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Tribunal fédéral (ATF via Uni Berne) Partie I 01.01.1894 BGE 20 I 413

1. Januar 1894·Français·CH·fédéral (ATF via Uni Berne) Partie I·PDF·3,422 Wörter·~17 min·2

Volltext

412 C. Civilreehtspfiege. aUf ®runb ber ?8eftimmungen biefe~ re~tem fiiUen. iffienn nun ber lUJ.wberricf)ter in biejer iffieife i.lorging, 10 ift l)ier(tlI~ nidjt erfidjtIidj, baB er bie \Jon il)m augerufel1en -'8efttmmungen bC5 eibgenoffifdjeu D6ngationenredjte~ a!~ eibgenoiiifdje;3 1Recf)t unb nidjt i.lie[mel)l', auf ®runb ber citterien lUorfdjrift ber 3iirdjerifdjen ~ii.li!vro3eaorbnung, ag \)Orau;3gefe~ten Sl1l)a1t be~ mat;geoenben au;3(anbifdjen 1Red)te5 3ur ~{ml.lenbul1g georacl)t l)aoe. ~i3 mug l)ier baJ;Ctttf l)ingemiefen merben, baj3, u>ie ba;3 -'8unbe;3geridjt mel)rfad) aui3gefvrodjen 9at, ):lie Jtomvetena be§l -'8unbe~gertcl)lei3 nidjt barauf gegrfmbet luerben fann, baB bie lUorinftanaen lUor~ fcf)rtften be~ eibgenoffifcf)en 1Redjtei3 oei bem tantoua!eu ~Redjt untemorfenen 1Jtedjti3\lerl)iiftniffen angeu>enbet l)a6en~ fiir meIdje fratt ber fcmtona{en ®eic§ge6ung cibgenofjifcf)e ®efe~ei3oefttmmun~ gen gcHeu foUen, inbem bie 910rmen be§l eibgenofiifdjen 1Redjtei3 in il)rer ~nu>enbung aUf bem rantona!en 1Jted)t unterftel)clIbe 1Red)t~i.ler9aUniffe nid)t Emft 6unbe§lgefe~Hd)er fonbem fraft fQn~ tona!gefe~Ud)cr %torbnung, nid)t ct!;3 1Red)t;3fa~e bc;3 eibgenoffi~ fd)en, fonbern be;3 rantona!en 1Red)tei3 ge(ten 0. ~mtltd)e eamm~ lung ber Xmnbe;3gerid)tfidjm &ntfdjeibungen XVI, Ei. 168 &ru>. 2, Ei. 805 ~riu. 2). ~6enfo miifien im i.lorHegenben ~arre bie llon ber morinftan~ angemenbeten ~(ornten be;3 eibgenoffifd)en Do1iga~ tionenred)tei3 nid)t al;3 1Red)t~iii~e be:8 etbgenofiifd)en, fonb'ern be~ mQBgeoenben aU;31iinbifd)en t"l1ed)te;3 aufgefaBt werben; ei3 fann ba~er mit ®runb nicl)t geiagt merben, oaf) bie ~ntfd)eibung ber lUorinftana aUf ber ~nmenbung eibgenoffifcf)en lRed)tei3 oeruge unb tft fomit feine ber in ~d. 56 be;3 -'8unbei3gefe~e~ wer oie Dr~ gauifation bel' -'8unbc;3recl)t;3vf1ege entl)altenen lUctQu;3fe~ungen ber ounbe~geridjtHcf)en Jtomllctcn3 f1cge6en. :tlemnad) 1)at ba~ -'8unbei3gerid)t edannt: ~uf bie iffieiteraiel)lmg ber -'8ef(agten \l.lirb megen ,Jnfomveten~ be~ -'8unbc;3geridjte;3 nidjt eingetreten unb ei3 l)at bemnadj in aUen ~et{en oet bem UrtcH bel' ~'P:peUationi3fammer be;3 Doergerid)te~ bei3 $tanton;3 .3iirid) llom 7. ~ult 1894 fein -'8cu>enben. IV. Huftpfiicht del' Eisenbahnen bei Totltungen untl Verictzungen. 1\"°79. 413 IV. Haftpflicht der Eisenbahn- und Dampfschift'unternehmungen bei Todtungen und Verletzungen. Responsabilite des entreprises de chemins de fer et de bateaux it vapeur en cas d'accident entrainant mort d'homme ou lesions corporelles. 79. ATret d~t 9 "Wai 1894 dans la cause Muller contre Jnra-Simplon. Jacob Muller, (l'Oberhofen (Berne), mari de la demanderesse, est entre au service de Ia Compagnie Jura-SimpIon, Ie 10 Octobre 1890, comme manmuvre au depot de locomotives de Neuchatel; il etait charge du soin de nettoyer et de videI' Ie cendrier des locomotiveset il etait paye a raison de 3 fro 25 C. par jour. Le 19 Aout 1892 a 9 heUl'es 45 minutes du matin, un accident lui sunint dans les circonstances suivantes : Un train venait d'arriver de Bienne a 9 h. 23, et la machine de ce train devait continuer son service en repartant avec un autre train pour les Verrieres a 10 heures du maUn. Pendant cet intervalle, cette machine fut conduite par son mecanicien Gustave Borel sur la voie de la plaque, cote est, Oil elle stationna pour Ie chargement de son tender. Pendant que ce chargement s'operait, 11uller se glissa SOlIS la machine pour en videI' et nettoyer Ie cendrier. n etait encore occupe a ce travail, lorsque Ie mecanicien Borel, qui ignorait sa presence sous la machine, donna, des que Ie chargement fut complet, un coup de sifflet pour ann onceI' Ie depart de sa machine. En entendant ce signal, Muller voulut sortir de dessous la machine, mais il etait trop tard ; la machine etait en mouvement et Muller fut pris sous une des roues du tender. Sa mort fut instantanee.

