé que deux étudiants, ayant été  atteints  de  manière  analogue  dans  leur  santé,  «ont  su,  semble­t­il,  bénéficier  d'une  aide  bienveillante  pour  continuer  à  croire  en  leur  vocation». Elle demanda à pouvoir bénéficier du même soutien. Le 23 septembre 2010, X._______ a produit un second certificat médical  daté du 15 septembre 2010.

B­3648/2011 Page 3 A.c  Par  décision  incidente  du  30 septembre  2010,  la  Commission  MEBEKO  a  autorisé  X._______  à  consulter  les  pièces  écrites  des  modules  2.1  et  2.3  en  présence  du  président  de  la  Commission  d'examens de (…). La consultation a eu lieu les 19 et 20 novembre 2010. Le 29 novembre 2010, X._______ a déposé un mémoire complémentaire  auprès  de  la  Commission  MEBEKO  en  renvoyant  aux  arguments  développés  dans  son  recours.  Elle  y  soutint  que  la  consultation  des  examens  lui  avait  permis  de  confirmer  que,  d'une  part,  des  questions  issues  du  cours  du  Professeur  Y._______  avaient  été  maintenues  (question K9 du module 2.1), alors même que ce cours ne devait pas être  matière  à  examen,  et  que,  d'autre  part,  certaines  questions  étaient  ambiguës et contestables. Elle a expliqué en détails pour quelles raisons  elle  estimait  avoir  répondu  correctement  ou  partiellement  correctement  aux questions  14A, K2, K3,  21A, K10, K13, K16 et K18 du module  2.1  ainsi  qu'aux  questions  K4,  K7,  16A,  K18,  35A,  45A,  K25  et  K28  du  module 2.3. Elle a en outre contesté  l'élimination des questions 19A du  module  2.1  et  33A  du module  2.3.  Elle  a  enfin  ajouté  que  sa  première  année  d'études  avait  été  particulière  puisqu'elle  avait  fait  partie  des  étudiants  qui  ont  dû  passer  une  troisième  fois  leur  première  année  en  raison d'une erreur de correction des examens. A.d  Dans  ses  observations  responsives  du  28 décembre  2010,  le  Directeur de l'Ecole de médecine de la Faculté de médecine de (…) (ci­ après : le Directeur de l'Ecole de médecine) a indiqué que les résultats de  X._______  aux  examens  des modules  2.1  et  2.3  avaient  été  vérifiés.  Il  souligna  qu'il  n'y  avait  pas  d'erreur  de  calcul  ou  de  décalage  systématique  sur  la  base  de  comptage  fait  par  rapport  aux  feuilles  de  transcription servant à la lecture optique des réponses de l'étudiante aux  deux examens litigieux. S'agissant de la matière d'examen, le Directeur de l'Ecole de médecine a  admis  que,  suite  à  des  informations  orales  du  Professeur  Y._______,  certaines parties de son cours n'étaient pas clairement matière à examen.  Il ajouta que,  la grande majorité des étudiants (73­92 % en fonction des  items) ayant  répondu correctement à  la question K9 du module 2.1,  il a  été décidé, après plusieurs considérations, de la maintenir. Quant  aux  contestations  formulées  par  X._______  sur  certaines  questions d'examen,  le Directeur de  l'Ecole de médecine s'est prononcé  comme  suit.  Pour  le  module  2.1,  il  a  expliqué  que  les  contestations  relatives aux questions 14A, 21A, K2, K3, K10, K13 et K16 n'étaient pas 

B­3648/2011 Page 4 justifiées sur  la base de  l'évaluation par  les enseignants et  les  résultats  des étudiants à cet examen. Il a relevé que la question 19A, à laquelle la  prénommée a correctement répondu, a été éliminée au motif qu'elle s'est  révélée clairement ambiguë pour  la majorité des candidats (P < 30).  Il a  relevé en conclusion que, pour le module 2.1, il y aurait une question qui  était  peut­être  annoncée  comme  ne  faisant  pas  partie  de  la  matière  d'examen  à  laquelle  X._______  a  répondu  de  manière  erronée  et  une  question qui a été éliminée alors que la prénommée y avait correctement  répondu.  Pour  le module  2.3,  il  a  exposé  que  les  questions  16A,  35A,  45A,  K4,  K7,  K25  et  K28  étaient  contestées  de  manière  infondée  en  raison d'une mauvaise connaissance du sujet ou analyse de la question.  S'agissant de la question K18,  il a précisé que l'item A était plus difficile  que  les  trois autres – peut­être que  les objectifs du cours étaient moins  clairs sur ce sujet –, mais n'a pas justifié l'élimination de la question. Il a  expliqué que la question 33A avait été éliminée parce que la majorité des  candidats s'étaient laissés piéger par la réponse C, de sorte que l'objectif  du  cours  n'avait  peut­être  pas  bien  été  compris  par  les  étudiants.  En  définitive,  il a affirmé que, bien qu'il y eût une ou deux contestations de  questions  qui  pourraient  éventuellement  être  prises  en  compte  dans  chaque examen, cela ne compensait pas le nombre de points manquants  pour  obtenir  la  note 4  au  module  2.1  (six points)  et  au  module  2.3  (deux points). Le Directeur de l'Ecole de médecine a enfin rappelé que X._______ avait  été perturbée dans son cursus en raison d'une erreur dans l'annonce des  résultats  de  l'examen  du module  1.1 ;  que,  par  la  suite,  elle  avait  subi  plusieurs échecs aux autres examens de première année ; et qu'elle avait  ensuite  échoué  aux  examens  de  deuxième  année  à  sa  première  tentative.  Selon  lui,  cette  démarche  démontre  une  grande  volonté  de  réussir  la  filière  de  médecine  dentaire,  mais  peut  aussi  expliquer  une  accumulation de pression qui a conduit à l'état de stress sévère rapporté  dans le certificat médical. Il a ajouté que X._______ aurait dû se retirer de  la  session  de  janvier  2010,  mais  qu'il  est  difficile  d'avoir  le  recul  nécessaire  dans  cet  état  pour  mesurer  le  handicap  réel  qu'il  produit.  Tenant compte de la situation particulière de la prénommée, le Directeur  de l'Ecole de médecine a formulé la proposition suivante :  A ce jour, X._______ a un échec définitif sur les échecs des modules B2.1 (à  6 points)  et  B2.3  (à  2 points).  Si  on  tient  compte  de  son  état  de  santé  physique et mental à l'abord des examens de janvier 2010, son résultat pour  l'examen  B2.1  pourrait  être  annulé  et  elle  devrait  se  représenter  à  cet  examen  en  janvier  2012.  Entre  temps,  son  échec  au  module  B2.3  étant  compensable, elle ne serait plus à ce stade  formellement en échec définitif 