414 C. Ciyilrechtsplleg". C'est a la suite de cet accident que la veuve de la victime, Barbara Muller nee Kohli reclama de la Compagnie, Ie 20 Janvier 1893. - en son nom et en celui de ses deux enfants. Louise-M~rguerite Muller, nee Ie jonr meme de l'accident, et Rosine-Emma Kohli, u:;e fille nature lIe qn'cllc ~1.Vait eue avant son mariage et que Ie defunt soignait, - nne indemnite de 25000 francs et une rente de 300 francs par enfant jusqu'a ce que chacune d'eHes eut atteint rage de 18 ans. Dans sa clemande du 27 Septembre 1893, la veuve Kohli reduisit ces conclusions a la somme de 20 000 francs, avec interet a 5 % des l'ouverture de l'action. La Compagnie conteste rien devoir, en alIeguant la propre faute de la victime, attendu que l'operation du nettoyage du cendrier ne devait pas etre entreprise avant que l'employe en ait prealablement, sinon re~u l'ordre du mecanicien, au moins prevenu celui-ci; or Muller n'a re'lu du mecanicien aucun ordre, et ne l'a pas prevenu. Le 6 Decembre 1893 la cause vint devant Ie tribunal cantonal de Neuchatel, lequel a fait les constatations de fait ciapres: Le mecanicien Borel a declare que sa machine, qui avait ete nettoyee la veille, et qui n'avait parcouru depuis ce moment que Ie court trajet de Neucbatel a Bienne et retour, ne devait pas etre nettoyee Ie lendemain matin, et comme c'est Muller lui-meme qui avait fait Ie nettoyage la veille, Borel croit que Muller s'est trompe de machine et croyait en nettoyer une autre. Borel a ajoute que l'on ne doit pas aIler sous une machine sans en avertir Ie mecanicien. D'autres employes ont explique que les locomotives qui n'ont pas ete videes 1~ veille, doivent l'etre par les employes sans qu'ils aient a attendre pour cela dE'S ordres speciaux; que quand les machines doivent repartir tont de suite, on n'a pas trop de temps pour les nettoyer, et que Muller n'avait pas meme eu 1.0 minutes a cet efi'et; que]e mecanicien qui fait approvisionner sa machine d'eau et de charbon sait bien que l'on profite d~ ce moment pour en nettoyer Ie cendrier, sauf pour ce ~~l concerne les machines nettoyees la veHle; que Muller VISltait toujours une machine pour voir si eUe avait besoin cl'etre IV. Haftptlicht der Eisenbahnen bei Tiidtungen und Verletzungen. N° 79. 415 llettoyee, et que Fun des employes a dit qU'a ce train on vidait toujours Ie cendrier. Le tribunal cantonal constate en outre qu'a la gare de Neuchatel, comme dans d'autres gares, il existe des fosses desiinees au vidage et au nettoyage du cendrier des locomotives, €t sur lesquelles les machines Bont amenees, de maniene a permettre aux employes charges de ce travail, de l'executer sans aucun danger; mais que l'usage s'etait introduit a Neuchatel de ne plus utiliseI' ces fosses ; que les employesn'avaient meme jamais rec.;u l'ordre de les utiliseI' ; que si la machine se trouvait sur une fosse, on utilisait sans doute celle-ci pour videI' Ie cendrier, sinon on Ie vidait ou la machine se trollvait, sans avoir regu d'ordres du mecanicien; que lorsqu'une machine arrivait au depot pour s'y approvisionner, on nettoyait en meme temps Ie cendrier sans la placer sur la fosse, surtout .quand les machines devaient repartir tout de suite. C'est en se fondant sur ces constatations de fait que Ie tribunal cantonal a admis que Muller a ete atteint par la roue du tender et ecrase, en accomplissant un travail qui rentrait dans ses attributions, et qu'il executait dans les conditions ou ce travail etait tolere, c'est-a-dire sans faute de sa part; qu'il agissait ce jour la comme il avait l'habitude de Ie faire, et executait son travail conscienciensement, en bon travailleur et €mploye honnete et exact qu'il etait, seion les declarations unanimes des temoins. Le tribunal a en revanche admis l'existence d'une negligence et faute grave de la part de la Compagnie, en ce sens qu'elle avait laisse tomber en desuetude l'usage des fosses, destinees precisement a soustraire a tout danger les employes charges de videI' les cendriers ; Ie jugement ajoute qu'il y a relation directe de cause a eflet entre l'habitude dangereuse, fatalement prise, de ne plus utiliser les fosses, et l'accident survenu a Muller, et que la Compagnie a si bien compris Ia faute qu'elle avait commise, que Ie lendemain de la mort de Muller, elle a donne l'ordre a ses employes de videI' a l'avenir les cendriers sur les fosses. Par ces motifs Ie tribunal cantonal a condamne la Compaxx - 1894 27

416 C. UVllreehtspflege. !!1lil' Jura·Simplon a payer a la demanderesse et a ses deux: :nfants la somme capitale de 12500 francs, avec interet a 5 G! des le jour de l'introduction de la demande, a savoir H 920 francs a titre d'indemnite po ur le prejudice pecuniaire. demontre et 680 francs, ensuite de la negligence grave de la Compaunie en application de l'art. 7 de la loi federale snr la resp~ns;bilite des chemins de fer, du let Juillet 1875. C'est contre ce jugement, depose le i 7 Mars 1894, que la Compagnie a recouru en temps utile au Trib~m~l federal, concluant a ce qu'il lui plaise reformer le dlt Jugement : a) principalement, en adoptant les conclusi?ns lib~ratoire~ dl' la reponse et b) snbsidiairement, en redmsant, a connalssance de justice, l'indemnite allouee a la demancler~sse" . La demanderesse a recouru egalement an trIbunal de ceans,. par voie d'adhesion, et conclu au maintien de l'indemnite de H 920 francs, et a l'augmentation notable de celle de 580 francs a elle allouees par le jugement cantonal. La dite demanderesse a obtenu le benefice du pauvre. Dans lems plaidoiries de ce jour, le Conseil cle la Compagnie a repris ses conclusionsliberatoires, et l'avocat. Jaccot~e~, au nom de la demanderesse, a repris les concIuslOns onglnaires de sa demande en 20 000 francs cle dommages-interets. Slatuant snr ces [aits et considerant en droit: 1 () TI est, tout d'abord, incontestable que l'accident se trouve dans un rapport direct de cause a effet avec le mouvemellt imprime a une locomotive, et qu'il est des 10rs survenu dans l'exploitation. 20 La Compagnie a resiste a la demande ue la veuve Muller en pn~tendant que le defunt avait ete lui-meme la cause de l'accident ce qui a pour eflet cle liberer la defenderesse d~ toute res~onsabilite, aux termes de l'art. 2 in fine de,la 101 federale sur la responsabilite des entreprises de chemlllS de fer, du l ec Juillet 1875. Pour justifier cette exception, la Compagnie estime enpremiere ligne que Muller n'aurait du proceder au nettoyage, dn cendrier de la locomotive que sur un ordre expres du mec~­ nicien, attendu que ce nettoyage avait deja eu lieu 1e SOli IV. Haftpflicht der Eisenbahnen bei Tödtungen und Verletzungen, N° 79. 