B­3648/2011 Page 5 dans l'attente de ses résultats aux trois modules pour  lesquels elle avait un  certificat médical en juin 2010 (modules B2.4, B2.5 et B2.6). Si la décision de  la MEBEKO est prise avant  la date définitive d'immatriculation au semestre  de printemps (fin février 2011) pour qu'elle puisse être inscrite et valider les  examens  à  rattraper  en  juin  2011,  elle  pourrait  ainsi,  si  elle  réussit  ces  examens,  terminer  l'année  avec  un  statut  d'étudiante  conditionnelle  qui  pourrait  reprendre  sa  troisième  année  d'études  et  se  présenter  en  janvier  2012  à  l'examen  du  dernier  module  à  rattraper,  le  module  B2.1,  ce  qui  permettrait  de  compenser  le  résultat  du  module  B2.3  et  lui  donner  les  60 crédits de  la 2ème année d'études. Cet examen ayant  lieu au début de  la  session 2011­2012,  il n'y a pas de risque qu'elle obtienne ses crédits de  la  3ème année avant d'avoir pu valider tous ses crédits de 2ème année. Compte  tenu du nombre d'années passées par Mme X._______ pour ses études de  médecine  dans  notre  faculté,  dont  certains  événements  perturbateurs  au  début  de  ses  études  (hiver  2006)  ne  sont  pas  de  sa  faute,  l'Ecole  de  médecine  serait  favorable  à  ce  qu'une  décision  soit  prise  rapidement  pour  permettre à Mme X._______ de se réinscrire aux cours et aux examens de  2ème année. A.e Invitée à se prononcer sur les observations du Directeur de l'Ecole de  médecine, X._______ a  répondu  le 20 janvier 2011 en  renvoyant à  ses  précédentes  écritures.  Elle  a  précisé  que  le  cours  du  Prof.  Y._______  «…» avait été signalé, dans son entier, comme ne faisant pas partie de la  matière  à  examen  et  non  pas  uniquement  certaines  parties  du  cours  comme  le prétend  le Directeur de  l'Ecole de médecine. S'agissant de  la  question  K18  du module  2.3,  elle  a maintenu  que  le  contenu  du  cours  n'était  pas  suffisamment détaillé  pour  répondre  correctement à  l'item A.  Enfin,  elle  s'est  ralliée  sans  restriction  à  la  proposition  du  Directeur  de  l'Ecole de médecine selon laquelle une décision devait être prise pour lui  permettre de se réinscrire aux cours et aux examens de deuxième année. A.f Dans sa prise de position du 28 mars 2011, le Directeur de l'Ecole de  médecine a maintenu que le Prof. Y._______ avait annoncé qu'une partie  des  cours  ne  faisait  pas  partie  de  la  matière  à  examen,  bien  que  fournissant des questions qui  recouvrent  la matière.  Il a relevé que,  lors  de l'évaluation des questions d'examen, deux questions sur quatre issues  de ce cours ont néanmoins été maintenues ;  il a expliqué cette décision  par  le  fait  que  ces  questions  étaient  très  générales  et  recoupaient  des  objectifs  d'autres  enseignements,  si  bien  que  les  étudiants  avaient  l'opportunité de connaître  la matière et  la  réponse correcte, ce qui s'est  d'ailleurs vérifié par les réponses fournies par l'ensemble de la volée. Il a  ajouté que les étudiants délégués de volées à la commission consultative  des étudiants étaient d'avis que  les questions  retenues ne posaient pas  de problèmes. S'agissant de la question K18 du module 2.3,  il a exposé  que toute la volée avait rencontré la même difficulté à résoudre l'item A, 

B­3648/2011 Page 6 ce  qui  se  répercutait  sur  le  barème  général  et  ne  défavorisait  pas  particulièrement X._______. A.g Par décision sur recours du 7 juin 2011,  la Commission MEBEKO a  rejeté le recours formé par X._______ contre la décision du président de  la Commission d'examens du 1er juillet 2010. L'autorité  inférieure  a  en  substance  considéré  que  X._______  avait  fait  une  déclaration  de  maladie  a  posteriori.  Elle  a  expliqué  que  la  responsabilité  du  candidat  quant  à  sa  présentation  ou  son  retrait  à  un  examen peut être réduite, s'il est prouvé par le recourant (au moyen d'un  certificat  médical  comportant  une  description  de  l'anamnèse,  du  diagnostic,  du  traitement  et  le  pronostic)  ou  s'il  est  hautement  vraisemblable  que  la  maladie  ou  les  circonstances  ont  fait  que  la  personne avait au moment de se présenter une capacité de discernement  diminuée.  Elle  a  retenu  que,  in  casu,  aucune  pièce  du  dossier  ne  démontrait que les symptômes dont souffrait X._______ aient induit chez  elle un tel état psychologique et physique et qu'elle n'était pas capable de  décider  avec  suffisamment  de  discernement  de  la  manière  dont  elle  devait réagir par rapport à sa présentation ou non à l'examen. Elle a ainsi  considéré  que,  sans  nier  le  stress  et  la  fatigue  auxquels  avaient  été  soumis  X._______,  il  était  hautement  vraisemblable  que  cette  dernière  était capable d'estimer que son état de santé ne lui permettait pas de se  présenter dans de bonnes conditions aux examens. Concernant  le  barème,  elle  releva  qu'il  était  fixé  en  fonction  d'une  estimation  basée  sur  les  années  précédentes,  puis  corrigé  au  besoin  grâce au contrôle effectué au moyen des questions d'ancrage, permettant  ainsi  d'assurer  un  niveau  de  sélection  égal  d'un  examen  à  l'autre.  Elle  soutint ainsi que la seule comparaison de deux examens n'indiquait rien  sur le niveau de difficulté de l'examen.  S'agissant  des  questions  litigieuses,  l'autorité  inférieure  a  suivi  l'avis  de  l'université  pour  les  questions  14A,  21A,  K2,  K3,  K10,  K13  et  K16  du  module  2.1. Elle  a  en outre  retenu que  le  résultat  obtenu à  la  question  19A du module 2.1, éliminée après coup, ne saurait être pris en compte.  Elle a en  revanche  relevé que  le  fait que  l'université avait admis que  la  question  K9  du  module  2.1  portait  sur  de  la  matière  qui  avait  été  annoncée comme ne  faisant pas partie de  l'examen et qu'elle ne s'était  pas  prononcée  sur  la  question  K18  pourtant  contestée  étaient  des  éléments  en  faveur  de  X._______.  Elle  a  toutefois  estimé  qu'au  vu  du  nombre de points manquants pour obtenir  la note 4,  la prise en compte 

B­3648/2011 Page 7 de ces deux questions ne saurait justifier une modification du résultat du  module  2.1.  En  ce  qui  concerne  le  module  2.3,  elle  a  suivi  l'avis  de  l'université pour les questions K4, K7, 16A, 35A, 45A, K25 et K28. Elle a  relevé  que  la  volée  avait  rencontré  des  difficultés  à  résoudre  la  proposition A de la question K18, ce qui laisserait penser que l'argument  de  X._______  sur  cette  question  ne  saurait  être  totalement  exclu  et  devrait pencher en sa faveur. Elle est toutefois d'avis que, à elle seule, la  question K18 ne saurait justifier une annulation du résultat du module 2.3. Enfin, l'autorité inférieure a souligné qu'il n'est pas possible d'accorder de  dérogation  à  X._______,  dès  lors  que  celle­ci  disposerait  sinon  sans  raison  valable  d'une  chance  supplémentaire  par  rapport  aux  autres  candidats, ce qui serait constitutif d'une violation du principe de  l'égalité  de traitement. B.  Par  écritures  du  21 juin  2011,  mises  à  la  poste  le  27 juin  2011,  X._______ (ci­après : la recourante) recourt contre cette décision devant  le Tribunal administratif  fédéral en concluant  implicitement à  l'annulation  des  résultats  négatifs  obtenus aux modules 2.1 et  2.3  ou à  l'annulation  des résultats du module 2.1 et à la compensation des points manquants  au module 2.3 avec les résultats aux autres modules de deuxième année  d'études. La  recourante  estime  que  l'autorité  inférieure  n'a  pas  pris  suffisamment  en  considération  sa  situation  médicale  et  les  certificats  médicaux  y  relatifs. Elle fait valoir des problèmes de santé physique et psychique dus  en particulier aux difficultés rencontrées durant son cursus académique –  notamment  une  erreur  dans  la  correction  de  l'un  de  ses  examens  de  première  année  d'études  –,  ainsi  qu'à  des  problèmes  familiaux.  Elle  maintient qu'elle n'a pas su écouter son corps et se rendre compte qu'elle  n'était  pas en possession des aptitudes  requises pour se présenter aux  examens.  Elle  explique  qu'elle  a  été  consultée  un  médecin,  puis  un  psychiatre, car sa mère s'était inquiétée de constater que son épuisement  s'était  considérablement  accentué  après  les  examens.  Elle  relève  que  ses  médecins  lui  ont  expliqué  qu'elle  avait  été  imprudente  de  se  présenter  aux  examens  de  la  session  de  janvier  2010  et  lui  ont  recommandé de ne pas se présenter à ceux de la session de juillet 2010.

B­3648/2011 Page 8 C.  Invitée  à  se  prononcer  sur  le  recours,  la  Commission  MEBEKO  en  propose  le  rejet au  terme de sa  réponse du 29 août 2011 en  renvoyant  pour l'essentiel à l'argumentation contenue dans sa décision sur recours. Egalement invitée à se prononcer sur le recours, la première instance n'a  pas répondu. D.  Dans ses déterminations du 28 septembre 2011, la recourante maintient  qu'elle n'était pas en mesure de se rendre compte de son état à l'époque  des  examens  litigieux.  A  l'appui  de  son  argumentation,  elle  produit  un  nouveau  certificat médical  daté  du  28 septembre  2011. Elle  regrette  en  outre que l'autorité inférieure ne se soit pas prononcée sur ses cinq points  manquants  sur  deux  modules  suite  aux  trois  questions  pouvant  être  retenues  sur  la  base  de  la  décision  attaquée ;  elle  se  demande  si  une  compensation est envisageable malgré la répartition sur deux modules. Les  arguments  avancés  de  part  et  d'autre  au  cours  de  la  présente  procédure seront repris plus loin dans la mesure nécessaire. Droit : 1.  Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour statuer sur le présent  recours  (art. 31,  32 et  33  let. d de  la  loi  du 17 juin 2005 sur  le Tribunal  administratif  fédéral  [LTAF, RS 173.32],  art. 5  al. 2  de  la  loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  [PA,  RS  172.021],  art. 62  al. 3  et  4  de  la  loi  fédérale  du  23 juin  2006  sur  les  professions  médicales  [LPMéd,  RS 811.11]).  La  qualité  pour  recourir  doit  être  reconnue  à  la  recourante  (art. 48  al. 1  let. a  à  c  PA).  Les  autres  conditions  de  recevabilité  sont  respectées  (art. 50,  52  al. 1  et  63  al. 4  PA). Le recours est donc recevable. 2.  La LPMéd est entrée en vigueur le 1er septembre 2007, abrogeant de ce  fait  la  loi  fédérale  du  19  décembre  1877  concernant  l’exercice  des  professions  de  médecin,  de  pharmacien  et  de  vétérinaire  dans  la  Confédération suisse (RS 4 303 ; RO 2000 1891 ch. III 1, 2002 701 ch. I  3, 2006 2197 annexe ch. 88) (art. 61 LPMéd).

B­3648/2011 Page 9 Chargé  de  l'exécution  de  la  loi  (art.  60  LPMéd),  le  Conseil  fédéral  a  adopté  l'ordonnance  du  26  novembre  2008  concernant  les  examens  fédéraux  des  professions  médicales  universitaires  (ordonnance  concernant  les  examens  LPMéd,  RS  811.113.3),  laquelle  a  notamment  abrogé, au 31 décembre 2010,   l'ordonnance générale du 19 novembre  1980  concernant  les  examens  fédéraux  des  professions  médicales  (aOPMéd ; RO 1982 563, 1995 4367, 1999 2643) (cf. art. 34 en lien avec  art. 37 al. 2 de l'ordonnance concernant les examens LPMéd). En l'espèce, l'objet du litige porte sur les modules 2.1 et 2.3 de l'examen  fédéral  de  deuxième  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes subis par la recourante lors de la session de janvier 2010. Dans  la  mesure  où  l'art. 62  al. 4  première  phrase  LPMéd,  contenu  dans  les  dispositions transitoires,  indique que  les examens fédéraux se déroulent  conformément à l'ancien droit pendant trois ans après l'entrée en vigueur  de  la  présente  loi,  les  dispositions  de  l'aOPMéd  et  de  l'ancienne  ordonnance  du  30 juin  1983  réglant  les  modalités  du  procédé  des  examens  fédéraux  des  professions médicales  (RO  1983  1313  ss)  sont  notamment  applicables  à  la  présente  procédure  (cf.  THOMAS  EICHENBERGER, in : Ayer/Kieser/Poledna/Sprumont, Commentaire de la loi  sur les professions médicales [LPMéd], Bâle 2009, ad art. 62 n° 7 ; arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  B­8639/2010  du  2  septembre  2011  consid. 4). A noter toutefois que, depuis le 1er septembre 2007, les tâches  des  présidents  locaux,  notamment  contenues  dans  l'aOPMéd  (cf.  infra  consid.  4.1),  ont  été  reprises  par  les  présidents  des  commissions  d'examen (art. 62 al. 3 LPMéd). 3.  3.1.  Conformément  à  l'art. 49  PA,  le  recourant  peut  invoquer  la  violation  du  droit  fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents et l'inopportunité  de la décision attaquée. Toutefois, selon une jurisprudence constante, les  autorités de recours appelées à statuer en matière d'examens observent  une certaine retenue en ce sens qu'elles ne s'écartent pas sans nécessité  des avis des experts et des examinateurs sur des questions qui, de par  leur  nature,  ne  sont  guère  ou  que  difficilement  contrôlables  (ATF  121  I  225  consid. 4b,  118  Ia  488  consid. 4c ;  ATAF  2008/14  consid. 3.1 ;  HERBERT PLOTKE, Schweizerisches Schulrecht, 2e éd., Berne 2003, p. 722 

B­3648/2011 Page 10 ss ; BLAISE KNAPP, Précis de droit administratif, 4e éd., Bâle/Francfort­sur­ le­Main  1991,  n°  614).  La  retenue  dans  le  pouvoir  d'examen  n'est  toutefois  admissible  qu'à  l'égard  de  l'évaluation  proprement  dite  des  prestations.  En  revanche,  dans  la  mesure  où  le  recourant  conteste  l'interprétation et  l'application de prescriptions  légales ou s'il se plaint de  vices de procédure, l'autorité de recours doit examiner les griefs soulevés  avec pleine cognition, sous peine de déni de justice formel (ATF 106 Ia 1  consid.  3c  ;  ATAF  2008/14  consid. 3.3  et  2007/6  consid. 3 ;  Jurisprudence  des  autorités  administratives  de  la Confédération  [JAAC]  56.16  consid. 2.2 ;  PLOTKE,  op.  cit.,  p. 725  ss ;  RENÉ  RHINOW/BEAT  KRÄHENMANN,  Schweizerische  Verwaltungsrechtsprechung,  Ergänzungsband, Bâle 1990, n° 80 p. 257). 3.2. Le Tribunal administratif fédéral applique le droit d'office, sans être lié  par les motifs invoqués (art. 62 al. 4 PA), ni par l'argumentation juridique  développée dans  la décision entreprise  (PIERRE MOOR/ETIENNE POLTIER,  Droit  administratif,  vol. II,  3e éd.,  Berne  2011,  p. 300  ch. 2.2.6.5).  La  procédure  est  régie  par  la  maxime  inquisitoire,  ce  qui  signifie  que  le  Tribunal  administratif  fédéral  définit  les  faits  et  apprécie  les  preuves  d'office et librement (art. 12 PA). Les parties doivent toutefois collaborer à  l'établissement des faits (art. 13 PA) et motiver  leur recours (art. 52 PA).  En conséquence, l'autorité saisie se limite en principe aux griefs soulevés  et n'examine les questions de droit non invoquées que dans la mesure où  les  arguments  des  parties  ou  le  dossier  l'y  incitent  (arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  A­3991/2010  du  18 juin  2011  consid. 2.2  et  les  réf.  cit.). 4.  Il convient dans un premier temps d'examiner si c'est à juste titre que la  recourante demande l'annulation de la décision constatant l'échec définitif  à son examen de deuxième année d'études pour médecins et médecins  dentistes  ainsi  que  la  possibilité  de  se  présenter  à  nouveau  au  module 2.1,  voir  également  au  module  2.3,  en  se  prévalant  d'un  motif  d'empêchement,  à  savoir des problèmes de santé somatique et un état  d'angoisse extrême. 4.1. Selon l'art. 15 aOPMéd (RO 1982 563, 567), peuvent être admis à se  présenter aux examens fédéraux des professions médicales, les citoyens  suisses titulaires d'un certificat de maturité reconnu par le droit fédéral ou  d'un  certificat  de  fin  d'études  délivré  par  une  université  suisse.  Le  candidat à un examen doit s'inscrire préalablement au bureau du Comité  directeur (art. 18 al. 1 aOPMéd [RO 1982 563, 567]). Il doit présenter son 