417 precedent. Bien que le jugement cantonal 11e le constate pas d'une maniEll"e expresse, il y a lieu d'admettre, vu les temoignages intervenus, et en application de l'art. 82 de la nouvelle loi sur l' organisation judiciaire federale, que le nettoyage de la machine en question avait ete pratique la veille de l'accident. TI parait resulter egalement des temoignages entendus, qu'en pareil cas l'employe prepose ä. ce travail, s'il voulait proceder a un nouveau nettoyage le lendemain, demandait, clans la regle, au mecanicien si c'etait necessaire. Cependant i1 ne ressort pas de l'audition des ternoins cites sur ce point special, la preuve, a satisfaction de droit, que MuHer ait eu l'obligation stricte d'adresser cette question au conducteur de la 10comotive. La Compagnie n'a pas pretendu qu'il existät aucune prescription reglementaire sur ce point, et le mecanicien Borel l1'a pas declare, dans sa premiere audition officielle, qu'il y ait eu a eet egard un usage general et obligatoire ; il s'est borne, en effet, a dire que « d'habitude les nettoyeurs charges de cette besogne demandent au mßcanicien si le cendrier a besoin d'etre video » TI ne saurait donc etre question, de ce premier chef, de Ia meconnaissance d'un devoil' impose a la victime, ni, par conse quellt., d'une faute speciale de sa part, cela d'autant moins que le mecanicien Borel a declare ne pouvoir s'expliquer l'acte de MuHer, employe conseiencieux et actif, autrement que par l'eITeur qu'il aurait cOlnmise en croyant que la loeomotive en question n'avait pas ete deja nettoyee Ia veille, ou en pensant nettoyer une autre Iocomotive. A supposer meme que MuHer, dans sa grande hate, ait reellement commis une pareilIe confusion, cette erreur ne saurait lui etre imputee a faute, attendu qu'il agissait en toute bonne foi et. dans l'inieret bien entendu du service. La Compagnie a cherche 11, demontrer, en second lien, l'existence de Ia propre faute de MuHer en soutenant qu'il n'aurait du sous aucun pretexte se glisser sous la locomotive sans en avertir le mecanicien. Ainsi qu'il a deja ete dit, il n'a pas ete davantage invoque, sur ce point, par la defenderesse, de disposition reglementaire

418 C. Cidlrechtspflegc. faisant un devoir aux employes preposes au nettoyage des cendriers, d'avertir le mecanicien chaque fois qu'ils veuleut se livrer a leur travail. La seule question a resoudre est done eelle de savoir si, par des eonsiderations d'ordre general il y a lieu d'assimiler l'om.ission de eet avertissement a une negligenee ou a une faute. A eet egard il faut remarquer que les ternoins entendus se contredisent sur le pointde savoir si l'emp1oye auquel incombe 1e travail de nettoyage dont il s'agit est tenu d'avertir le mecanieien, avant de s'introduire sous 1a locomotive arretee. Il ressort toutefois de l'ensemble des dits temoignages que, lorsque la locomotive n'avait pas deja ete nettoyee le soir preeedent, il etait toujours d'usage, a la gare de NeuehateI, de pro ce der a ce travail sans avertir le mecanieien, penclant le stationnement que la machine faisait pour charger de l'eau et du charbon, avant de repartir avec un train prochain. A supposer meme que "Muller ait, de ce chef, commis une imprudence, celle-ci trouve son excuse dans 1a bäte avec laquelle cet employe devait, pendant le temps tres court aSi5igne au chargement de charbon, s'acquitter d'un travail considere comme indispensable. 