B­3648/2011 Page 11 inscription  définitive  au  plus  tard  à  la  date  de  clôture  officielle  des  inscriptions  (art. 19  al. 1  aOPMéd  [RO  1982  563,  567]).  Si  le  candidat  décide de se retirer après son inscription définitive, il doit en informer par  écrit le président local (art. 40 al. 1 aOPMéd [RO 1982 563, 572]). S'il se  retire  sans  motif  moins  de  deux  semaines  avant  le  début  de  l'examen  indiqué sur le tableau des délais, la taxe d'examen déjà versée n'est pas  remboursée  ;  la  taxe d'examen qui n'a pas encore été payée  reste due  (art. 40 al. 2 aOPMéd [RO 1982 563, 572]). Le candidat qui, sans aviser  ni  indiquer de motif,  ne se présente pas à  l'examen ou qui ne continue  pas  l'examen commencé, est réputé avoir échoué (art. 40 al. 3 aOPMéd  [RO  1982  563,  572]).  L'art. 41  aOPMéd  (RO  1982  563,  572),  intitulé  «Empêchement»,  prévoit  que,  lorsque  le  candidat  est  empêché  de  se  présenter  à  un  examen  pour  cause  de maladie  ou  pour  d'autres motifs  importants, il doit en aviser sans délai le président local (al. 1) ; en cas de  maladie,  il  doit  en  outre  présenter  un  certificat  médical  (al. 2).  Le  président local décide si les motifs invoqués sont valables (al. 3). L'art. 42  aOPMéd  (RO  1982  563,  572)  règle  pour  sa  part  l'hypothèse  où  le  candidat  entend  suspendre  ou  renoncer  à  poursuivre  l'examen.  Cette  disposition indique que, si  le candidat tombe malade durant l'examen ou  s'il a un autre motif d'empêchement important, il doit en aviser sans délai  le président local (al. 1). 4.2. Selon une jurisprudence constante, un motif d'empêchement ne peut,  en principe,  être  invoqué par  le  candidat  qu'avant  ou pendant  l'examen  (arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  B­3299/2009  du  25 novembre  2009 consid. 3.2 et B­3354/2009 du 24 septembre 2009 consid. 2.2). La  production ultérieure d'un certificat médical ne peut remettre en cause le  résultat obtenu  lors d'un examen.  Il est en effet difficile de concevoir un  système  d'examen  efficace  si  des  certificats  médicaux  produits  après  l'examen  peuvent  annuler  une  épreuve  passée  (arrêt  du  Tribunal  administratif fédéral B­2206/2008 du 15 juillet 2008 consid. 4.3). Ainsi, les  candidats à un examen qui se sentent malades, qui souffrent des suites  d'un  accident,  qui  font  face  à  des  problèmes  psychologiques,  qui  sont  confrontés à des difficultés d'ordre familial graves ou qui sont saisis d'une  peur  démesurée  de  l'examen  doivent,  lorsqu'ils  estiment  que  ces  circonstances  sont  propres  à  les  empêcher  de  subir  l'examen  normalement,  les  annoncer  avant  le  début  de  celui­ci  (PLOTKE,  op.  cit.,  p. 452).  Il  en  résulte  qu'en  cas  d'annonce  tardive  du  motif  d'empêchement,  l'examen (insuffisant) est en général  réputé non réussi.  L'annulation ultérieure des résultats d'examen pour cause de maladie ne  peut être envisagée que  lorsqu'un candidat n'était objectivement pas en  mesure,  sans qu'il  y  ait  faute  de  sa part,  de  faire  valoir  immédiatement 

B­3648/2011 Page 12 son motif d'empêchement en exerçant  librement sa volonté. C'est  le cas  en  particulier  lorsque  la  capacité  lui  faisait  défaut  à  un moment  donné  pour  apprécier  suffisamment  sa  situation  de  santé  et  prendre  une  décision  sur  le  fait  de  débuter  ou  de  continuer  un  examen,  ou  lorsque,  bien  que  conscient  des  problèmes  de  santé,  d'agir  conformément  à  sa  raison (JAAC 67.30 consid. 3b). La  jurisprudence  constante  soumet  la  prise  en  compte  exceptionnelle  d'un  motif  d'empêchement  pour  raison  de  santé  annoncé  tardivement  également  aux  cinq  conditions  cumulatives  suivantes :  a)  la  maladie  n'apparaît  qu'au  moment  de  l'examen,  sans  qu'il  n'ait  été  constaté  de  symptômes  auparavant,  le  candidat  à  l'examen  acceptant,  dans  le  cas  contraire,  un  risque  à  se  présenter  dans  un  état  déficient,  ce  qui  ne  saurait  justifier  par  après  l'annulation des  résultats d'examen ;  b)  aucun  symptôme  n'est  visible  durant  l'examen ;  c)  le  candidat  consulte  un  médecin  immédiatement  après  l'examen ;  d)  le  médecin  constate  immédiatement une maladie grave et soudaine qui, malgré  l'absence de  symptômes  visibles,  permet  à  l'évidence  de  conclure  à  l'existence  d'un  rapport  de  causalité  avec  l'échec  à  l'examen ;  e)  l'échec  doit  avoir  une  influence  sur  la  réussite  ou  non  de  la  session  d'examen  dans  son  ensemble  (arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  B­6063/2009  du  12 novembre  2009  consid. 2.2  et  B­3354/2009  du  24 septembre  2009  consid. 2.2 ; JAAC 67.30 consid. 3b ; PLOTKE, op. cit., p. 452 s.). 4.3.  En  l'espèce,  la  recourante  s'est  présentée  aux  épreuves  des  modules 2.1  et  2.3  lors  de  la  session  de  janvier  2010.  Elle  n'a  pas  annoncé  au  président  de  la  Commission  d'examens  qu'elle  était  empêchée de se présenter aux examens litigieux ni renoncé à les passer,  que ce soit avant ou en cours d'examen. Partant, les résultats obtenus à  ces  épreuves  ne  sauraient,  en  principe,  être  remis  en  cause  pour  ce  motif. La recourante  fait  toutefois valoir qu'elle n'était pas en mesure de  se  rendre  compte  de  son  état  à  l'époque  des  examens  litigieux.  Elle  a  produit  trois certificats médicaux à  l'appui de ses allégations.  Il sied dès  lors d'examiner si les cinq conditions cumulatives qui justifieraient la prise  en  compte  exceptionnelle  de  son  motif  d'empêchement  invoqué  après  coup sont remplies. Les certificats médicaux datés des 15 septembre 2010 et 28 septembre  2011 indiquent que la recourante est suivie depuis début 2009 pour des  problèmes de santé somatiques et psychiques. Ces documents attestent  donc  que  la  recourante  présentait  les  problèmes  de  santé  dont  elle  se  prévaut  depuis  début  2009  déjà.  C'est  dire  que  la  recourante  était 

B­3648/2011 Page 13 affectée  dans  sa  santé  bien  avant  l'examen  litigieux.  En  outre,  si  le  certificat  médical  daté  du  15 mars  2010  indique  que  la  recourante  a  consulté le médecin signataire après son échec aux examens de janvier  et février 2010, il n'atteste en revanche pas que la consultation a eu lieu  immédiatement  après  les  examens  litigieux.  Bien  au  contraire,  il  y  est  précisé que le médecin signataire a «déjà pu constater par  le passé (en  mars 2010) un épuisement associé à une dimension anxieuse avec une  anticipation d'échec». Or, seule une consultation immédiate – c'est­à­dire  sans  délai  ou  peu  de  jours  après  l'examen  compte  tenu  des  circonstances du cas – permet de constater qu'un candidat n'est pas apte  à passer l'examen (arrêt du Tribunal administratif fédéral B­3299/2009 du  25 novembre 2009 consid. 3.4). Force est dès lors de constater que deux  des  conditions  cumulatives  établies  par  la  jurisprudence  ne  sont  pas  réunies.  Point  n'est  donc  besoin  d'examiner  plus  avant  si  les  autres  exigences jurisprudentielles sont remplies. Au  vu  de  ce  qui  précède,  c'est  à  juste  titre  que  l'autorité  inférieure  a  refusé de prendre en compte  le motif d'empêchement  tardif  invoqué par  la recourante. Le recours doit en conséquence être rejeté sur ce point. 5.  Dans  le  cadre  de  la  procédure  de  recours  auprès  de  la  Commission  MEBEKO,  la  recourante  a  formulé  diverses  critiques  à  l'encontre  de  questions d'examen des modules 2.1 et 2.3 (voir consid. 6 à 8). Il ressort du dossier que le barème pour l'obtention de la note 3 allait de  52  à  59 points  pour  le  module 2.1  –  la  note  4  étant  assurée  avec  un  minimum  de  60 points  –  et  de  48  à  55  points  pour  le  module 2.3  –  la  note 4 étant acquise dès 56 points. La recourante a échoué aux modules  2.1 et 2.3, auxquels elle a obtenu 54 points et  la note 3. Pour l'obtention  de la note 4, il manque donc à la recourante six points au module 2.1 et  deux points au module 2.3. In casu,  tant  la première  instance que  l'autorité  inférieure  reconnaissent  qu'une  ou  deux  contestations  de  question  par  module  pourraient  éventuellement  être  prises  en  compte ;  elles  estiment  toutefois  que,  même  s'il  en  était  tenu  compte,  cela  ne  suffirait  pas  à  compenser  les  points manquants pour  chaque examen  (voir  Let. A.d  et A.g  ci­dessus).  Ce  faisant,  elles  perdent  toutefois  de  vue  que  le  règlement  pour  le  baccalauréat universitaire en médecine de (…) – adopté  le 17  juin 2009  et  entré  en  vigueur  le  14  septembre  2009  –  comporte  une  règle  particulière de compensation de notes. En effet, l'art. 16 – qui a trait à la 

B­3648/2011 Page 14 deuxième année d'études – dispose à son al. 2 que, si huit modules sur  neuf sont acquis, et que le neuvième est échoué pour au maximum cinq  points­qcm au­dessous de la limite inférieure du barème du 4, ce module  est  considéré  comme  acquis  et  les  60 crédits  ECTS  accordés  si  le  candidat est au bénéfice d'au moins cinq points­qcm compensatoires au­ dessus  du  barème  du  4  sur  l'ensemble  des  autres modules.  Il  s'ensuit  que, en l'espèce, il ne manque à la recourante que deux points pour que  le  module  2.3  soit  réussi.  Et  il  suffit  qu'un  point  supplémentaire  soit  octroyé  au  module  2.1  pour  que,  compte  tenu  de  la  règle  de  compensation  de  notes  prévue  à  l'art. 16  al. 2  du  règlement  pour  le  baccalauréat  universitaire  en  médecine,  elle  puisse  se  présenter  aux  modules 2.4, 2.5 et 2.6. Il faudrait alors qu'elle réussisse ces modules et  qu'elle  obtienne  cinq points­qcm compensatoires pour pallier  aux points  manquants  au  module  2.1.  Il  s'ensuit  que,  contrairement  à  ce  que  prétendent  les  autorités  inférieures,  la  prise  en  compte  d'une  à  deux  contestations  de  question  dans  chaque  examen  est  susceptible  de  modifier le résultat des examens des modules litigieux. Par  ailleurs,  la  recourante  relève  dans  son  recours  que  la Commission  MEBEKO mentionne dans sa décision que deux questions pourraient être  retenues  pour  le  module 2.1  et  une  question  pour  le  module  2.3.  Elle  demande à ce qu'elle soit, le cas échéant, autorisée à compenser les cinq  points­qcm malgré  leur répartition sur deux modules. Sur ce point,  force  est  de  constater  que  le  règlement  pour  le  baccalauréat  universitaire  en  médecine n'autorise pas la compensation de notes de plusieurs modules. Il  convient  donc  d'examiner  si  c'est  à  tort  ou  à  raison  que  l'autorité  inférieure a  rejeté  les griefs  formulés par  la  recourante à  l'encontre des  questions d'examen 14A, K2, K3, 19A, 21A, K9, K10, K13, K16 et K18 du  module 2.1 ainsi que K4, K7, 16A, K18, 33A, 35A, 45A, K25 et K28 du  module 2.3. 6.  La  recourante  a  formulé  des  critiques  à  l'encontre  de  la  matière  d'examen. Elle  relève en effet que certaines questions,  issues du cours  du Prof. Y._______ intitulé «…», ont été maintenues alors même que ce  cours  avait  été  annoncé  comme  ne  faisant  pas  partie  de  la  matière  d'examen. Elle conteste spécialement la question K9 du module 2.1. En  reprochant  à  la  Commission  d'examens  d'avoir  maintenu  des  questions ne relevant pas de la matière d'examen, la recourante invoque  un grief de nature formelle à l'encontre de l'épreuve du module 2.1, grief 

B­3648/2011 Page 15 que  le  Tribunal  de  céans  examine  avec  un  plein  pouvoir  d'examen  conformément à la jurisprudence précitée (consid. 3.1). 6.1. Le Directeur de l'Ecole de médecine admet que «le Prof. Y._______  avait annoncé qu'une partie des cours ne faisait pas partie de la matière à  examen, bien que fournissant des questions qui recouvrent la matière». Il  relève que l'Ecole de médecine l'a appris au moment de l'évaluation des  questions  d'examen  et  qu'elle  a  décidé  de  garder  deux  questions  sur  quatre, dont la question K9 du module 2.1. Il explique cette décision par  le  fait  que  ces  deux  questions  étaient  très  générales  et  qu'elles  recoupaient des objectifs d'autres enseignements, de  telle sorte que  les  étudiants  pouvaient  connaître  la  matière  et  la  réponse  correcte,  ce  qui  s'est  d'ailleurs  vérifié  par  les  réponses  fournies  par  l'ensemble  de  la  volée.  Il  ajoute  enfin  que  l'argument  selon  lequel  le  cours  en  question  était  annoncé comme ne  faisant pas partie de  la matière à examen est  valide,  bien  que  les  étudiants  délégués  de  volées  à  la  commission  consultative  des  étudiants  sont  d'avis  que  les  questions maintenues  ne  posent aucun problème pour fournir la bonne réponse. Pour sa part,  la Commission MEBEKO estime que  le  fait que  la Faculté  de médecine admet que la question K9 portait sur de la matière qui avait  été  annoncée  comme  ne  faisant  pas  partie  de  l'examen  constitue  un  élément en faveur de la recourante. 6.2.  In casu,  il n'est pas contesté que  le Prof. Y._______ avait annoncé  que son cours «…» ne relevait pas de la matière à examen. Néanmoins,  le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  admet  que  deux  questions  de  l'examen du module 2.1 – dont la question K9 contestée par la recourante  – sont malgré tout issues du cours précité.  A titre liminaire, il sied de relever que le dossier remis par la Commission  MEBEKO  à  la  Cour  de  céans  ne  contient  ni  les  questionnaires  des  examens  QCM  des  modules  2.1  et  2.3  litigieux  ni  le  plan  d'études  applicable  à  la  recourante,  lequel  présente  notamment  le  contenu  des  matières  de  chaque  module  (cf.  art. 5  al. 1  du  règlement  pour  le  baccalauréat universitaire en médecine de […]). La Cour de céans ignore  également  quelle  est  la  deuxième question maintenue  avec  la  question  K9,  tout  comme  elle  ignore  quelles  sont  les  deux  autres  questions  qui  n'ont pas été retenues. En outre, force est de constater que si, dans ses  prises de position, le Directeur de l'Ecole de médecine motive le maintien  de ces deux questions par  le  fait qu'elles sont  très générales et qu'elles  recoupent des objectifs d'autres enseignements, il n'indique toutefois pas 