30 En revanche il a ete impllte a faute a la Compagnie d'avoir laisse s'introduire, contrairement ades prescriptions existantes, l'habitude de vider les cendriers sans utiliser a cet effet les fosses disposees a Ia gare de N ellcMtel, et dont l'usage exclut toute possibilite d'accident. Sur ce point le jugement eantonal a constate qu'en effet la Compagnie avait tolere le nettoyage de la machine, non seulement sur les fosses construites dans ce but, mais partout ailleurs sur les rails, et notamment sur la voie de la plaque tournante, pendant que la machine stationnait pour s'approvi~ sionner d'eau ou de eharbon; cette constatation concorde d'ailleurs entierement avec les temoignages entendus sur ce point special. Ür, si l'on retient que le nettoyage des machines sur les fosses a ce destinees aurait eu pour effllt de faire disparaitre tout periI, il y a lieu d'admettre que la Compagnie, an tolerant une infraction a une me sure de precaution qu'elle avait elle-meme introduite, et en laissant se substituer une IV. Haftpflicht der Eisenbahnen bei Tödlungen und Verlelzungen. N° 79. 419 pratique eminemment perilIeuse a un mode de nettoyage exempt de tout danger, a commis une faute; elle l'a d'ailleurs elle-meme implicitement reconnu en donnant l'ordre expres} apres l'accident, d'utiliser a I'avenir les fosses pour le nettoyage, soit vidage des cendriers. Contrairement toutefois a l'appreciation du tribunal cantonal, cette faute n'apparait pas comme grave dans le sens de ~a loi, attendu que pour meriter cette qualification, il faudralt que la negligenee de la Compagn.ie eut ete te11e que toute personne, meme douee d'une prudence seulement ordinaire eut du considerer le danger comme imminent. Or tel n'est pas le eas dans l'espece et le tribunal de ceans ne l'a d'ailleurs jamais admis lorsqu'il s'agissait d'abus qui s'etaient introduits ensuite d'une tolerance de fait. Il suit de tout ce qui precede que la Compagnie doit etre dec1aree responsable, conformement au principe general proclame a l'art. 2 de la loi du 1 er Juillet 1875 precitee, pour 18 dommage survenu a Ia partie demanderesse ensuite de la mort du sieur J. Muller. 40 En ce qui a trai~ a la fixation du montant de l'iudemn.ite, il y a lieu, eontrairement au jugement cantonal, de mettre a Ia base de son calcuI, non point Page de la victime (32 ans), mais celui de Ia dame MuHer, de 34 ans au moment de l'accident, puisque la somme a allouer a titre d'indemnite a cette derniere depend de sa Yie probable, c'est-a-dire du temps pendant lequel eHe aurait ete entretenue par son mali. En outre les facteurs admis en ligne de compte par le jugement du tribunal eantonal doivent etre rectiiies encore a un double point de vue ; d'une part 1e nombre de jours de travail amme} flue fournissait la victime ne peut etre taxe a 365, puisque tout employe de chemin de fer jouit d'un certain nombre (le jours de repos, mais qu'i1 doit etre reduit a 320, chiffre arImis par la Compagnie. D'autre part, il y a lieu de faire abstraction. dans la determination du chiffre rIe l'indemnite, de l'entreÜen de l'enfant que la dame Muller avait eu avant son mariage; bien que 1e defunt se soit charge volontairement cle I'entretien de cette enfant, il ne l'a jamais reconnue comme nee de ses ceuvres,

420 C, Civilrechtspflege. et par consequent cet entretien n'etait pas, en I'absence de toute disposition de la 10i neuchateloise dans ce sens, « a la charge de la personne tuee » dans Ie sens de la loi de 1875. Si Ie texte fran~ais de l'art. 5, aI. 2 peut laisser sub sister quelque doute a ce sujet, toute ambiguite disparait en presence du texte allemand (Ie la melle disposition, lequel ne met au benefice de l'indemnite que les personnes a l'entretien desqueUes la victime etait obligee (verpfiichtet) et ce dans la mesure ou cet entretien leur a ete enleve par suite de la mort du defunt. 