B­3648/2011 Page 16 de quels enseignements il s'agit. Il n'explique ainsi pas non plus en quoi  les  objectifs  des  enseignements  en  question  devaient  permettre  aux  étudiants  de  répondre  correctement  à  la  question  K9  litigieuse  et,  respectivement,  à  l'autre  question  maintenue.  Il  se  contente  d'affirmer  que les réponses de l'ensemble de la volée confirment que les étudiants  pouvaient  connaître  la  matière  et  la  réponse  aux  deux  questions  maintenues. S'agissant précisément de la question K9 litigieuse, il indique  que la grande majorité des étudiants, à savoir 73 à 92% en fonction des  items, y ont  répondu correctement. Or, non seulement aucune pièce du  dossier ne permet d'étayer cette affirmation, mais en outre le seul résultat  statistique  –  dont  on  ne  peut  pas  exclure  qu'il  relève  du  hasard  –  ne  saurait  suffire,  à  lui  seul,  à  motiver  le  maintien  de  questions  qui  ne  relèvent  pas  de  la matière  à  examen.  Enfin,  le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  souligne  que  les  étudiants  délégués  de  volées  à  la  Commission  consultative  des  étudiants  sont  d'avis  que  les  questions  maintenues ne posaient pas de problème pour fournir la bonne réponse.  Ce dernier argument reflète uniquement l'opinion de certains étudiants de  la  volée  de  la  recourante ;  il  ne  constitue  cependant  aucunement  une  preuve  permettant  de  juger  à  satisfaction  de  droit  de  la  validité  des  questions maintenues. Il  appert  de  ce  qui  précède  que,  sur  la  base  des  pièces  figurant  au  dossier,  la  Cour  de  céans  se  trouve  dans  l'impossibilité  d'exercer  son  plein pouvoir de cognition en la matière (voir consid. 6). Partant, dite cour  n'est pas en mesure de se prononcer en connaissance de cause sur  la  validité du maintien des deux questions  issues du cours d'«…». Le grief  de la recourante s'avère ainsi fondé en tant qu'il concerne la question K9  du module 2.1. La décision attaquée doit ainsi être annulée sur ce point  et la cause doit être renvoyée à l'autorité inférieure afin qu'elle rende une  nouvelle décision motivée. 7.  La  recourante  a  également  fait  valoir  que  plusieurs  questions  étaient  sujettes à  interprétation et pouvaient être considérées comme ambiguës  et contestables. Selon  la  doctrine,  les  examinateurs  disposent  d'un  large  pouvoir  d'appréciation en ce qui concerne non seulement le mode de contrôle des  connaissances  ou  l'échelle  d'évaluation, mais  également  le  choix  ou  la  formulation  des  questions.  La  confusion  qu'éveille  une  question  peut,  dans  certains  cas,  constituer  l'une  des  finalités  mêmes  de  l'épreuve  (PIERRE  GARRONE,  Les  dix  ans  d'un  organe  de  recours  original :  la 

B­3648/2011 Page 17 Commission  de  recours  de  l'Université,  in :  SJ  1987  p. 401  ss,  en  particulier  p. 412  s.). C'est  dire  que  l'autorité  de  recours  doit  également  s'imposer  une  certaine  retenue  en  examinant  la  formulation  des  questions. 7.1. Pour le module 2.1, la recourante critique les questions 14A, K2, K3,  21A, K10, K13, K16 et K18. Dans son écriture du 29 novembre 2010, elle  explique en détails et en se référant à ses cours pour quelles raisons ses  réponses sont, selon elle, correctes ou partiellement correctes.  7.1.1.  Les  questions  précitées  contestées  par  la  recourante  ont  été  formulées  selon  le  procédé  donnant  à  choisir  entre  plusieurs  réponses.  Ce  procédé  comporte  plusieurs  types  de  questions,  dont  les  types  A  (let. a) et K (let. e), qui sont décrits à l'art. 5 de l'ancienne ordonnance du  30 juin 1983 réglant les modalités du procédé des examens fédéraux des  professions  médicales  –  abrogée  au  31 décembre  2010  –  (RO  1983  1313, spéc. p. 1314). Le  type A (choix simple) consiste en une question  ou  une  formulation  incomplète  mise  en  regard  de  réponses  ou  compléments,  généralement  au  nombre  de  cinq.  Selon  le  devoir  d'examen, le candidat choisit la réponse ou le complément qui est soit le  seul juste ou le seul faux, soit le meilleur ou le plus mauvais (art. 5 let. a  de l'ancienne ordonnance réglant les modalités du procédé des examens  fédéraux des professions médicales). Quant au type K (décision multiple  juste/faux),  il consiste en cinq questions ou formulations incomplètes qui  sont  mises  chacune  en  regard  d'une  réponse  ou  d'un  complément.  Le  candidat  indique  toutes  les  réponses  ou  tous  les  compléments  justes  (art. 5  let. e de  l'ancienne ordonnance  réglant  les modalités du procédé  des examens fédéraux des professions médicales). 7.1.2. Le Directeur de  l'Ecole de médecine explique qu'il  y a «plusieurs  questions  (14A,  21A,  K2,  K3,  K10,  K13  et  K16)  pour  lesquels  les  argumentaires  sont  complexes  et  sur  l'item  litigieux  n'est  pas  rigoureux  dans  l'analyse  (pour souligner ce point, on voit plusieurs  fois  l'usage du  mot "semble"), et il y a des erreurs sur des questions d'ancrage avec des  valeurs de P > 90». Selon lui, les contestations sur ces questions ne sont  pas  justifiées  sur  la  base  de  l'évaluation  par  les  enseignants  et  les  résultats des étudiants à cet examen.  Quant à la Commission MEBEKO, elle relève qu'il ne semble pas y avoir  eu  de  problème  particulier  lié  à  la  clarté  des  questions  d'examen  14A,  21A,  K2,  K3,  K10,  K13  et  K16  auprès  des  autres  étudiants,  laissant  présumer qu'il n'y avait aucun problème de  formulation. Elle ajoute que, 

B­3648/2011 Page 18 les  étudiants  n'ayant  globalement  pas  eu  de  difficulté  particulière  pour  répondre  à  ces  questions,  on  peut  penser  que  les  réponses  attendues  n'étaient  également pas problématiques. S'agissant  de  la question K18,  elle  considère  que  le  fait  que  la  première  instance  ne  se  soit  pas  prononcée  sur  cette  question  constitue  un  élément  en  faveur  de  la  recourante. 7.1.3. Aux termes de l'art. 35 PA, même si l'autorité les notifie sous forme  de lettre, les décisions écrites sont désignées comme telles, motivées et  indiquent  les  voies  de  droit  (al. 1).  De  manière  plus  générale,  la  jurisprudence a déduit du droit d'être entendu celui d'obtenir une décision  motivée.  Il  suffit  à  cet  égard  que  l'autorité  mentionne,  au  moins  brièvement,  les  motifs  qui  l'ont  guidée  et  sur  lesquels  elle  a  fondé  sa  décision, de manière que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée  de  celle­ci  et  l'attaquer  en  connaissance  de  cause  (ATF  129  I  232  consid. 3.2). L'autorité n'a certes pas l'obligation d'exposer et de discuter  tous les faits, moyens de preuve et griefs  invoqués par  les parties, mais  peut  au  contraire  se  limiter  à  ceux  qui,  sans  arbitraire,  apparaissent  pertinents (ATF 121 I 54 consid. 2c et les réf. cit.). In  casu,  s'exprimant  sur  les  griefs  de  fond,  soit  sur  ceux  touchant  à  la  vérification  des  épreuves  et  de  leur  évaluation,  l'autorité  inférieure  se  rallie, à l'exception de la question K18, à la position de l'Université, sans  procéder  à  aucune  appréciation  propre  des  griefs  invoqués  par  la  recourante. Ce faisant, elle n'a pas apprécié elle­même ces griefs, même  pas  brièvement.  S'agissant  de  la  question  K18,  elle  s'est  contentée  de  relever  que  le  fait  que  la  première  instance  ne  se  soit  pas  prononcée  constituait un élément en faveur de la recourante. En matière d'examens  de  médecine,  la  Commission  MEBEKO  est  –  jusqu'à  la  session  d'automne 2010 – la première autorité de recours à laquelle les candidats  ayant  échoué  peuvent  s'adresser.  A  ce  titre,  elle  est  tenue  d'exercer  le  pouvoir d'appréciation qui lui revient et de répondre, dans les motifs de la  décision  qu'elle  est  appelée  à  rendre,  aux  griefs  pertinents  qui  sont  invoqués devant elle (arrêt du Tribunal administratif  fédéral B­1621/2008  du 3 juillet 2008 consid. 7 et les réf. cit.). Il sied au demeurant également  de  constater  que  la  première  instance  n'a  pas  répondu  aux  arguments  développés  par  la  recourante  dans  son  mémoire  complémentaire  du  29 novembre 2010. Elle s'est bornée à affirmer que les contestations de  la  recourante  n'étaient  pas  justifiées  sur  la  base  de  l'évaluation  par  les  enseignants  et  les  résultats  des  étudiants  à  cet  examen  sans  apporter  d'explications concrètes ou de preuves à  l'appui de ses allégations. Elle  ne s'est en outre pas prononcée sur  la question K18. Or,  il  convient de 