50 En tenant compte des divers facteurs a prendr~ en consideration pour la fixation de l'indemnite a allouer ala demanderesse et a sa filIe legitime, tels que l'age de la dame Muller, Ie salaire de la victime et Ie nombre de jours de travail annuel que J. Muller fournissait, la portion de son gain total qu'il pouvait consacrer a sa famille, et evaluee par Ie tribunal cantonal a 2 francs par jour de travail; si l'on (leduit du resultat une somme correspondante a l' avantage retire par les demanderesses du fait qu'il leur est accorde un capital, payable immediatement, et non une rente) un montant total de 9000 francs, dont 7500 francs pour la veuve Muller, et 1500 francs pour sa fiUe Louise-Marguerite :Nluller, apparait comme un juste equivalent du dommage par elles souffert. Par ces motifs, Le Tribunal federal prononce: 10 Le recours de la Compagnie Jura-Simplon e.st ecarte, en ce qui concerne les conclusions principales. 20 Les conclusions subsidiaires de la dite Compagnie sont partiellement admises, en ce sens que la somme a payer par elle a la partie demanderesse est reduite a 9000 francs, soit 7500 francs pour la veuve, et 1500 francs pour l'enfant Muller, avec interet au 5 % des Ie jour de l'introduction de Ia demaude. 3° Les parties sont deboutees de toutes autres ou plus amples conclusions. 'IV. HaftpllichL der Eisenbahnen hoi Tiidtllngen lind Verletzungen. No 80. 421 80. UrteH ~l)m 7. ,Juni 1894 in 0aef}en 0tnmmoaef} gegen 0ef}meta erifef}e (£enttQfOal)n. A. vuref) UrteH ~om 29. ill,aq 1894 l)ai bul3 Doergerief}t ~el3 stuntonl3 0o{oHjllrll erfannt: L vie iBetrugte ift gel)aUen, bem stlager au te3Ul)Ien: a. eine 0ef}abenerfa~fumme ~on 4500 ~r.; b. ben rMft&nbigen 5tag(ol)u, 90~r. 28 ~tl3.; c. 3inl3 ~on biefcn oeiben iSetr&gen a 5 % feit 8. ,Januar 1893. 2. vie s:j3r03el3foften erliegen aut ber iBef(agten u. f. m. B. @egen biefei3 UrtcH erf(arte bie iBetragte bie iBerufung an bal3 iBunbei3gerief}t, inocm fie liemltragte, ei3 fei bie stlage ci63U~ meifen, e~entueU hie 'Oom Doergerief}t gcfvroef}ene ~ntfef}abigung -au rebu3ieren. vet .sWiger fef}lof3 fief} 'oarauf ber iBerufung an unb fteUte ben 2intrag, ei3 fei in 2ioiinbernng bei3 ooergerief}tUef}cn Urteifi3 il)m ·bfe gan3e stlagl3fumme ~on fm iBetrage 12,000 ~r. neojt 3ini3 a 5 Ufo feit 17. I!luguft 1892 fib: ~erminberte @rmctMfal)igfeit nnb 134 ~r. 20 (,£ti3. £ol)n ~om 17. I!luguft 1892 oii3 8. ,Ja~ nunr 1893 3u3ufvreef}en. 3ug(eief) fuef}tc er um bai3 I!ltmenred)t nadj, me(djei3 tl)m, unter iBefteUung feinei3 oii3l)erigen 2inmnftel3, fitr ben iSorftnub ~or iBunbel3gerief}t oettliUigt ttlurbe. vai3 iBunbei3gericf)t aiel)t in @tmiigu n 9 ; 1. ,Jol)nnn 0tammoaef}, geo. 1866, ttlar oet ber 0ef}meiaerijef}en ~entra(onl)n als3 0irecfenmarter nl1geftent unb l)atte a(l3 fo(djer (aut ber in feinet jUage geHenb gemaef}ten @ingaoe eincn tiigUef}cn mer~ bienft ~on 3 ~r. 40 (,£t~. 'lrm 17. ~ruguft 1892 acenb£! foUte er bel)ufl3 stontroUe bie 0trecfe 0ef}onenmerb~9(eu~viinifon mit ber vriifine oefal)ren. 3u biejem iBeQufe ful)r Ct uorjef}rift~gemiifj um '9 Ul)r 2 illlinuten ~on bet 0tation 0ef}onenttlerb ao uub (angte um :9 UQr 15 >mhmtel1 in viinifon an, 'Oon mo er oi~ aum @nb; puuft feincr vienfttour, 9(eu~viinifon, 1430 >meter 3urucf3u(egcn ~attc. DottloQ( nUll cmetfannterma13cu cine miertelftunoe baau {jeuugt l)iitte, murbe er, 1.000 >meter '0011 ber 0tation viinifon -entfernt, um 9 Ul)r 51 >minuten ~on bem mit 16 >minuten ~etfviitung ~on I!larau fommenben 3age 9(t. 528 iioerfal)ten

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