B­3648/2011 Page 19 rappeler  que  l'obligation  de  motiver  est  d'autant  plus  stricte  lorsque  la  décision  repose  sur  un  pouvoir  de  libre  appréciation  de  l'autorité  (voir  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  B­3538/2010  du  3 février  2011  consid. 5.3.4 et la réf. cit.), comme cela est le cas en l'espèce. Il  appert  de  ce  qui  précède  que  la  décision  attaquée  apparaît  insuffisamment motivée sur le fond en tant qu'elle concerne les questions  14A,  21A,  K2,  K3,  K10,  K13,  K16  et  K18  du  module  2.1.  Constitutive  d'une  violation du droit  d'être  entendu,  une  telle  insuffisance des motifs  est propre à conduire à  l'annulation de la décision attaquée et au renvoi  de  l'affaire à  l'autorité  inférieure afin qu'elle  rende une nouvelle décision  motivée sur le fond. 7.2.  Pour  le  module  2.3,  la  recourante  conteste  les  questions  K4,  K7,  16A, K18, 35A, 45A, K25 et K28 (cf. consid. 7.1.1 ci­dessus) ; elle expose  en détails et en se référant à ses cours pour quelles raisons ses réponses  sont,  selon  elle,  correctes,  partiellement  correctes  ou  pourquoi  il  était  difficile d'y répondre en raison de leur ambiguïté.  7.2.1.  Le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  souligne  que  les  questions  16A, 35A, 45A, K4, K7, K25 et K28 sont contestées de manière infondée  par une mauvaise connaissance du sujet ou analyse de la question. Quant  à  la  Commission  MEBEKO,  elle  a  repris  la  prise  de  position  précitée du Directeur de l'Ecole de médecine. Il appert de ce qui précède que, pour ces questions également, l'autorité  inférieure  s'est  ralliée  à  la  position  de  l'Université,  sans  procéder  à  aucune  appréciation  propre  des  griefs  invoqués  par  la  recourante.  De  même,  le Directeur de  l'Ecole de médecine s'est contenté d'affirmer que  les  contestations  de  la  recourante  étaient  infondées.  Il  n'a  en  revanche  pas expliqué en quoi  les arguments développés par  la  recourante dans  son  mémoire  complémentaire  du  29 novembre  2010  auprès  de  la  Commission MEBEKO n'étaient pas pertinents. Ainsi, conformément à ce  qui  a  été  mentionné  au  consid.  7.1.3,  force  est  de  constater  que  la  décision attaquée apparaît également insuffisamment motivée sur le fond  en tant qu'elle concerne les questions K4, K7, 16A, 35A, 45A, K25 et K28  du module  2.3. Constitutive  d'une  violation  du  droit  d'être  entendu,  une  telle  insuffisance  des  motifs  est  propre  à  conduire  à  l'annulation  de  la  décision attaquée et au renvoi de l'affaire à l'autorité inférieure afin qu'elle  rende une nouvelle décision motivée sur le fond.

B­3648/2011 Page 20 7.2.2.  S'agissant  de  la  question  K18  du  module  2.3,  le  Directeur  de  l'Ecole de médecine explique que «l'item A est en effet plus difficile que  les trois autres (peut­être que les objectifs du cours sont moins clairs sur  ce sujet), mais n'a pas  justifié  l'élimination de  la question».  Il ajoute que  toute la volée a rencontré la même difficulté à résoudre l'item A, ce qui se  répercute sur le barème général et ne défavorise pas particulièrement la  recourante. Pour  sa  part,  la Commission MEBEKO  relève  que  la  volée  a  rencontré  des  difficultés  à  résoudre  la  proposition  A,  ce  qui  laisse  penser  que  l'argument  de  la  recourante  ne  saurait  être  totalement  exclu  et  devrait  pencher  en  sa  faveur.  Elle  estime  cependant  que,  à  elle  seule,  la  question K18 ne saurait justifier une annulation du résultat. Il appert des déclarations des autorités précédentes que toute la volée a  rencontré  des  difficultés  à  résoudre  l'item  A  de  la  question  K18  du  module 2.3. Ce nonobstant, le Directeur de l'Ecole de médecine explique  que  ce motif  n'a  pas  justifié  l'élimination  de  la  question. Sur  ce  point,  il  sied  d'emblée  de  relever  une  contradiction  dans  les  explications  du  Directeur  susmentionné.  En  effet,  ce  dernier  a  précisément  justifié  l'élimination des questions 19A du module 2.1 et 33A du module 2.3 par  le  fait  qu'il  y  avait  davantage  d'étudiants  qui  avaient  choisi  une  autre  réponse. Si, comme nous le verrons au consid. 8 ci­dessous, un résultat  statistique  inattendu  constaté  lors  de  l'évaluation  des  prestations  d'examen ne constitue pas à lui seul une lacune au sens de l'art. 10 al. 3  de l'ancienne ordonnance réglant les modalités du procédé des examens  fédéraux des professions médicales  (cité  ci­dessous au  consid. 8.2)  qui  justifierait  l'élimination d'une question, il n'en demeure pas moins que, in  casu,  la  première  instance  maintient  une  question  qui  a  posé  des  problèmes  à  l'ensemble  de  la  volée,  alors  même  qu'elle  élimine  deux  questions  pour  ce  même  motif.  La  Cour  de  céans  peine  ainsi  à  comprendre les raisons qui ont amené la première instance à maintenir la  question  K18  litigieuse,  d'autant  plus  que  le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  reconnaît  que  les  objectifs  du  cours  étaient  peut­être  moins  clairs sur le sujet concerné par l'item A. Certes, ce dernier soutient, sans  toutefois  le  démontrer,  que  la  recourante  n'est  pas  particulièrement  défavorisée par le maintien de cette question, dans la mesure où cela se  répercute  sur  le  barème  général.  Compte  tenu  de  la  contradiction  soulevée et faute de motivation convaincante, force est de constater que 

B­3648/2011 Page 21 la Cour de céans n'est pas en mesure de se prononcer sur cette question  en toute connaissance de cause.  7.3.  Il  résulte  de  ce  qui  précède  que  les  griefs  de  la  recourante  se  révèlent fondés en tant qu'ils concernent les questions 14A, K2, K3, 21A,  K10, K13, K16 et K18 du module 2.1 et les questions K4, K7, 16A, 35A,  45A, K18, K25 et K28 du module  2.3.  La Cour  de  céans  n'est,  comme  nous  venons  de  le  voir  pas  en  mesure  d'exercer  son  pouvoir  d'appréciation restreint en la matière. Dans ces circonstances, il se justifie  de  renvoyer  l'affaire  à  la  Commission  MEBEKO  afin  qu'elle  rende  une  nouvelle décision motivée. 8.  La recourante a enfin contesté l'élimination de certaines questions après  l'examen. Elle fait grief à la première instance d'avoir éliminé la question  19A  du  module  2.1,  quand  bien  même  elle  ne  serait  ni  hors  sujet  ni  ambiguë. Elle  critique  également  la  question  33A du module 2.3.  Selon  elle,  cette question a été éliminée car  toutes  les affirmations proposées  étaient  fausses.  Elle  signale  cependant  qu'une  telle  question  peut  être  déstabilisante. 8.1.  Le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  justifie  l'élimination  de  la  question 19A du module 2.1 par  le fait qu'il y a «plus d'étudiants qui ont  choisi deux autres réponses à cette question qui est clairement ambiguë  pour  la majorité de la volée (P < 30)». S'agissant de la question 33A du  module 2.3,  le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  expose  qu'elle  a  été  éliminée  «non  parce  que  toutes  les  réponses  sont  fausses, mais  parce  qu'il y a plus d'étudiants qui se sont laissés piéger par la réponse C pour  la  détection  de  l'accélération  linéaire  par  l'utricule,  faussement  dans  le  plan vertical comme proposé, mais qui est dans le plan horizontal. On a  déterminé  que  cet  objectif  était  peut­être  pas  bien  compris  par  les  étudiants dans le cours, et la question a été éliminée.» Quant  à  la  Commission  MEBEKO,  elle  rappelle  que  l'élimination  des  questions  est  une  procédure  standard  prévue  à  l'art. 10  al. 3  de  l'ancienne  ordonnance  réglant  les  modalités  du  procédé  des  examens  fédéraux  des  professions  médicales ;  que  les  critères  standardisés  d'élimination  sont  fournis  par  l'analyse  statistique  de  l'épreuve  qui  détermine,  pour  chaque  question,  sa  difficulté  et  son  pouvoir  de  discrimination ;  que  lorsqu'une  question  est  éliminée,  elle  l'est  pour  la  totalité  des  candidats  à  l'épreuve  et  le  barème  est  adapté  en  conséquence ; et que la pratique de l'élimination de questions a pour but 

B­3648/2011 Page 22 d'améliorer la qualité des épreuves. Elle estime que le résultat obtenu à la  question  19A  du  module  2.1  éliminée  ne  saurait  dès  lors  être  pris  en  compte. 8.2. L'art. 10 de l'ancienne ordonnance réglant les modalités du procédé  des  examens  fédéraux  des  professions  médicales  (RO  1983  1313,  spéc. p. 1315 s.) a trait à l'évaluation de l'examen. Son al. 2 dispose que  les  questionnaires  établis  selon  le  procédé  donnant  à  choisir  entre  plusieurs  réponses  pour  chaque  question  sont  évalués  par  les  examinateurs  ou  par  une  institution  qu'ils  ont  chargée  de  ce  soin ;  les  notes sont  fixées selon une clé établie à  l'avance. A son al. 3,  il prévoit  que  si  les  questions  ou  les  réponses  présentent  une  lacune manifeste  quant  au  fond  ou  à  la  forme,  elles  ne  sont  pas  prises  en  considération  dans l'évaluation. Dans un arrêt du 23 mars 2010 (ATAF 2010/21), le Tribunal administratif  fédéral  a  considéré  qu'un  résultat  statistique  plus  ou moins  inattendu –  lequel pouvait être dû à un pur hasard – ne constituait pas, à lui seul, une  lacune qui autorise, selon l'art. 10 al. 3 de l'ancienne ordonnance réglant  les  modalités  du  procédé  des  examens  fédéraux  des  professions  médicales,  l'élimination d'une question après l'examen. Il a relevé que si  un  tel  résultat  constitue  un  indice  quant  à  l'existence  d'une  lacune,  il  incombe  néanmoins  aux  autorités  inférieures  d'expliquer  concrètement,  dans le cadre de leur devoir d'établir les faits pertinents, en quoi consiste  la  lacune et  dans quelle mesure  celle­ci  a  eu des  conséquences  sur  le  résultat  inattendu  d'une  question  lors  de  l'évaluation  des  résultats  de  l'examen (consid. 7.3.2). S'agissant du degré de difficulté d'une question  d'examen, le Tribunal administratif fédéral a en outre estimé qu'il tient à la  nature­même  d'un  examen  que  ce  dernier  comporte  aussi  bien  des  données d'examen plus faciles que des données plus difficiles. Il a ajouté  qu'une  lacune  manifeste  en  raison  d'un  grand  degré  de  difficulté  ne  devrait  par  conséquent  être  admise que  si  la  difficulté  de  la  donnée en  question est à ce point excessive qu'il ne peut être attendu d'un candidat  moyen qu'il y réponde correctement (consid. 7.3.3). In casu,  la recourante a recouru auprès de  la Commission MEBEKO en  date  du  30  juillet  2010.  Il  s'ensuit  que  l'arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  précité  était  connu  aussi  bien  de  dite  commission  que  de  la  première instance. Or, on ne peut que constater que la première instance  se contente d'affirmer qu'il y a davantage de candidats qui ont choisi une  autre  réponse  aux  questions  éliminées  litigieuses.  Non  seulement,  elle  n'indique  pas  le  pourcentage  d'étudiants  qui  a  opté  pour  chacune  des 

B­3648/2011 Page 23 propositions – ce qui, comme nous venons de le voir, ne serait du reste  pas encore suffisant pour  justifier  l'élimination des questions –, mais en  plus  elle  n'explique,  à  aucun  moment,  en  quoi  les  questions  19A  du  module 2.1 et 33A du module 2.3 comportent une lacune manifeste quant  au  fond  ou  à  la  forme  et  dans  quelle  mesure  cette  lacune  a  eu  des  conséquences  sur  le  résultat  inattendu  de  ces  questions  lors  de  l'évaluation des résultats des épreuves d'examen. A cela s'ajoute que le  dossier  remis  par  la  Commission  MEBEKO  au  Tribunal  administratif  fédéral ne contient ni les questionnaires des examens QCM des modules  2.1  et  2.3  comprenant  les  annotations manuscrites  de  la  recourante,  ni  les  feuilles  de  réponses  (feuilles  de  lecture  optique)  remplies  par  la  recourante  pour  les  modules  2.1  et  2.3,  ni  la  liste,  pour  chacun  des  modules  précités,  des  réponses  correctes  attendues  comprenant  les  questions  éliminées  (précisant  quelles  étaient  les  réponses  correctes  attendues pour ces dernières également) ainsi que  le nombre de points  obtenus  par  question.  Dans  ces  circonstances,  force  est  dès  lors  de  constater  que  la Cour  de  céans n'est  pas à même de  se prononcer  en  toute connaissance de cause sur la validité de l'élimination des questions  19A du module 2.1 et 33A du module 2.3. Il se justifie en conséquence,  pour ce point également, de renvoyer l'affaire à la Commission MEBEKO  afin qu'elle établisse  les  faits conformément aux exigences de  l'arrêt du  Tribunal administratif fédéral précité (ATAF 2010/21) et qu'elle rende une  nouvelle décision motivée. 9.  Il résulte de ce qui précède que le recours doit être partiellement admis.  Partant,  la  décision  attaquée  doit  être  annulée  et  l'affaire  doit  être  renvoyée à la Commission MEBEKO afin qu'elle procède aux instructions  complémentaires  nécessaires  à  l'établissement  des  faits  pertinents  concernant les questions d'examen 14A, K2, K3, 19A, 21A, K9, K10, K13,  K16 et K18 du module 2.1 ainsi que K4, K7, 16A, K18, 33A, 35A, 45A,  K25 et K28 du module 2.3 et rende une nouvelle décision motivée. Pour  le reste, le recours est rejeté. 10.  10.1.  Les  frais  de  procédure  comprenant  l'émolument  judiciaire  et  les  débours sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA  et  art. 1  al. 1  du  règlement  du  21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS 173.320.2]).  L'émolument  judiciaire  est  calculé  en  fonction  de  la  valeur litigieuse, de l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de 

B­3648/2011 Page 24 procéder  des  parties  et  de  leur  situation  financière  (art. 2  al. 1  et  4  FITAF).  Aucun  frais  de  procédure  n'est  mis  à  la  charge  des  autorités  inférieures,  ni  des  autorités  fédérales  recourantes  et  déboutées  (art. 63  al. 2 PA). En  l'espèce,  la  recourante  obtient  partiellement  gain  de  cause. Compte  tenu  des  circonstances  du  cas  d'espèce,  il  se  justifie  de  renoncer  à  percevoir des frais de procédure (cf. art. 63 al. 1 PA). L'avance de frais de  Fr. 700.­ déjà versée par la recourante lui est ainsi restituée. 10.2. La recourante n'est pas représentée par un avocat et ne peut faire  valoir  de  frais  nécessaires  au  sens  de  l'art. 8  FITAF.  Il  n'y  a  en  conséquence pas lieu de lui allouer de dépens. 11.  Le présent arrêt est définitif  (art. 83  let. t de  la  loi du 17 juin 2005 sur  le  Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]).

B­3648/2011 Page 25 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est partiellement admis au sens des considérants. Partant, la  décision  sur  recours  du  7 juin  2011  de  la  Commission  des  professions  médicales MEBEKO, section  "formation universitaire", de  l'Office  fédéral  de la santé publique doit être annulée et l'affaire doit lui être renvoyée afin  qu'elle  l'examine  à  nouveau et  rende une  nouvelle  décision motivée  au  sens des considérants. Pour le reste, le recours est rejeté. 2.  Il  n'est  pas  perçu  de  frais  de  procédure.  L'avance  de  frais  de  Fr. 700.­  versée par la recourante lui est restituée. 3.  Il n'est pas alloué de dépens. 4.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (recommandé ; annexes : actes en retour et formulaire  "Adresse de paiement") – à  l'autorité  inférieure (n° de réf.  […] ;  recommandé ; annexe : dossier  en retour) – à la première instance (recommandé) Le président du collège : La greffière : Bernard Maitre Vanessa Thalmann

B­3648/2011 Page 26 Expédition : 30 janvier 2012

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